Chroniques de films, au fil de mes (re)découvertes. Aucune connaissance technique ou historique sur le cinéma, juste des ressentis. Si cela vous donne envie de (re)voir ces films, c'est déjà ça...
« T’es trop bonne. C’est
ton problème. Les hommes sont des porcs, même ceux qui ont l’air gentil. Tu
finis toujours par te faire avoir. »
C’est l’histoire d’une nana, Alison
Jones (Bridget Fonda), conceptrice de logiciels, qui rompt avec son mec Sam
Rawson (Steven Weber) car il l'a trompée avec son ex-femme. Souhaitant
conserver son grand appartement new-yorkais, elle se met en quête d’une
colocataire. Son choix se porte sur l’effacée Hedra Carlson (Jennifer Jason
Leigh). Problème : celle-ci s’avère envahissante et pour tout dire
complètement secouée, alors que Sam refait surface et obtient d’Alison une
nouvelle chance.
Ce film me replonge dans les désormais
douloureux souvenirs du temps béni de mon adolescence où, avec mon géniteur,
nous louions des films en K7 dans les vidéo-clubs lors de ses week-ends de
garde de père divorcé. Dont celui-ci, donc. Qui ne vaut hélas pas tripette et peine
à résister aux affres du temps. Ce n’est pas qu’il soit mal fait, loin de là
mais son déroulé des plus prévisibles et le genre dans lequel il s’inscrit
(thriller) le condamnent inévitablement au statut de produit de consommation
courante pour soirée TV. Il n’évite pas non plus l’écueil de quelques clichés
(l’apprenti violeur de Fonda est tué mais son ami voisin homo survit) ni du
final grand-guignolesque. Son relatif succès au box-office reste donc un
mystère. On retiendra toutefois l’interprétation des deux jeunes femmes qui,
fatalement, n’échappent pas au « passage obligé » de la nudité, en
particulier celle de Jennifer Jason Leigh.
« Ce Steele va bientôt
regretter que sa maman ait rencontré son papa… »
La corde est usée…
C’est l’histoire… euh, là,
vraiment aucune importance, c’est juste celle de Leslie Nielsen (très mauvaise
voix de doublage, pas l’habituelle) qui rempile pour une série de gags
parodiques « à la mitraillette »… Enfin, si vous y tenez… Il est Dick
Steele, un agent secret qui doit sauver le monde (et accessoirement la fille de
son ancienne partenaire, décédée dans l’une de leurs opérations) en faisant
face au dangereux Général Rancor (Andy Griffith). Veronique Ukrinsky (Nicollette
Sheridan), fille du professeur concepteur du circuit électronique nécessaire à
Rancor pour lancer son missile, l’accompagne dans sa mission.
Ouh que c’est mauvais… Souhaitant
conclure la semaine sur une note humoristique après avoir été terrassé par non pas… La terrasse (à venir) mais Tendres passions (suivez, bon sang…), cet
Agent zéro zéro aura peiné à me faire décrocher ne serait-ce qu’un sourire… On
repart pour un tour de gags éculés voire recyclés et de parodies de succès
hollywoodiens. On s’amusera à reconnaitre parmi ceux-ci Sister Act, Dans la
ligne demire, Speed, Jurassic Park, Pulp Fiction (la mythique scène de danse
Travolta – Thurman), E.T, Maman, j'ai raté l'avion !, True Lies et sans doute
un film de guerre dans la jungle (Rambo, Predator ou assimilé). Franchement
aucun intérêt, le film ne dure d’ailleurs qu’une heure et quart, il ne fait
même pas semblant de n’avoir rien à raconter. De plus, il faut encore se taper
l’idéologie sous-jacente (« on est les meilleurs et les maîtres du monde,
nous les zaméricains »), présente aussi dans certains volets de la série
des Y a-t-il…, où l’homme du Moyen-Orient (en dehors de l’allié israélien, évidemment)
est toujours renvoyé soit au terrorisme soit à une forme de sous-développement
(le chauffeur de taxi Tamul qui fait équipe avec Nielsen). Finalement, c’est le
Directeur des Services Secrets (Charles Durning), se camouflant en fauteuil en
cuir, en store ou même en sol, qui m’aura fait le plus sourire. Parmi les
caméos figurent Mister T. de l’Agence tous risques, le catcheur Hulk Hogan et
le grand Ray Charles en… chauffeur du bus piégé. L’échec critique et commercial
du film n’a pourtant pas découragé notre cher Leslie à poursuivre dans cette
voie et il remettra le couvert avec Le détonateur (à peine meilleur, 1998) et Y
a-t-il un flic pour sauver l'humanité ? (2000, avec Ophélie Winter,
probablement le pire de tous).
