Affichage des articles dont le libellé est Dussollier André. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dussollier André. Afficher tous les articles

Mélo (1986), d’Alain Resnais

 

« Je ne suis pas triste, j’ai perdu l’espoir d’être heureux… J’en ai perdu l’envie. » - « Ca s’appelle le cafard et ça s’en va. »

C’est l’histoire de deux amis violonistes, Pierre Belcroix (Pierre Arditi) et Marcel Blanc (André Dussollier). Si Pierre est sensible et rêveur, Marcel est quant à lui un grand séducteur. Lors d’un dîner, Romaine (Sabine Azéma), pianiste et épouse de Pierre, tombe amoureuse de Marcel.

Le théâtre, la musique classique (Brahms, Bach), ça rigole pas, là, on cause « Culture », la vraie, la grande. Alors c’est sûr que quand on a été biberonné à Megadeth et aux Guns, aux films avec « Schwarzy » ou Marilyn Jess, ben… on rame. « Etonne, soulage, séduit », nous en dit Le Monde. Moi j’aurais plutôt dit « emmerde et casse les couilles », c’est à cause de ça… Et le soulagement, c’est quand le rideau tombe après 105 longues, interminables minutes. Resnais adapte la pièce d'Henry Bernstein. C’est donc du théâtre : t’as quatre acteurs, t’en mets alternativement deux ou trois dans quatre-cinq décors différents et ils débitent leur texte (de fort belle manière, reconnaissons-le. T’as même Dussollier qui te fait un monologue de dix minutes mais c’est Arditi qu’aura le César du meilleur second rôle masculin). Et j’ai rien contre, au contraire (Le Père Noël est une ordure, les Bacri-Jaoui, Le dîner de cons). Sauf que là, ce n’est pas de la comédie mais du drame. En fait, une énième variation sur le thème « le mari, la femme et l’amant ». Louis Malle en a fait Ascenseur pour l'échafaud, Gérard Kikoïne en aurait fait une partouze (avec Fanny nous montrant son buisson…). Ici, c’est du classique, ça blablate à n’en plus finir. Azéma minaude ou fulmine (as always) et ça fait un César. Un ennui aussi mortel que celui ressenti pour L’amour à mort deux ans plus tôt, avec le même quatuor de comédiens. Bon, je m’en retourne à ma « sous-culture de masse », sans regret…

On connait la chanson (1997), d’Alain Resnais

 

« Les chevaliers paysans de l’an mil au lac de Paladru » - « Au lac de… ? » - « Paladru ! »

Réalisation : Alain Resnais

Scénario : Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri

Pays : France, Royaume-Uni, Suisse

Année : 1997

Genre : musical, comédie dramatique, film choral

Avec : André Dussollier, Sabine Azéma, Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Lambert Wilson, Pierre Arditi.

Synopsis : Simon, qui fait son métier d’agent immobilier sans conviction, en pince secrètement pour Camille, guide touristique et passionnée d’histoire comme lui. Mais elle s’éprend de Marc, le prétentieux et tyrannique patron de Simon. Parallèlement, la sœur de Camille, Odile et son mari Claude, un couple usé par les années, font appel à Marc pour leur projet immobilier tandis que Simon fait visiter des appartements à Nicolas, un ancien amant d’Odile particulièrement indécis.

Pourquoi ? Parce qu’encore et toujours (et pour la dernière fois sur ces pages) le duo Bacri - Jaoui au scénario et à l’interprétation et c’est à nouveau un succès critique (7 Césars, dont meilleurs film et scénario) et public (2,6 millions d’entrées en France) ; pour le concept audacieux d’intégrer dans les dialogues des extraits de chansons populaires interprétés en playback. Mention spéciale à Bashung (Vertige de l’amour, par Dussollier), France Gall (Résiste par Azéma, même si je conçois qu’au bout de trois fois, ça puisse gaver…), Eddy Mitchell (trois titres), Léo Ferré (l’immense Avec le temps, par Bacri) et Téléphone (Ca (c’est vraiment toi)… mais y’a que des « tubes », de toutes façons. Le cinéma « populaire et de qualité » tel qu’il devrait toujours être.

