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Ma femme s’appelle reviens (1982), de Patrice Leconte

 

« Mais arrête tes conneries, j’en ai vu des plus grosses que toi. » - « Où ça, au cirque ? »

C’est l’histoire de Bernard (Michel Blanc), médecin qui se fait subitement plaquer par sa femme, en partance pour Lausanne. Vivant mal cet épisode, il emménage dans une résidence habitée par des célibataires. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de sa voisine de palier Nadine (Anémone), jeune photographe de mode, celle-ci faisant un malaise dans l’ascenseur de l’immeuble. Elle aussi traverse une mauvaise passe sentimentale avec son compagnon Terry (Christophe Malavoy).

Allez, un peu de légèreté pour oublier le monde ignominieux dans lequel nous évoluons (ou tentons de le faire, pour les moins doués d’entre nous). Bon ben là, « légèreté » est à prendre dans tous les sens du terme… C’est effectivement très « léger », le film ne fait même pas les quatre-vingt-dix minutes réglementaires, c’est dire combien les scénaristes (Leconte, Blanc et un certain Joseph Morhaim) ont été assez peu inspirés. A la lecture du synopsis, on comprend assez vite ce qu’il va advenir, non ? Petit suspense toutefois, que je ne dévoilerai pas : alors, nos deux célibataires largués finiront-ils ensemble ? Pauvre en gags, accusant le poids des ans (horrible chanson du générique de début, bien dans une veine variét’ 80), Ma femme s’appelle reviens est tout juste sauvé par quelques répliques et son duo d’acteurs principaux, les deux plus sympathiques de la troupe du Splendid (ou assimilés), qui en sont aussi à ce jour les deux seuls disparus (ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers…).     

Mauvaise passe (1999), de Michel Blanc

 

C’est l’histoire de Daniel Auteuil qui est emprisonné entre les jambes d’une femme. Saura-t-il se sortir de cette… mauvaise passe ? Ah non, pardon, c’est pas ça.

C’est l’histoire de Daniel Auteuil qui, effrayé par le monde de 2025 (y’a de quoi, non ?), décide de revenir d’où il vient : de l’utérus de sa maman. Et merde, encore raté… Ah, j’y suis…

C’est l’histoire de Pierre (Daniel Auteuil), quadra déboussolé qui quitte femme, enfant et sa vie dans laquelle il étouffait pour se rendre à Londres et tenter d’y écrire un roman. Sur place, il fait la connaissance de Tom (Stuart Townsend), gérant d’un bar mais qui à ses heures perdues s’adonne à l’activité d’escort-boy. Tom va entrainer dans cette voie Pierre, qui va s’y brûler les ailes.

Troisième film de l’acteur Michel Blanc, après Marche à l’ombre (1984) et Grosse fatigue (1994) et le premier dans lequel il ne joue pas. Autre différence, la cinquantaine et sa crise approchant, Mauvaise passe se veut plus « torturé ». Fini les comédies, notre Michou a mûri et est devenu plus sérieux, plus « profond ». Bon, avec un sujet pareil, ça « m’interpellait quelque part », comme on dit. Vous savez ma (relative) fascination pour le métier d’acteur porno (du moins dans les 70’s parce que maintenant, se bourrer de Viagra et se faire des piquouses dans la bite, merci bien) : être payé pour baiser des « canons », y’a pas grand-chose de mieux comme plan (pour ceux qu’ont les capacités, bien sûr). Mieux en tous cas que de pointer 7 à 8 heures par jour, 5 jours sur 7, dix mois et demi sur douze, pendant 43 ans (pour le moment) à l’usine (ah non, chez nous y’en n'a plus…) ou au bureau, enfin, à mon avis. Alors à priori, escort-boy, c’est un peu pareil. Et bien figurez-vous que votre serviteur a failli en faire une, de « passe », il y a 2-3 ans. Par curiosité, j’avais en effet créé un profil sur deux sites spécialisés, Tescort et Escorte.com. Photo prise dans ma glace, pas à poil, juste torse nu et visage flouté, évidemment et petite annonce. Le nombre de vues, bien qu’infiniment moins élevé que celui de mes « consœurs », laissait signifier qu’il y avait là un « marché », sans que je sache si les visites émanaient d’hommes ou de femmes (mon annonce spécifiait naturellement « pour femmes uniquement » mais ça, on ne le découvre qu’en la lisant, justement). Et un après-midi, un appel (alors que j’indiquais dans l’annonce « premier contact par SMS uniquement »). Numéro inconnu mais comme c’était justement à un moment où j’attendais un appel, j’ai répondu. Je n’aurai pas dû : il s’agissait d’une cliente potentielle. Qui, au son de ma voix peu assurée et lorsque je lui demandais de me contacter plutôt par SMS, me raccrocha au nez par un « Ah, d’accord… ». Mais bon, de toutes façons, je ne pense pas que j’aurais eu le cran d’assurer cette « prestation ». Mon handicap, tout d’abord (phobie sociale) et puis comme tout, c’est un « métier » et enfin, l’argent fausse et gâche tout (comme d’hab). C’est une perversion. Quoique, j’avais envisagé de faire un « remboursée si non satisfaite » 😄... Je supprimai alors dans la foulée mes deux annonces sur les sites en question. Mais revenons-en au film. Schéma classique : l’excitation et la réussite au début, avant la descente aux enfers (drogue, relations amicale et amoureuse détériorées, échec…). Auteuil se fond à nouveau à merveille dans son personnage et n’hésite pas, comme il le fit chez Téchiné (Les voleurs) et peut-être ailleurs, à nous montrer sa raie lors de ses ébats avec ses clientes. Le film s’achève positivement, sur une pirouette. Pute un jour, pute toujours. Et puis on en est tous une puisqu’on a tous quelque chose à vendre (un produit, des « compétences », notre « force de travail »…).
 

