Chroniques de films, au fil de mes (re)découvertes. Aucune connaissance technique ou historique sur le cinéma, juste des ressentis. Si cela vous donne envie de (re)voir ces films, c'est déjà ça...
« Occupez vos gens pour
qu’ils ne pensent pas. C’est le point capital. »
Herrmann fait du Herrmann et
Truffaut… du Hitchcock
C’est l’histoire d’une société dystopique,
dans un pays et une époque indéterminés, au sein de laquelle les livres,
vecteurs de connaissances, sont interdits. Guy Montag (Oskar Werner) y exerce
la profession de pompier, qui ne consiste pas à éteindre des incendies mais à
saisir les livres, les brûler et arrêter leurs propriétaires. Il rencontre une
jeune femme, Clarisse (Julie Christie), qui lui avoue son intérêt pour la
lecture. Montag se remet dès lors peu à peu en question et enfreint la loi en
se mettant à lire, ce qui provoque un conflit avec sa femme Linda (Julie
Christie aussi) puis avec sa hiérarchie.
Moi qui n’aime pas Truffaut… enfin, disons surtout la
série de films « casse-burnes et touille-cerveau » avec son héros
Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud) et le fait qu’après avoir critiqué le cinéma
« qualité France » d’avant-guerre (le côté « vous allez voir
c’que vous allez voir quand je serai derrière la caméra »), il a fini par
en devenir un thuriféraire en tournant des films somme toute classiques. Donc
moi qui n’aime pas Truffaut, disais-je, là j’ai adoré. Sans doute parce qu’il
ne fait pas du Truffaut mais du Hitchcock. Une scène de filature et des plans
entiers, sur la musique de Bernard Herrmann, sont littéralement pompés sur le «
maître du suspense ». Il pousse même le vice jusqu’à faire interpréter
deux rôles par la même actrice (Julie Christie), comme dans Sueurs froides. La
même année (1966), Truffaut publiait ses entretiens Le Cinéma selon Alfred
Hitchcock, ce qui n’est sans doute pas un hasard. Voilà pour la forme. Quant au
fond, avec un « pitch » si original, cela ne pouvait qu’être
intéressant, il restait à bien traiter le sujet. On ne sait et voit presque
rien de cette société, ni ses dirigeants, ni son fonctionnement. Seuls la
patrouille de « pompiers » que l’on suit dans l’exercice de ses
fonctions et les intérieurs / extérieurs nous renseignent quelque peu. Les
livres sont donc interdits car ils risquent d’instruire et d’émanciper les
citoyens mais aussi d’engendrer des inégalités entre eux. Ils sont donc saisis
et brûlés sur le champ. A l’extérieur, des barres d’immeubles, des bornes avec
gyrophares, un monorail et des boites aux lettres où les délateurs peuvent déposer
une photo (puisque les écrits sont interdits) des « déviants ». Un
peu « cheap » et kitsch pour de la SF mais ça suffit et ce n’est en
rien gênant. Dans les intérieurs, les écrans TV sont omniprésents. Et en 16/9
avant l’heure, s’il vous plait (dans le roman éponyme de Ray Bradbury, ils
occupaient même le mur entier) ! La téléréalité est d’ores et déjà envisagée via
un dialogue entre présentateurs sur leur plateau et spectateurs dans leur salon.
Beau final dans les bois où se retrouvent les résistants à cette société
totalitaire, nommés selon l’ouvrage qu’ils ont appris par cœur en vue de sa
transmission aux générations futures. Un film visionnaire (enfin, le roman dont
il est l’adaptation, plutôt) et une déclaration d’amour aux livres et à la
culture. En dehors de Truffaut, son co-scénariste et sa scripte, l’équipe du
film est britannique et le tournage a eu lieu dans les environs de Londres. « Fun
fact » (si j’ose dire…) : Oskar Werner, qui joue le héros et que
Truffaut avait déjà dirigé dans Jules et Jim (1962), est décédé le 23 octobre
1984, soit… deux jours après le cinéaste.
C’est l’histoire d’une meuf, Carol
White (Julianne Moore), elle a tout pour être heureuse : un mari, un
beau-fils, une belle baraque, des amies. Ben pourtant, non. Déjà, elle ne
ressent rien quand son bonhomme la tringle (première scène). Puis, elle
développe une hypersensibilité à toutes sortes de produits chimiques et est
sujette à des crises de plus en plus fréquentes. Sans solution médicale, elle
se tourne vers des thérapies holistiques.
L’air qu’on respire, la bouffe
qu’on ingurgite, le stress, tout cela influe sur notre santé et la santé, c’est
important. Primordial même, il me semble. Pourtant, on n’entend guère nos baltringues d'hommes « politichinelles » en parler, en particulier ceux situés les
plus à droite sur l’échiquier, les Bardella, Ciotti, Zemmour, Retailleau et
compagnie (par exemple, avez-vous déjà entendu les mots « perturbateur
endocrinien » dans la bouche du Fantomas nissard ou du chouan vendéen ?),
trop occupés à gloser sur leur obsession des « 4 I » (Insécurité, Immigration,
Islam, Impôts). Enfin, à chacun ses priorités…
Safe (vu en V.O, pas de VF) traite donc de notre environnement, du monde
moderne, de comment il nous agresse et nous détruit à petit feu. Un film extrêmement contemporain. Il se
divise en deux parties. Dans la première, Julianne Moore est soudainement victime
de crises à répétition : saignement du nez, quinte de toux suite à l’exposition
à la fumée d’un pot d’échappement particulièrement polluant, suffocation... Les
différentes consultations médicales ne lui sont hélas d’aucun secours, si ce
n’est qu’elle semble être devenue allergique aux substances chimiques. C’est
alors qu’elle se laisse convaincre par une sorte de secte New Age, découverte par
le biais d’un prospectus trouvé dans son club de gymnastique. La seconde partie
se déroulera donc au sein d’un centre basé à l’écart des grandes villes et
dirigé par un gourou. On erre dans le film tel un fantôme, à l’image du personnage
interprété par Julianne Moore, très juste dans ce rôle. Le rythme est lent,
voire léthargique, sans coup d’éclat (en dehors de quelques crises
spectaculaires au début). La fin, ouverte, ne nous permet pas de trancher :
est-elle en voie de guérison ou sombre-t-elle définitivement ? Allégorie
du SIDA ? De la dépression ? Fable écologiste ? Ode à l’introspection et à la
bienveillance communautaire ? Un peu tout ça à la fois ? A vous de voir… mais
on s’emmerde quand même pas mal.
