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Twist again à Moscou (1986), de Jean-Marie Poiré

 

« Dis donc, tu n’aurais pas dans tes réserves un très grand Cognac pourri capitaliste ? »

C’est l’histoire de Iouri (Christian Clavier), dissident soviétique et de sa fiancée, la célèbre chanteuse rock Tatiana Fédorova (Agnès Soral). Lors d’un concert à Kiev en 1984, ils reçoivent la visite des parents de Tatiana, qui sont poursuivis par le KGB. Iouri fait alors appel à son beau-frère, Igor Tataïev (Philippe Noiret), directeur de l'hôtel Tolstoï à Moscou, pour leur venir en aide, celui-ci jouissant de relations haut placées avec des membres du Parti Communiste.

Trois ans après Papy fait de la résistance, trois ans avant la chute du Mur de Berlin et cinq avant la dislocation de l’URSS, sort ce Twist again à Moscou qui reprend le concept du film à (très) gros budget avec casting mêlant « vieille garde » (Philippe Noiret, Bernard Blier, Jacques François…) et « jeunes loups » (Christian Clavier, Martin Lamotte, tous deux coscénaristes, Agnès Soral). Mais avec beaucoup moins de bonheur. Et sachant que Papy… était déjà en deçà du Père Noël et autres Bronzés, pièces maitresses du Splendid, cela situe l’étendue des dégâts. L’absence de gags vraiment marquants (seuls Blier et François, en hauts dignitaires du régime, surnagent et nous arrachent un sourire) plombe ces aventures rocambolesques tournées en ex-Yougoslavie (Belgrade en particulier) et (un peu) en Savoie. Ne restent alors que la caricature, facile, du régime soviétique et la condescendance toute occidentale vis-à-vis du folklore local (musique russe vue comme désuète). Une grosse déception.     

Tchao Pantin (1983), de Claude Berri

 

C’est l’histoire d’un pompiste taciturne qui noie sa solitude dans l’alcool. Il sympathise néanmoins avec Bensoussan, un dealer à la petite semaine. Lorsque celui-ci est tué sous ses yeux, il se met bille en tête de le venger en retrouvant les assassins. Le voila confronté à son lourd passé.

C’est avec qui ? Coluche, dans ce contre-emploi, empoche l’un des cinq Césars remportés par le film, celui du meilleur acteur (remise mémorable). Il est épaulé par Richard Anconina dans le rôle du dealer abattu, d’Agnès Soral (oui, la sœur du gourou ravagé de la cervelle que ses admirateurs prennent pour un « résistant » et un « intellectuel ». Misère…) dans celui d’une punkette ayant eu une brève aventure avec Anconina et de Philippe Léotard (oui, le frère de François, l’ex-sinistre de la Culture et de la Défense, qui a fini par le rejoindre au Royaume des cieux) en flic.

Et c’est comment ? Sombre et poisseux. Le film a des allures, toutes proportions gardées, de Taxi Driver (le gars dépressif qui se trouve une motivation) et de Seven avant l’heure : tout y est ténébreux et délabré, les immeubles comme les âmes, dans un Paris lugubre. Soral et surtout Léotard ne semblent être là que pour faire briller Coluche. Tout ça sent un peu l’exercice de style. On voit arriver le final, forcément tragique, à dix kilomètres. Moyennement emballé.

Concert punk : oui

Bouteille de rhum : oui (et pas qu’un peu)

Femme à poil : oui (Agnès Soral, un peu les fesses et les seins)