C’est l’histoire d’un mec, Gene
Watson, comptable (Johnny Depp), il est pas dans la merde… A peine débarqué à
Los Angeles avec sa petite fille, deux faux policiers (Christopher Walken et Roma
Maffia) enlèvent cette dernière et menacent de la tuer si lui-même ne flingue
pas rien de moins que la Gouverneur de Californie dans les 90 minutes qui
viennent. Ils lui remettent une arme à feu, la photo de ladite Gouverneur et le
programme du meeting qu’elle donne dans un luxueux hôtel. Tout en l’ayant à l’œil…
Allez, après quelques films un
peu plus exigeants, retour vers le pur divertissement sans message (ah, quand
même un plan sur la fillette qui, du train arrivant en gare, regarde les miséreux des bas-fonds de
la « Cité des anges », quelle audace…), mis en boite par un tâcheron hollywoodien,
à savoir John Badham, dont les principaux « faits d’armes » se
nomment Dracula (1979) et La fièvre du samedi soir (1977). Film acheté à petit
prix sur Vinted (et qui sera revendu dès que possible par ce biais ou un autre)
car indisponible à ma médiathèque. Jamais été fan du bellâtre Johnny Depp mais je
n’avais jamais vu ce film, alors, pour tuer 90 minutes d’un venteux après-midi…
Après avoir dansé dans un clip de Madonna (Bad Girl, 1993) et avant de le faire
dans un autre de Fatboy Slim (Weapon ofChoice, 2000), Christopher Walken, qui
sortait de Pulp Fiction (mémorable séquence du récit de « la montre dans l’cul »),
endosse le rôle du méchant bien méchant. Enfin, l’un des méchants car il se
trouve que [SPOILER ALERT] la plupart des agents de sécurité sont dans le
complot ourdi par le mari même de la Gouverneur. Bigre ! Bon, vous l’aurez
compris, Meurtre en suspens tient bien en haleine (filmé quasiment en temps
réel et caméra à l'épaule) mais rien ne tient debout et aucun enjeu ne subsiste puisqu’on sait à l’avance
que l’issue débouchera sur le sempiternel « happy end » du papounet
qui retrouvera sa p’tite fifille (un enfant, ça émeut toujours dans les
chaumières…). Johnny Depp pourra au moins compter sur un allié de poids (c’est
le cas de le dire…) en la personne d’un cireur de chaussures noir, petit et
rondouillet (comme Bruce Willis dans Piège de cristal, sauf que là le type
était flic mais sinon, même physique). Et sur les habituels atermoiements d’affreux
qui rateraient un éléphant dans un corridor…
C’est l’histoire d’une meuf, Carol
White (Julianne Moore), elle a tout pour être heureuse : un mari, un
beau-fils, une belle baraque, des amies. Ben pourtant, non. Déjà, elle ne
ressent rien quand son bonhomme la tringle (première scène). Puis, elle
développe une hypersensibilité à toutes sortes de produits chimiques et est
sujette à des crises de plus en plus fréquentes. Sans solution médicale, elle
se tourne vers des thérapies holistiques.
L’air qu’on respire, la bouffe
qu’on ingurgite, le stress, tout cela influe sur notre santé et la santé, c’est
important. Primordial même, il me semble. Pourtant, on n’entend guère nos baltringues d'hommes « politichinelles » en parler, en particulier ceux situés les
plus à droite sur l’échiquier, les Bardella, Ciotti, Zemmour, Retailleau et
compagnie (par exemple, avez-vous déjà entendu les mots « perturbateur
endocrinien » dans la bouche du Fantomas nissard ou du chouan vendéen ?),
trop occupés à gloser sur leur obsession des « 4 I » (Insécurité, Immigration,
Islam, Impôts). Enfin, à chacun ses priorités…
Safe (vu en V.O, pas de VF) traite donc de notre environnement, du monde
moderne, de comment il nous agresse et nous détruit à petit feu. Un film extrêmement contemporain. Il se
divise en deux parties. Dans la première, Julianne Moore est soudainement victime
de crises à répétition : saignement du nez, quinte de toux suite à l’exposition
à la fumée d’un pot d’échappement particulièrement polluant, suffocation... Les
différentes consultations médicales ne lui sont hélas d’aucun secours, si ce
n’est qu’elle semble être devenue allergique aux substances chimiques. C’est
alors qu’elle se laisse convaincre par une sorte de secte New Age, découverte par
le biais d’un prospectus trouvé dans son club de gymnastique. La seconde partie
se déroulera donc au sein d’un centre basé à l’écart des grandes villes et
dirigé par un gourou. On erre dans le film tel un fantôme, à l’image du personnage
interprété par Julianne Moore, très juste dans ce rôle. Le rythme est lent,
voire léthargique, sans coup d’éclat (en dehors de quelques crises
spectaculaires au début). La fin, ouverte, ne nous permet pas de trancher :
est-elle en voie de guérison ou sombre-t-elle définitivement ? Allégorie
du SIDA ? De la dépression ? Fable écologiste ? Ode à l’introspection et à la
bienveillance communautaire ? Un peu tout ça à la fois ? A vous de voir… mais
on s’emmerde quand même pas mal.
« Là je ferme les yeux
mais en temps normal, il ne faudrait pas rouler à 125 dans le mauvais sens d’une
rue à sens unique… »
Réalisation : David Zucker
Scénario : Jerry Zucker, Jim
Abrahams, David Zucker et Pat Proft
Pays : Etats-Unis
Année : 1988
Genre : Comédie, policier,
parodie
Avec : Leslie Nielsen, Priscilla
Presley, Ricardo Montalban, George Kennedy, O. J. Simpson.
Synopsis : Frank Drebin est
policier dans la brigade spéciale de Los Angeles. Son meilleur ami et
partenaire Nordberg est gravement blessé et accusé de trafic de drogue. Dès
lors, Frank cherche à savoir qui a voulu le tuer. Son enquête l'amène sur les
traces de Vincent Ludwig, riche homme d'affaires à qui l'on vient de confier la
charge d'organiser la venue de la reine Elisabeth II. Frank fait la rencontre
de l'assistante de Ludwig, Jane Spencer, dont il va tomber amoureux.
Y a-t-il un flic pour sauver
le président ? (1991)
« C’est de l’histoire
ancienne, comme le Parti Démocrate. »
Réalisation : David Zucker
Scénario : David Zucker et Pat
Proft
Pays : Etats-Unis
Année : 1991
Genre : Comédie, policier,
parodie
Avec : Leslie Nielsen, Priscilla
Presley, George Kennedy, O. J. Simpson, Robert Goulet, Richard Griffiths, Anthony
James.
Synopsis : Trois ans après, Frank
et Jane sont séparés. Il la retrouve en tant qu'assistante du professeur
Meinheimer, qui doit prochainement prononcer un discours en faveur des énergies
renouvelables, ce qui n’est pas du goût des magnats du pétrole. Jane s'est
fiancée à Quentin Hapsburg, un homme d’affaires louche.
Y a-t-il un flic pour sauver
Hollywood ? (1994)
« Et puis… tu as tué
personne depuis 6 mois… » - « C’est vrai ! C’est toujours les
p’tites choses qui vous manquent. »
Réalisation : Peter Segal
Scénario : David Zucker, Pat
Proft et Robert LoCash
Pays : Etats-Unis
Année : 1994
Genre : Comédie, policier,
parodie
Avec : Leslie Nielsen, Priscilla
Presley, George Kennedy, Fred Ward, O. J. Simpson, Anna Nicole Smith.