C’est l’histoire d’un mec
photographe (David Hemmings) dans le Londres des années 60, qui prend notamment
des clichés de jolies donzelles (tant qu’à faire…). Un jour, dans un grand parc,
il photographie un couple à son insu. La femme (Vanessa Redgrave), s’en
apercevant, le chasse puis il revient sur les lieux et prend de nouveaux
clichés, alors que la femme s’enfuit en courant et que l’homme a disparu. Une fois
revenu dans son laboratoire, en agrandissant (« blow-up » en anglais)
plusieurs fois ses photos, il pense reconnaitre les indices d’un assassinat.
Oui, vous l’avez deviné, je suis dans ma période « macaronis »,
comme les appellerait le beauf Jugnot des Bronzés, avec aujourd’hui le plus
anglo-saxon des réalisateurs transalpins : Michelangelo Antonioni. Deux
films, un succès (Blow-Up, Palme d’or à Cannes en 1967) et un échec (ZabriskiePoint). Pourtant, j’ai largement préféré « l’échec »… Les deux films
ont des points communs : captation de vastes étendues et d’une époque (un
parc / le Londres des Swinging Sixties dans Blow-Up, la Vallée de la Mort / contre-culture
et libération sexuelle des campus U.S dans Zabriskie Point), considérations
esthétiques plus importantes que l’histoire, scène de sexe très découpée,
musique dans « l’air du temps »… Blow-Up m’a fait autant d’effet qu’un
plat de spaghettis froid. Il faut attendre trente minutes avant l’épisode du
parc puis encore trente avant que le gars agrandisse ses photos et découvre la
probabilité d’un crime. Quasiment aucun suspense policier, Antonioni préfère
filmer un concert des Yardbirds, groupe anglais alors à la mode (Herbie Hancock
se charge du reste de la B.O) et une scène de « batifolage » entre le
photographe et deux modèles (dont Jane Birkin). Film sans queue ni tête, ou
plutôt si puisqu’il s’achève en queue de poisson. Il m’aura au moins permis d’apprendre
le coup d’éclat de Vanessa Redgrave lors des Oscars 1978, où elle remporta
celui du meilleur second rôle féminin pour sa prestation dans Julia. De la pure
science-fiction aujourd’hui, alors que nous en sommes exactement au même point.
Chapeau bas, Madame.
Zabriskie Point (1970)
Quand t’es dans le désert…
C’est l’histoire de Mark (Mark
Frechette), un étudiant très engagé dans la contestation qui gagne les milieux
universitaires de Los Angeles en cette année 1969. Assistant au meurtre d’un
étudiant noir suite à un tir d’un policier, il s’apprête à répliquer mais l’agent
est abattu par quelqu’un ayant tiré avant lui. Craignant d’être pris pour le
coupable, Mark vole un petit avion de tourisme et s’enfuit vers le désert de la
Vallée de la Mort. Il croise sur sa route Daria (Daria Halprin), jeune secrétaire
idéaliste, qui doit rejoindre son patron (Rod Taylor) à Phoenix.
Bien plus intéressant par contre est
ce « road movie ». Certains films brillent par leur scénario très
bien huilé, d’autres par la qualité de leur mise en scène ou la performance de
leurs comédiens, d’autres encore par leur esthétique. Zabriskie Point
appartient à cette dernière catégorie. Il offre en effet de magnifiques images,
sur fond musical parfaitement adapté (Pink Floyd et des titres d’autres groupes
de l’époque comme les Rolling Stones ou le Grateful Dead) : le désert de
la Vallée de la Mort et ses dunes, visions oniriques de couples faisant l’amour
dans le sable et de l’explosion d’une luxueuse villa, filmées au ralenti. Un véritable
« trip », comme on dit. Le film est aussi une charge contre l’aliénation
consumériste et la société américaine, notamment la violence arbitraire de sa
police (« je tire avant, je réfléchis - éventuellement - ensuite »),
non sans humour (le prisonnier qui se fait appeler Karl Marx, que le flic
orthographie sans moufter « Carl Marx »), ce qui lui attirera les
foudres de l’Amérique puritaine sans pour autant récolter les louanges des milieux
progressistes, qui trouveront naïve et caricaturale sa représentation de la « contre-culture ».
Son duo d’acteurs vedette aura une très brève carrière cinématographique (deux
autres films chacun) : Daria Halprin, après un bref mariage avec Dennis Hopper,
quittera très vite le showbiz pour se tourner vers l'art-thérapie tandis que Mark
Frechette connaitra un destin tragique (mort accidentelle en prison à seulement
27 ans après intégration dans une secte et braquage d’une banque).
« On s’en fout c’qu’il a
mangé. Tout c’que tu manges, ça finit en merde. » (*)
C’est l’histoire d’un mec, Albert
Spica (Michael Gambon), apparemment un mafieux, qui se rend chaque soir avec sa
femme Georgina (Helen Mirren) et sa bande d’affreux dans le restaurant tenu par
le chef Richard Borst (Richard Bohringer) pour y faire bombance. Lassée de la vulgarité
de son mari, Georgina s’éprend d’un client lui aussi régulier du restaurant, Michael
(Alan Howard).
Ma (relative) frénésie
cinématographique, destinée à rattraper un peu de mon retard en la matière, s’étant
émoussée, mes interventions sur ce blog se feront désormais plus épisodiques, ayant
par ailleurs « d’autres chats à fouetter ». Je me suis laissé tenter
par ce film dont j’avais eu vent (sic) du caractère sulfureux. Il vous faudra
en effet avoir le cœur bien accroché pour vous atteler à son visionnage. Et ce,
dès sa première scène. Un malabar (look Bud Spencer), aidé de quelques acolytes,
immobilisent un pauvre gars sur le capot d’une bagnole, le dénudent et lui
tapissent corps et visage de… matières fécales canines, avant que l’un d’eux ne
lui urine dessus. Le décor est planté. S’ensuit une série de repas dans un
restaurant (chaque jour de la semaine, annoncé par sa carte de menu), où nous
suivons le colosse Michael Gambon, ses hommes de main (parmi lesquels Tim Roth,
avec la voix du doubleur de Bruce Willis) et sa femme Helen Mirren, selon un
immuable rituel : Gambon éructe des insanités, les autres parlent peu et
Mirren a repéré un homme seul lisant à sa table (Alan Howard). Echange de
regards, coup de foudre quasi instantané. Ils se retrouvent aux toilettes pour
faire leur petite affaire et les jours suivants, dans l’arrière-cuisine, avec
la complicité du chef campé par Richard Bohringer. Plus les jours passent, plus
la passion sexuelle (Helen Mirren passe le plus clair de son temps dans son
plus simple appareil, nous dévoilant sa cellulite) et la dégradation de la relation
conjugale vont crescendo. Jusqu’au final où vous devrez endurer deux autres scènes
atroces : gavage par pages de livres et cannibalisme. Picturalement, c’est
très beau (costumes de Jean-Paul Gaultier, décors), de même que le thème
musical de Michael Nyman. Bonnes idées de mise en scène également (quelqu’un ouvre
une porte, écran noir symbolisant le mur puis passage dans la pièce attenante).
