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Fatale (1992), de Louis Malle

 

« Je n’vois plus qu’toi » - « Je crois que tu n’as jamais vu grand-chose… »

C’est l’histoire de Strauss-Kahn avant Strauss-Kahn. Soit un politique en pleine ascension (Jeremy Irons), nommé Secrétaire d’Etat (ministre, quoi), qui se fait tournebouler dès le premier regard (y’a de quoi, remarquez…) par la petite amie de son fils (Judith Brioche… Ah non, pardon, je voulais dire Juliette Godemiche). A partir de là, il la verra en cachette et la trombinera pas moins de quatre fois, dans des positions parfois acrobatiques (oui mais « c’était l’époque qui voulait ça » et puis on était sous l’emprise de réalisateurs libidineux et d’une société patriarcale oppressive mais maintenant c’est fini, tout ça, ceinture et puis de toutes façons, on n’a plus l’âge pour ces galipettes…). Je ne sais pas si les « coordinatrices d’intimité » existaient déjà à l’époque mais si c’est le cas, elle a dû avoir une belle prime parce qu’y'a eu du taf… Bref, c’est le genre d’histoires qu’on ne voit qu’au cinéma et pas dans la « vraie vie ». Ben ouais, coco, c’est un peu le principe du cinéma, il permet de nous évader de la réalité. Ou alors c’est un Dardenne, un Loach ou un film d’auteur lambda et on est prévenu à l’avance. Pour en revenir à cette histoire, ce petit jeu de cache-cache prend fin dans le dernier quart d’heure, lors d’un tragique épilogue où le fils surprend son père (Irons, donc) et sa future épouse (Juju Bibi) en train de forniquer allègrement, nus comme des vers. La Passion a ses raisons que la Raison ignore…    

Spider (2002), de David Cronenberg

 

« C’est l’habit qui fait l’homme. Et moins il y a d’homme, plus il faut d’habits… »

C’est l’histoire d’un mec complètement secoué, Dennis Cleg dit « Spider » (Ralph Fiennes), qui intègre un foyer de réinsertion à Londres, non loin de là où il passa une enfance difficile, marquée par le décès de sa mère. Convaincu que son père (Gabriel Byrne) est le meurtrier, afin qu’il puisse vivre avec une prostituée (Miranda Richardson) dont il est tombé amoureux, Cleg va mener sa propre enquête et se replonger dans cette partie de sa vie.

Encore un film où il faut être dans le « mood » pour espérer se laisser porter et convaincre... Pour tout dire, au début, il m'a fait rire… Fiennes joue parfaitement le mec schizo, passant son temps à griffonner son petit carnet de notes ou à marmonner dans la barbe qu’il n’a pas (son texte pour l’ensemble du film doit tenir sur un post-it). Nous le suivons dans ses méandres existentiels, plongeant dans ses souvenirs et tentant de reconstituer son passé et le drame qui s’y joua (le meurtre de sa mère), à l’aide de quelques indices (un petit jardin, une odeur de gaz…). Pas de cul ou de violence pour cette fois, c’est un Cronenberg « sage », qui joue essentiellement sur l’ambiance et ce n’est pas plus mal ainsi. Il faudra donc accepter les partis pris esthétiques : décors minimalistes, couleurs ternes, rythme (très) lent. C’est ce qui en fait le charme et l’originalité. On sent venir un « twist » final à la Sixième sens, façon « bon sang, mais c’est bien sûr ! » et c’est effectivement ce qui advient. Intéressant, sans plus pour ma part.