Synopsis : L'inspecteur Frank Drebin est désormais à la retraite. Mais
ses anciens coéquipiers font à nouveau appel à lui. En effet, le criminel Rocco
Dillon prépare un attentat qui aura lieu pendant la cérémonie des Oscars.
Assurément l’une des « franchises » les
plus drôles de l’histoire et qui révéla le potentiel comique de l’acteur Leslie
Nielsen dans le rôle du policier gaffeur Frank Drebin. Les autres acteurs
récurrents de la série sont sa compagne Priscilla Presley (mais pas trop fort
quand même…) et ses coéquipiers George Kennedy et O. J. Simpson (oui, l’ancien
joueur de foot américain disparu en 2024 et ayant défrayé la chronique en 1994
pour le double meurtre de son ex-épouse et l’un de ses amis). Alors, quel volet
est le plus drôle et le plus réussi ? Instinctivement et par habitude, on aurait
tendance à dire le premier mais honnêtement, le trio ZAZ (Jerry Zucker, Jim
Abrahams et David Zucker, diversement impliqués dans les trois films) en avait
suffisamment « sous la semelle » pour nous offrir deux « séquelles »
fort réjouissantes et de qualité. Passons rapidement sur la séquence
introductive du premier volet, aux forts relents « néo-con » de
l’impérialisme yankee et ses croisades évangélistes contre les « forces du
Mal » (invariablement les communistes et les islamistes), où Drebin dézingue
Khomeini (déjà…), Gorbatchev, Yasser Arafat (mouais…), Kadhafi et Amin Dada. Il
doit ensuite faire échouer la tentative d’assassinat de la reine Elisabeth II
par un richissime notable (mémorable final au match de baseball). Autres scènes
marquantes : la course-poursuite à bord de l’auto-école ou
« l’agression à l’aide d’une verge de statue ». Dans le second opus,
Drebin est cette fois aux prises avec un autre businessman véreux, fiancé à Jane
(Presley) et qui lui envisage de remplacer un professeur aux idéaux écologistes
par un sosie bien plus favorable à l’industrie pétrolière. Après la reine
d’Angleterre et les chefs d’Etat du précédent volet, on y retrouve d’autres
sosies : cette vieille ganache de George Bush père et sa grognasse Barbara
(scène introductive hilarante lors du diner à la Maison Blanche). Parmi les
films parodiés ici : la scène de la douche de Psychose et celle de la
poterie dans Ghost (réalisé par Jerry Zucker, une autocitation, donc). Quant au
troisième volet, si l’intrigue policière y est moins élaborée que dans les deux
premiers, les gags restent au niveau (la « banque du sperme », la
prison, tout le final aux Oscars). Là encore, le film débute en fanfare :
parodie de la scène de la gare des Incorruptibles, avec pas moins de quatre landaux
(encore deux sosies : Bill Clinton et le pape Jean-Paul II). Poilant. Autres
clins d’œil cinématographiques : Thelma & Louise, Jurassic Park et les
films d’évasion (L'évadé d'Alcatraz, La grande évasion). Présence au casting d’Anna
Nicole Smith, à la poitrine généreuse et au destin tragique (décès à 39 ans, un
an après celui de son fils de 20 ans). Une trilogie culte à voir et à revoir
pour de bons moments de franche rigolade.
« Je trouve que ce chien
a un museau très surprenant. » - « C’est parce que vous regardez ses
fesses… »
C’est l’histoire de Ryan Harrison
(Leslie Nielsen), violoniste de renommée mondiale. Il est embarqué dans un
complot où une admiratrice (Kelly LeBrock) lui fait porter la responsabilité du
meurtre de son mari (Michael York), qui avait découvert qu’elle projetait d’assassiner
le secrétaire général de l’ONU. Condamné à mort, Harrison parvient à s’échapper
lors d’un transfert de prisonniers. Le lieutenant Fergus Hall (Richard Crenna)
se lance à sa poursuite.
Faut wigoler ! Putain, t’as
raison, surtout en ce moment où tous les voyants sont au rouge (Recherche
bonnes nouvelles désespérément…). Et quoi de mieux pour cela qu’un film avec
Leslie Nielsen, acteur canadien qui se révéla sur le tard dans un registre
comique grâce à la série de films des Y a-t-il… ? La recette est connue :
humour potache, régressif et nonsensique, parodies de films, gags en arrière-plan.
Elle est réutilisée ici, avec plus ou moins de bonheur. Durant moins que les 90
minutes réglementaires et mis en boite par le néophyte Pat Proft (qui ne
récidivera pas…), ça sent le truc bâclé. « L’intrigue » n’a aucun
sens, le scénario ne s’embarrasse d’aucun souci de vraisemblance et n’est qu’un
prétexte à l’enchainement de gags et de parodies de grands succès cinématographiques.
On se délectera notamment de celles d’Usual Suspects, de Mission Impossible, de
La mort aux trousses et du Fugitif, ce dernier fournissant la trame scénaristique
du métrage, avec Richard Crenna dans le rôle du flic fûté incarné par Tommy Lee
Jones dans l’original. La voix de doublage de Leslie Nielsen n’est
malheureusement pas adéquate, son doubleur habituel Jean-Claude Michel n'étant pas
disponible pour des raisons médicales (il décèdera d’ailleurs un an plus tard).
Au final, un moment sympatoche mais clairement en deçà des Y a-t-il un flic (ou
un pilote)…
« Cousin Hubert ! Qu'est-ce
que c'est qu'ce bin's ? »
« C’est
Okaaaaaaaaay ! »
« Merci, la gueuse. Tu es un
laideron mais tu es bien bonne. »
Réalisation : Jean-Marie Poiré
Scénario : Jean-Marie Poiré et
Christian Clavier
Pays : France
Année : 1993
Genre : Comédie, fantastique
Avec : Christian Clavier, Jean
Reno, Valérie Lemercier, Marie-Anne Chazel, Christian Bujeau, Isabelle Nanty.