Reste à savoir ce qu’a voulu nous dire le réalisateur Peter Greenaway. La
morale (?) est sauve mais pour le reste ? Enième critique de la société de
(sur)consommation, dans la lignée de La grande bouffe (qui, à côté, fait figure
de « petit lait ») ? Possible mais certainement pas que. Des
indices littéraires, que mon inculture crasse ne me permet pas d’identifier,
ont sans doute été disséminés pour nous mettre sur la voie et nous donner des clés
de lecture. Au final, passées les malaisantes (euphémisme…) séquences
scatologiques ou violentes, un film intéressant, à défaut d’être captivant.
« Et vous, vous
travaillez dans quoi ? » - « Je suis dans la merde. » -
« Vous… quoi ? » - « Je vends de la merde. »
« L’important, c’est tout
c’qu’ils affichent, les riches. » (Regarde les riches, Patricia Kaas,
1990)
C’est l’histoire de Carl (Harris
Dickinson) et de sa petite amie Yaya (Charlbi Dean, décédée à 32 ans d’une septicémie
peu après ce film, horrible…), tous deux mannequins et « influenceurs ».
Ces activités leurs permettent d’être invités à bord d’une croisière de luxe, où
ils côtoient des personnes plus riches qu’eux, comme un couple d’anglais ayant
fait fortune dans l’armement ou un oligarque russe (Zlatko Burić) s’étant
enrichi grâce à la vente d’engrais. Mais lors du repas du capitaine (Woody
Harrelson), une tempête fait virer la croisière de rêve au cauchemar…
Ah, ce foutu pognon, il nous en
fait faire… Soyons honnêtes, dans notre indépassable (?) monde capitaliste, nous
en sommes tous avides, que ce soit pour assurer notre subsistance, se payer un « extra »
(restau, sortie, voyage…), mener une vie confortable ou étaler notre « réussite »
et notre pseudo-supériorité sur autrui. Après Parasite en 2019, il semble que
la « lutte des classes » et la critique de la bourgeoisie (mais aussi
des classes plus défavorisées) soient dans l’air du temps et un atout
considérable pour l’obtention d’une Palme cannoise (la seconde du cinéaste
suédois Ruben Östlund, après The Square en 2017). Le film se divise en trois
parties. La seconde est de loin la meilleure et m’aura, chose très rare, occasionné
un fou rire. Mais avant cela, il faut se taper le prologue où nos deux
tourtereaux se « prennent la tête » (et la notre par la même occasion…)
pendant un quart d’heure à propos d’une foutue note de restaurant. En cause :
la meuf qui laisse payer son mec alors qu’elle gagne plus que lui et qu’il a
déjà payé la fois précédente, reproduisant les « stéréotypes de genre »,
ce que notre gars a du mal à supporter. Nous entrons ensuite enfin dans le vif
du sujet avec leur embarcation à bord d’un yacht rempli de « vieilles
peaux » ultra-friquées. Nous assistons alors lors d’une soirée à un
jubilatoire jeu de massacre : la tempête fait tanguer le navire, les
passagers vomissent leur repas à base de caviar et de poulpe caramélisé, les
chiottes débordent et le capitaine (génial Woody Harrelson) se livre à une
bataille de citations avec l’oligarque russe, lui citant Marx et le
milliardaire répliquant par des sentences du couple infernal Thatcher – Reagan.
Les deux hommes, ivres, s’enferment dans la cabine de pilotage et Harrelson
harangue les milliardaires, avec des phrases du genre « ne rêvez pas, nous
nenous dirigeons pas vers un paradis fiscal » ou « on sait que vos œuvres
de philanthropie,c’est pour défiscaliser et vous donner bonne conscience ». Dans une sorte de catharsis, Östlund nous venge quelque peu de ces individus néfastes à l'environnement et au Bien commun, même si montrés sous un jour pas forcément antipathique.
Et boum, Harrelson « pilonne » aussi les Etats-Unis et leurs guerres aux
quatre coins du monde pour y placer leurs hommes et en tirer un profit
économique. Faire passer un message (très bien senti) dans un contexte comique pour
qu’il ne soit pas trop lourd, voilà qui est habile. L’attaque terroriste du
yacht, traitée en ellipse, débouche sur la troisième partie, celle de l’île
déserte, où se retrouve une poignée de survivants : notre jeune couple, le
russe, deux autres passagers et trois membres de l’équipage, dont une préposée
aux WC qui va prendre les choses en main, étant la seule à savoir pécher et allumer
un feu. L’occasion donc d’un renversement de hiérarchie et d’une inversion des
statuts sociaux (et de genre). Après quelques péripéties et tensions au sein du
groupe, les derniers plans laissent libre cours à une fin « ouverte ».
Très intéressant objet filmique. Mais si Bong Joon-ho, avec Parasite, payait son
tribut à La Cérémonie de Chabrol, Östlund revisite ici La grande bouffe Ferrerienne
dans ses passages scatologiques, tant et si bien qu’on se demande si les œuvres
contemporaines de qualité ne seront pas désormais invariablement le fait de
petits malins connaissant leur histoire du cinéma sur le bout des doigts…
C’est l’histoire d’une nana (Frances
McDormand), elle a perdu sa fille, violée et assassinée (violons…). Mais sept
mois après, l’enquête est toujours au point mort. Comme elle a remarqué trois
panneaux publicitaires vierges dans son patelin, elle les loue et y fait
inscrire : « VIOLÉE ENCORE AGONISANTE », « ET TOUJOURS PAS D'ARRESTATION ?
