Affichage des articles dont le libellé est 90's. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 90's. Afficher tous les articles

JF partagerait appartement (1992), de Barbet Schroeder

 

« T’es trop bonne. C’est ton problème. Les hommes sont des porcs, même ceux qui ont l’air gentil. Tu finis toujours par te faire avoir. »

C’est l’histoire d’une nana, Alison Jones (Bridget Fonda), conceptrice de logiciels, qui rompt avec son mec Sam Rawson (Steven Weber) car il l'a trompée avec son ex-femme. Souhaitant conserver son grand appartement new-yorkais, elle se met en quête d’une colocataire. Son choix se porte sur l’effacée Hedra Carlson (Jennifer Jason Leigh). Problème : celle-ci s’avère envahissante et pour tout dire complètement secouée, alors que Sam refait surface et obtient d’Alison une nouvelle chance.

Ce film me replonge dans les désormais douloureux souvenirs du temps béni de mon adolescence où, avec mon géniteur, nous louions des films en K7 dans les vidéo-clubs lors de ses week-ends de garde de père divorcé. Dont celui-ci, donc. Qui ne vaut hélas pas tripette et peine à résister aux affres du temps. Ce n’est pas qu’il soit mal fait, loin de là mais son déroulé des plus prévisibles et le genre dans lequel il s’inscrit (thriller) le condamnent inévitablement au statut de produit de consommation courante pour soirée TV. Il n’évite pas non plus l’écueil de quelques clichés (l’apprenti violeur de Fonda est tué mais son ami voisin homo survit) ni du final grand-guignolesque. Son relatif succès au box-office reste donc un mystère. On retiendra toutefois l’interprétation des deux jeunes femmes qui, fatalement, n’échappent pas au « passage obligé » de la nudité, en particulier celle de Jennifer Jason Leigh.

Agent zéro zéro (1996), de Rick Friedberg

 

« Ce Steele va bientôt regretter que sa maman ait rencontré son papa… »

La corde est usée…

C’est l’histoire… euh, là, vraiment aucune importance, c’est juste celle de Leslie Nielsen (très mauvaise voix de doublage, pas l’habituelle) qui rempile pour une série de gags parodiques « à la mitraillette »… Enfin, si vous y tenez… Il est Dick Steele, un agent secret qui doit sauver le monde (et accessoirement la fille de son ancienne partenaire, décédée dans l’une de leurs opérations) en faisant face au dangereux Général Rancor (Andy Griffith). Veronique Ukrinsky (Nicollette Sheridan), fille du professeur concepteur du circuit électronique nécessaire à Rancor pour lancer son missile, l’accompagne dans sa mission.

Ouh que c’est mauvais… Souhaitant conclure la semaine sur une note humoristique après avoir été terrassé par non pas… La terrasse (à venir) mais Tendres passions (suivez, bon sang…), cet Agent zéro zéro aura peiné à me faire décrocher ne serait-ce qu’un sourire… On repart pour un tour de gags éculés voire recyclés et de parodies de succès hollywoodiens. On s’amusera à reconnaitre parmi ceux-ci Sister Act, Dans la ligne de mire, Speed, Jurassic Park, Pulp Fiction (la mythique scène de danse Travolta – Thurman), E.T, Maman, j'ai raté l'avion !, True Lies et sans doute un film de guerre dans la jungle (Rambo, Predator ou assimilé). Franchement aucun intérêt, le film ne dure d’ailleurs qu’une heure et quart, il ne fait même pas semblant de n’avoir rien à raconter. De plus, il faut encore se taper l’idéologie sous-jacente (« on est les meilleurs et les maîtres du monde, nous les zaméricains »), présente aussi dans certains volets de la série des Y a-t-il…, où l’homme du Moyen-Orient (en dehors de l’allié israélien, évidemment) est toujours renvoyé soit au terrorisme soit à une forme de sous-développement (le chauffeur de taxi Tamul qui fait équipe avec Nielsen). Finalement, c’est le Directeur des Services Secrets (Charles Durning), se camouflant en fauteuil en cuir, en store ou même en sol, qui m’aura fait le plus sourire. Parmi les caméos figurent Mister T. de l’Agence tous risques, le catcheur Hulk Hogan et le grand Ray Charles en… chauffeur du bus piégé. L’échec critique et commercial du film n’a pourtant pas découragé notre cher Leslie à poursuivre dans cette voie et il remettra le couvert avec Le détonateur (à peine meilleur, 1998) et Y a-t-il un flic pour sauver l'humanité ? (2000, avec Ophélie Winter, probablement le pire de tous).  

Meurtre en suspens (1995), de John Badham

 

C’est l’histoire d’un mec, Gene Watson, comptable (Johnny Depp), il est pas dans la merde… A peine débarqué à Los Angeles avec sa petite fille, deux faux policiers (Christopher Walken et Roma Maffia) enlèvent cette dernière et menacent de la tuer si lui-même ne flingue pas rien de moins que la Gouverneur de Californie dans les 90 minutes qui viennent. Ils lui remettent une arme à feu, la photo de ladite Gouverneur et le programme du meeting qu’elle donne dans un luxueux hôtel. Tout en l’ayant à l’œil…