Synopsis : An de grâce 1123. Victime
d’hallucinations après avoir malencontreusement ingurgité la potion d’une
sorcière, le Comte Godefroy de Montmirail tue le père de sa promise Frénégonde
de Pouille, qu’il a pris pour un ours. Du coup, Frénégonde refuse le mariage. Le
mage Eusæbius propose alors à Godefroy une potion pour remonter le temps afin
d'en changer le cours et d'éviter cet accident. Celui-ci, ainsi que son fidèle écuyer
Jacquouille la Fripouille, boivent ce breuvage pendant que le mage récite la
formule magique. Mais ce dernier a oublié un ingrédient et les deux hommes sont
envoyés au XXe siècle…
Pourquoi ? Alors là j’avoue, on
est en plein dans le « plaisir coupable » du « plus c’est con,
plus c’est bon ». Oui, le côté potache « on est les mecs les plus
puissants du cinéma français mais on aime faire les cons », ça me botte. Clavier
entame ici sa carrière de « nouveau De Funès ». Mais bizarrement, je
crois que c’est le personnage de Chazel, dans une variante de celui de
« Zézette » du Père Noël, qui me fait le plus marrer. Top 5 des plus
gros succès au box-office français, cultissime et c’est pas pour rien, même si
ça a inévitablement un poil vieilli.
[P.S : difficile de ne pas
voir dans le massacre en règle de la Renault 4L de La Poste par nos deux
« visiteurs » une métaphore inconsciente de celui du service public
postal, fragilisé par l’ouverture à la concurrence décidée par l’infame Traité
de Maastricht, ratifié en 1992…]
« Cet enfoiré voit plus
de chattes qu’une lunette de chiotte… »
C’est l’histoire… euh, faisons
« simple », d’un mec, saxophoniste (Bill Pullman, inquiétant) et de
sa meuf (Patricia Arquette, quel… « morceau »). Ils reçoivent des
cassettes vidéo anonymes de leur domicile (oui, comme dans le postérieur Caché
d’Haneke…), aussi bien vu de l’extérieur que de l’intérieur. Ce qui subodore
donc que quelqu’un s’est introduit chez eux. Ils font appel à la police, qui ne
leur est d’aucun secours. C’est alors qu’un matin, le type découvre sa femme morte.
Il est inculpé et condamné à mort.
Bon, ben voilà… Il y a des films
dont les minutes paraissent (par instants) des heures. Lost Highway est de
ceux-là. Si je vous dis que j’ai rien pigé, vous ne trouverez pas ça très
original étant donné que personne n’a pigé quoi que ce soit à cette histoire. A
part les quarante-cinq premières minutes (les meilleures), qui suivent le
synopsis décrit plus haut. Après, on largue les amarres vers le surnaturel. Mais
vous me direz : doit-on nécessairement piger ? C’est vrai ça, après
tout, on peut aussi simplement se laisser porter par l’ambiance et les images. Et
là, indéniablement, Lynch sait y faire pour ce qui est d’installer un climat et
une esthétique de film noir, avec ses personnages déjantés et/ou mystérieux,
agrémentés d’une musique ad hoc (plutôt rock : David Bowie, Marilyn
Manson, Rammstein, Nine Inch Nails, The Smashing Pumpkins). Et parce qu’il en
faut toujours en pareil cas, un peu de violence et de cul (ah, Patricia, des
rondeurs juste ce qu’il faut là où il faut, miam miam…), comme dans BlueVelvet et Sailor et
Lula. Plus un exercice de style et une « expérience », on va dire,
comme Mulholland Drive quelques années plus tard. Toutefois pas vraiment ma
tasse de thé…
« Et bien moi je crois en
Dieu et la seule chose dont j’ai peur, c’est Keyser Söze. »
Réalisation : Bryan Singer
Scénario : Christopher McQuarrie
Pays : Etats-Unis
Année : 1995
Genre : Thriller, policier
Avec : Stephen Baldwin, Gabriel
Byrne, Chazz Palminteri, Kevin Spacey, Kevin Pollak, Pete Postlethwaite, Suzy
Amis, Benicio del Toro, Giancarlo Esposito, Dan Hedaya, Peter Greene.
Synopsis : Verbal Kint, infirme
d’une main et d’une jambe, retrouve miraculeusement l’usage de ses membres après s'être confié à l'agent spécial des douanes Dave Kujan, grâce à un exercice consistant à inventer une histoire à partir d'éléments (noms, détails) trouvés dans le bureau de celui-ci (tableau d'affichage, objets...).
Pourquoi ? Grand succès public et
critique, Usual Suspects fait coup double. C’est tout d’abord un formidable
message d’espoir pour les éclopés qui, avec un peu de volonté et d’imagination,
auront l’occasion de sortir de leur handicap. Et c’est aussi un hommage et un
coup de projecteur pour nos valeureuses forces de l’ordre qui, contrairement à
ce que pensent les gauchistes, ne sont pas constituées que de brutes épaisses suivant
bêtement les ordres de leur hiérarchie pour faire appliquer la loi des
puissants pour les puissants. Elles savent faire preuve de psychologie et d’empathie
lorsque le besoin s’en fait sentir et cette histoire en est un parfait exemple.
« Votre colin, avec ou
sans patates ? » - « Cent patates ! »
« Le mec, il a peint
l’Alaska, il est un peu… ? »
C’est l’histoire de… trois (demi)
frères (Didier Bourdon, Pascal Légitimus et Bernard Campan) qui ne se
connaissent pas et s’apprêtent à hériter d’une importante somme suite au décès
de leur mère. Malheureusement pour eux, un codicille au testament (on aura au
moins appris quelque chose…) les en prive, le délai étant dépassé de deux
jours. Des difficultés financières les entrainent alors dans tout un tas de
problèmes…
Après avoir triomphé sur scène et
à la télévision (leur émission culte La télé des Inconnus), c’est tout
naturellement que le trio passe à l’épreuve du grand écran. Et c’est à nouveau
un succès avec 7 millions d’entrées dans le monde et un César du Meilleur
premier film. A la revoyure, le bilan est malgré tout mitigé et bien inférieur
à mon avis au Pari (de et avec Campan et Bourdon, sans Légitimus) sorti deux
ans plus tard (la « séquelle » de 2014 est encore pire, cela va de
soi). Ils recyclent certains de leurs sketchs (notamment celui de l’émission
Millionnaire) et répliques culte (« Salut, tu vas bien ? »).
