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Usual Suspects (1995), de Bryan Singer

 

« Et bien moi je crois en Dieu et la seule chose dont j’ai peur, c’est Keyser Söze. »

Réalisation : Bryan Singer

Scénario : Christopher McQuarrie

Pays : Etats-Unis

Année : 1995

Genre : Thriller, policier

Avec : Stephen Baldwin, Gabriel Byrne, Chazz Palminteri, Kevin Spacey, Kevin Pollak, Pete Postlethwaite, Suzy Amis, Benicio del Toro, Giancarlo Esposito, Dan Hedaya, Peter Greene.

Synopsis : Verbal Kint, infirme d’une main et d’une jambe, retrouve miraculeusement l’usage de ses membres après s'être confié à l'agent spécial des douanes Dave Kujan, grâce à un exercice consistant à inventer une histoire à partir d'éléments (noms, détails) trouvés dans le bureau de celui-ci (tableau d'affichage, objets...).

Pourquoi ? Grand succès public et critique, Usual Suspects fait coup double. C’est tout d’abord un formidable message d’espoir pour les éclopés qui, avec un peu de volonté et d’imagination, auront l’occasion de sortir de leur handicap. Et c’est aussi un hommage et un coup de projecteur pour nos valeureuses forces de l’ordre qui, contrairement à ce que pensent les gauchistes, ne sont pas constituées que de brutes épaisses suivant bêtement les ordres de leur hiérarchie pour faire appliquer la loi des puissants pour les puissants. Elles savent faire preuve de psychologie et d’empathie lorsque le besoin s’en fait sentir et cette histoire en est un parfait exemple. 

Spider (2002), de David Cronenberg

 

« C’est l’habit qui fait l’homme. Et moins il y a d’homme, plus il faut d’habits… »

C’est l’histoire d’un mec complètement secoué, Dennis Cleg dit « Spider » (Ralph Fiennes), qui intègre un foyer de réinsertion à Londres, non loin de là où il passa une enfance difficile, marquée par le décès de sa mère. Convaincu que son père (Gabriel Byrne) est le meurtrier, afin qu’il puisse vivre avec une prostituée (Miranda Richardson) dont il est tombé amoureux, Cleg va mener sa propre enquête et se replonger dans cette partie de sa vie.

Encore un film où il faut être dans le « mood » pour espérer se laisser porter et convaincre... Pour tout dire, au début, il m'a fait rire… Fiennes joue parfaitement le mec schizo, passant son temps à griffonner son petit carnet de notes ou à marmonner dans la barbe qu’il n’a pas (son texte pour l’ensemble du film doit tenir sur un post-it). Nous le suivons dans ses méandres existentiels, plongeant dans ses souvenirs et tentant de reconstituer son passé et le drame qui s’y joua (le meurtre de sa mère), à l’aide de quelques indices (un petit jardin, une odeur de gaz…). Pas de cul ou de violence pour cette fois, c’est un Cronenberg « sage », qui joue essentiellement sur l’ambiance et ce n’est pas plus mal ainsi. Il faudra donc accepter les partis pris esthétiques : décors minimalistes, couleurs ternes, rythme (très) lent. C’est ce qui en fait le charme et l’originalité. On sent venir un « twist » final à la Sixième sens, façon « bon sang, mais c’est bien sûr ! » et c’est effectivement ce qui advient. Intéressant, sans plus pour ma part.