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Le fantôme de la liberté (1974), de Luis Buñuel

 

« Non, ne partez pas… Que les moines restent, au moins ! »

Réalisation : Luis Buñuel

Scénario : Luis Buñuel et Jean-Claude Carrière

Pays : France, Italie

Année : 1974

Genre : comédie, surréalisme

Avec : Jean-Claude Brialy, Monica Vitti, François Maistre, Milena Vukotic, Michael Lonsdale, Jean Rochefort, Julien Bertheau, Michel Piccoli, Claude Piéplu, Paul Frankeur, Pierre Maguelon, Pierre Lary, Orane Demazis, Adriana Asti, Jean Rougerie, Marie-France Pisier, Paul Le Person, Guy Montagné…

Synopsis : Un couple intercepte les photos, qu’il juge obscènes, données à sa fille par un inconnu dans un parc et licencie sur le champ sa bonne qui en avait la garde. Des photos… de monuments parisiens… ; une infirmière se voit contrainte de passer une nuit dans une auberge, où elle rencontre quatre moines, un jeune homme avec sa bien plus âgée compagne et… un couple sadomasochiste ; un professeur tient un cours sur l’évolution des mœurs dans une caserne de policiers, leur narrant une réunion entre amis fictive où les convives discutent autour d’une table tout en faisant leurs besoins avant, si l’envie leur prend, d’aller s’enfermer seul dans la salle à manger pour se restaurer ; un couple lance un avis de recherche pour retrouver sa petite fille disparue dans son école… alors qu’elle se trouve sous ses yeux ; un assassin ayant fusillé des badauds au hasard du haut d’une tour est arrêté, jugé, condamné à mort et… libéré sur le champ, félicité, signant même des autographes ; un « vrai faux » (à moins que ce ne soit l’inverse ?) préfet de police se fait interpeller dans son caveau familial : sa défunte sœur… venait de lui téléphoner.

Pourquoi ? Pour le casting (notamment Michael Lonsdale, qui se fait fouetter le postérieur nu par sa collaboratrice), la construction du film et ses saynètes, lors desquelles tous les postulats de la raison et de la bienséance sont renversés. Jubilatoire.

Tristana (1970), de Luis Buñuel

 

C’est l’histoire de Tristana, une jeune orpheline vivant à Tolède (Espagne), sous la tutelle de son oncle Don Lope. Cet aristocrate aux idéaux anarchistes a néanmoins des principes assez rigides… dont il s’exonère lui-même. Ainsi, il séduit Tristana et lui conseille de vivre librement, en dehors du mariage. Un jour, elle rencontre un jeune peintre italien et ils tombent amoureux.

Y’a qui dedans ? Notre Catherine Deneuve nationale, dans le rôle-titre, retrouve Buñuel après Belle de jour. Fernando Rey, lui, l’aura rarement quitté puisqu’il est rien de moins que l’acteur fétiche du réalisateur espagnol (puis mexicain) et incarne Don Lope. L’Italien Franco Nero complète le trio d’acteurs principaux en interprétant le jeune peintre.

Et c’est bien ? Soyons clair, je n’ai aucune connaissance technique et artistique sur le cinéma, je me contente simplement de donner mon ressenti, forcément subjectif, sur les œuvres, fruit de ma sensibilité, mon histoire voire mon humeur. Je dirais donc que cette histoire m’a suffisamment intéressé, à défaut de me captiver. L’atmosphère générale n’est pas des plus gaies. Les opinions du cinéaste, très marquées à gauche (anti-cléricalisme, notamment), percent via les propos de Rey (l’oncle aristocrate). « Cathy » est assez peu mise en valeur (coiffure, vêtements… Elle finit même amputée d’une jambe !), sauf lors d’une scène où elle exhibe sa poitrine (ne rêvez pas : on ne voit rien) au balcon à la vue d’un jeune sourd-muet médusé. Sinon, c’est un trio amoureux compliqué, le caractère et les sentiments des protagonistes évoluent. C’est assez sombre, dans l’ensemble (ah oui, je l’ai déjà dit). Spoiler : cette Tristana, finalement, c’est une connasse…😄

Béquilles : oui

Cloches : oui

Femme à poil : on aimerait bien mais non

Belle de jour (1967), de Luis Buñuel

 

C’est l’histoire d’une nana insatisfaite sexuellement par son mari et sujette à des fantasmes masochistes. Ayant pris connaissance de l’existence d’une maison close, elle s’y présente et commence à y faire des « passes » mais uniquement de 14 à 17 heures, ce qui lui vaudra le surnom de « Belle de jour ». Mais certaines rencontres vont bouleverser cette nouvelle vie.