Bon, ils font bien un peu pleurer dans les chaumières avec l’histoire du marmot
mais ça fait un creux dans le film. Et puis y’a des trucs un peu poussifs et
lourdingues (la scène de la rave ou celle du diner chez Légitimus avec Farcy), z’ont
toujours été un poil « populistes » sur les bords, nos gars, ça fait
partie de leur succès (le côté « poujadiste » anti-Etat, les
allusions appuyées sur la couleur de peau de Légitimus, les
« salope ! » à répétition lancés à la gent féminine). Mais les
racistes et les pères qui fuient leurs responsabilités en prennent aussi pour
leur grade alors on leur pardonne et tout le monde est content (on appelle ça « ratisser
large » et « jouer sur tous les tableaux »). Comme tant de
célébrités (comiques, chanteurs, acteurs…) ayant eu du succès dans les années
80 et 90, le passage au nouveau millénaire fût plus compliqué pour notre trio
de choc. Campan (né un 4 avril comme moi et… Bruno Mégret), gagné par un
« esprit de sérieux », prit un virage vers des rôles plus dramatiques
et j’ai appris d’acteurs handicapés non-professionnels de la série Vestiaires que
Légitimus y jouait un peu à la « star ». Quant à Bourdon, il enchaine
cyniquement les comédies franchouillardes mises en boite par des tâcherons et
est aussi omniprésent que ses deux compères se sont faits plus discrets. Parmi
les visages connus dans la distribution, on retrouve : les Deschiens Bruno
Lochet et Yolande Moreau ; l’humoriste (sic) Elie Semoun (mais sans
« Dieudo », pourtant pas encore « persona non grata » dans
le showbiz) ; Bernard Farcy, futur commissaire dans la franchise Taxi ;
et Claude Berri, co-producteur, qui s’acquitte également du rôle du président
du tribunal à la fin.
« Enfin, chéri, sois
raisonnable. Après tout, nous sommes mariés. » - « Considère ça comme
un divorce ! »
Réalisation : Paul Verhoeven
Scénario : Ronald Shusett, Dan
O'Bannon et Gary Goldman sur l'histoire adaptée par Ronald Shusett, Dan
O'Bannon et Jon Povill, d'après la nouvelle Souvenirs à vendre de Philip K.
Dick
Pays : Etats-Unis
Année : 1990
Genre : Science-fiction, action
Avec : Arnold Schwarzenegger,
Rachel Ticotin, Sharon Stone, Michael Ironside, Ronny Cox.
Synopsis : En 2084, Douglas Quaid
mène une vie tranquille, entre son job d’ouvrier de chantier et Lori, sa
superbe épouse. Obsédé par la planète Mars, dont il rêve fréquemment, il fait
appel à la société Rekall qui propose à ses clients l'implant de souvenirs
factices. Mais l’opération se passe mal et le voilà poursuivi par des individus
qui cherchent à l’éliminer…
Pourquoi ? Autant j’ai trouvé que
Terminator 2 n’avait pas vieilli, autant ce Total Recall, sorti pourtant
seulement un an auparavant, me semble avoir pris un bon petit coup derrière la
tête (certains décors en carton-pâte, la mutante aux trois seins…). Comme quoi,
la technologie avance vite. Pas de quoi cependant nous gâcher le plaisir car pour
le reste, c’est du classique : de l’action et une histoire où l’on ne
comprend pas forcément tout mais on s’en fout puisque c’est de la
science-fiction. Et surtout, nous avons là le premier rôle d’envergure d’une
certaine Sharon Stone, dont la divine beauté du visage fût responsable de mes
premiers émois adolescents (mais son corps tout entier ne me laissait pas
indifférent non plus…). Cette prestation réussie convainquit Paul Verhoeven de
l’engager pour le premier rôle de son film suivant, Basic Instinct (1992), qui
la propulsera superstar d’Hollywood. Sa route était désormais pavée d’or.
« Je crois que je suis devenue
un peu dingue. » - « Tu as toujours été un peu dingue. C'est juste la première
fois que tu as eu l'occasion de t'exprimer. »
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : Callie Khouri
Pays : Etats-Unis
Année : 1991
Genre : Road movie, drame
Avec : Susan Sarandon, Geena
Davis, Harvey Keitel, Michael Madsen, Brad Pitt, Christopher McDonald, Stephen
Tobolowsky.
Synopsis : Thelma, femme au foyer
bridée et brimée par son beauf de mari (toute la panoplie : la petite
moustache, la gourmette, le marcel, le pack de bière devant le match télévisé
de foot américain…) et son amie Louise, serveuse dans une cafétéria, décident de
passer un week-end « entre filles ». Hélas pour elles, leur passage
dans une boite de nuit tourne mal : Louise abat un homme qui s’apprêtait à
violer Thelma. Dès lors, pas d’autre choix que la fuite à travers l’Amérique…
Pourquoi ? Rien que d’en parler,
j’en ai les larmes aux yeux. Alors le fameux final, c’est carrément les
« grandes eaux ». Mais bon, je chiale à tout, de toutes façons (un
drame, un visage, une chanson – au hasard, Back To
Black d’Amy « Maison du vin » la bien nommée ou Heaven Or Las Vegas
des Cocteau Twins – et même à l’occasion… une interview de Dominique De
Villepin, c’est dire…). Ce n’est pas, je pense, faire injure à Susan Sarandon (une
femme bien) que de dire que c’est Geena Davis, de dix ans sa cadette, qui porte
littéralement le film sur ses épaules de bout en bout. Quelle expressivité,
l’anti-Steven Seagal ! A l’exception notable de Madsen et Keitel, tous les mecs
sont des connards finis et se font bien remettre à leur place (voire pire) par nos
deux dames de choc (à part Pitt qui s’en sort en les bananant). Le film est
bien sûr un puissant et précurseur manifeste féministe. Mais il y a 35 ans de
ça (même si j’ai dû le voir quelques années après sa sortie), on ne se posait
pas (encore) toutes ces questions. Femmes ou hommes, c’était juste un p*tain de
bon film. Et ça le reste toujours. « Iconique », comme diraient les
« Gen Z »…
[P.S : La B.O contient The
Ballad of Lucy Jordan, la chanson la plus connue de Marianne Faithfull,
disparue il y a un an, issue de son album de 1979 Broken English, que je
conseille à tous.]