Ne le dis à personne (2006), de Guillaume Canet

 

C’est l’histoire d’Alexandre Beck (François Cluzet), médecin pédiatre. Lors d'une baignade nocturne, lui et sa femme Margot (Marie-Josée Croze) sont agressés par plusieurs inconnus et Margot est tuée. Huit ans jour pour jour plus tard, il reçoit un mail anonyme avec un lien vers une vidéo sur laquelle il pense reconnaître Margot. Et si elle était toujours en vie ?

Cette fois ça y est, Guillaume Canet est le nouveau « golden boy » du cinoche hexagonal. La preuve, il peut se payer une star par rôle et il y en a en pagaille (dont lui-même). « Venez, on va faire comme les zaméricains ! », semble-t-il leur dire (un peu de violence, une grosse course-poursuite, produit par Besson). Sauf qu’à l’arrivée, on a plus l’impression d’être devant un épisode de Navarro. Dussollier, dans le rôle du gendarme et beau-père de Cluzet, nous dévoilera les doigts de pieds en éventail les tenants et les aboutissants de cette ténébreuse affaire aux ramifications politiques (Jean Rochefort). Et on emballe le tout avec une B.O fédératrice signée M et augmentée de quelques chansons additionnelles (Otis Redding, Jeff Buckley, les lénifiants U2…).  

Cœurs (2006), d’Alain Resnais

 

« Mais je suis ce que je suis. Après tout, qu’est-ce qu’on peut être, à part soi… ? »

C’est l’histoire de Thierry (André Dussollier), agent immobilier et de sa collaboratrice Charlotte (Sabine Azéma), qui cherchent un appartement pour Nicole (Laura Morante) et Dan (Lambert Wilson), un couple de clients difficiles. Nicole est excédée par le comportement de Dan, qui préfère boire des coups chez Lionel (Pierre Arditi), son barman attitré, plutôt que chercher du travail. Ils se quittent momentanément, histoire de faire le point et Dan rencontre alors Gaëlle (Isabelle Carré), sœur cadette de Thierry, par le biais des petites annonces. Pendant ce temps, Charlotte se fait engager comme aide à domicile par Lionel pour garder son père malade et colérique (Claude Rich) pendant son service du soir.

A-t-on besoin d’un énième film choral français avec des personnages évoluant dans un milieu confortable et des décors de studio, ergotant sur les vicissitudes de la vie et de l’amour, porté par une musique mélodramatique à base de cordes ou de piano, « marketé » par les habituelles accroches laudatrices de la critique (« Resnais au sommet de son art », Le Monde ; « Une sorte d’absolu du cinéma », Libération), quand bien même mis en scène par « Monsieur » Alain Resnais ? J’avais vu ce film sur Canal peu après sa sortie et j’avais été, sinon ébloui (n’exagérons rien), du moins « titillé », par l’histoire, les personnages, la réalisation. Près de vingt ans plus tard, mon enthousiasme s’est quelque peu émoussé. Dussollier est (encore) agent immobilier (comme dans On connait la chanson) et obséquieux, Azéma est (encore) pétillante et délurée, sous des atours de secrétaire réservée. Arditi, lui, se fait plus sombre voire quasi désespéré, à l’image du ton général du film, ayant pour cadre un Paris neigeux. Les personnages ne se croisent que deux par deux (comme dans Smoking / No smoking), plus rarement (et jamais plus de) trois, dans une poignée de décors (le bar, l’agence immobilière, les appartements des uns et des autres) et chaque scène est délimitée par un interlude constitué de flocons de neige (à la fin d’On connait la chanson, c’était des méduses…). Au final, chacun et chacune retourneront à leur solitude intérieure. Il y a bien un peu d’humour (les cassettes vidéos prêtées par Azéma à Dussollier ; Azéma aux prises avec le père d’Arditi, aux comportement et propos abjects) et des trucs de mise en scène (les visites immobilières filmées du plafond ; Claude Rich, interprétant le père d’Arditi, présent uniquement par la voix ; la neige, ne tombant plus seulement au dehors mais à l’intérieur même de la maison d’Arditi lors de ses confidences à Azéma) mais guère de raisons de se réjouir… plus que de raison.

