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Stupeur et tremblements (2003), d’Alain Corneau

 

« Votre travail sera très simple, donc adapté à vos compétences. »

« Ah, Amélie San, c’est bien d’avoir un travail ! »

Réalisation : Alain Corneau

Scénario : Alain Corneau, d'après le roman éponyme d'Amélie Nothomb

Pays : France, Japon

Année : 2003

Genre : Comédie dramatique

Avec : Sylvie Testud, Kaori Tsuji, Tarō Suwa, Bison Katayama, Yasunari Kondō.

Synopsis : Amélie, jeune femme belge ayant vécu son enfance au Japon, est engagée comme interprète au sein d’une multinationale à Tokyo. Sous les ordres de sa hiérarchie, notamment sa supérieure directe Fubuki Mori, elle va vivre un enfer...  

Pourquoi ? L’une des rares « curiosités » de ma DVDthèque, parmi tous ces classiques. J’ai adoré ce film. Sylvie Testud, qui après un début de carrière prometteur (des Césars pour ce film et Les blessures assassines) a fini par faire de « l’alimentaire » comme tout le monde, est ici entourée d’acteurs nippons (ni mauvais). Au « pays du Soleil Levant », je serais un « hikikomori ». J’en suis déjà presque un en France, alors imaginez dans un pays aussi « compétitif » que le Japon, où la pression sociale est encore plus intense… Le film nous plonge donc dans l’univers de l’entreprise (une très grande), ses rigidités hiérarchiques et son exigence de performance, qui m’inspire une profonde aversion et dans lequel le personnage joué par Sylvie Testud éprouve les pires difficultés à s’intégrer, essentiellement en raison du décalage culturel. On navigue entre le rire lors de ses gaffes et incapacités à répétition (la scène des erreurs dans le reporting des factures, hilarante) et, sinon les larmes, du moins la peine empathique face aux humiliations que lui inflige sa hiérarchie. La mannequin Kaori Tsuji, qui incarne la supérieure hiérarchique de Testud, est d’une beauté foudroyante, bien que glaciale. A part ça, pour la petite histoire, j’ai lu deux bouquins dans ma vie (hors parcours scolaire) : le 99 francs de Beigbeder (né à Neuilly. J’ai aussi vu son adaptation cinématographique) et Métaphysique des tubes de Nothomb, successeur de ce Stupeur et tremblements. Ouais, je sais, c’est pas glorieux, c’est le niveau juste un peu au-dessus des Lévy et autres Musso mais que voulez-vous, on fait c’qu’on peut et… je suis une grosse « feignasse » (on y revient)…

Convoi exceptionnel (2019), de Bertrand Blier

 

« Quand une femme disparait dans la nuit, y’a toujours une musique » - « Triste, la musique... »

C’est l’histoire d’Astérix et Obélix qui débarquent au 21ème siècle après avoir bu la « potion magix » des Visiteurs… Euh, non, j’m’égare… Reprenons. C’est l’histoire de Foster, un grand bourgeois et de Taupin, un SDF, qui se rencontrent à Bruxelles. Ils s’aperçoivent que leurs faits et gestes sont dictés par un scénario dont ils reçoivent les pages au fur et à mesure de leur parcours, au cours duquel ils vont faire des rencontres et devoir se remettre en question sur leur vie.

Y’a qui dedans ? Blier est plutôt du genre fidèle : Depardieu et sa compagne Farida Rahouadj sont à nouveau de la partie et Audrey Dana était aussi à l’affiche du Bruit des glaçons. Clavier, Sylvie Testud et Alexandra Lamy, c’est par contre la première fois qu’il les dirige.