« C’est dans votre nature
de vous détruire vous-mêmes. »
« Dire qu’il n’est pas
encore né… Quel bordel, dans nos têtes ! »
« Hasta la vista,
baby ! »
Réalisation : James Cameron
Scénario : James Cameron et
William Wisher Jr.
Pays : Etats-Unis
Année : 1991
Genre : Science-fiction, action
Avec : Arnold Schwarzenegger,
Edward Furlong, Linda Hamilton, Robert Patrick, Joe Morton.
Synopsis : 2029 : les
humains remportent la guerre contre les « machines » (robots doués
d’intelligence), engagée après l’holocauste nucléaire du 29 août 1997. Afin de
modifier cette issue, Skynet, l'ordinateur qui contrôle les machines, envoie un
nouveau Terminator en 1995 pour éliminer John Connor, alors enfant et futur
chef de la résistance humaine, après avoir échoué une première fois en 1984 sur
sa mère Sarah Connor. Mais les humains envoient eux aussi leur propre cyborg à
la même époque pour protéger John.
Pourquoi ? Six ans avant Titanic
et ses 200 millions de dollars de budget, James Cameron affolait déjà les
compteurs avec ce formidable Terminator 2 en ayant coûté « seulement »
la moitié, ce qui en faisait déjà à l’époque le film le plus cher de
l’histoire. C’est donc tout naturellement qu’on en aura « pour notre
argent ». Nous y verrons comme il se doit des cascades, des bagarres, des
courses-poursuites, des fusillades mais aussi et surtout des effets spéciaux révolutionnaires
à l’époque (morphing, images de synthèse). Voilà pour la forme mais il y a même
aussi un peu de « fond ». Au-delà de l’ancestrale lutte du Bien
contre le Mal, la crainte visionnaire de voir la technologie « indomptée »
et s’avérer néfaste pour nous autres pauvres « humains » (mais le
sommes-nous encore… et d’ailleurs, l’avons-nous déjà véritablement été ?)
résonne étrangement en ces temps « d’intelligence artificielle ». Le film nous
tirera également quelques chaudes larmes, via des ressorts certes mièvres et
bateau (les rapports mère-fils, l’ado qui sympathise avec « son »
Terminator, l’adieu final). Contrairement (à mon sens) au premier volet de 1984,
Terminator 2 n’a pas pris une ride. A noter la présence dans la B.O du titre
You could be mine des Guns N’Roses, issu du deuxième volume de leur monumental diptyque
Use Your Illusion sorti la même année que le film. Epoque bénie…
« Pouvez-vous conduire ce
bus ? » - « Oui, c’est un caddie de supermarché en plus
gros, quoi… »
Never Mind the Bullock…
Réalisation : Jan de Bont
Scénario : Graham Yost avec la
participation non créditée de Joss Whedon
Pays : Etats-Unis
Année : 1994
Genre : Action, thriller
Avec : Keanu Reeves, Dennis
Hopper, Sandra Bullock, Joe Morton, Jeff Daniels.
Synopsis : Howard Payne, un terroriste
psychopathe et policier à la retraite, prend en otage un ascenseur dans un
immeuble d'affaires à Los Angeles et réclame une rançon en menaçant de le faire
sauter. Son projet échoue à cause de deux officiers, dont le jeune Jack Traven.
Qu’à cela ne tienne, il récidive quelques temps plus tard en piégeant un bus :
si sa vitesse passe en dessous de 50 miles/heure (soit 80 km/h) ou si quelqu'un
essaie de descendre, il le fera sauter. Ayant prévenu Jack pour le mettre à
l’épreuve et se venger, celui-ci parvient à monter à bord du bus. La course
contre la montre commence…
Pourquoi ? C’est bon, y’a tout :
de l’action en veux-tu en voilà (oh les gars, à la fin, on voit bien que le
métro, c’est une maquette…), une touche d’humour, glorification de la flicaille,
de l’amûûûûûûr (hétérosexuel. Non parce qu’imaginez que ce ne soit pas Sandra
Bullock qui soit emmenée à conduire l’engin mais Brad Pitt, on serait pas dans
la merde…), du « one tooth for one eye » (le méchant est bien méchant
alors il sera décapité, parce que l’arrêter et le faire croupir entre quatre
murs, ce serait vraiment trop « soft »…) et de la « virilité »
(« Eh mec, t’as pas inventé la poudre mais t’as deux couilles d’un kilo
chacune ! »). Si on veut aller plus loin dans la lecture « idéologique »,
j’ai noté cette phrase de Bullock, aveu inconscient de l’interventionnisme U.S :
« Alors, pourquoi il nous en veut, ce bonhomme ? On lui a bombardé sa terre
natale ou quoi ? ». Le petit délinquant à bord du bus qui croit que Reeves
est là pour le coffrer est chicano. Par contre, le terroriste expert en bombe,
qui « en a dans la caboche », c’est bien un « white », un « blancos »
(Dennis Hopper, en l’occurrence, qui cabotine à qui mieux mieux). Et les
passagers du bus, une « masterclass woke » (ce terme mis à toutes les
sauces…) avant l’heure ! La femme asiatique, le jeune, le vieux couple de
noirs, le métis qui-travaille-dur-sur-les-chantiers-pour-nourrir-sa-famille
(les « honnêtes gens », comme diraient avec beaucoup de paternalisme
les membres des Républicains…), il ne manque que le gay. Y’a bien un mec pas
très viril mais il n’est pas gay, la preuve, il branche Bullock au début. Bon,
allez, le film « pop-corn » par excellence et pis Sandra Bullock, j’adore
cette meuf…
[P.S : La « séquelle »
trois ans plus tard, toujours avec l’actrice et De Bont derrière la caméra mais
sans Reeves, est évidemment complètement bidon.]
