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Les trois frères (1995), de Didier Bourdon et Bernard Campan

 

« Votre colin, avec ou sans patates ? » - « Cent patates ! »

« Le mec, il a peint l’Alaska, il est un peu… ? »

C’est l’histoire de… trois (demi) frères (Didier Bourdon, Pascal Légitimus et Bernard Campan) qui ne se connaissent pas et s’apprêtent à hériter d’une importante somme suite au décès de leur mère. Malheureusement pour eux, un codicille au testament (on aura au moins appris quelque chose…) les en prive, le délai étant dépassé de deux jours. Des difficultés financières les entrainent alors dans tout un tas de problèmes…

Après avoir triomphé sur scène et à la télévision (leur émission culte La télé des Inconnus), c’est tout naturellement que le trio passe à l’épreuve du grand écran. Et c’est à nouveau un succès avec 7 millions d’entrées dans le monde et un César du Meilleur premier film. A la revoyure, le bilan est malgré tout mitigé et bien inférieur à mon avis au Pari (de et avec Campan et Bourdon, sans Légitimus) sorti deux ans plus tard (la « séquelle » de 2014 est encore pire, cela va de soi). Ils recyclent certains de leurs sketchs (notamment celui de l’émission Millionnaire) et répliques culte (« Salut, tu vas bien ? »). Bon, ils font bien un peu pleurer dans les chaumières avec l’histoire du marmot mais ça fait un creux dans le film. Et puis y’a des trucs un peu poussifs et lourdingues (la scène de la rave ou celle du diner chez Légitimus avec Farcy), z’ont toujours été un poil « populistes » sur les bords, nos gars, ça fait partie de leur succès (le côté « poujadiste » anti-Etat, les allusions appuyées sur la couleur de peau de Légitimus, les « salope ! » à répétition lancés à la gent féminine). Mais les racistes et les pères qui fuient leurs responsabilités en prennent aussi pour leur grade alors on leur pardonne et tout le monde est content (on appelle ça « ratisser large » et « jouer sur tous les tableaux »). Comme tant de célébrités (comiques, chanteurs, acteurs…) ayant eu du succès dans les années 80 et 90, le passage au nouveau millénaire fût plus compliqué pour notre trio de choc. Campan (né un 4 avril comme moi et… Bruno Mégret), gagné par un « esprit de sérieux », prit un virage vers des rôles plus dramatiques et j’ai appris d’acteurs handicapés non-professionnels de la série Vestiaires que Légitimus y jouait un peu à la « star ». Quant à Bourdon, il enchaine cyniquement les comédies franchouillardes mises en boite par des tâcherons et est aussi omniprésent que ses deux compères se sont faits plus discrets. Parmi les visages connus dans la distribution, on retrouve : les Deschiens Bruno Lochet et Yolande Moreau ; l’humoriste (sic) Elie Semoun (mais sans « Dieudo », pourtant pas encore « persona non grata » dans le showbiz) ; Bernard Farcy, futur commissaire dans la franchise Taxi ; et Claude Berri, co-producteur, qui s’acquitte également du rôle du président du tribunal à la fin. 

Le pari (1997), de Didier Bourdon et Bernard Campan

 

« C’est pas ce petit poujadiste de merde qui va me la faire, crois-moi ! »

Réalisation : Didier Bourdon et Bernard Campan

Scénario : Didier Bourdon et Bernard Campan

Pays : France

Année : 1997

Genre : comédie

Avec : Didier Bourdon, Bernard Campan, Isabelle Ferron, Isabel Otero, Hélène Surgère, Roger Ibáñez, Kelly Lawson, François Berléand, Philippe Chevallier, Régis Laspalès.

Synopsis : Lors d’un repas de famille, Didier et Bernard, deux beaux-frères que tout oppose (le premier est pharmacien et de droite, le second prof en banlieue et de gauche) mais tous deux gros fumeurs, font le pari d’arrêter de fumer pendant quinze jours. Très vite en manque, leur vie va basculer.

Pourquoi ? Les Inconnus ne sont plus que deux, suite à un conflit avec leur producteur Paul Lederman (Légitimus fait toutefois une très brève apparition – je ne l’ai même pas remarqué – en tant que figurant dans la scène du cocktail) mais c’est aussi bien, voire mieux, que quand ils étaient trois (Les trois frères, 1995). Cette comédie hilarante de, par, pour et avec Bourdon et Campan enchaine sans faiblir les gags et répliques (« Le tabac, c’est tabou, on en viendra tous à bout ! ») drolatiques, avec une pointe d’émotion (la fille adoptive de Bourdon, les obsèques du père des deux sœurs) et des clins d’œil à des chefs-d’œuvre du cinéma (Shining, Psychose, Taxi Driver). Mention spéciale à l’avant-dernière séquence dont je ne me lasse pas, où Bourdon et Campan, frustrés par les repas faméliques de leur cure thermale, investissent secrètement les cuisines pour se concocter un festin. Bref, un film vraiment… énorme.   


Combien tu m’aimes ? (2005), de Bertrand Blier

 

« Oh ben tu sais, ma vie, c’est pas un musée… »

C’est l’histoire d’un mec, il a gagné gros au loto (plusieurs millions). Alors un soir, à Pigalle, il s’achète… une pute. Oui mais pas n’importe laquelle. Daniela, qu’elle s’appelle. Le genre « bombe atomique ». Elle accepte sa proposition de vivre avec lui. Mais son souteneur ne l’entend pas de cette oreille.

Oui, je fais mon « aggiornamento » Blier, comment vous avez deviné ?

Y’a qui dedans ? Le « monstre sacré » (et « sacré monstre »…) Gégé, comme souvent mais exit les Delon, Carmet, Belmondo, Noiret, Serrault, etc, Blier doit composer avec le « matos » de l’époque, ça descend donc d’une marche ou deux : Monica Bellucci (oui d’accord, elle est belle, y’a à manger mais pas trop mon style), un Inconnu gagné par « l’esprit de sérieux » (Bernard Campan), Jean-Pierre Darroussin (qui se sort brillamment d’un monologue, exercice toujours casse-gueule), Sara Forestier, Edouard Baer (pas à sa place) et il « case » encore sa meuf du moment (Farida Rahouadj), comme il le faisait pour Anouk Grinberg dans les années 90.

Et c’est comment ? Franchement pas terrible. Le récit est moins éclaté qu’à l’accoutumée, il y a bien quelques (rares) fulgurances langagières mais c’est quand même assez « plan-plan ». Un Blier en petite forme.

Stéthoscope : oui

Homme ou femme à poil : évidemment (Bellucci et Rahouadj les seins, Campan le cul)

Up 👍: quelques dialogues drôles ou poétiques

Down 👎: casting pas convaincant et histoire peu captivante