Allez, après quelques films un peu plus exigeants, retour vers le pur divertissement sans message (ah, quand même un plan sur la fillette qui, du train arrivant en gare, regarde les miséreux des bas-fonds de la « Cité des anges », quelle audace…), mis en boite par un tâcheron hollywoodien, à savoir John Badham, dont les principaux « faits d’armes » se nomment Dracula (1979) et La fièvre du samedi soir (1977). Film acheté à petit prix sur Vinted (et qui sera revendu dès que possible par ce biais ou un autre) car indisponible à ma médiathèque. Jamais été fan du bellâtre Johnny Depp mais je n’avais jamais vu ce film, alors, pour tuer 90 minutes d’un venteux après-midi… Après avoir dansé dans un clip de Madonna (Bad Girl, 1993) et avant de le faire dans un autre de Fatboy Slim (Weapon of Choice, 2000), Christopher Walken, qui sortait de Pulp Fiction (mémorable séquence du récit de « la montre dans l’cul »), endosse le rôle du méchant bien méchant. Enfin, l’un des méchants car il se trouve que [SPOILER ALERT] la plupart des agents de sécurité sont dans le complot ourdi par le mari même de la Gouverneur. Bigre ! Bon, vous l’aurez compris, Meurtre en suspens tient bien en haleine (filmé quasiment en temps réel et caméra à l'épaule) mais rien ne tient debout et aucun enjeu ne subsiste puisqu’on sait à l’avance que l’issue débouchera sur le sempiternel « happy end » du papounet qui retrouvera sa p’tite fifille (un enfant, ça émeut toujours dans les chaumières…). Johnny Depp pourra au moins compter sur un allié de poids (c’est le cas de le dire…) en la personne d’un cireur de chaussures noir, petit et rondouillet (comme Bruce Willis dans Piège de cristal, sauf que là le type était flic mais sinon, même physique). Et sur les habituels atermoiements d’affreux qui rateraient un éléphant dans un corridor…   

Safe (1995), de Todd Haynes

 

C’est l’histoire d’une meuf, Carol White (Julianne Moore), elle a tout pour être heureuse : un mari, un beau-fils, une belle baraque, des amies. Ben pourtant, non. Déjà, elle ne ressent rien quand son bonhomme la tringle (première scène). Puis, elle développe une hypersensibilité à toutes sortes de produits chimiques et est sujette à des crises de plus en plus fréquentes. Sans solution médicale, elle se tourne vers des thérapies holistiques.

L’air qu’on respire, la bouffe qu’on ingurgite, le stress, tout cela influe sur notre santé et la santé, c’est important. Primordial même, il me semble. Pourtant, on n’entend guère nos baltringues d'hommes « politichinelles » en parler, en particulier ceux situés les plus à droite sur l’échiquier, les Bardella, Ciotti, Zemmour, Retailleau et compagnie (par exemple, avez-vous déjà entendu les mots « perturbateur endocrinien » dans la bouche du Fantomas nissard ou du chouan vendéen ?), trop occupés à gloser sur leur obsession des « 4 I » (Insécurité, Immigration, Islam, Impôts). Enfin, à chacun ses priorités…

Safe (vu en V.O, pas de VF) traite donc de notre environnement, du monde moderne, de comment il nous agresse et nous détruit à petit feu. Un film extrêmement contemporain. Il se divise en deux parties. Dans la première, Julianne Moore est soudainement victime de crises à répétition : saignement du nez, quinte de toux suite à l’exposition à la fumée d’un pot d’échappement particulièrement polluant, suffocation... Les différentes consultations médicales ne lui sont hélas d’aucun secours, si ce n’est qu’elle semble être devenue allergique aux substances chimiques. C’est alors qu’elle se laisse convaincre par une sorte de secte New Age, découverte par le biais d’un prospectus trouvé dans son club de gymnastique. La seconde partie se déroulera donc au sein d’un centre basé à l’écart des grandes villes et dirigé par un gourou. On erre dans le film tel un fantôme, à l’image du personnage interprété par Julianne Moore, très juste dans ce rôle. Le rythme est lent, voire léthargique, sans coup d’éclat (en dehors de quelques crises spectaculaires au début). La fin, ouverte, ne nous permet pas de trancher : est-elle en voie de guérison ou sombre-t-elle définitivement ? Allégorie du SIDA ? De la dépression ? Fable écologiste ? Ode à l’introspection et à la bienveillance communautaire ? Un peu tout ça à la fois ? A vous de voir… mais on s’emmerde quand même pas mal.


Le topo d'Alice Winocour :

Cycle Leslie Nielsen (2) : la trilogie Y a-t-il un flic…

 

Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? (1988)

« Là je ferme les yeux mais en temps normal, il ne faudrait pas rouler à 125 dans le mauvais sens d’une rue à sens unique… »

Réalisation : David Zucker

Scénario : Jerry Zucker, Jim Abrahams, David Zucker et Pat Proft

Pays : Etats-Unis

Année : 1988

Genre : Comédie, policier, parodie

Avec : Leslie Nielsen, Priscilla Presley, Ricardo Montalban, George Kennedy, O. J. Simpson.

Synopsis : Frank Drebin est policier dans la brigade spéciale de Los Angeles. Son meilleur ami et partenaire Nordberg est gravement blessé et accusé de trafic de drogue. Dès lors, Frank cherche à savoir qui a voulu le tuer. Son enquête l'amène sur les traces de Vincent Ludwig, riche homme d'affaires à qui l'on vient de confier la charge d'organiser la venue de la reine Elisabeth II. Frank fait la rencontre de l'assistante de Ludwig, Jane Spencer, dont il va tomber amoureux.


Y a-t-il un flic pour sauver le président ? (1991)

« C’est de l’histoire ancienne, comme le Parti Démocrate. »

Réalisation : David Zucker

Scénario : David Zucker et Pat Proft

Pays : Etats-Unis

Année : 1991

Genre : Comédie, policier, parodie

Avec : Leslie Nielsen, Priscilla Presley, George Kennedy, O. J. Simpson, Robert Goulet, Richard Griffiths, Anthony James.

Synopsis : Trois ans après, Frank et Jane sont séparés. Il la retrouve en tant qu'assistante du professeur Meinheimer, qui doit prochainement prononcer un discours en faveur des énergies renouvelables, ce qui n’est pas du goût des magnats du pétrole. Jane s'est fiancée à Quentin Hapsburg, un homme d’affaires louche.


Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ? (1994)

« Et puis… tu as tué personne depuis 6 mois… » - « C’est vrai ! C’est toujours les p’tites choses qui vous manquent. »

Réalisation : Peter Segal

Scénario : David Zucker, Pat Proft et Robert LoCash

Pays : Etats-Unis

Année : 1994

Genre : Comédie, policier, parodie

Avec : Leslie Nielsen, Priscilla Presley, George Kennedy, Fred Ward, O. J. Simpson, Anna Nicole Smith.