« Ernest Hemingway a
écrit : « Le monde est un bel endroit qui vaut la peine qu'on se batte pour lui
». Je suis d'accord avec la seconde partie. »
Réalisation : David Fincher
Scénario : Andrew Kevin Walker
Pays : Etats-Unis
Année : 1995
Genre : Thriller psychologique,
policier
Avec : Brad Pitt, Morgan Freeman,
Gwyneth Paltrow, Kevin Spacey, R. Lee Ermey.
Synopsis : Au sein d'une brigade
criminelle d'une grande ville américaine, l’inspecteur William Somerset voit
avec impatience sa retraite se profiler dans une semaine. Lui passant le relais,
il est contraint de faire équipe avec le jeune inspecteur David Mills, au
caractère imprévisible, diamétralement opposé au sien. Les deux hommes sont
chargés d’enquêter sur deux homicides particulièrement sauvages, visiblement
inspirés par les sept péchés capitaux. Somerset pense alors qu’il faut
s’attendre à cinq autres meurtres…
Pourquoi ? Alors là, y’a pas à tortiller, pour moi c’est Top 5 U.S
direct (avec Basic Instinct, Shining, JFK et Thelma & Louise) et même Top
3. Cela va bien au-delà de la « simple » (ce qui serait déjà
beaucoup) « Madeleine de Proust » (le bon temps des locations de VHS
chez Vidéo Futur avec mon pauvre padre). Il y a en effet ici tout ce que j’attends
d’un bon film policier : une intrigue qui tient en haleine, entrecoupée
d’une scène d’action, un climat, une atmosphère (obscurité, pluie omniprésente),
un criminel et un final (« moral » sans l’être) marquants. Le film
reprend la formule maintes fois usitée du « buddy movie », avec un duo
de flics aux personnalités très différentes l’une de l’autre (le « vieux
sage » et le « chien fou »), parfaitement interprétés par Morgan
Freeman et Brad Pitt. David Fincher s’affirme comme un réalisateur prometteur,
ce qu’il confirmera par la suite. Coup de chapeau aussi à l’excellent Kevin
Spacey qui, en cette année 1995, aura donc campé deux des criminels les plus
diaboliques de l’histoire du cinéma : Keyser Söze dans Usual Suspects et
John Doe ici même. Vraiment un sans-faute.
« Comme il n’y avait pas
d’autre cachette, il se l’ait mise dans l’cul. Fallait avoir du courage pour le
faire, se la mettre dans l’cul… »
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino et
Roger Avary
Pays : Etats-Unis
Année : 1994
Genre : comédie dramatique, policier
Avec : John Travolta, Samuel L.
Jackson, Bruce Willis, Uma Thurman, Ving Rhames, Harvey Keitel, Tim Roth, Amanda
Plummer, Maria de Medeiros, Eric Stoltz, Rosanna Arquette, Christopher Walken.
Synopsis : A Los Angeles, les
mésaventures d’un caïd, de sa femme, de ses deux hommes de main, d’un boxeur
minable et de divers petits malfrats.
Pourquoi ? Je n’aime pas
particulièrement Tarantino, son goût pour la violence et l’esthétisation de
celle-ci, comme chez Scorsese. Mais Pulp Fiction fût un choc générationnel, un
peu à la façon de Nirvana dans le domaine de la musique. Casting d’enfer, B.O « de
la mort qui tue » (notre homme connait la musique américaine – noire et
blanche, du passé et du présent – sur le bout des doigts, ça se sent),
réalisation, scénario et dialogues audacieux avec une structure non-chronologique
(trois histoires apparemment distinctes mais qui se rejoignent), rien n’est
laissé au hasard. Et l’histoire et ses personnages ! Vous y verrez des
truands récitant un verset de la Bible avant d’exécuter un pauvre escroc ou discutant
de choses aussi futiles et cocasses que les techniques de massage de pieds
féminins ou les « Big Mac », un caïd se faire… sodomiser par un
pervers dans les sous-sols d’un magasin, sa femme être sauvée in extrémis d’une
overdose grâce à une injection directement dans le cœur (!) ou encore un boxeur
bravant le danger afin de récupérer la montre que lui avait légué son père.
Bref, un pur délire narratif et visuel.
[P.S : autant je n’aime pas
la violence (ici, ça reste supportable) et le tabac, autant je trouve la censure
de la cigarette et du flingue sur la jaquette de certaines versions du film parfaitement
détestable et ridicule.]
« C’est fini de souffrir,
ils sont sauvés. » - « Sauvés ? »
C’est l’histoire de Rusty Sabich
(Harrison Ford), brillant procureur, qui va avoir besoin d’un bon avocat, en l’occurrence
Sandy Stern (Raúl Juliá). Motif : sa collègue Carolyn Polhemus (Greta
Scacchi), à qui il avait montré combien il était un as du… barreau, a été
retrouvé assassinée chez elle et plusieurs indices l’accablent. Le tout sur
fond d’élections du District Attorney où son supérieur Raymond Horgan (Brian
Dennehy) brigue un nouveau mandat.
