Chroniques de films, au fil de mes (re)découvertes. Aucune connaissance technique ou historique sur le cinéma, juste des ressentis. Si cela vous donne envie de (re)voir ces films, c'est déjà ça...
Lunes de fiel (1992), de Roman Polanski
Le locataire (1976), de Roman Polanski
C’est l’histoire de Trelkovsky
(Roman Polanski), un homme timide et réservé, qui visite un appartement vacant
pour le louer. Lors de la visite, la concierge lui apprend que l'ancienne
locataire a voulu se suicider en se jetant de la fenêtre de l'appartement, sans
raison apparente. Après le décès de celle-ci, il emménage. Notre
homme sombre alors peu à peu dans la paranoïa.
Ce troisième volet de la trilogie dite des « appartements maudits » du réalisateur, après Répulsion en 1965 et Rosemary's Baby en 1968, me paraît bien en deçà de ses deux prédécesseurs, qui plaçaient il est vrai la barre assez haut. J’étais circonspect sur le Polanski acteur mais il s’en tire plutôt bien dans ce rôle d’homme effacé. On note les apparitions de quelques membres du Splendid (Balasko, Jugnot et Blanc). Le film avait à priori tout pour me plaire ou du moins susciter mon intérêt et ce fût le cas dans sa première partie. Malheureusement, à partir du moment où Polanski se travestit en femme, s’identifiant à l’ancienne locataire suicidée, je suis un peu « sorti » du film, tant cette séquence censée provoquer l’angoisse a plutôt eu le don de me faire (sou)rire (surtout connaissant les frasques de l’homme public). J'ai trouvé ça décalé, disons. Ce Locataire me laissera hélas peu de souvenirs. P.S : y a-t-il une musique de film français que Philippe Sarde (né à Neuilly) n’a pas « chié » ?
Chinatown (1974), de Roman Polanski
« C’est Chinatown... »
C’est l’histoire de Jake Gittes (Jack Nicholson), détective privé engagé par Evelyn Mulwray, qui soupçonne d’adultère son mari Hollis Mulwray, ingénieur au département des eaux de Los Angelès. Ce qu’il pensait être une affaire facile et banale va l’emmener dans des méandres insoupçonnés. En effet, il s’avère que la personne qui l’a engagé n’est pas la véritable Evelyn Mulwray (Faye Dunaway) et Hollis Mulwray est retrouvé mort, noyé, peu de temps après.
Voila ce que j’appellerais un « vrai » film : la reconstitution des années 30 (décors naturels ou en studio, costumes…), une ambiance de film noir, une enquête intéressante, un duo d’acteurs mythiques, un réalisateur qui sait où placer sa caméra (souvent derrière Nicholson pour que le spectateur adopte son point de vue)… Dernier film de Polanski en Amérique (pour les raisons que l’on sait), il peut être rattaché au mouvement contre-culturel du « Nouvel Hollywood » (fin des années 60 – début des années 80), influencé par notre « Nouvelle Vague » et le néoréalisme italien. Bien sûr, dans ce genre d’intrigue compliquée, mêlant meurtres, corruption, affaires immobilières louches et secrets de famille bien gardés, il faut suivre et on se demande toujours si l’on aurait eu nous-mêmes la même réaction que les protagonistes si on était à leur place face à tel ou tel évènement. C’est néanmoins bien mené et on dénoue les fils de cette ténébreuse histoire petit à petit. Polanski joue un petit rôle de malfrat qui coupe le nez de Nicholson, une scène qui fût difficile à tourner. Sous son impulsion, le film déroge à l’habituel « happy end », ce qui n’est pas plus mal. Très bonne musique jazzy de Jerry Goldsmith, qui colle parfaitement à l’ambiance et à l’époque. Onze nominations aux Oscars 1975 (mais une seule victoire, celle du meilleur scénario) et une sélection au National Film Registry de la bibliothèque du Congrès des États-Unis en 1991.
Répulsion (1965), de Roman Polanski
C’est l’histoire de Carol
(Catherine Deneuve), jeune femme belge manucure à Londres, comme sa sœur Helen
(Yvonne Furneaux) avec qui elle vit dans un grand appartement. Très introvertie,
fuyante, elle repousse les avances de Colin (John Fraser), un homme rencontré
par hasard et qui la courtise. Elle n’est pas à l’aise non plus avec la liaison
qu’entretient sa sœur avec Michael (Ian Hendry), un homme marié. Un jour,
ceux-ci partent en voyage une quinzaine de jours en Italie et laissent Carol
seule dans l’appartement.
Allez, on reste chez les dingues… Second film de Polanski, après Le couteau dans l’eau de 1962. Petit budget (dépassé) et grand succès (Ours d’argent à la Berlinale). Entre drame psychologique et film d’épouvante, on pense bien sûr à Hitchcock mais aussi à Clouzot (le mort dans la baignoire pleine, comme dans Les diaboliques). Deneuve n’a pas dû trop peiner à apprendre son texte, vu qu’elle est mutique la plupart du temps. Ce qui s’avère d’ailleurs parfois un peu chiant (surtout au début) mais qui in fine colle parfaitement à son personnage sombrant peu à peu dans la folie la plus totale. « Jumpscares » (hallucinations) savamment dosés. Le noir et blanc atténue à peine la sauvagerie des deux meurtres commis par la jeune femme sévèrement dérangée. B.O jazz rétro en parfaite adéquation avec l’époque. Vu et approuvé, malgré quelques légères longueurs et une ambiance un peu pesante.
Frantic (1988), de Roman Polanski
C’est l’histoire d’un cardiologue
américain (Harrison Ford) qui se rend à Paris avec sa femme pour un colloque.
Ils se rendent compte à leur arrivée à l’hôtel qu’ils se sont trompés de valise à l'aéroport.
Puis, alors qu’il prend sa douche, sa femme disparait mystérieusement. Peu aidé
par la police française ni par l’ambassade américaine, le voila contraint de
mener sa propre enquête, malgré la barrière de la langue. Il va alors retrouver
la propriétaire de la valise en sa possession (Emmanuelle Seigner), une jeune
femme mystérieuse qui l’aidera à remonter la piste des kidnappeurs de son
épouse.
J’enchaine avec un film du controversé Polanski, un de ces nombreux grands cinéastes que j’ai trop longtemps délaissés. Ben, mauvaise pioche. Ce n’est certes pas mauvais mais ce n’est pas fou-fou non plus. Ca manque de suspense, de rebondissements, d’action au sens large (pas forcément de courses-poursuites et de fusillades, hein…), limitée ici à une scène dans un parking (premier échange avorté avec les ravisseurs) et une autre sur les toits parisiens. Harrison Ford fait partie, avec Bruce Willis ou Richard Gere, de ses acteurs « mono-expressifs » (d’ailleurs, ils n’ont jamais eu d’Oscar et rarement de nominations). Bref, c’est peut-être aussi dû à mon anhédonie chronique mais pour un film réputé « culte » (?), je m’attendais à plus...