Synopsis : L'inspecteur Frank Drebin est désormais à la retraite. Mais ses anciens coéquipiers font à nouveau appel à lui. En effet, le criminel Rocco Dillon prépare un attentat qui aura lieu pendant la cérémonie des Oscars.


Assurément l’une des « franchises » les plus drôles de l’histoire et qui révéla le potentiel comique de l’acteur Leslie Nielsen dans le rôle du policier gaffeur Frank Drebin. Les autres acteurs récurrents de la série sont sa compagne Priscilla Presley (mais pas trop fort quand même…) et ses coéquipiers George Kennedy et O. J. Simpson (oui, l’ancien joueur de foot américain disparu en 2024 et ayant défrayé la chronique en 1994 pour le double meurtre de son ex-épouse et l’un de ses amis). Alors, quel volet est le plus drôle et le plus réussi ? Instinctivement et par habitude, on aurait tendance à dire le premier mais honnêtement, le trio ZAZ (Jerry Zucker, Jim Abrahams et David Zucker, diversement impliqués dans les trois films) en avait suffisamment « sous la semelle » pour nous offrir deux « séquelles » fort réjouissantes et de qualité. Passons rapidement sur la séquence introductive du premier volet, aux forts relents « néo-con » de l’impérialisme yankee et ses croisades évangélistes contre les « forces du Mal » (invariablement les communistes et les islamistes), où Drebin dézingue Khomeini (déjà…), Gorbatchev, Yasser Arafat (mouais…), Kadhafi et Amin Dada. Il doit ensuite faire échouer la tentative d’assassinat de la reine Elisabeth II par un richissime notable (mémorable final au match de baseball). Autres scènes marquantes : la course-poursuite à bord de l’auto-école ou « l’agression à l’aide d’une verge de statue ». Dans le second opus, Drebin est cette fois aux prises avec un autre businessman véreux, fiancé à Jane (Presley) et qui lui envisage de remplacer un professeur aux idéaux écologistes par un sosie bien plus favorable à l’industrie pétrolière. Après la reine d’Angleterre et les chefs d’Etat du précédent volet, on y retrouve d’autres sosies : cette vieille ganache de George Bush père et sa grognasse Barbara (scène introductive hilarante lors du diner à la Maison Blanche). Parmi les films parodiés ici : la scène de la douche de Psychose et celle de la poterie dans Ghost (réalisé par Jerry Zucker, une autocitation, donc). Quant au troisième volet, si l’intrigue policière y est moins élaborée que dans les deux premiers, les gags restent au niveau (la « banque du sperme », la prison, tout le final aux Oscars). Là encore, le film débute en fanfare : parodie de la scène de la gare des Incorruptibles, avec pas moins de quatre landaux (encore deux sosies : Bill Clinton et le pape Jean-Paul II). Poilant. Autres clins d’œil cinématographiques : Thelma & Louise, Jurassic Park et les films d’évasion (L'évadé d'Alcatraz, La grande évasion). Présence au casting d’Anna Nicole Smith, à la poitrine généreuse et au destin tragique (décès à 39 ans, un an après celui de son fils de 20 ans). Une trilogie culte à voir et à revoir pour de bons moments de franche rigolade.

Cycle Leslie Nielsen (1) : Le détonateur (1998), de Pat Proft

 

« Je trouve que ce chien a un museau très surprenant. » - « C’est parce que vous regardez ses fesses… »

C’est l’histoire de Ryan Harrison (Leslie Nielsen), violoniste de renommée mondiale. Il est embarqué dans un complot où une admiratrice (Kelly LeBrock) lui fait porter la responsabilité du meurtre de son mari (Michael York), qui avait découvert qu’elle projetait d’assassiner le secrétaire général de l’ONU. Condamné à mort, Harrison parvient à s’échapper lors d’un transfert de prisonniers. Le lieutenant Fergus Hall (Richard Crenna) se lance à sa poursuite.

Faut wigoler ! Putain, t’as raison, surtout en ce moment où tous les voyants sont au rouge (Recherche bonnes nouvelles désespérément…). Et quoi de mieux pour cela qu’un film avec Leslie Nielsen, acteur canadien qui se révéla sur le tard dans un registre comique grâce à la série de films des Y a-t-il… ? La recette est connue : humour potache, régressif et nonsensique, parodies de films, gags en arrière-plan. Elle est réutilisée ici, avec plus ou moins de bonheur. Durant moins que les 90 minutes réglementaires et mis en boite par le néophyte Pat Proft (qui ne récidivera pas…), ça sent le truc bâclé. « L’intrigue » n’a aucun sens, le scénario ne s’embarrasse d’aucun souci de vraisemblance et n’est qu’un prétexte à l’enchainement de gags et de parodies de grands succès cinématographiques. On se délectera notamment de celles d’Usual Suspects, de Mission Impossible, de La mort aux trousses et du Fugitif, ce dernier fournissant la trame scénaristique du métrage, avec Richard Crenna dans le rôle du flic fûté incarné par Tommy Lee Jones dans l’original. La voix de doublage de Leslie Nielsen n’est malheureusement pas adéquate, son doubleur habituel Jean-Claude Michel n'étant pas disponible pour des raisons médicales (il décèdera d’ailleurs un an plus tard). Au final, un moment sympatoche mais clairement en deçà des Y a-t-il un flic (ou un pilote)     

Les Visiteurs (1993), de Jean-Marie Poiré

 

« Cousin Hubert ! Qu'est-ce que c'est qu'ce bin's ? »

« C’est Okaaaaaaaaay ! »

« Merci, la gueuse. Tu es un laideron mais tu es bien bonne. »

Réalisation : Jean-Marie Poiré

Scénario : Jean-Marie Poiré et Christian Clavier

Pays : France

Année : 1993

Genre : Comédie, fantastique

Avec : Christian Clavier, Jean Reno, Valérie Lemercier, Marie-Anne Chazel, Christian Bujeau, Isabelle Nanty.