Que penser de cette production
Warner, parfaitement calibrée pour un dimanche soir à la télé avant de
retourner au chagrin le lendemain matin ? Eh bien qu’elle est façonnée par
des pros en la matière avec Alan J. Pakula (Les hommes du président, L'AffairePélican) derrière la caméra, la star Harrison Ford et quelques « seconds couteaux »
(voire troisièmes) d’Hollywood devant et mise en musique par John Williams
(partition « hitchcockienne » pour le final). Et qu’elle appartient à
cette catégorie de films dont l’intérêt majeur réside dans son « twist »
final, qui vient dénouer les fils de cette ténébreuse affaire. Sans vouloir « spoiler »
pour les âmes égarées qui n’auraient pas encore vu ce film, précisons malgré
tout que des plans insistants sur un personnage à priori secondaire nous mettent
sur la piste du criminel (j’espère n’en avoir pas trop dit). A part ça, la
victime se les était tous « envoyés » et malgré l’absence de scènes d’action,
l’enquête puis le procès se laissent suivre sans que l’ennui ne vienne pointer
le bout de son nez. Efficace as always et gentiment immoral sur la fin, ne
boudons pas notre plaisir.
Avec : Richard Gere, Julia
Roberts, Ralph Bellamy, Jason Alexander, Héctor Elizondo, Laura San Giacomo.
Synopsis : Edward Lewis,
richissime homme d'affaires rachetant des sociétés en difficulté en vue de les
revendre après les avoir dépecées (un Tapie puissance 10 donc, puisque ricain…),
se perd sur Hollywood Boulevard après avoir quitté une soirée où il s’ennuyait
à mourir. Il demande alors son chemin à Vivian, une jeune prostituée.
Pourquoi ? Parce que c’est le
film qui révéla Julia « Big mouth » Roberts. Parce que Richard Gere
(et plutôt bien). Parce que si j’aime le cul, je peux aussi être « fleur
bleue » (d’ailleurs, je ne vois pas en quoi ce serait antinomique). Pour
l’irrésistible chanson éponyme de Roy Orbison. Et encore et toujours parce que
« Madeleine de Proust » (ça y est, je me remet à chialer sur mon insouciance
perdue…).
« Pas d’chance, fiston… L’ascension
fût rapide, la descente sera longue. »
C’est l’histoire, en 1958, à New
York, de la firme Hudsucker, du nom de son créateur et président, prénommé
Waring (Charles Durning). Qui, alors que l’entreprise est florissante, se
suicide en plein Conseil d’Administration en se jetant par la fenêtre du
building. Le Conseil, avec à sa tête Sidney Mussburger (Paul Newman), décide de
confier la présidence à un parfait abruti afin de faire baisser temporairement
le cours de l'action et de prendre le contrôle de l’entreprise en rachetant les
actions à bas prix. Mussburger jette son dévolu sur le naïf Norville Barnes (Tim
Robbins), récemment embauché au service du courrier. Mais Amy Archer (Jennifer
Jason Leigh), une ambitieuse journaliste, découvre le pot aux roses et dévoile
la vérité dans un article de presse.
Dix ans après leurs débuts et
après la Palme d’Or pour Barton Fink (1991), les frères Coen ont enfin les
moyens de leurs ambitions avec un budget de 40 millions de dollars et un
casting de stars. Bon, moi je les mets un peu dans la même case que Tarantino
ou d’autres : producteurs déjantés et malins aux références sûres, dont
ils parsèment leurs œuvres. Fargo, j’adore (d’ailleurs, je l’ai gardé) mais je
n’ai pas compris le culte voué à The Big Lebowski. Pas vu les autres, pas
attiré par les scénars ni les bandes-annonces. Quid de ce loufoque Grand saut, qu’ils
ont coécrit avec Sam Raimi ? Mitigé, du bon et du moins bon. Tim Robbins
(le grand sot ? Ah ah !) enchaine bien après Short Cuts et Les
évadés. Jennifer Jason Leigh, également à l’affiche de Short Cuts, est ici
assez insupportable, elle en fait des tonnes (c’est exprès, d’accord…) et
semble désireuse de remporter la palme du comédien le plus volubile. Une vraie « pile
électrique »… La légende Paul Newman complète ce trio « 5 étoiles ».
Reconstitution d’époque et B.O hollywoodiennes, inévitable « bluette »
entre Robbins et Jason Leigh, réhaussée par des fulgurances ou digressions
comiques et une satire bien sentie du « American way of life » (culte de la
réussite) et de l’entreprise hyper-hiérarchisée. [P.S : impossible de ne pas
penser au drame du « 11/9 » quand le mec se défenestre au début…]
« C’est pas ce petit poujadiste
de merde qui va me la faire, crois-moi ! »
Réalisation : Didier Bourdon et
Bernard Campan
Scénario : Didier Bourdon et
Bernard Campan
Pays : France
Année : 1997
Genre : comédie
Avec : Didier Bourdon, Bernard
Campan, Isabelle Ferron, Isabel Otero, Hélène Surgère, Roger Ibáñez, Kelly
Lawson, François Berléand, Philippe Chevallier, Régis Laspalès.
Synopsis : Lors d’un repas de
famille, Didier et Bernard, deux beaux-frères que tout oppose (le premier est
pharmacien et de droite, le second prof en banlieue et de gauche) mais tous
deux gros fumeurs, font le pari d’arrêter de fumer pendant quinze jours. Très
vite en manque, leur vie va basculer.
Pourquoi ? Les Inconnus ne sont
plus que deux, suite à un conflit avec leur producteur Paul Lederman (Légitimus
fait toutefois une très brève apparition – je ne l’ai même pas remarqué – en
tant que figurant dans la scène du cocktail) mais c’est aussi bien, voire mieux,
que quand ils étaient trois (Les trois frères, 1995). Cette comédie hilarante de,
par, pour et avec Bourdon et Campan enchaine sans faiblir les gags et répliques
(«Le tabac, c’est tabou, on en viendra tous à bout !»)
drolatiques, avec une pointe d’émotion (la fille adoptive de Bourdon, les
obsèques du père des deux sœurs) et des clins d’œil à des chefs-d’œuvre du
cinéma (Shining, Psychose, Taxi Driver). Mention spéciale à l’avant-dernière séquence
dont je ne me lasse pas, où Bourdon et Campan, frustrés par les repas
faméliques de leur cure thermale, investissent secrètement les cuisines pour se
concocter un festin. Bref, un film vraiment… énorme.