« Votre colin, avec ou
sans patates ? » - « Cent patates ! »
« Le mec, il a peint l’Alaska, il est un peu… ? »
C’est l’histoire de… trois (demi) frères (Didier Bourdon, Pascal Légitimus et Bernard Campan) qui ne se connaissent pas et s’apprêtent à hériter d’une importante somme suite au décès de leur mère. Malheureusement pour eux, un codicille au testament (on aura au moins appris quelque chose…) les en prive, le délai étant dépassé de deux jours. Des difficultés financières les entrainent alors dans tout un tas de problèmes…
Après avoir triomphé sur scène et
à la télévision (leur émission culte La télé des Inconnus), c’est tout
naturellement que le trio passe à l’épreuve du grand écran. Et c’est à nouveau
un succès avec 7 millions d’entrées dans le monde et un César du Meilleur
premier film. A la revoyure, le bilan est malgré tout mitigé et bien inférieur
à mon avis au Pari (de et avec Campan et Bourdon, sans Légitimus) sorti deux
ans plus tard (la « séquelle » de 2014 est encore pire, cela va de
soi). Ils recyclent certains de leurs sketchs (notamment celui de l’émission
Millionnaire) et répliques culte (« Salut, tu vas bien ? »).
Bon, ils font bien un peu pleurer dans les chaumières avec l’histoire du marmot
mais ça fait un creux dans le film. Et puis y’a des trucs un peu poussifs et
lourdingues (la scène de la rave ou celle du diner chez Légitimus avec Farcy), z’ont
toujours été un poil « populistes » sur les bords, nos gars, ça fait
partie de leur succès (le côté « poujadiste » anti-Etat, les
allusions appuyées sur la couleur de peau de Légitimus, les
« salope ! » à répétition lancés à la gent féminine). Mais les
racistes et les pères qui fuient leurs responsabilités en prennent aussi pour
leur grade alors on leur pardonne et tout le monde est content (on appelle ça « ratisser
large » et « jouer sur tous les tableaux »). Comme tant de
célébrités (comiques, chanteurs, acteurs…) ayant eu du succès dans les années
80 et 90, le passage au nouveau millénaire fût plus compliqué pour notre trio
de choc. Campan (né un 4 avril comme moi et… Bruno Mégret), gagné par un
« esprit de sérieux », prit un virage vers des rôles plus dramatiques
et j’ai appris d’acteurs handicapés non-professionnels de la série Vestiaires que
Légitimus y jouait un peu à la « star ». Quant à Bourdon, il enchaine
cyniquement les comédies franchouillardes mises en boite par des tâcherons et
est aussi omniprésent que ses deux compères se sont faits plus discrets. Parmi
les visages connus dans la distribution, on retrouve : les Deschiens Bruno
Lochet et Yolande Moreau ; l’humoriste (sic) Elie Semoun (mais sans
« Dieudo », pourtant pas encore « persona non grata » dans
le showbiz) ; Bernard Farcy, futur commissaire dans la franchise Taxi ;
et Claude Berri, co-producteur, qui s’acquitte également du rôle du président
du tribunal à la fin.

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