Synopsis : An de grâce 1123. Victime d’hallucinations après avoir malencontreusement ingurgité la potion d’une sorcière, le Comte Godefroy de Montmirail tue le père de sa promise Frénégonde de Pouille, qu’il a pris pour un ours. Du coup, Frénégonde refuse le mariage. Le mage Eusæbius propose alors à Godefroy une potion pour remonter le temps afin d'en changer le cours et d'éviter cet accident. Celui-ci, ainsi que son fidèle écuyer Jacquouille la Fripouille, boivent ce breuvage pendant que le mage récite la formule magique. Mais ce dernier a oublié un ingrédient et les deux hommes sont envoyés au XXe siècle…

Pourquoi ? Alors là j’avoue, on est en plein dans le « plaisir coupable » du « plus c’est con, plus c’est bon ». Oui, le côté potache « on est les mecs les plus puissants du cinéma français mais on aime faire les cons », ça me botte. Clavier entame ici sa carrière de « nouveau De Funès ». Mais bizarrement, je crois que c’est le personnage de Chazel, dans une variante de celui de « Zézette » du Père Noël, qui me fait le plus marrer. Top 5 des plus gros succès au box-office français, cultissime et c’est pas pour rien, même si ça a inévitablement un poil vieilli.

[P.S : difficile de ne pas voir dans le massacre en règle de la Renault 4L de La Poste par nos deux « visiteurs » une métaphore inconsciente de celui du service public postal, fragilisé par l’ouverture à la concurrence décidée par l’infame Traité de Maastricht, ratifié en 1992…]

Lost Highway (1997), de David Lynch

 

« Cet enfoiré voit plus de chattes qu’une lunette de chiotte… »

C’est l’histoire… euh, faisons « simple », d’un mec, saxophoniste (Bill Pullman, inquiétant) et de sa meuf (Patricia Arquette, quel… « morceau »). Ils reçoivent des cassettes vidéo anonymes de leur domicile (oui, comme dans le postérieur Caché d’Haneke…), aussi bien vu de l’extérieur que de l’intérieur. Ce qui subodore donc que quelqu’un s’est introduit chez eux. Ils font appel à la police, qui ne leur est d’aucun secours. C’est alors qu’un matin, le type découvre sa femme morte. Il est inculpé et condamné à mort.

Bon, ben voilà… Il y a des films dont les minutes paraissent (par instants) des heures. Lost Highway est de ceux-là. Si je vous dis que j’ai rien pigé, vous ne trouverez pas ça très original étant donné que personne n’a pigé quoi que ce soit à cette histoire. A part les quarante-cinq premières minutes (les meilleures), qui suivent le synopsis décrit plus haut. Après, on largue les amarres vers le surnaturel. Mais vous me direz : doit-on nécessairement piger ? C’est vrai ça, après tout, on peut aussi simplement se laisser porter par l’ambiance et les images. Et là, indéniablement, Lynch sait y faire pour ce qui est d’installer un climat et une esthétique de film noir, avec ses personnages déjantés et/ou mystérieux, agrémentés d’une musique ad hoc (plutôt rock : David Bowie, Marilyn Manson, Rammstein, Nine Inch Nails, The Smashing Pumpkins). Et parce qu’il en faut toujours en pareil cas, un peu de violence et de cul (ah, Patricia, des rondeurs juste ce qu’il faut là où il faut, miam miam…), comme dans Blue Velvet et Sailor et Lula. Plus un exercice de style et une « expérience », on va dire, comme Mulholland Drive quelques années plus tard. Toutefois pas vraiment ma tasse de thé…   

Usual Suspects (1995), de Bryan Singer

 

« Et bien moi je crois en Dieu et la seule chose dont j’ai peur, c’est Keyser Söze. »

Réalisation : Bryan Singer

Scénario : Christopher McQuarrie

Pays : Etats-Unis

Année : 1995

Genre : Thriller, policier

Avec : Stephen Baldwin, Gabriel Byrne, Chazz Palminteri, Kevin Spacey, Kevin Pollak, Pete Postlethwaite, Suzy Amis, Benicio del Toro, Giancarlo Esposito, Dan Hedaya, Peter Greene.

Synopsis : Verbal Kint, infirme d’une main et d’une jambe, retrouve miraculeusement l’usage de ses membres après s'être confié à l'agent spécial des douanes Dave Kujan, grâce à un exercice consistant à inventer une histoire à partir d'éléments (noms, détails) trouvés dans le bureau de celui-ci (tableau d'affichage, objets...).

Pourquoi ? Grand succès public et critique, Usual Suspects fait coup double. C’est tout d’abord un formidable message d’espoir pour les éclopés qui, avec un peu de volonté et d’imagination, auront l’occasion de sortir de leur handicap. Et c’est aussi un hommage et un coup de projecteur pour nos valeureuses forces de l’ordre qui, contrairement à ce que pensent les gauchistes, ne sont pas constituées que de brutes épaisses suivant bêtement les ordres de leur hiérarchie pour faire appliquer la loi des puissants pour les puissants. Elles savent faire preuve de psychologie et d’empathie lorsque le besoin s’en fait sentir et cette histoire en est un parfait exemple. 

Les trois frères (1995), de Didier Bourdon et Bernard Campan

 

« Votre colin, avec ou sans patates ? » - « Cent patates ! »

« Le mec, il a peint l’Alaska, il est un peu… ? »

C’est l’histoire de… trois (demi) frères (Didier Bourdon, Pascal Légitimus et Bernard Campan) qui ne se connaissent pas et s’apprêtent à hériter d’une importante somme suite au décès de leur mère. Malheureusement pour eux, un codicille au testament (on aura au moins appris quelque chose…) les en prive, le délai étant dépassé de deux jours. Des difficultés financières les entrainent alors dans tout un tas de problèmes…