» et « POURQUOI, CHEF WILLOUGHBY ? ». Willoughby (Woody Harrelson), c’est le
chef de la police locale, papa de deux chérubines et atteint d’un cancer
en phase terminale (violons…). Il a sous ses ordres Dixon (Sam Rockwell), un
policier raciste et brutal (bingo, j’en étais sûr !).
Bardé de récompenses (meilleur
scénario à la Mostra de Venise, 4 Golden Globes, 2 Oscars, dont meilleure
actrice pour Frances McDormand, que je préférais malgré tout en flic enceinte
dans Fargo ou se grattant les fesses dans Short Cuts…), Three Billboards… est
pourtant un empilement de clichés et de caricatures. Plus on avance dans le
film, plus on « coche de cases » et on en arrive à un
« strike » : le flic raciste, l’allusion aux prêtres pédophiles,
la « mère courage » battante qui s’est forgée une carapace et qui du
coup manque d’empathie et se montre rude envers autrui… Sans oublier la
rédemption (z’adorent ça, les Ricains…) : il a suffi de deux lettres posthumes
de Willoughby pour que le « mec bien, ‘achement humain » qui
sommeillait dans le beauf brutal se réveille enfin et pour que la revêche endurcie
(re)devienne plus humaine. Le film a subi les foudres des « droitardés
mentaux », qui y ont vu un énième film de propagande « woke » ourdi
par les « illuminatis mondialistes maçonniques Démoncrates » (sic), ce
qui aurait dû contribuer à me le rendre sympathique. Mais le fait est qu’il
utilise de trop grosses ficelles pour susciter l’émotion et s’avère assez
prévisible dans son déroulé.
« All work and no play
makes Jack a dull boy All work and no play makes Jack a dull boy All work and
no play makes Jack a dull boy All work and no play makes Jack a dull
boy… »
Réalisation : Stanley Kubrick,
assisté de Brian W. Cook
Scénario : Stanley Kubrick et
Diane Johnson, d'après le roman Shining, l'enfant lumière de Stephen
King
Pays : Etats-Unis, Royaume-Uni
Année : 1980
Genre : Horreur, thriller
Avec : Jack Nicholson, Shelley
Duvall, Danny Lloyd, Scatman Crothers, Barry Nelson, Philip Stone, Joe Turkel.
Synopsis : Jack Torrance, ancien
professeur, est engagé comme gardien de l'hôtel Overlook dans le Colorado le
temps d’un hiver, non sans que son directeur l’ait averti que l’ancien
titulaire du poste, rendu fou par la solitude et l’isolation extrême du lieu, a
sauvagement assassiné sa femme et leurs deux filles jumelles à coups de hache
avant de se suicider. Accompagné de son épouse Wendy et de leur jeune fils
Danny, Jack espère trouver à cette occasion le temps et le cadre idéal pour y
écrire un livre. Mais très vite, Danny est sujet à des hallucinations sanglantes
annonciatrices d’un danger.
Pourquoi ? Bien sûr, j’aurais pu
écrire partout la fameuse phrase copiée des centaines de fois par Nicholson
pour le livre qu’il est censé écrire, c’est-à-dire « All work and no play
makes Jack a dull boy » (« Un tiens vaut mieux que deux tu
l’auras » ?)… Mais cela a déjà été fait par Cinéphile Schizophrène et
je lui ai déjà emprunté par le passé la structure narrative de ses chroniques (fait
chier, lui, à toujours avoir des idées de génie avant les autres…). Et faut
bien que je développe un peu, même si je ne vais pas être très original. Pour
l’histoire, les décors (magnifiques labyrinthe et générique d’ouverture dans les
montagnes Rocheuses…), la musique (Wendy Carlos inspiré par la Symphonie
fantastique d'Hector Berlioz ; Rachel Elkind, Ligeti, Bartók et Penderecki,
excusez du peu…) et bien sûr l’interprétation de Jack Nicholson (doublé par Jean-Louis Trintignant en VF), dans une veine
très « Actors Studio » mais aussi celle de Shelley Duvall. Si le
porno fût, de son propre aveu, le « service militaire » de Catherine
Ringer, Shining fût celui de la pauvre Shelley, contrainte de répéter 40 à 50
fois ses scènes, ce qui questionne sur l’adage « la fin justifie les
moyens ». Sinon, pour moi, Kubrick c’est « couci-couça ». Eyeswide shut, c’est bien mais pas au point de le conserver, Orange Mécanique idem,
Full MetalJacket et Barry Lyndon aussi mais manque de bol, j’ai horreur des
films de guerre ou à costumes. Quant au fameux 2001, l'Odyssée de l'espace, je
me suis rarement autant emmerdé devant un film. Deux cosmonautes aux prises pendant
des plombes avec un ordinateur récalcitrant, désolé mais ça me fait pas mon
« quatre heures » en termes d’émotions cinématographiques (sinon
l’ennui). Le reste, c’est trop vieux mais je tenterai peut-être Lolita. Je vois
déjà ronchonner les « Kubrickophiles », me rétorquant que Shining
serait son « moins personnel » (puisque de Stephen King mais à voir),
son « plus facile ». Fort possible, et alors ? C’est comme ça
(la la la la la), je ne vais pas me forcer pour leur faire plaisir… Après tout,
aux chiottes, les snobinards !
« A partir de demain,
nous n’aurons plus à chercher du travail. Et le travail n’aura plus à nous
chercher. Oscar Wilde. »
Réalisation : Charles Crichton
Scénario : John Cleese et Charles
Crichton
Pays : Royaume-Uni, Etats-Unis
Année : 1988
Genre : comédie
Avec : John Cleese, Jamie Lee
Curtis, Kevin Kline, Michael Palin, Maria Aitken, Tom Georgeson.
Synopsis : Quatre malfrats de
petite envergure font une attaque à main armée et dérobent des diamants :
le meneur de la bande George, sa compagne Wanda, Ken, bègue et ami des animaux
et Otto, limité intellectuellement et amant de Wanda mais se faisant passer
pour son frère. Le vol se déroule sans accroc mais ils manquent d’écraser une
vieille femme, qui voit alors le visage de George. Une fois le butin planqué, Wanda
et Otto dénoncent George à la police, qui l’incarcère. Allant récupérer les
diamants, les deux amants constatent que George, avec la complicité de Ken, les
a déplacés et cachés en lieu sûr.
