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Vivement dimanche ! (1983), de François Truffaut

 

« Mais je n’ai aucun remord car je ne fais pas partie de la société des hommes. Tout ce que j’ai fait, c’était pour les femmes. »

Clap de fin…

C’est l’histoire de Julien Vercel (Jean-Louis Trintignant), agent immobilier à Hyères. Massoulier, amant de sa femme Marie-Christine (Caroline Silhol), est assassiné lors d’une partie de chasse au canard près d'un lac et tout semble l’accuser : il chassait également à ce moment-là et on retrouve ses empreintes sur la voiture de la victime. Quelques jours après, Marie-Christine, revenue de Nice où elle travaillait, est également assassinée au domicile conjugal. Barbara Becker (Fanny Ardant), secrétaire de Vercel et secrètement amoureuse de lui, décide de mener l’enquête afin de l’innocenter.

Dernier film (par la force des choses) de « l’enfant terrible » de la Nouvelle Vague, qui décèdera l’année suivante d’une tumeur cérébrale. Avec, comme pour son pénultième (La femme d’à côté), la dernière femme de sa vie à l’affiche, la très belle Fanny Ardant, au charme fou. Parti pris de le tourner en noir et blanc pour coller à une atmosphère de « film noir ». Mais est-ce une bonne idée en cette décennie « flashy » des années 80 débutante, surtout venant d’un auto-proclamé apôtre de la modernité ? C’est toujours marrant de (re)voir des pandores à képi ou des postiers à casquette, dont le port a aujourd’hui disparu. « L’entertainment », on sait moyennement faire, au pays des mille fromages… Y’a bien eu les Belmondo, plus tard les Besson et autres Jeunet mais bon, ça n’égalera jamais les « amerloques ». Non, nous, on est plutôt des intellos, on se pique plus volontiers de littérature, de théâtre, des grandes œuvres du répertoire classique, c’est comme ça. Et dans le triptyque le mari – la femme – l’amant, on a beaucoup donné. L’enquête n’est pas inintéressante mais bourrée d’invraisemblances, de facilités et un poil confuse. Et puis question suspense et action (quand il y en a), c’est franchement pas ça… Encore un clin d’œil à Hitchcock, décidément (Fanny qui roule de nuit sous la pluie et qui s’arrête à un hôtel, comme Kim Novak dans Les Oiseaux ***). On a par contre la chance d’avoir de bons et grands acteurs, y compris chez les « seconds couteaux », ce qui nous sauve la mise. Là où j’ai pas compris, c’est que la fiche du film indique « comédie » (???) et Truffaut lui-même revendique cet aspect (on ne doit pas avoir la même définition du mot). M’en fiche, je vais mettre « drame ». Bref, à voir mais pas de quoi se relever la nuit (d’ailleurs, pourquoi se relever la nuit, si ce n’est pour soulager sa vessie ?).

(***) c’est pour voir si vous suivez…  

Mélo (1986), d’Alain Resnais

 

« Je ne suis pas triste, j’ai perdu l’espoir d’être heureux… J’en ai perdu l’envie. » - « Ca s’appelle le cafard et ça s’en va. »

C’est l’histoire de deux amis violonistes, Pierre Belcroix (Pierre Arditi) et Marcel Blanc (André Dussollier). Si Pierre est sensible et rêveur, Marcel est quant à lui un grand séducteur. Lors d’un dîner, Romaine (Sabine Azéma), pianiste et épouse de Pierre, tombe amoureuse de Marcel.

Le théâtre, la musique classique (Brahms, Bach), ça rigole pas, là, on cause « Culture », la vraie, la grande. Alors c’est sûr que quand on a été biberonné à Megadeth et aux Guns, aux films avec « Schwarzy » ou Marilyn Jess, ben… on rame. « Etonne, soulage, séduit », nous en dit Le Monde. Moi j’aurais plutôt dit « emmerde et casse les couilles », c’est à cause de ça… Et le soulagement, c’est quand le rideau tombe après 105 longues, interminables minutes. Resnais adapte la pièce d'Henry Bernstein. C’est donc du théâtre : t’as quatre acteurs, t’en mets alternativement deux ou trois dans quatre-cinq décors différents et ils débitent leur texte (de fort belle manière, reconnaissons-le. T’as même Dussollier qui te fait un monologue de dix minutes mais c’est Arditi qu’aura le César du meilleur second rôle masculin). Et j’ai rien contre, au contraire (Le Père Noël est une ordure, les Bacri-Jaoui, Le dîner de cons). Sauf que là, ce n’est pas de la comédie mais du drame. En fait, une énième variation sur le thème « le mari, la femme et l’amant ». Louis Malle en a fait Ascenseur pour l'échafaud, Gérard Kikoïne en aurait fait une partouze (avec Fanny nous montrant son buisson…). Ici, c’est du classique, ça blablate à n’en plus finir. Azéma minaude ou fulmine (as always) et ça fait un César. Un ennui aussi mortel que celui ressenti pour L’amour à mort deux ans plus tôt, avec le même quatuor de comédiens. Bon, je m’en retourne à ma « sous-culture de masse », sans regret…

