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Scarface (1983), de Brian De Palma

 

« Dans ce pays, il faut d’abord faire le fric. Et quand tu as le pognon, tu as le pouvoir. Et quand tu as le pouvoir, tu as toutes les bonnes femmes. »

« La seule chose dans ce monde qui me donne des ordres, c'est le manche. Tu as le manche ? »

« Et qu’est-ce qui te revient, à toi, Tony ? » - « Le monde, Chico. Et tout ce qu’il y a dedans. »

Réalisation : Brian De Palma

Scénario : Oliver Stone, d'après le scénario de Scarface écrit par Ben Hecht, lui-même adapté du roman du même nom d'Armitage Trail

Pays : Etats-Unis

Année : 1983

Genre : drame, policier

Avec : Al Pacino, Steven Bauer, Michelle Pfeiffer, Mary Elizabeth Mastrantonio, Robert Loggia, Paul Shenar, Harris Yulin.

Synopsis : Au début des années 80, gloire et déchéance d’Antonio dit « Tony » Montana, réfugié cubain arrivé sans un sou aux Etats-Unis et qui gravira tous les échelons de la mafia de la drogue.

Pourquoi ? Certes, ce remake du film éponyme de Howard Hawks (1932) a des côtés détestables : jeu de Pacino et vulgarité parfois excessifs, influence considérable – et risible – sur le hip-hop, mythe du « self made man » et sa « morale » cynique typique des « années fric » de la décennie Thatcher-Reagan. Mais il contient son lot de scènes fortes, que ce soit dans le domaine de l’action ou des émotions (scène de la tronçonneuse, fusillades finales…). Et puis le réal et le casting, quoi…

L’impasse (1993), de Brian De Palma

 

« Hé, ne m’en veux pas, Carlito… Mais il faut que je pense à mon avenir, moi aussi. Qu’est-ce que tu veux, ce sont des choses qui arrivent, amigo. »

Réalisation : Brian De Palma

Scénario : David Koepp, d'après les romans Carlito's Way et After Hours d'Edwin Torres

Pays : Etats-Unis

Année : 1993

Genre : thriller, drame

Avec : Al Pacino, Sean Penn, Penelope Ann Miller, John Leguizamo, Luis Guzmán, James Rebhorn, Viggo Mortensen.

Synopsis : A New York, Charlie « Carlito » Brigante, ancien trafiquant, est libéré après cinq ans de prison, grâce à son ami et avocat David Kleinfeld. Il décide de se ranger et a pour projet de monter une entreprise de location de voitures. Mais on n’échappe pas à son passé…

Pourquoi ? Dix ans après Scarface, même duo réalisateur / acteur principal pour un polar classieux et crépusculaire, avec un Pacino plus sobre qu’à l’accoutumée, au contraire d’un Sean Penn méconnaissable en avocat véreux camé jusqu’aux yeux. Scène de course-poursuite finale haletante (action et suspense garantis), par un maître de la mise en scène. Décidément, les gares inspirent De Palma (cf. la scène culte des Incorruptibles)…

Cruising (La chasse) (1980), de William Friedkin

 

« C’est toutes des sacs à foutre ! » - « Qui ça ? » - « Ben, les bonnes femmes… »

C’est l’histoire de Steve Burns (Al Pacino), jeune policier new-yorkais qui accepte, en vue d’une promotion, la proposition du capitaine Edelson (Paul Sorvino) : infiltrer le milieu gay sado-maso, d’où sont issus deux homosexuels sauvagement assassinés par probablement un tueur en série, afin de l'arrêter.

De Friedkin, membre éminent du « Nouvel Hollywood » (la « Nouvelle vague » U.S), j’avais bien aimé French Connection, beaucoup moins L’exorciste, qui en profitait une fois de plus pour humilier l’Eglise (je n’ai rien contre, bien au contraire, à condition que les deux autres grandes religions monothéistes « prennent » elles aussi de temps en temps, ce qui n’arrive pour ainsi dire jamais). Quant à Jade, c’était juste une efficace série B surfant sur la mode du thriller érotique lancée par l’indépassable en la matière Basic Instinct. Ici encore, le scandale et la controverse sont de rigueur puisque le film nous plonge dans les bas-fonds du milieu gay SM new-yorkais. Fruit d’une documentation studieuse, on peut dire que Friedkin n’y va pas de main morte (sic) dans la description de cet univers où règnent luxure et perversité décadente (il a dû couper pas moins de 40 minutes pour éviter le classement X). Qui n’est pas sans rappeler le clip, lui aussi sulfureux, du méga-tube Relax des Frankie Goes to Hollywood. Bref, de quoi donner des sueurs froides aux Alain Bonnet de Soral, Dieudonné M’Bala M’Bala, Eric Zemmourroïdes et autres Christine Boutin 😄… En dehors de ce cadre esthétique, il s’agit d’un thriller basique, qui aurait mérité un peu plus de suspense. Très mauvais souvenir pour le réalisateur ainsi que pour Pacino, irrité par les protestations des associations homosexuelles et le montage final effectué à son insu, qui laisse entrevoir un épilogue ouvert à diverses interprétations.