Aimer, boire et chanter (2014), d’Alain Resnais

 

« Sexuellement, c’est plutôt le calme plat depuis longtemps… Comme ils disent dans les westerns : ça fait longtemps que les caravanes ne passent plus par ici… »

C’est l’histoire de George, atteint d’un cancer en phase terminale (il n’en a plus que pour six mois, tout au plus) et de trois couples, dans le Yorkshire : son ex-femme Monica (Sandrine Kiberlain) et son nouveau compagnon, l’agriculteur Siméon (André Dussollier) ; son meilleur ami Jack (Michel Vuillermoz) et son épouse Tamara (Caroline Silhol) ; son premier amour Kathryn (Sabine Azéma) et son mari Colin (Hippolyte Girardot). Acteur avec Tamara, Kathryn et Colin dans une petite troupe de théâtre en pleine répétition d’une pièce, George exerce une forte attraction sur chacune des femmes, mettant en péril les trois couples.

Dernier (et encore plutôt bon) film du « magicien » Resnais, disparu quelques semaines avant sa sortie française et troisième adaptation d’une pièce du dramaturge britannique Alan Ayckbourn, après le pari fou Smoking / No smoking en 1993 et Cœurs (dont j’ai aussi un très bon souvenir) en 2006. Oui, c’est (ô combien !) du théâtre mais aussi du cinéma. Quelques similitudes avec Smoking… : le Yorkshire, les décors en carton-pâte, les dessins de BD (générique du début dans Smoking…, interludes montrant dans quel domicile aura lieu la scène suivante ici), beaucoup de scènes à deux personnages (mais six interprètes ici, en lieu et place du seul duo Arditi / Azéma dans Smoking…). Azéma (dernière épouse du réalisateur) retrouve son rôle habituel de femme enjouée et pétillante tandis que George, autour duquel tourne toute l’intrigue, sera invisible tout au long du film. Le final donne lieu à un rebondissement inattendu. Par ses facéties et sa vitalité jamais démenties, le cinéaste parvient à moderniser un genre (le vaudeville) qui, sans ça, sentirait sérieusement la naphtaline.

Un cœur en hiver (1992), de Claude Sautet

 

C’est l’histoire de Maxime (André Dussollier) et Stéphane (Daniel Auteuil), deux amis luthiers. Maxime tombe amoureux de l’une de leurs clientes, la jeune violoniste Camille (Emmanuelle Béart). Mais très vite, celle-ci est profondément troublée par la personnalité et le comportement de Stéphane.

Le cinéma français bourgeois comme il allait dans les années 90, c’est-à-dire quand même mieux que maintenant. Avant-dernier Sautet et second volet (après Quelques jours avec moi et avant Nelly et Monsieur Arnaud) de sa trilogie du « renouveau » (changement de scénaristes, de génération d’acteurs et de thématiques). Mais toujours d’un grand classicisme. Un Resnais, par exemple, est beaucoup plus inventif et fantaisiste dans ses plans et sa mise en scène. Emmanuelle Béart a appris à jouer du violon pour l’occasion. Elle était aussi à l’époque en couple à la ville avec Daniel Auteuil. Ce dernier trouve dans ce rôle d’homme taciturne, mystérieux et manipulateur un bon galop d’entraînement pour celui, fort semblable, qu’il interprètera dix ans plus tard dans L’adversaire. Enième variation autour du thème du triangle amoureux, qui nous épargne au moins les traditionnelles scènes de cul qui ne servent pas forcément à grand-chose.

Les herbes folles (2009), d’Alain Resnais

 

C’est l’histoire de Marguerite Muir, dentiste et aviatrice à ses heures perdues, qui se fait voler son sac à la sortie d’un magasin de chaussures. Georges Palet, lui aussi amateur d’aviation, retrouve son portefeuille au pied de sa voiture dans un parking souterrain. Il le ramène à la Police mais ayant l’adresse et le numéro de téléphone de Marguerite, il se met à la harceler, s’inventant une improbable histoire d’amour avec elle.

Y’a qui dedans ? Sabine Azéma et André Dussollier, comme d’habitude chez Resnais, sont de la partie pour les deux rôles principaux. Mais pas de Pierre Arditi pour cette fois-ci, remplacé par Anne Consigny (l’épouse de Dussollier) et Emmanuelle Devos (l’amie d’Azéma et elle aussi dentiste). La voix off étant assurée par Edouard Baer.