Pourquoi ? Alors certes, il a
peut-être un peu vieilli mais on rigole toujours autant devant les aventures de
ces « pieds nickelés » hauts en couleur : les Monty Python John
Cleese en avocat guindé se dévergondant et Michael Palin en bègue ami des
animaux, Jamie Lee Curtis, usant de ses charmes et semblant n’atteindre le « septième
ciel » que lorsque son amant s’exprime en langue étrangère et enfin Kevin Kline,
ne supportant pas qu’on le traite de « débile » bien qu’il le soit. Il
y a quelques scènes qu’on pourrait qualifier de « dures » si tout
ceci n’était pas que pour rire : lorsque Palin échoue à maintes reprises dans
sa tentative d’éliminer la vieille femme, tuant à chaque fois accidentellement
l’un de ses chiens, avant de finalement parvenir à ses fins par crise cardiaque ;
et lorsque Kline interroge ce même Palin, ligoté et en pleurs, pour lui
soutirer l’endroit où George a caché les diamants et mange ses petits poissons
d’aquarium quand il n’obtient pas satisfaction. A mourir de rire (au sens propre pour un certain Ole Bentzen, orthophoniste danois, en 1989).
Je finis l’année sur cette
comédie culte, avant les fêtes que je vous souhaite bonnes et un
petit séjour à Genève. A 2026 !
« Pas d’chance, fiston… L’ascension
fût rapide, la descente sera longue. »
C’est l’histoire, en 1958, à New
York, de la firme Hudsucker, du nom de son créateur et président, prénommé
Waring (Charles Durning). Qui, alors que l’entreprise est florissante, se
suicide en plein Conseil d’Administration en se jetant par la fenêtre du
building. Le Conseil, avec à sa tête Sidney Mussburger (Paul Newman), décide de
confier la présidence à un parfait abruti afin de faire baisser temporairement
le cours de l'action et de prendre le contrôle de l’entreprise en rachetant les
actions à bas prix. Mussburger jette son dévolu sur le naïf Norville Barnes (Tim
Robbins), récemment embauché au service du courrier. Mais Amy Archer (Jennifer
Jason Leigh), une ambitieuse journaliste, découvre le pot aux roses et dévoile
la vérité dans un article de presse.
Dix ans après leurs débuts et
après la Palme d’Or pour Barton Fink (1991), les frères Coen ont enfin les
moyens de leurs ambitions avec un budget de 40 millions de dollars et un
casting de stars. Bon, moi je les mets un peu dans la même case que Tarantino
ou d’autres : producteurs déjantés et malins aux références sûres, dont
ils parsèment leurs œuvres. Fargo, j’adore (d’ailleurs, je l’ai gardé) mais je
n’ai pas compris le culte voué à The Big Lebowski. Pas vu les autres, pas
attiré par les scénars ni les bandes-annonces. Quid de ce loufoque Grand saut, qu’ils
ont coécrit avec Sam Raimi ? Mitigé, du bon et du moins bon. Tim Robbins
(le grand sot ? Ah ah !) enchaine bien après Short Cuts et Les
évadés. Jennifer Jason Leigh, également à l’affiche de Short Cuts, est ici
assez insupportable, elle en fait des tonnes (c’est exprès, d’accord…) et
semble désireuse de remporter la palme du comédien le plus volubile. Une vraie « pile
électrique »… La légende Paul Newman complète ce trio « 5 étoiles ».
Reconstitution d’époque et B.O hollywoodiennes, inévitable « bluette »
entre Robbins et Jason Leigh, réhaussée par des fulgurances ou digressions
comiques et une satire bien sentie du « American way of life » (culte de la
réussite) et de l’entreprise hyper-hiérarchisée. [P.S : impossible de ne pas
penser au drame du « 11/9 » quand le mec se défenestre au début…]
« Les chevaliers paysans
de l’an mil au lac de Paladru » - « Au lac de… ? » - « Paladru ! »
Réalisation : Alain Resnais
Scénario : Agnès Jaoui et
Jean-Pierre Bacri
Pays : France, Royaume-Uni,
Suisse
Année : 1997
Genre : musical, comédie
dramatique, film choral
Avec : André Dussollier, Sabine
Azéma, Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Lambert Wilson, Pierre Arditi.
Synopsis : Simon, qui fait son
métier d’agent immobilier sans conviction, en pince secrètement pour Camille, guide
touristique et passionnée d’histoire comme lui. Mais elle s’éprend de Marc, le
prétentieux et tyrannique patron de Simon. Parallèlement, la sœur de Camille, Odile
et son mari Claude, un couple usé par les années, font appel à Marc pour leur
projet immobilier tandis que Simon fait visiter des appartements à Nicolas, un
ancien amant d’Odile particulièrement indécis.
Pourquoi ? Parce qu’encore et
toujours (et pour la dernière fois sur ces pages) le duo Bacri - Jaoui au
scénario et à l’interprétation et c’est à nouveau un succès critique (7 Césars,
dont meilleurs film et scénario) et public (2,6 millions d’entrées en France) ;
pour le concept audacieux d’intégrer dans les dialogues des extraits de
chansons populaires interprétés en playback. Mention spéciale à Bashung (Vertige
de l’amour, par Dussollier), France Gall (Résiste par Azéma, même si je conçois
qu’au bout de trois fois, ça puisse gaver…), Eddy Mitchell (trois titres), Léo
Ferré (l’immense Avec le temps, par Bacri) et Téléphone (Ca (c’est vraiment
toi)… mais y’a que des « tubes », de toutes façons. Le cinéma « populaire
et de qualité » tel qu’il devrait toujours être.
C’est l’histoire d’un mec, Robert
Thorn (Gregory Peck), ambassadeur des Etats-Unis au Royaume-Uni, il est
incapable d’annoncer à sa meuf Katherine (Lee Remick) que leur enfant est
mort-né après l’accouchement. Alors il adopte un orphelin et le fait passer
pour leur fils. Mais y’a un blème : celui-ci est né à 6 heures, le 6ème
jour du 6ème mois (un 6 juin, donc) et des phénomènes étranges et
tragiques se produisent…
Le contexte : lendemain de
victoire (aux forceps) en Ligue des Champions contre Newcastle (fait assez rare
pour être souligné) et arrivée en fin de crève ca-ra-bi-née (Covid ?