Après avoir triomphé sur scène et à la télévision (leur émission culte La télé des Inconnus), c’est tout naturellement que le trio passe à l’épreuve du grand écran. Et c’est à nouveau un succès avec 7 millions d’entrées dans le monde et un César du Meilleur premier film. A la revoyure, le bilan est malgré tout mitigé et bien inférieur à mon avis au Pari (de et avec Campan et Bourdon, sans Légitimus) sorti deux ans plus tard (la « séquelle » de 2014 est encore pire, cela va de soi). Ils recyclent certains de leurs sketchs (notamment celui de l’émission Millionnaire) et répliques culte (« Salut, tu vas bien ? »). Bon, ils font bien un peu pleurer dans les chaumières avec l’histoire du marmot mais ça fait un creux dans le film. Et puis y’a des trucs un peu poussifs et lourdingues (la scène de la rave ou celle du diner chez Légitimus avec Farcy), z’ont toujours été un poil « populistes » sur les bords, nos gars, ça fait partie de leur succès (le côté « poujadiste » anti-Etat, les allusions appuyées sur la couleur de peau de Légitimus, les « salope ! » à répétition lancés à la gent féminine). Mais les racistes et les pères qui fuient leurs responsabilités en prennent aussi pour leur grade alors on leur pardonne et tout le monde est content (on appelle ça « ratisser large » et « jouer sur tous les tableaux »). Comme tant de célébrités (comiques, chanteurs, acteurs…) ayant eu du succès dans les années 80 et 90, le passage au nouveau millénaire fût plus compliqué pour notre trio de choc. Campan (né un 4 avril comme moi et… Bruno Mégret), gagné par un « esprit de sérieux », prit un virage vers des rôles plus dramatiques et j’ai appris d’acteurs handicapés non-professionnels de la série Vestiaires que Légitimus y jouait un peu à la « star ». Quant à Bourdon, il enchaine cyniquement les comédies franchouillardes mises en boite par des tâcherons et est aussi omniprésent que ses deux compères se sont faits plus discrets. Parmi les visages connus dans la distribution, on retrouve : les Deschiens Bruno Lochet et Yolande Moreau ; l’humoriste (sic) Elie Semoun (mais sans « Dieudo », pourtant pas encore « persona non grata » dans le showbiz) ; Bernard Farcy, futur commissaire dans la franchise Taxi ; et Claude Berri, co-producteur, qui s’acquitte également du rôle du président du tribunal à la fin. 

Total Recall (1990), de Paul Verhoeven

 

« Enfin, chéri, sois raisonnable. Après tout, nous sommes mariés. » - « Considère ça comme un divorce ! »

Réalisation : Paul Verhoeven

Scénario : Ronald Shusett, Dan O'Bannon et Gary Goldman sur l'histoire adaptée par Ronald Shusett, Dan O'Bannon et Jon Povill, d'après la nouvelle Souvenirs à vendre de Philip K. Dick

Pays : Etats-Unis

Année : 1990

Genre : Science-fiction, action

Avec : Arnold Schwarzenegger, Rachel Ticotin, Sharon Stone, Michael Ironside, Ronny Cox.

Synopsis : En 2084, Douglas Quaid mène une vie tranquille, entre son job d’ouvrier de chantier et Lori, sa superbe épouse. Obsédé par la planète Mars, dont il rêve fréquemment, il fait appel à la société Rekall qui propose à ses clients l'implant de souvenirs factices. Mais l’opération se passe mal et le voilà poursuivi par des individus qui cherchent à l’éliminer…

Pourquoi ? Autant j’ai trouvé que Terminator 2 n’avait pas vieilli, autant ce Total Recall, sorti pourtant seulement un an auparavant, me semble avoir pris un bon petit coup derrière la tête (certains décors en carton-pâte, la mutante aux trois seins…). Comme quoi, la technologie avance vite. Pas de quoi cependant nous gâcher le plaisir car pour le reste, c’est du classique : de l’action et une histoire où l’on ne comprend pas forcément tout mais on s’en fout puisque c’est de la science-fiction. Et surtout, nous avons là le premier rôle d’envergure d’une certaine Sharon Stone, dont la divine beauté du visage fût responsable de mes premiers émois adolescents (mais son corps tout entier ne me laissait pas indifférent non plus…). Cette prestation réussie convainquit Paul Verhoeven de l’engager pour le premier rôle de son film suivant, Basic Instinct (1992), qui la propulsera superstar d’Hollywood. Sa route était désormais pavée d’or.

Thelma & Louise (1991), de Ridley Scott (rework)

 

« Je crois que je suis devenue un peu dingue. » - « Tu as toujours été un peu dingue. C'est juste la première fois que tu as eu l'occasion de t'exprimer. »

Réalisation : Ridley Scott

Scénario : Callie Khouri

Pays : Etats-Unis

Année : 1991

Genre : Road movie, drame

Avec : Susan Sarandon, Geena Davis, Harvey Keitel, Michael Madsen, Brad Pitt, Christopher McDonald, Stephen Tobolowsky.

Synopsis : Thelma, femme au foyer bridée et brimée par son beauf de mari (toute la panoplie : la petite moustache, la gourmette, le marcel, le pack de bière devant le match télévisé de foot américain…) et son amie Louise, serveuse dans une cafétéria, décident de passer un week-end « entre filles ». Hélas pour elles, leur passage dans une boite de nuit tourne mal : Louise abat un homme qui s’apprêtait à violer Thelma. Dès lors, pas d’autre choix que la fuite à travers l’Amérique…

Pourquoi ? Rien que d’en parler, j’en ai les larmes aux yeux. Alors le fameux final, c’est carrément les « grandes eaux ». Mais bon, je chiale à tout, de toutes façons (un drame, un visage, une chanson au hasard, Back To Black d’Amy « Maison du vin » la bien nommée ou Heaven Or Las Vegas des Cocteau Twins – et même à l’occasion… une interview de Dominique De Villepin, c’est dire…). Ce n’est pas, je pense, faire injure à Susan Sarandon (une femme bien) que de dire que c’est Geena Davis, de dix ans sa cadette, qui porte littéralement le film sur ses épaules de bout en bout. Quelle expressivité, l’anti-Steven Seagal ! A l’exception notable de Madsen et Keitel, tous les mecs sont des connards finis et se font bien remettre à leur place (voire pire) par nos deux dames de choc (à part Pitt qui s’en sort en les bananant). Le film est bien sûr un puissant et précurseur manifeste féministe. Mais il y a 35 ans de ça (même si j’ai dû le voir quelques années après sa sortie), on ne se posait pas (encore) toutes ces questions. Femmes ou hommes, c’était juste un p*tain de bon film. Et ça le reste toujours. « Iconique », comme diraient les « Gen Z »…

[P.S : La B.O contient The Ballad of Lucy Jordan, la chanson la plus connue de Marianne Faithfull, disparue il y a un an, issue de son album de 1979 Broken English, que je conseille à tous.]