Les Bronzés font du ski (1979), de Patrice Leconte

 

« J’t’expliquerai, va… » - « Te casse pas, on a compris. »

« Tu m’aides pas, là ? » - « Non, pas là, non. »

Réalisation : Patrice Leconte

Scénario : les membres de la troupe du Splendid

Pays :  France

Année : 1979

Genre : comédie

Avec : Josiane Balasko, Michel Blanc, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Dominique Lavanant, Thierry Lhermitte, Bruno Moynot.

Synopsis : Des amis, s’étant connus l’année précédente lors de vacances estivales au Club Med en Côte d’Ivoire, se retrouvent dans une station de sports d'hiver de Val-d'Isère.

Pourquoi ? Euh, sérieux, faut vraiment que je vous dise pourquoi cette comédie dont quasiment tous les gags et répliques (la « crêpe au suc’ », le « planté de bâton », la « liqueur d'échalote relevée au jus d'ail », le fil dentaire dans la fondue, le télésiège qui tombe en panne, les chaussures de ski trop serrées, le « lâché de gourmette », les effusions sexuelles du trio d’Italiens lors de la nuit au refuge…), essentiellement centrés sur le connement disparu Michel « wanabee auteur » Blanc et son incapacité à « conclure », sont culte et entrés dans l’inconscient collectif ?

Merci la vie (1991), de Bertrand Blier

 

« Ben oui mais j’suis encore dans tes couilles, je commence à m’emmerder ! »

C’est l’histoire de Camille (Charlotte Gainsbourg), une étudiante proche de passer son Bac, qui rencontre Joëlle (Anouk Grinberg), une fille paumée en robe de mariée qui vient de se faire passer à tabac par un type. Les voila parties pour de rocambolesques aventures…

C’est l’histoire de deux des plus grandes tragédies du 20ème siècle (la Seconde guerre mondiale et le SIDA) et de thèmes universels (et habituels : la Vie, l’Amour, la Mort) mais traités de façon originale, par le procédé d’un « film dans le film ».

C’est l’histoire des Valseuses au féminin.

Y’a qui dedans ? La fille Gainsbourg (j’aime pas mais à tout juste vingt balais, ça passe), Anouk Grinberg (formidable), qui sera la compagne et muse de Blier tout au long des années 90 (Farida Rahouadj prendra le relai de la décennie suivante jusqu’à la fin), accompagnées d’une ribambelle de « tueurs » : Depardieu, Michel Blanc, Carmet (César du meilleur second rôle), Girardot, Trintignant, jusqu’aux seconds (ou troisièmes) rôles (Catherine Jacob, François Perrot, Didier Bénureau).

Et c’est bien ? C’est pas que bien, c’est plus que bien. Cette fois, Blier, toujours aussi en verve, a eu des moyens et il s’en donne à cœur joie. Difficile de résister à ce maelstrom d’émotions (tendresse, drôlerie, mélancolie, sensibilité à fleur de peau, effroi…), de teintes (ocre, vert, noir et blanc) et d’époques (de la seconde guerre mondiale jusqu’aux « années SIDA »). Incontestablement l’un de ses meilleurs films et celui dont il est le plus fier (notamment car difficile à faire). Au cas où certains ne seraient pas au courant et comme dans quelques autres de ses films (1,2,3 soleil, Les côtelettes…), il nous rappelle que son cœur penche très nettement à « gauche » (comme 95% du « showbiz », ce qui est au demeurant logique), au détour d’une tirade, bien trouvée, de Depardieu pointant une arme sur les officiers allemands qui l’entourent :

« Je suis dans la Résistance ! Après la guerre, je me ferai élire aux Municipales sous l’étiquette « gaulliste » et je serai à nouveau une ordure, une grosse ordure de droite. Mais en attendant, je suis un héros ! »

Caddie : oui

Œil arraché : oui

Homme et femme à poil : oui (Grinberg, plutôt deux fois qu’une, Michel Blanc et des figurants)

Up 👍: le casting, démoniaque ; la folie du projet ; le très touchant générique de fin avec le plan sur Carmet dans son fauteuil, « oublié » par Gainsbourg et Girardot

Down 👎: pour trouver à redire, la scène « science-fictionesque » de Grinberg lévitant dans les airs ; la même Grinberg se faisant peloter (comme dans 1,2,3 soleil), de même que Catherine Jacob (les seins par Trintignant, les fesses par Blanc). On se demande si c’est à chaque fois nécessaire et c’est vrai que la femme est souvent sexualisée (on ne voit jamais une femme palper les burnes d’un homme, par exemple… et si c’était le cas, elle passerait pour une s**ope…)