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Les côtelettes (2003), de Bertrand Blier

 

« Travail de femme, évidemment… Femme étrangère, évidemment… Femme qu’a pas l’droit d’se plaindre, qu’a tout juste le droit de trimer, avec ses mains faites pour l’amour, que personne ne regarde… Ses mains rougies par le travail… Des mains qu’on montre plus. »

Réalisation : Bertrand Blier

Scénario : Bertrand Blier, d'après sa pièce de théâtre éponyme

Pays :  France

Année : 2003

Genre : comédie dramatique

Avec : Philippe Noiret, Michel Bouquet, Farida Rahouadj, Catherine Hiegel.

Synopsis : Léonce, attablé avec son fils et sa nouvelle compagne, reçoit la visite d’un homme âgé, qui lui annonce qu’il est venu « pour le faire chier ». Les deux hommes s’entretiennent alors de la vie, la mort, l’amour et des femmes, en particulier de Nacifa, leur femme de ménage.

Pourquoi ? Parce que c’est la dernière fois que Blier aura à sa disposition deux « monstres sacrés » (ensuite, avec Campan, Dujardin, Dupontel ou Clavier, on descend d’un palier, voire deux) ; pour la mise en scène, assez alerte et inventive, les deux acteurs passant d’un décor à l’autre (d’un appartement à un champ le plan suivant, par exemple) au cours d’une même conversation ; pour la tirade, magistrale, de Noiret sur « la différence entre un gros con de droite et un gros con de gauche » (à lire aussi les commentaires hilarants sous la vidéo, émanant essentiellement de « gros cons de droite ») mais aussi la beauté féminine ; pour le visage d’enfant de Bouquet devant Rahouadj en peignoir et pour l’entendre dire qu’il « bande toute la journée » quand il pense à elle ; pour la musique d’Hugues Le Bars, aux relents 80’s.


Convoi exceptionnel (2019), de Bertrand Blier

 

« Quand une femme disparait dans la nuit, y’a toujours une musique » - « Triste, la musique... »

C’est l’histoire d’Astérix et Obélix qui débarquent au 21ème siècle après avoir bu la « potion magix » des Visiteurs… Euh, non, j’m’égare… Reprenons. C’est l’histoire de Foster, un grand bourgeois et de Taupin, un SDF, qui se rencontrent à Bruxelles. Ils s’aperçoivent que leurs faits et gestes sont dictés par un scénario dont ils reçoivent les pages au fur et à mesure de leur parcours, au cours duquel ils vont faire des rencontres et devoir se remettre en question sur leur vie.

Y’a qui dedans ? Blier est plutôt du genre fidèle : Depardieu et sa compagne Farida Rahouadj sont à nouveau de la partie et Audrey Dana était aussi à l’affiche du Bruit des glaçons. Clavier, Sylvie Testud et Alexandra Lamy, c’est par contre la première fois qu’il les dirige.

Et c’est bien ? Mieux que Le bruit des glaçons mais moins bien que Les côtelettes, si on se réfère à la filmo du cinéaste sur le nouveau millénaire. Comme souvent chez lui, on passe du coq à l’âne, les personnages semblent évoluer telles des « boules de flipper » (qui roulent, qui roulent…) dans un univers absurde qui leur échappe. Testud (qui, après des débuts prometteurs plutôt dans le cinéma d’auteur, s’est largement « mainstreamisée » au fil du temps) fait une brève apparition et semble tomber comme un cheveu sur la soupe. De même qu’Alexandra Lamy (encore une fausse actrice venue de la télé), qui vient égrener devant un Clavier impassible, assis comme un con, la liste de ses amants, concluant par un grotesque « Qu’est-ce que j’ai pris dans l’cul ! » (t’as pas honte, Bertrand ?). Blier finit donc là-dessus, c’est un peu triste mais le « feu sacré » était déjà parti depuis longtemps (depuis Merci la vie ou Un, deux, trois, soleil, au choix). Le repas final entre Clavier et Depardieu renvoie inévitablement à celui de Calmos avec Marielle et Rochefort. La boucle est donc bouclée.

Caddie : oui

Recette du poulet : oui

Femme à poil : non

Combien tu m’aimes ? (2005), de Bertrand Blier

 

« Oh ben tu sais, ma vie, c’est pas un musée… »

C’est l’histoire d’un mec, il a gagné gros au loto (plusieurs millions). Alors un soir, à Pigalle, il s’achète… une pute. Oui mais pas n’importe laquelle. Daniela, qu’elle s’appelle. Le genre « bombe atomique ». Elle accepte sa proposition de vivre avec lui. Mais son souteneur ne l’entend pas de cette oreille.

Oui, je fais mon « aggiornamento » Blier, comment vous avez deviné ?

Y’a qui dedans ? Le « monstre sacré » (et « sacré monstre »…) Gégé, comme souvent mais exit les Delon, Carmet, Belmondo, Noiret, Serrault, etc, Blier doit composer avec le « matos » de l’époque, ça descend donc d’une marche ou deux : Monica Bellucci (oui d’accord, elle est belle, y’a à manger mais pas trop mon style), un Inconnu gagné par « l’esprit de sérieux » (Bernard Campan), Jean-Pierre Darroussin (qui se sort brillamment d’un monologue, exercice toujours casse-gueule), Sara Forestier, Edouard Baer (pas à sa place) et il « case » encore sa meuf du moment (Farida Rahouadj), comme il le faisait pour Anouk Grinberg dans les années 90.

Et c’est comment ? Franchement pas terrible. Le récit est moins éclaté qu’à l’accoutumée, il y a bien quelques (rares) fulgurances langagières mais c’est quand même assez « plan-plan ». Un Blier en petite forme.

Stéthoscope : oui

Homme ou femme à poil : évidemment (Bellucci et Rahouadj les seins, Campan le cul)

Up 👍: quelques dialogues drôles ou poétiques

Down 👎: casting pas convaincant et histoire peu captivante