Terminator 2 : Le jugement dernier (1991), de James Cameron

 

« C’est dans votre nature de vous détruire vous-mêmes. »

« Dire qu’il n’est pas encore né… Quel bordel, dans nos têtes ! »

« Hasta la vista, baby ! »

Réalisation : James Cameron

Scénario : James Cameron et William Wisher Jr.

Pays : Etats-Unis

Année : 1991

Genre : Science-fiction, action

Avec : Arnold Schwarzenegger, Edward Furlong, Linda Hamilton, Robert Patrick, Joe Morton.

Synopsis : 2029 : les humains remportent la guerre contre les « machines » (robots doués d’intelligence), engagée après l’holocauste nucléaire du 29 août 1997. Afin de modifier cette issue, Skynet, l'ordinateur qui contrôle les machines, envoie un nouveau Terminator en 1995 pour éliminer John Connor, alors enfant et futur chef de la résistance humaine, après avoir échoué une première fois en 1984 sur sa mère Sarah Connor. Mais les humains envoient eux aussi leur propre cyborg à la même époque pour protéger John.

Pourquoi ? Six ans avant Titanic et ses 200 millions de dollars de budget, James Cameron affolait déjà les compteurs avec ce formidable Terminator 2 en ayant coûté « seulement » la moitié, ce qui en faisait déjà à l’époque le film le plus cher de l’histoire. C’est donc tout naturellement qu’on en aura « pour notre argent ». Nous y verrons comme il se doit des cascades, des bagarres, des courses-poursuites, des fusillades mais aussi et surtout des effets spéciaux révolutionnaires à l’époque (morphing, images de synthèse). Voilà pour la forme mais il y a même aussi un peu de « fond ». Au-delà de l’ancestrale lutte du Bien contre le Mal, la crainte visionnaire de voir la technologie « indomptée » et s’avérer néfaste pour nous autres pauvres « humains » (mais le sommes-nous encore… et d’ailleurs, l’avons-nous déjà véritablement été ?) résonne étrangement en ces temps « d’intelligence artificielle ». Le film nous tirera également quelques chaudes larmes, via des ressorts certes mièvres et bateau (les rapports mère-fils, l’ado qui sympathise avec « son » Terminator, l’adieu final). Contrairement (à mon sens) au premier volet de 1984, Terminator 2 n’a pas pris une ride. A noter la présence dans la B.O du titre You could be mine des Guns N’Roses, issu du deuxième volume de leur monumental diptyque Use Your Illusion sorti la même année que le film. Epoque bénie…


Speed (1994), de Jan de Bont

 

« Pouvez-vous conduire ce bus ? » - « Oui, c’est un caddie de supermarché en plus gros, quoi… »

Never Mind the Bullock…

Réalisation : Jan de Bont

Scénario : Graham Yost avec la participation non créditée de Joss Whedon

Pays : Etats-Unis

Année : 1994

Genre : Action, thriller

Avec : Keanu Reeves, Dennis Hopper, Sandra Bullock, Joe Morton, Jeff Daniels.

Synopsis : Howard Payne, un terroriste psychopathe et policier à la retraite, prend en otage un ascenseur dans un immeuble d'affaires à Los Angeles et réclame une rançon en menaçant de le faire sauter. Son projet échoue à cause de deux officiers, dont le jeune Jack Traven. Qu’à cela ne tienne, il récidive quelques temps plus tard en piégeant un bus : si sa vitesse passe en dessous de 50 miles/heure (soit 80 km/h) ou si quelqu'un essaie de descendre, il le fera sauter. Ayant prévenu Jack pour le mettre à l’épreuve et se venger, celui-ci parvient à monter à bord du bus. La course contre la montre commence… 

Pourquoi ? C’est bon, y’a tout : de l’action en veux-tu en voilà (oh les gars, à la fin, on voit bien que le métro, c’est une maquette…), une touche d’humour, glorification de la flicaille, de l’amûûûûûûr (hétérosexuel. Non parce qu’imaginez que ce ne soit pas Sandra Bullock qui soit emmenée à conduire l’engin mais Brad Pitt, on serait pas dans la merde…), du « one tooth for one eye » (le méchant est bien méchant alors il sera décapité, parce que l’arrêter et le faire croupir entre quatre murs, ce serait vraiment trop « soft »…) et de la « virilité » (« Eh mec, t’as pas inventé la poudre mais t’as deux couilles d’un kilo chacune ! »). Si on veut aller plus loin dans la lecture « idéologique », j’ai noté cette phrase de Bullock, aveu inconscient de l’interventionnisme U.S : « Alors, pourquoi il nous en veut, ce bonhomme ? On lui a bombardé sa terre natale ou quoi ? ». Le petit délinquant à bord du bus qui croit que Reeves est là pour le coffrer est chicano. Par contre, le terroriste expert en bombe, qui « en a dans la caboche », c’est bien un « white », un « blancos » (Dennis Hopper, en l’occurrence, qui cabotine à qui mieux mieux). Et les passagers du bus, une « masterclass woke » (ce terme mis à toutes les sauces…) avant l’heure ! La femme asiatique, le jeune, le vieux couple de noirs, le métis qui-travaille-dur-sur-les-chantiers-pour-nourrir-sa-famille (les « honnêtes gens », comme diraient avec beaucoup de paternalisme les membres des Républicains…), il ne manque que le gay. Y’a bien un mec pas très viril mais il n’est pas gay, la preuve, il branche Bullock au début. Bon, allez, le film « pop-corn » par excellence et pis Sandra Bullock, j’adore cette meuf…

[P.S : La « séquelle » trois ans plus tard, toujours avec l’actrice et De Bont derrière la caméra mais sans Reeves, est évidemment complètement bidon.]      