Pourtant, à part ma mère le week-end, je vois dégun… Ou alors dans les magasins
ou les transports de cette ville de bras cassés et traîne-savate comme moi ?).
Quoi de mieux, dès lors, en cet après-midi ensoleillé mais frisquet, que de s’installer
devant son petit écran et insérer dans son lecteur un DVD emprunté à l’une de
ses médiathèques municipales, dans l’espoir de vivre l’agréable sensation de la
découverte d’un bon film ? Bingo, c’est bien le cas. De Richard Donner, je
ne connaissais que sa collaboration avec Mel Gibson (la franchise L’arme fatale
et son trio Gibson – Glover – Pesci insupportable de cabotinage, Maverick et
Complots). Au cinéma comme en musique, on ne fait que refaire ce qui a déjà été
fait les décennies précédentes, alors autant aller directement « à la
source ». Tous ces films d’horreur ou fantastiques des 70’s et des 80’s, de
tueurs en série ou de maisons hantées, sont les ancêtres des productions qui pullulent
chaque année sur nos écrans depuis le nouveau millénaire (et même un peu
avant). Celui-ci est si emblématique qu’il a donné suite à… des suites, remake
et autres « préquelle ». Clairement, sa réputation n’est pas usurpée,
c’est du tout bon. Le genre qui sait maintenir la tension d’un bout à l’autre,
sans scènes inutiles, on va… droit au but (pour rester dans le registre footballistique
et fidèle à la devise de mon club). Alors d’accord, des fois, on devine très
vite ce qui va arriver (la meuf qui monte sur une chaise pour décrocher un truc
alors qu’elle est à l’étage, risqué…). Et encore une occase pour chier sur l’Eglise ?
Un peu, mais quand même moins que L’exorciste où, de mémoire, la possédée
dégueulait un liquide verdâtre sur le prêtre et sa Bible. Et faut quand même se
taper l’eschatologie de ces putains de religions qui nous ont toujours pourri l’existence
à travers les siècles. Mais sinon, rien à redire, réalisation, interprétation,
musique, c’est au poil. Y’a même le petit « twist » final qui va
bien. Tiens, tout ça m’a donné envie de réécouter l’hymne de ces satanistes de
supermarché de la « Vierge de fer » (je déconne mais je ne peux pas m’empêcher
de les aimer, c’est on ne peut plus Madeleine de Proust, ça)...
« Pour une nation de
porcs, c’est drôle que personne chez vous n’en consomme… »
C’est l’histoire d’un ancien président
de la « Raie publique » qui, en son temps, fustigeait les
« juges rouges », qu’il trouvait notamment trop « laxistes »
(c’est sans doute pour ça que nos prisons sont pleines à craquer…). Ce qui, venant d'un avocat de profession, ne manque pas de sel. Ceux-ci,
pour se venger et lui prouver le contraire à ses dépens, allèrent jusqu’à
inventer de toutes pièces pas moins de sept affaires différentes (dans
lesquelles il n’est bien évidemment pour rien…) et lui firent subir moultes
humiliations : commande de pizzas (comme le commun des mortels…) lors
d’une garde à vue, port d’un bracelet électronique et même emprisonnement de
quelques semaines dans un quartier « V.I.P » ! L’histoire ne dit
pas s’il parvint à échapper à l’épreuve dite de « la savonnette sous la
douche »… Comme notre homme est vénal, cela lui donne l’occasion
« d’écrire » un de ces livres dont les vieilles rombières de l’ex-UMP
sont si friandes : Le journal d’unprisonnier (sic). Hé, coco, mais on est
tous « prisonniers »... Et c’est la Mort qui nous libère.
Ah non, merde, c’est pas ça…
N’empêche, ça ferait un bon scénar’… Mais reprenons.
C’est l’histoire d’un mec, William
Hayes (Brad Davis), Américain de son état en vacances en Turquie avec sa petite
amie Susan (Irene Miracle), qui se fait « pincer » en 1970 par la
douane locale avec deux kilos de haschich dissimulés sous ses vêtements. Il
comptait se faire un peu d’argent en les revendant aux Etats-Unis (on n’a pas
idée…). Pensant écoper d’une peine légère, il va finalement vivre l’enfer…
Encore un classique que je
n’avais pas vu. Un film « choc », basé sur le récit autobiographique
de William Hayes et dont, selon la formule consacrée, on ne « ressort pas
indemne ». Petit budget, pas de grandes stars à l’affiche (Richard Gere
fût un temps pressenti pour le premier rôle) mais une équipe solide à la
conception : Oliver Stone (quasi inconnu à l’époque) au scénario, qu’il a
surdramatisé, Alan Parker à la réalisation, tandis que Giorgio Moroder se
chargea de la B.O (dont est issu son célèbre thème Chase). Difficile de ne pas
être révolté et de ne pas avoir un haut-le-cœur devant ce qu'endurent ces hommes
dans cet enfer carcéral qui les broie, aussi bien physiquement que mentalement
et où leur humanité même est niée, face à la cruauté d’un gardien en chef sadique
(le colosse Paul L. Smith, qui prendra la relève de Bud Spencer). Alors qu’il
arrivait au bout de ses quatre ans de prison, notre « héros » (bon,
faut quand même être con pour essayer de faire passer deux kilos de drogue d’un
pays autoritaire comme la Turquie aux Etats-Unis…), lors d’un second procès, se
verra condamné à rempiler pour… trente ans supplémentaires ! Heureusement,
il parviendra à s’évader. Très bonne interprétation d’ensemble (Brad Davis –
même voix de doublage que De Niro dans Taxi Driver – et ses compagnons d’infortune Randy
Quaid et John Hurt). Il y a deux scènes à connotation sexuelle qui au premier
abord me semblaient hors de propos et tombant comme un cheveu sur la soupe (prémices
d’une relation homosexuelle entre Brad Davis et Norbert Weisser sous la
douche ; au parloir lorsque Davis demande à Miracle de lui montrer ses seins,
avant qu’ils ne fassent quasiment l’amour malgré la vitre les séparant) mais au
final, ça se tient et peut se comprendre dans un univers où toute tendresse est
bannie. Bon, après ça, ne restera plus qu’à chasser de son esprit ces images fort
perturbantes. Pas une mince affaire…
C’est l’histoire de six nanas,
dont une sortant d’un drame personnel (perte de son mari et de sa fille dans un
accident de la route auquel elle a survécu), qui se retrouvent pour faire de la
spéléologie dans les Appalaches. Mais les voilà bloquées dans les grottes suite
à un éboulement. Cet incident va mettre à rude épreuve leur amitié, d’autant
plus qu’elles ne sont pas seules dans cet environnement souterrain…
Gros succès critique pour ce film
d’horreur britannique et c’est globalement justifié. On va au cinéma pour
ressentir des émotions et là, elles sont fortes. L’idée de départ est plutôt
originale (six femmes dans une grotte, sous la menace de dangereuses créatures
humanoïdes), la tension et le suspense ne faiblissent pas. Bien sûr, l’instinct
de survie et les querelles d’égo font ressortir le pire de l’être humain et c’eût
été six hommes que c’eût été pareil de ce point de vue-là. Des clins d’œil plus
ou moins appuyés à Alien, Shining et Délivrance (y’a pire comme références). Le
« twist » final ne manque pas non plus à l’appel. Je regrette
simplement des explosions gore un peu complaisantes et le traditionnel
recours à la morale, celui (ou ici, en l’occurrence, celle) qui a péché devant
automatiquement être puni(e) et, de préférence, en souffrant le plus possible
(le « œil pour œil, dent pour dent »).