Et c’est bien ? Mieux que Le bruit des glaçons mais moins bien que Les côtelettes, si on se réfère à la filmo du cinéaste sur le nouveau millénaire. Comme souvent chez lui, on passe du coq à l’âne, les personnages semblent évoluer telles des « boules de flipper » (qui roulent, qui roulent…) dans un univers absurde qui leur échappe. Testud (qui, après des débuts prometteurs plutôt dans le cinéma d’auteur, s’est largement « mainstreamisée » au fil du temps) fait une brève apparition et semble tomber comme un cheveu sur la soupe. De même qu’Alexandra Lamy (encore une fausse actrice venue de la télé), qui vient égrener devant un Clavier impassible, assis comme un con, la liste de ses amants, concluant par un grotesque « Qu’est-ce que j’ai pris dans l’cul ! » (t’as pas honte, Bertrand ?). Blier finit donc là-dessus, c’est un peu triste mais le « feu sacré » était déjà parti depuis longtemps (depuis Merci la vie ou Un, deux, trois, soleil, au choix). Le repas final entre Clavier et Depardieu renvoie inévitablement à celui de Calmos avec Marielle et Rochefort. La boucle est donc bouclée.

Caddie : oui

Recette du poulet : oui

Femme à poil : non

La Môme (2007), d’Olivier Dahan

 

« Madame Piaf, vous jouez avec votre vie. » - « Et alors ? Il faut bien jouer avec quelque chose. »

C’est l’histoire de l’une des plus grandes icones françaises du 20ème siècle, un petit bout de femme avec une voix à vous faire dresser les poils, interprète d’une palanquée de « tubes » (on n’appelait pas ça comme ça, à l’époque). La première « pop star » française de l’histoire ?

C’est l’histoire d’une actrice plutôt quelconque et un peu « nunuche », trois tonnes de maquillage sur la gueule, propulsée au rang de star mondiale pour son interprétation, multi-récompensée notamment par un Oscar. C’est que les Ricains adorent ça, l’image d’Epinal du vieux Paris…

C’est l’histoire d’un film qui lança la mode des « biopics » (films biographiques) en France. Depuis, beaucoup y sont passés (Coluche, Serge Gainsbourg, Claude François, Dalida…). Et l’un des premiers à faire un ramdam médiatique pas possible, pour être certain que tout le monde paye sa place. TF1 (qui co-produit) a dit d’aller le voir alors pas question de désobéir… Bienvenue chez les Ch’tis, Intouchables (« tellement intouchable que j’ai pas voulu y toucher »… Une fois n’est pas coutume, permettez-moi de citer ici le par ailleurs fort peu recommandable Alain Soral) et The artist suivront dans cette voie.

C’est l’histoire de notre « Gégé » national qu’a encore réussi à se caser dans une superproduction internationale (France – Grande-Bretagne – République tchèque), même l’espace d’une dizaine de minutes.

Et elle meurt, à la fin ? Il ne vous aura pas échappé que oui, personne n’étant immortel… Et jeune, en plus, à 47 balais, alors qu’elle en paraissait vingt de plus.

Dope : oui

Femme à poil : non (ou peut-être au bordel, à voir)

Up 👍:

l’aspect « déconstruit » du film (flashbacks, ellipses) en a gêné certains mais j’ai trouvé ça plus original qu’un récit linéaire

le plan-séquence de l’annonce de la mort de Cerdan, pas mal

la bande originale, évidemment mais je ne suis pas objectif, j’adore Piaf

des séquences « tire-larmes » (la séparation de Piaf enfant et la prostituée « Titine », jouée par Emmanuelle Seigner ; l’interview sur la plage) et quelques « punchlines » (« Vous êtes une grande artiste » - « C’est parce que j’ai mis les talons ») efficaces

Down 👎:

des scènes qu’on croirait tirées des Misérables et d’autres involontairement drôles (le final où Cotillard ressemble presque davantage à Bozzo le clown ou à Robert Smith des Cure qu’à Piaf)

oui, Piaf était une junkie pochtronne parfois imbuvable (ah ah) mais cet aspect est un peu trop appuyé et les moments dramatiques de son existence surreprésentés