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Les côtelettes (2003), de Bertrand Blier

 

« Travail de femme, évidemment… Femme étrangère, évidemment… Femme qu’a pas l’droit d’se plaindre, qu’a tout juste le droit de trimer, avec ses mains faites pour l’amour, que personne ne regarde… Ses mains rougies par le travail… Des mains qu’on montre plus. »

Réalisation : Bertrand Blier

Scénario : Bertrand Blier, d'après sa pièce de théâtre éponyme

Pays :  France

Année : 2003

Genre : comédie dramatique

Avec : Philippe Noiret, Michel Bouquet, Farida Rahouadj, Catherine Hiegel.

Synopsis : Léonce, attablé avec son fils et sa nouvelle compagne, reçoit la visite d’un homme âgé, qui lui annonce qu’il est venu « pour le faire chier ». Les deux hommes s’entretiennent alors de la vie, la mort, l’amour et des femmes, en particulier de Nacifa, leur femme de ménage.

Pourquoi ? Parce que c’est la dernière fois que Blier aura à sa disposition deux « monstres sacrés » (ensuite, avec Campan, Dujardin, Dupontel ou Clavier, on descend d’un palier, voire deux) ; pour la mise en scène, assez alerte et inventive, les deux acteurs passant d’un décor à l’autre (d’un appartement à un champ le plan suivant, par exemple) au cours d’une même conversation ; pour la tirade, magistrale, de Noiret sur « la différence entre un gros con de droite et un gros con de gauche » (à lire aussi les commentaires hilarants sous la vidéo, émanant essentiellement de « gros cons de droite ») mais aussi la beauté féminine ; pour le visage d’enfant de Bouquet devant Rahouadj en peignoir et pour l’entendre dire qu’il « bande toute la journée » quand il pense à elle ; pour la musique d’Hugues Le Bars, aux relents 80’s.


Cliente (2008), de Josiane Balasko

 

« Je ne paie que pour le plaisir. J’ai suffisamment payé pour le reste. »

« Dans cinq ans, comment ça s’ra, de s’taper des minets ? » - « Plus cher. Ce s’ra plus cher, c’est tout. »

C’est l’histoire de deux sœurs quinquagénaires (mouais, enfin, sexagénaires ou presque, en vrai mais le cinéma, ça rajeunit…) qui dirigent une émission de téléachat. L’une a un cœur de midinette et croit encore au grand amour. L’autre, divorcée et plus cynique, se paie des escort-boys à l’occasion. Elle jette son dévolu sur Patrick (Marco en réalité), un type exerçant secrètement cette activité en parallèle à celle d’ouvrier sur les chantiers, ce qui lui permet de financer les traites du salon de coiffure où bosse son épouse et d’entretenir sa famille, chez laquelle ils logent. Mais un jour, celle-ci va découvrir la vérité…

C’est avec qui ? Nathalie Baye et Josiane Balasko sont les deux sœurs, Eric Caravaca l’escort-boy et Isabelle Carré sa femme. Et aussi Marilou Berry (tant qu’à faire, autant caser sa fille, ça lui fera une ligne sur le CV…) et Catherine Hiegel (oui, l’infirmière qui intervertit les nourrissons dans La vie est un long fleuve tranquille), respectivement sœur et mère de Carré.

Et c’est bien ? Près d’une décennie après son compère du Splendid Michel Blanc et son Mauvaise passe (1999), « Josy » Balasko se penche à son tour sur le sujet de la prostitution masculine. Elle se donne le beau rôle de la femme découvrant tardivement le « grand amour » (avec son vrai mari dans la vie, d’origine amérindienne). Nathalie Baye est « touchive » voire « bouleversifiante » dans celui de cette femme élégante prise dans l’impasse des relations tarifées. L’année précédente, elle était déjà à l’affiche du Prix à payer (bientôt sur ces pages), où il est également question de fric et de cul. En ce début des « années Sarkozy », le pognon a tout contaminé, jusqu’aux relations amoureuses (et sexuelles). Bien moins drôle et léger qu’il n’y parait, plutôt sombre même, Cliente est une réussite. On n’aura qu’à regretter la B.O, alternant entre chanteuse folk « deux de tension » et rap (mais parfaitement raccord tant le sexe et l’argent sont des thèmes récurrents de ce genre musical).

Camescope : oui

Parc : oui

Femme et homme à poil : on aperçoit les seins de Carré et le fessier de Caravaca