Seven (1995), de David Fincher

 

« Ernest Hemingway a écrit : « Le monde est un bel endroit qui vaut la peine qu'on se batte pour lui ». Je suis d'accord avec la seconde partie. »

Réalisation : David Fincher

Scénario : Andrew Kevin Walker

Pays : Etats-Unis

Année : 1995

Genre : Thriller psychologique, policier

Avec : Brad Pitt, Morgan Freeman, Gwyneth Paltrow, Kevin Spacey, R. Lee Ermey.

Synopsis : Au sein d'une brigade criminelle d'une grande ville américaine, l’inspecteur William Somerset voit avec impatience sa retraite se profiler dans une semaine. Lui passant le relais, il est contraint de faire équipe avec le jeune inspecteur David Mills, au caractère imprévisible, diamétralement opposé au sien. Les deux hommes sont chargés d’enquêter sur deux homicides particulièrement sauvages, visiblement inspirés par les sept péchés capitaux. Somerset pense alors qu’il faut s’attendre à cinq autres meurtres…   

Pourquoi ? Alors là, y’a pas à tortiller, pour moi c’est Top 5 U.S direct (avec Basic Instinct, Shining, JFK et Thelma & Louise) et même Top 3. Cela va bien au-delà de la « simple » (ce qui serait déjà beaucoup) « Madeleine de Proust » (le bon temps des locations de VHS chez Vidéo Futur avec mon pauvre padre). Il y a en effet ici tout ce que j’attends d’un bon film policier : une intrigue qui tient en haleine, entrecoupée d’une scène d’action, un climat, une atmosphère (obscurité, pluie omniprésente), un criminel et un final (« moral » sans l’être) marquants. Le film reprend la formule maintes fois usitée du « buddy movie », avec un duo de flics aux personnalités très différentes l’une de l’autre (le « vieux sage » et le « chien fou »), parfaitement interprétés par Morgan Freeman et Brad Pitt. David Fincher s’affirme comme un réalisateur prometteur, ce qu’il confirmera par la suite. Coup de chapeau aussi à l’excellent Kevin Spacey qui, en cette année 1995, aura donc campé deux des criminels les plus diaboliques de l’histoire du cinéma : Keyser Söze dans Usual Suspects et John Doe ici même. Vraiment un sans-faute.

Pulp Fiction (1994), de Quentin Tarantino

 

« Comme il n’y avait pas d’autre cachette, il se l’ait mise dans l’cul. Fallait avoir du courage pour le faire, se la mettre dans l’cul… »

Réalisation : Quentin Tarantino

Scénario : Quentin Tarantino et Roger Avary

Pays : Etats-Unis

Année : 1994

Genre : comédie dramatique, policier

Avec : John Travolta, Samuel L. Jackson, Bruce Willis, Uma Thurman, Ving Rhames, Harvey Keitel, Tim Roth, Amanda Plummer, Maria de Medeiros, Eric Stoltz, Rosanna Arquette, Christopher Walken.

Synopsis : A Los Angeles, les mésaventures d’un caïd, de sa femme, de ses deux hommes de main, d’un boxeur minable et de divers petits malfrats.

Pourquoi ? Je n’aime pas particulièrement Tarantino, son goût pour la violence et l’esthétisation de celle-ci, comme chez Scorsese. Mais Pulp Fiction fût un choc générationnel, un peu à la façon de Nirvana dans le domaine de la musique. Casting d’enfer, B.O « de la mort qui tue » (notre homme connait la musique américaine – noire et blanche, du passé et du présent – sur le bout des doigts, ça se sent), réalisation, scénario et dialogues audacieux avec une structure non-chronologique (trois histoires apparemment distinctes mais qui se rejoignent), rien n’est laissé au hasard. Et l’histoire et ses personnages ! Vous y verrez des truands récitant un verset de la Bible avant d’exécuter un pauvre escroc ou discutant de choses aussi futiles et cocasses que les techniques de massage de pieds féminins ou les « Big Mac », un caïd se faire… sodomiser par un pervers dans les sous-sols d’un magasin, sa femme être sauvée in extrémis d’une overdose grâce à une injection directement dans le cœur (!) ou encore un boxeur bravant le danger afin de récupérer la montre que lui avait légué son père. Bref, un pur délire narratif et visuel.

[P.S : autant je n’aime pas la violence (ici, ça reste supportable) et le tabac, autant je trouve la censure de la cigarette et du flingue sur la jaquette de certaines versions du film parfaitement détestable et ridicule.]

Présumé innocent (1990), d’Alan J. Pakula

 

« C’est fini de souffrir, ils sont sauvés. » - « Sauvés ? »

C’est l’histoire de Rusty Sabich (Harrison Ford), brillant procureur, qui va avoir besoin d’un bon avocat, en l’occurrence Sandy Stern (Raúl Juliá). Motif : sa collègue Carolyn Polhemus (Greta Scacchi), à qui il avait montré combien il était un as du… barreau, a été retrouvé assassinée chez elle et plusieurs indices l’accablent. Le tout sur fond d’élections du District Attorney où son supérieur Raymond Horgan (Brian Dennehy) brigue un nouveau mandat.

Que penser de cette production Warner, parfaitement calibrée pour un dimanche soir à la télé avant de retourner au chagrin le lendemain matin ? Eh bien qu’elle est façonnée par des pros en la matière avec Alan J. Pakula (Les hommes du président, L'Affaire Pélican) derrière la caméra, la star Harrison Ford et quelques « seconds couteaux » (voire troisièmes) d’Hollywood devant et mise en musique par John Williams (partition « hitchcockienne » pour le final). Et qu’elle appartient à cette catégorie de films dont l’intérêt majeur réside dans son « twist » final, qui vient dénouer les fils de cette ténébreuse affaire. Sans vouloir « spoiler » pour les âmes égarées qui n’auraient pas encore vu ce film, précisons malgré tout que des plans insistants sur un personnage à priori secondaire nous mettent sur la piste du criminel (j’espère n’en avoir pas trop dit). A part ça, la victime se les était tous « envoyés » et malgré l’absence de scènes d’action, l’enquête puis le procès se laissent suivre sans que l’ennui ne vienne pointer le bout de son nez. Efficace as always et gentiment immoral sur la fin, ne boudons pas notre plaisir.