Et c’est bien ? Poursuivant mon « reset » et après trois essais particulièrement infructueux dont, par charité chrétienne, je ne dirai mot (Un étrange voyage d’Alain Cavalier, Un dimanche à la campagne de Bertrand Tavernier et Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat, trois monuments d’ennui…), ces Herbes folles, antépénultième film d’Alain Resnais, me redonnent foi en le cinéma français. Bien sûr, il y a des choses qui ne vont pas. Il s’agit certes d’un cinéma « bourgeois », Mathieu Amalric et Michel Vuillermoz en flics, ça l’fait moyen et il n’y a qu’au cinéma qu’on peut embrasser un(e) inconnu(e) au bout de quelques minutes ou tomber amoureux de quelqu’un sur la base d’un portefeuille et d’une carte d’identité retrouvés. Mais la réalisation inventive et vivante, les décors toujours remarquables (Jacques Saulnier, fidèle du réalisateur, était une sommité dans ce domaine), les comédiens convaincants (Dussollier en particulier) et l’histoire, dont on a envie de découvrir les péripéties et le dénouement (comme dans les bons livres. Le film est d'ailleurs tiré du roman L'Incident de Christian Gailly), emportent l’adhésion haut la main. En bref, à 87 printemps (à l’époque), Resnais était encore vert (ah ah !).

Fermeture-éclair de braguette coincée : oui

Turbine dentaire : oui

Femme à poil : non

L’amour à mort (1984), d’Alain Resnais

 

C’est l’histoire de deux couples amis. Le premier, uni depuis une dizaine d’années, est composé de deux pasteurs ayant chacun / chacune une vision personnelle de la foi. Le second, à l’amour plus récent et exalté, vit dans l’angoisse permanente de la séparation et donc de la mort.

C’est avec qui ? Le trio d’acteurs fétiches de Resnais : Pierre Arditi, Sabine Azéma et André Dussollier (barbu). Plus Fanny Ardant, qui ne s’est jamais maquée avec feu Patrick Buisson (mouarf !).

Et c’est comment ? E-prou-vant ! L'affiche annonce la (les) couleur(s)... Torturé et d’une grande austérité. Les scènes, pour la plupart assez courtes, sont entrecoupées de plans noirs avec des sortes de flocons blancs tombant du ciel, sur fond de musique classique stridente (Hans Werner Henze). Procédé qui sera repris, de façon beaucoup moins systématique et lancinante (à deux ou trois reprises seulement, pas sur la totalité du film), dans On connait la chanson (les méduses censées symboliser le malaise et la dépression). Il est question de considérations philosophiques sur la Foi, l’Amour et surtout la Mort, omniprésente. Dépressifs s’abstenir ! Ca ne donne pas envie de jeter un œil sur le Resnais suivant avec les quatre mêmes (Mélo, 1986), nonobstant que le sujet et les thèmes sont quelque peu différents…

« Tube » de la Compagnie Créole : non

Mort subite : oui

Femme à poil : non

Les acteurs (2000), de Bertrand Blier

 

« C’est la réplique qui est magnifique. Il suffit de la dire. »

C’est l’histoire d’acteurs (comme le titre l’indique) et des grands, du « brutal », comme dirait l’autre, qui se rencontrent, se parlent d’eux et de leur métier. Et c’est tout ? Oui.

Y’a qui dedans ? La plupart (pas tous : manquent Noiret, Rochefort et d’autres, sans doute) des plus grands acteurs français encore de ce monde à l’époque du tournage (1999/2000). Quasiment que des mecs, très peu de nanas (essentiellement Dominique Blanc et Josiane Balasko). Du coup, pour cette fois, le corps féminin n’est pas considéré comme un « libre-service »…

Et c’est comment ? Décevant. On ne peut franchement pas dire qu’on se fend la poire à s’en décrocher la mâchoire. Serrault et « Bébel » cabotinent, Delon fait un bref monologue, Marielle fait du Marielle et Galabru n’a aucun texte (!). Faut même se farcir « l’amicale Macroniste » (Arditi / Berléand)… J’ai bien aimé Brialy et Claude Rich, par contre. Il y a bien quelques répliques qui font mouche mais rien n’accroche sur la longueur, la dérision de commande tombe à plat et ça ne raconte rien, ou pas grand-chose. Du gâchis.

Fauteuil roulant : oui

Pot d’eau chaude : oui

Femme ou homme à poil : non

Up 👍: quelques répliques et acteurs qui se sortent de la « grisaille » ambiante

Down 👎: manque de drôlerie et d’intérêt