« Mais j' l'adore, ton cul... J'en suis fou, d'ton cul... »
C'est l'histoire d'un couple britannique pudique et guindé, Nigel (Hugh Grant) et Fiona (Kristin Scott Thomas), qui fait la connaissance, sur un paquebot menant en Inde, d'un autre, beaucoup plus atypique, composé d'Oscar (Peter Coyote), écrivain américain en fauteuil roulant et de Micheline dite « Mimi » (Emmanuelle Seigner), danseuse française très sensuelle. Voyant Nigel très troublé par Mimi, Oscar fait de lui son confident et lui raconte son étrange histoire avec sa jeune épouse et leurs rapports très particuliers.
Comme tant d'autres, pour moi, Polanski, ça passe (Chinatown, Répulsion) ou ça casse (Frantic, à un degré moindre Le locataire). Pour ce Lunes de fiel, adapté du roman éponyme (encore plus dur que le film, d'après Emmanuelle Seigner dans l'interview-bonus), c'est plutôt une bonne surprise, je m'attendais à pire (ou autre chose). Alors certes, le film a des longueurs (140 minutes) et la B.O sent son époque (I will survive, Sweet dreams, Stop !...). Y'a quelques « conneries », aussi : faire de Coyote un « tombeur », le voir en slip, à quatre pattes avec un masque de cochon ou encore Emmanuelle Seigner buvant du lait, le recrachant sur ses seins nus et Coyote la léchant (z'avez saisi la symbolique ?). Mais on se laisse prendre par le récit. Par contre, faut un peu s'accrocher car c'est par moments duraille et dérangeant, le couple Coyote / Seigner se faisant subir (lui d'abord et elle ensuite, par vengeance) moultes humiliations. Ici, le sadisme est plus psychologique que sexuel (la très belle scène dans le parc où elle, amoureuse folle, et lui la repoussant d'un cinglant « J'en n'airien à foutre de ta vie, c'est ma vie à moi qui compte. (...) Rien, tu n'as rien fait. Tu existes, c'est tout »). Un bon film. Et Emmanuelle Seigner, quel... morceau ! Miam, y'a à manger...
« Je n’vois plus qu’toi »
- « Je crois que tu n’as jamais vu grand-chose… »
C’est l’histoire de Strauss-Kahn
avant Strauss-Kahn. Soit un politique en pleine ascension (Jeremy Irons), nommé
Secrétaire d’Etat (ministre, quoi), qui se fait tournebouler dès le premier
regard (y’a de quoi, remarquez…) par la petite amie de son fils (Judith Brioche…
Ah non, pardon, je voulais dire Juliette Godemiche). A partir de là, il la verra
en cachette et la trombinera pas moins de quatre fois, dans des positions parfois
acrobatiques (oui mais « c’était l’époque qui voulait ça » et puis on
était sous l’emprise de réalisateurs libidineux et d’une société patriarcale
oppressive mais maintenant c’est fini, tout ça, ceinture et puis de toutes façons, on n’a
plus l’âge pour ces galipettes…). Je ne sais pas si les « coordinatrices d’intimité »
existaient déjà à l’époque mais si c’est le cas, elle a dû avoir une belle
prime parce qu’y'a eu du taf… Bref, c’est le genre d’histoires qu’on ne voit qu’au
cinéma et pas dans la « vraie vie ». Ben ouais, coco, c’est un peu le
principe du cinéma, il permet de nous évader de la réalité. Ou alors c’est un
Dardenne, un Loach ou un film d’auteur lambda et on est prévenu à l’avance. Pour
en revenir à cette histoire, ce petit jeu de cache-cache prend fin dans le
dernier quart d’heure, lors d’un tragique épilogue où le fils surprend son père
(Irons, donc) et sa future épouse (Juju Bibi) en train de forniquer
allègrement, nus comme des vers. La Passion a ses raisons que la Raison ignore…
Avec : Frances McDormand, William
H. Macy, Steve Buscemi, Peter Stormare, Harve Presnell, John Carroll Lynch, Kristin
Rudrüd.
Synopsis : Un directeur
commercial d'une concession automobile du Minnesota, en butte à des difficultés
financières, engage deux malfrats pour l'enlèvement de sa femme, dans le but de
demander une forte rançon à son richissime beau-père. Mais les choses tournent
mal et une chef locale de la police, enceinte jusqu’aux yeux, va mener l’enquête.
Pourquoi ? Alors les frères Coen,
j’aime pas. Enfin, j’aime pas… Mis à part ce Fargo, je n’ai vu que The Big
Lebowski, qui ne m’a pas emballé outre mesure. Pour les autres, les scénarios
et les bandes-annonces me rebutent un peu par leur côté hystérique ou ne m’inspirent
pas. Bon, ici, l’histoire, l’interprétation (tous excellents, mentions pour l’extra
William H. Macy et le duo cocasse formé par Buscemi et le peu loquace Stormare),
l’ambiance (les paysages enneigés), c’est parfait. Toujours loufoque mais
parfaitement maitrisé. Un peu de violence, pas mal d’humour (à… froid), de la
tendresse… C’est comme chez Casto, y’a tout c’qu'il faut !