La femme d’à côté (1981), de François Truffaut

 

« Tu vois, Bernard, ça m’a beaucoup plu mais ça ne se reproduira pas. »

C’est l’histoire de Bernard (Gérard Depardieu), marié à Arlette (Michèle Baumgartner) et père d’un petit garçon. Ils vivent dans un petit village proche de Grenoble lorsqu’un jour, ils voient arriver en face de chez eux un couple, Philippe (Henri Garcin) et Mathilde (Fanny Ardant). Il se trouve que Bernard et Mathilde se connaissent déjà et ont vécu, sept ans auparavant, une tumultueuse histoire d’amour.

Mon premier Truffaut (ouh, la honte, oui, j’avoue…) ? Hum, non, quand même pas (ouf !)… Je me souviens avoir vu, il y a longtemps, La mariée était en noir, L’homme qui aimait les femmes et, mon père étant fan de Jean-Pierre Léaud, probablement un ou deux parmi Les quatre cents coups, Baisers volés et Domicile conjugal. Bon, cette Femme d’à côté est très bien, rien à dire. Avant-dernier film du célèbre cinéaste arrivant juste après le « raz-de-marée » du Dernier métro, il traite d’une passion amoureuse destructrice entre deux êtres incarnés par un couple star du cinéma français : Gérard Depardieu et Fanny Ardant. Ah, Fanny, quelle belle femme (craquante en tenue de joueuse de tennis) ! Et une femme « qui en a ». Léger bémol : un jeu (ou une diction) un peu maniéré (elle est visiblement pareille en interview). Là, lors de la rencontre entre les deux couples, elle descend des escaliers (plan sur ses jambes), Depardieu est de dos, il se retourne et pof, plan sur le visage de Fanny, radieuse et irradiante. Classique. Ils tromperont leur mari et femme respectifs pour revivre leur passion pourtant sans issue (enfin si, mais dramatique : « Ni avec toi, ni sans toi ») et ne pourront pas garder leur secret très longtemps. Le film va à l’essentiel, sans longueurs, avec une Fanny Ardant sombrant peu à peu dans la dépression et la folie et un Depardieu fragile et vulnérable. Une réussite.

L’amour à mort (1984), d’Alain Resnais

 

C’est l’histoire de deux couples amis. Le premier, uni depuis une dizaine d’années, est composé de deux pasteurs ayant chacun / chacune une vision personnelle de la foi. Le second, à l’amour plus récent et exalté, vit dans l’angoisse permanente de la séparation et donc de la mort.

C’est avec qui ? Le trio d’acteurs fétiches de Resnais : Pierre Arditi, Sabine Azéma et André Dussollier (barbu). Plus Fanny Ardant, qui ne s’est jamais maquée avec feu Patrick Buisson (mouarf !).

Et c’est comment ? E-prou-vant ! L'affiche annonce la (les) couleur(s)... Torturé et d’une grande austérité. Les scènes, pour la plupart assez courtes, sont entrecoupées de plans noirs avec des sortes de flocons blancs tombant du ciel, sur fond de musique classique stridente (Hans Werner Henze). Procédé qui sera repris, de façon beaucoup moins systématique et lancinante (à deux ou trois reprises seulement, pas sur la totalité du film), dans On connait la chanson (les méduses censées symboliser le malaise et la dépression). Il est question de considérations philosophiques sur la Foi, l’Amour et surtout la Mort, omniprésente. Dépressifs s’abstenir ! Ca ne donne pas envie de jeter un œil sur le Resnais suivant avec les quatre mêmes (Mélo, 1986), nonobstant que le sujet et les thèmes sont quelque peu différents…

« Tube » de la Compagnie Créole : non

Mort subite : oui

Femme à poil : non