Un après-midi de chien (1975), de Sidney Lumet

 

C’est l’histoire de Sonny (Al « J’en fais des caisses » Pacino) et Sal (John Cazale) qui braquent une banque à Brooklyn, avec son directeur et une demi-douzaine d’employés à l’intérieur. Problème : ils débutent dans le « métier » et vont rapidement être dépassés par l’ampleur de leur acte.

Lumet / Pacino / flicaille / histoire vraie, Part. 2. Est-ce le premier film « woke » (un terme qui commence à me courir sur le haricot à force d’être employé à tort et à travers mais en attendant d’en trouver un autre…) de l’histoire ? En effet, Pacino braque la banque pour pouvoir offrir l’opération de… changement de sexe de son… épouse Leon (Chris Sarandon, mari de Susan à l’époque). Mais il a aussi une « vraie » femme et deux enfants. Lumet, d’après les bonus, n’a pas voulu faire un film réaliste mais « naturaliste ». On peine en effet à croire que deux petits malfrats sans envergure aient pu tenir en respect une armée de flics et pas loin de dix otages une demi-journée durant. Certaines scènes sont même surréalistes : Pacino haranguant la foule (qui prend son parti) aux cris d’« Attica ! » (du nom d’une mutinerie de 1971) ou bavassant avec sa mère, dépêchée sur les lieux, le tout avec un contingent de flics armés et de journalistes autour de lui ; ou encore une caissière de la banque qui s’amuse avec son fusil après qu’il lui ait montré comment on prend la pose « repos » à l’Armée (inévitable « syndrome de Stockholm »). Quelques scènes de bavardages, en particulier celle entre Pacino et Sarandon, destinées à humaniser le personnage de Sonny, prennent le risque de casser le rythme du film et c’est effectivement ce qui se produit. Encore un classique certes pas désagréable, loin s’en faut, mais qui n’atterrira pas dans ma DVDthèque…

Serpico (1973), de Sidney Lumet

 

« J’ai déjà obtenu votre mutation. » - « Où ça, en Chine ? »

C’est l’histoire (vraie), de Frank Serpico (Al Pacino), flic intègre dans un service de police de New York qui l’est beaucoup moins. Refusant la corruption, mis à l’écart par ses « collègues », il va mener un long combat lors duquel il risquera même sa vie.

Quittons les rivages de « l’intellectualisme » français pour voir ce qu’il se passe du côté des « garants de l’ordre public » (et établi) yankees (chez nous, les spécialistes des films sur la flicaille se nomment Olivier Marchal et Cédric Jimenez, fin de la blague). Nous, on a eu Les Ripoux avec le duo Noiret / Lhermitte et eux, Serpico, avec le grand Al. Relativement sobre, pour cette fois. Délaissant rapidement son uniforme pour un style vestimentaire de civil, se laissant pousser barbe et cheveux, il va se trouver en butte à la corruption qui gangrène une grande partie de son service. Allant de mutations en mutations et peinant à convaincre une hiérarchie en pleine inertie, son chemin sera semé d’embuches et compromettra même sa vie sentimentale. Détail amusant (ou pas) : quasiment tous les délinquants qui se font « serrer » dans le film sont noirs. Je m’attendais à un film plus « nerveux », il y a assez peu de scènes d’action. Plus un drame qu’un polar, finalement. A voir pour Pacino, forcément, mais pas inoubliable pour autant, me concernant.

Donnie Brasco (1997), de Mike Newell

 

« J’ai le cancer de la bite. »

C’est l’histoire (vraie) d’un agent du FBI qui infiltre l’une des familles de la mafia new-yorkaise à la fin des années 70. Délaissant sa famille, mettant sa vie en danger, cette incursion prolongée dans le milieu des malfrats finit par déteindre sur son comportement.

C’est avec qui ? Johnny « belle gueule » Depp joue l’agent en question, Anne Heche (disparue prématurément dans d’atroces conditions en 2022) son épouse, Al Pacino la « petite frappe » qui le prend sous son aile et Michael Madsen, un membre en pleine ascension dans la hiérarchie du gang.

Et c’est comment ? Je n’aime pas les films sur la mafia car ceux-ci sont généralement (très) violents. Dans mes souvenirs, celui-ci l’était moins que les Scorsese (le diptyque Les Affranchis / Casino), mètres étalon du genre. Et en effet, il l’est. Enfin, légèrement moins car il y a tout de même deux scènes explosives dans le domaine : le passage à tabac sanglant d’un pauvre restaurateur asiatique ayant demandé aux gangsters d’ôter leurs chaussures dans son établissement, comme le voulait sa tradition, ce que Depp refusa catégoriquement (car risquant de se faire démasquer, ses bottes camouflant un enregistreur à cassette) ; et un règlement de comptes entre mafieux, plus sanglant encore, débouchant sur le découpage en morceaux des cadavres, à l’aide de scies et de haches. Madsen a la même dégaine et les mêmes expressions que dans Thelma & Louise ou Reservoir Dogs, tandis que Pacino se trimballe son air ahuri et désabusé de chien battu tout du long. Et on a évidemment les scènes de ménage entre Depp et Heche, avec Depp qui rate la communion de sa petite fille mais vient la border pour se faire pardonner (snif)…

Lion : oui

Scies : oui

Femme à poil : non