C’est l’histoire du film que Jean-Claude Roy, alias Patrick Aubin, parodiera pour son porno Les après-midi d'une bourgeoise en chaleur de 1980, avec Cathy Stewart dans le rôle-titre.

Y’a qui dedans ? Notre Catherine Deneuve nationale comme héroïne, Jean Sorel dans le rôle de son mari, Michel Piccoli dans celui d’un ami du couple et épris de la dame et Geneviève Page (décédée à la dernière Saint-Valentin, 97 piges aux fraises) comme tenancière du bordel. On reconnait aussi Françoise Fabian en prostituée et Francis Blanche parmi les clients.

Dites donc, Monsieur Buñuel, vous n’auriez pas un petit problème avec la gent féminine, par hasard ? Non parce qu’entre Cet obscur objet du désir et ici, qu’est-ce qu’elles se prennent… Seau d’eau, gifles ou boue dans la tronche, coups de fouet, viol (suggéré), insultes (« sacs à m…. »)… Peines de cœur ? Absence du père et enfance passée avec môman ? C’est ce que nous verrons lors de la prochaine séance. Carte Vitale, je vous prie. Cela vous fera 55 euros. Espèces ou carte bleue ?

Fouet : oui

Calèche : oui

Femme à poil : presque (Catherine nue sous un voile noir, on ne voit donc pas grand-chose…)

Up 👍: scénario original

Down 👎: puisqu’il faut dire quelque chose… La scène d’ouverture, fantasmée et assez dure, où Cath’ se fait violenter par deux types à la demande et sous les yeux de son mari (j’ai du mal avec la violence envers les femmes ou les enfants. Juste un petit mauvais moment à passer…)

Le charme discret de la bourgeoisie (1972), de Luis Buñuel

 

C’est l’histoire de l’ambassadeur de la République (fictive) de Miranda, de deux de ses potes (avec lesquels il se livre à un trafic de drogue), de leurs épouses ou amantes et de la sœur (alcoolo) de l’une d’elles. Ce petit groupe de grands bourgeois cherche à se réunir autour d’un repas mais est contrarié dans ce projet par des évènements de plus en plus saugrenus.

C’est l’histoire, bien avant l’Inception de Nolan, de mecs qui rêvent et même d’un mec qui rêve d’un mec qui rêve (vous suivez ?).

Y’a qui dedans ? Du beau monde : Fernando Rey, Paul Frankeur, Jean-Pierre Cassel, Delphine Seyrig, Stéphane Audran, Bulle Ogier (elles jouent des bourges mais diable que les nanas étaient élégantes en ce temps-là…) mais aussi Julien Bertheau, Michel Piccoli et Claude Piéplu. Putain, y’a plus d’acteurs comme ça, de nos jours, on en est réduit à s’extasier devant Dujardin ou Niney, c’est dire l’ampleur du désastre…

Et c’est bien ? Oui, pas mal mais moins que le Buñuel suivant, Le fantôme de la liberté (à mon goût).

Poulet en plastoc : oui

Femme à poil : non

Up 👍: la distribution ; le cocasse des situations

Down 👎: manque un peu de « mordant » et d’humour

Cet obscur objet du désir (1977), de Luis Buñuel

 

« Et bien Monsieur, j’ai un ami qui pourtant aime beaucoup les femmes... Il prétend que ce sont des sacs d’excréments. »

C’est l’histoire d’un mec, riche homme d’affaires français (Fernando Rey), qui s’éprend de sa bonniche d’origine espagnole. Celle-ci prend alternativement les traits de Carole Bouquet ou d’Angela Molina, suivant les situations et son caractère (Bouquet, distinguée, froide et distante ; Molina plus souriante et avenante). Il l’aide financièrement, ainsi que sa mère mais rien n’y fait : pas moyen de la fourrer, de la tirer, de la kéni… Soufflant constamment le chaud et le froid, elle lui fera même subir moultes humiliations, jusqu’au point de rupture.

Parallèlement, des actes terroristes de groupuscules politiques radicalisés se produisent aux alentours.

C’est l’histoire du dernier Buñuel, cinéaste espagnol (puis mexicain) iconoclaste et du premier Bouquet (c’est fou le nombre de personnalités du « showbiz » nées ou mortes à Neuilly…).

C’est… une histoire à devenir MGTOW.

Seau d’eau (en deux mots, obsédés !) : oui

Femme à poil : oui (Bouquet les seins, Molina les seins et la foufoune)

Up 👍: l’idée du rôle aux deux (par ailleurs diablement beaux) visages

Down 👎: le type prend cher, quand même. Difficile de ne pas succomber à la misogynie après ça ; la fin, qui fait s’entrechoquer les deux thèmes du film, un peu abrupte