Pretty Woman (1990), de Garry Marshall

 

« J’suis du tout cuit. »

Réalisation : Garry Marshall

Scénario : Jonathan Frederick Lawton

Pays : Etats-Unis

Année : 1990

Genre : romance

Avec : Richard Gere, Julia Roberts, Ralph Bellamy, Jason Alexander, Héctor Elizondo, Laura San Giacomo.

Synopsis : Edward Lewis, richissime homme d'affaires rachetant des sociétés en difficulté en vue de les revendre après les avoir dépecées (un Tapie puissance 10 donc, puisque ricain…), se perd sur Hollywood Boulevard après avoir quitté une soirée où il s’ennuyait à mourir. Il demande alors son chemin à Vivian, une jeune prostituée.

Pourquoi ? Parce que c’est le film qui révéla Julia « Big mouth » Roberts. Parce que Richard Gere (et plutôt bien). Parce que si j’aime le cul, je peux aussi être « fleur bleue » (d’ailleurs, je ne vois pas en quoi ce serait antinomique). Pour l’irrésistible chanson éponyme de Roy Orbison. Et encore et toujours parce que « Madeleine de Proust » (ça y est, je me remet à chialer sur mon insouciance perdue…).

Le grand saut (1994), de Joel Coen

 

« Pas d’chance, fiston… L’ascension fût rapide, la descente sera longue. »

C’est l’histoire, en 1958, à New York, de la firme Hudsucker, du nom de son créateur et président, prénommé Waring (Charles Durning). Qui, alors que l’entreprise est florissante, se suicide en plein Conseil d’Administration en se jetant par la fenêtre du building. Le Conseil, avec à sa tête Sidney Mussburger (Paul Newman), décide de confier la présidence à un parfait abruti afin de faire baisser temporairement le cours de l'action et de prendre le contrôle de l’entreprise en rachetant les actions à bas prix. Mussburger jette son dévolu sur le naïf Norville Barnes (Tim Robbins), récemment embauché au service du courrier. Mais Amy Archer (Jennifer Jason Leigh), une ambitieuse journaliste, découvre le pot aux roses et dévoile la vérité dans un article de presse.

Dix ans après leurs débuts et après la Palme d’Or pour Barton Fink (1991), les frères Coen ont enfin les moyens de leurs ambitions avec un budget de 40 millions de dollars et un casting de stars. Bon, moi je les mets un peu dans la même case que Tarantino ou d’autres : producteurs déjantés et malins aux références sûres, dont ils parsèment leurs œuvres. Fargo, j’adore (d’ailleurs, je l’ai gardé) mais je n’ai pas compris le culte voué à The Big Lebowski. Pas vu les autres, pas attiré par les scénars ni les bandes-annonces. Quid de ce loufoque Grand saut, qu’ils ont coécrit avec Sam Raimi ? Mitigé, du bon et du moins bon. Tim Robbins (le grand sot ? Ah ah !) enchaine bien après Short Cuts et Les évadés. Jennifer Jason Leigh, également à l’affiche de Short Cuts, est ici assez insupportable, elle en fait des tonnes (c’est exprès, d’accord…) et semble désireuse de remporter la palme du comédien le plus volubile. Une vraie « pile électrique »… La légende Paul Newman complète ce trio « 5 étoiles ». Reconstitution d’époque et B.O hollywoodiennes, inévitable « bluette » entre Robbins et Jason Leigh, réhaussée par des fulgurances ou digressions comiques et une satire bien sentie du « American way of life » (culte de la réussite) et de l’entreprise hyper-hiérarchisée. [P.S : impossible de ne pas penser au drame du « 11/9 » quand le mec se défenestre au début…]    

Le pari (1997), de Didier Bourdon et Bernard Campan

 

« C’est pas ce petit poujadiste de merde qui va me la faire, crois-moi ! »

Réalisation : Didier Bourdon et Bernard Campan

Scénario : Didier Bourdon et Bernard Campan

Pays : France

Année : 1997

Genre : comédie

Avec : Didier Bourdon, Bernard Campan, Isabelle Ferron, Isabel Otero, Hélène Surgère, Roger Ibáñez, Kelly Lawson, François Berléand, Philippe Chevallier, Régis Laspalès.

Synopsis : Lors d’un repas de famille, Didier et Bernard, deux beaux-frères que tout oppose (le premier est pharmacien et de droite, le second prof en banlieue et de gauche) mais tous deux gros fumeurs, font le pari d’arrêter de fumer pendant quinze jours. Très vite en manque, leur vie va basculer.

Pourquoi ? Les Inconnus ne sont plus que deux, suite à un conflit avec leur producteur Paul Lederman (Légitimus fait toutefois une très brève apparition – je ne l’ai même pas remarqué – en tant que figurant dans la scène du cocktail) mais c’est aussi bien, voire mieux, que quand ils étaient trois (Les trois frères, 1995). Cette comédie hilarante de, par, pour et avec Bourdon et Campan enchaine sans faiblir les gags et répliques (« Le tabac, c’est tabou, on en viendra tous à bout ! ») drolatiques, avec une pointe d’émotion (la fille adoptive de Bourdon, les obsèques du père des deux sœurs) et des clins d’œil à des chefs-d’œuvre du cinéma (Shining, Psychose, Taxi Driver). Mention spéciale à l’avant-dernière séquence dont je ne me lasse pas, où Bourdon et Campan, frustrés par les repas faméliques de leur cure thermale, investissent secrètement les cuisines pour se concocter un festin. Bref, un film vraiment… énorme.