« C’est l’habit qui fait
l’homme. Et moins il y a d’homme, plus il faut d’habits… »
C’est l’histoire d’un mec
complètement secoué, Dennis Cleg dit « Spider » (Ralph Fiennes), qui intègre
un foyer de réinsertion à Londres, non loin de là où il passa une enfance difficile,
marquée par le décès de sa mère. Convaincu que son père (Gabriel Byrne) est le
meurtrier, afin qu’il puisse vivre avec une prostituée (Miranda Richardson)
dont il est tombé amoureux, Cleg va mener sa propre enquête et se replonger
dans cette partie de sa vie.
Encore un film où il faut être dans
le « mood » pour espérer se laisser porter et convaincre... Pour tout dire, au début, il m'a fait rire… Fiennes
joue parfaitement le mec schizo, passant son temps à griffonner son petit
carnet de notes ou à marmonner dans la barbe qu’il n’a pas (son texte pour l’ensemble
du film doit tenir sur un post-it). Nous le suivons dans ses méandres existentiels,
plongeant dans ses souvenirs et tentant de reconstituer son passé et le drame
qui s’y joua (le meurtre de sa mère), à l’aide de quelques indices (un petit
jardin, une odeur de gaz…). Pas de cul ou de violence pour cette fois, c’est un
Cronenberg « sage », qui joue essentiellement sur l’ambiance et ce
n’est pas plus mal ainsi. Il faudra donc accepter les partis pris
esthétiques : décors minimalistes, couleurs ternes, rythme (très) lent. C’est
ce qui en fait le charme et l’originalité. On sent venir un « twist »
final à la Sixième sens, façon « bon sang, mais c’estbien sûr ! »
et c’est effectivement ce qui advient. Intéressant, sans plus pour ma part.
« Je pense à toutes les
filles qu’il a baisé dans sa grosse voiture… C’est comme un lit avec des roues…
Ca doit sentir le sperme… »
C’est l’histoire sans queue ni tête de gens qui
conduisent et qui baisent, adeptes de « tête-à-queue » (dans tous les
sens du terme) : le couple libertin James et Catherine (James Spader et Deborah
Kara Unger), le docteur Helen Remington (Holly Hunter) et un groupe de fétichistes
des accidents automobiles (Elias Koteas, Rosanna Arquette…).
Dans la série, « on nous
fait faire de drôles de trucs, à nous les acteurs et actrices », celui-ci
est quasiment un porno simulé : ça n’arrête pas de baiser (y compris entre
hommes et entre femmes). Et de conduire. Et d’avoir des accidents. C’est le
postulat : avoir des accidents de la route libèrerait l’énergie sexuelle.
Mouais, je préfère quand même ne pas prendre le risque… Bon, ceci dit, entre la
violence des Promesses de l’ombre et ça, je préfère celui-là sans hésiter. Même
si ça ne tient pas debout, contrairement à Popaul qui se raffermira à la vue de
ces images faisant bien fonctionner le cérébral (mention spéciale à Deborah
Kara Unger qui nous dévoile tout, notamment sa belle toison). A l’instar de
Taxi, un film qui n’a pas dû plaire aux associations de prévention routière. A
regarder avec un paquet de kleenex à proximité… Ah, j’oubliais, excellente B.O
à base de guitare slide (je crois).
« Londres est la ville
des putains et des pédales. »
C’est l’histoire d’Anna (Naomi
Watts), sage-femme à l'hôpital Trafalgar de Londres, qui récupère le journal
intime de Tatiana, une adolescente russe décédée au service des urgences en
donnant naissance à une petite fille. Ce journal étant écrit en russe, elle en
demande la traduction à sa mère et son oncle, espérant y trouver des
informations sur la famille de la défunte. Une carte trouvée à l’intérieur du
carnet la mène parallèlement sur la piste d’un luxueux restaurant, le
Trans-Siberian. Cet établissement est en réalité dirigé par le chef de la mafia
russe.
Thriller sombre, malsain (viol, prostitution…) et (inutilement)
hyper-violent, d’entrée de jeu (gorge tranchée, accouchement sanglant). Pas
grand-chose à redire sur l’interprétation, avec un Vincent Cassel toujours à l’aise
dans les univers glauques et déjantés (La haine, Irréversible…) ni même sur l’histoire mais
plutôt sur le déferlement d’hémoglobine et les invraisemblances (le combat dans
un hammam entre un Viggo Mortensen nu comme un ver et deux malabars armés de
couteaux ; le baiser sur la bouche qu’il échange à la fin avec Naomi Watts
sans qu’elle le repousse, quand bien même elle ait compris qu’il avait « bon
fond »...).
C’est l’histoire d’Alex (Ewan
McGregor), Juliet (Kerry Fox) et David (Christopher Eccleston), trois amis qui
se partagent un appartement à Glasgow. Ils recherchent un quatrième colocataire
et portent leur choix sur Hugo (Keith Allen). Mais quelques jours après son emménagement,
ils découvrent Hugo mort dans sa chambre, dans laquelle ils trouvent également
une valise pleine de billets de banque. Leur amitié résistera-t-elle à cette
découverte ?
Encore un souvenir du temps béni de
mon adolescence où avec mon père, nous louions des films dans des vidéo-clubs pour
nos soirées de week-ends ou de vacances scolaires. Celui aussi des « raves
party » (rêves partis ?), dont le générique de début rend compte ainsi
que le goût de Danny Boyle pour cette musique (comme le confirmera la B.O de
son film suivant, l’acclamé Trainspotting). Finalement, c’est pas si compliqué
de faire un bon petit thriller. Trois amis, un macchabée, une valise pleine de
fric, quelques trouvailles et rebondissements. Et de la violence aussi,
notamment lors du final qui menace à tout moment de tomber dans le « grand
guignol ». C’est finalement cette grande gueule d’Ewan McGregor (de loin le
plus insupportable des trois) qui s’en sortira le « mieux » (si j’ose
dire). Grand succès public et critique inattendu, un peu partout dans le monde.
Pour l’anecdote, une scène a été tournée le 7 avril 1993 au soir. J’ai en effet
reconnu le match que zieute McGregor dans le salon (et pour cause) : le OM
– Glasgow Rangers (score de 1 à 1) de la glorieuse épopée européenne du club
phocéen lors de cette saison-là, jusqu’à la victoire finale.