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Total Recall (1990), de Paul Verhoeven

 

« Enfin, chéri, sois raisonnable. Après tout, nous sommes mariés. » - « Considère ça comme un divorce ! »

Réalisation : Paul Verhoeven

Scénario : Ronald Shusett, Dan O'Bannon et Gary Goldman sur l'histoire adaptée par Ronald Shusett, Dan O'Bannon et Jon Povill, d'après la nouvelle Souvenirs à vendre de Philip K. Dick

Pays : Etats-Unis

Année : 1990

Genre : Science-fiction, action

Avec : Arnold Schwarzenegger, Rachel Ticotin, Sharon Stone, Michael Ironside, Ronny Cox.

Synopsis : En 2084, Douglas Quaid mène une vie tranquille, entre son job d’ouvrier de chantier et Lori, sa superbe épouse. Obsédé par la planète Mars, dont il rêve fréquemment, il fait appel à la société Rekall qui propose à ses clients l'implant de souvenirs factices. Mais l’opération se passe mal et le voilà poursuivi par des individus qui cherchent à l’éliminer…

Pourquoi ? Autant j’ai trouvé que Terminator 2 n’avait pas vieilli, autant ce Total Recall, sorti pourtant seulement un an auparavant, me semble avoir pris un bon petit coup derrière la tête (certains décors en carton-pâte, la mutante aux trois seins…). Comme quoi, la technologie avance vite. Pas de quoi cependant nous gâcher le plaisir car pour le reste, c’est du classique : de l’action et une histoire où l’on ne comprend pas forcément tout mais on s’en fout puisque c’est de la science-fiction. Et surtout, nous avons là le premier rôle d’envergure d’une certaine Sharon Stone, dont la divine beauté du visage fût responsable de mes premiers émois adolescents (mais son corps tout entier ne me laissait pas indifférent non plus…). Cette prestation réussie convainquit Paul Verhoeven de l’engager pour le premier rôle de son film suivant, Basic Instinct (1992), qui la propulsera superstar d’Hollywood. Sa route était désormais pavée d’or.

Terminator 2 : Le jugement dernier (1991), de James Cameron

 

« C’est dans votre nature de vous détruire vous-mêmes. »

« Dire qu’il n’est pas encore né… Quel bordel, dans nos têtes ! »

« Hasta la vista, baby ! »

Réalisation : James Cameron

Scénario : James Cameron et William Wisher Jr.

Pays : Etats-Unis

Année : 1991

Genre : Science-fiction, action

Avec : Arnold Schwarzenegger, Edward Furlong, Linda Hamilton, Robert Patrick, Joe Morton.

Synopsis : 2029 : les humains remportent la guerre contre les « machines » (robots doués d’intelligence), engagée après l’holocauste nucléaire du 29 août 1997. Afin de modifier cette issue, Skynet, l'ordinateur qui contrôle les machines, envoie un nouveau Terminator en 1995 pour éliminer John Connor, alors enfant et futur chef de la résistance humaine, après avoir échoué une première fois en 1984 sur sa mère Sarah Connor. Mais les humains envoient eux aussi leur propre cyborg à la même époque pour protéger John.

Pourquoi ? Six ans avant Titanic et ses 200 millions de dollars de budget, James Cameron affolait déjà les compteurs avec ce formidable Terminator 2 en ayant coûté « seulement » la moitié, ce qui en faisait déjà à l’époque le film le plus cher de l’histoire. C’est donc tout naturellement qu’on en aura « pour notre argent ». Nous y verrons comme il se doit des cascades, des bagarres, des courses-poursuites, des fusillades mais aussi et surtout des effets spéciaux révolutionnaires à l’époque (morphing, images de synthèse). Voilà pour la forme mais il y a même aussi un peu de « fond ». Au-delà de l’ancestrale lutte du Bien contre le Mal, la crainte visionnaire de voir la technologie « indomptée » et s’avérer néfaste pour nous autres pauvres « humains » (mais le sommes-nous encore… et d’ailleurs, l’avons-nous déjà véritablement été ?) résonne étrangement en ces temps « d’intelligence artificielle ». Le film nous tirera également quelques chaudes larmes, via des ressorts certes mièvres et bateau (les rapports mère-fils, l’ado qui sympathise avec « son » Terminator, l’adieu final). Contrairement (à mon sens) au premier volet de 1984, Terminator 2 n’a pas pris une ride. A noter la présence dans la B.O du titre You could be mine des Guns N’Roses, issu du deuxième volume de leur monumental diptyque Use Your Illusion sorti la même année que le film. Epoque bénie…


Speed (1994), de Jan de Bont

 

« Pouvez-vous conduire ce bus ? » - « Oui, c’est un caddie de supermarché en plus gros, quoi… »

Never Mind the Bullock…

Réalisation : Jan de Bont

Scénario : Graham Yost avec la participation non créditée de Joss Whedon

Pays : Etats-Unis

Année : 1994

Genre : Action, thriller

Avec : Keanu Reeves, Dennis Hopper, Sandra Bullock, Joe Morton, Jeff Daniels.

Synopsis : Howard Payne, un terroriste psychopathe et policier à la retraite, prend en otage un ascenseur dans un immeuble d'affaires à Los Angeles et réclame une rançon en menaçant de le faire sauter. Son projet échoue à cause de deux officiers, dont le jeune Jack Traven. Qu’à cela ne tienne, il récidive quelques temps plus tard en piégeant un bus : si sa vitesse passe en dessous de 50 miles/heure (soit 80 km/h) ou si quelqu'un essaie de descendre, il le fera sauter. Ayant prévenu Jack pour le mettre à l’épreuve et se venger, celui-ci parvient à monter à bord du bus. La course contre la montre commence… 

Pourquoi ? C’est bon, y’a tout : de l’action en veux-tu en voilà (oh les gars, à la fin, on voit bien que le métro, c’est une maquette…), une touche d’humour, glorification de la flicaille, de l’amûûûûûûr (hétérosexuel. Non parce qu’imaginez que ce ne soit pas Sandra Bullock qui soit emmenée à conduire l’engin mais Brad Pitt, on serait pas dans la merde…), du « one tooth for one eye » (le méchant est bien méchant alors il sera décapité, parce que l’arrêter et le faire croupir entre quatre murs, ce serait vraiment trop « soft »…) et de la « virilité » (« Eh mec, t’as pas inventé la poudre mais t’as deux couilles d’un kilo chacune ! »). Si on veut aller plus loin dans la lecture « idéologique », j’ai noté cette phrase de Bullock, aveu inconscient de l’interventionnisme U.S : « Alors, pourquoi il nous en veut, ce bonhomme ? On lui a bombardé sa terre natale ou quoi ? ». Le petit délinquant à bord du bus qui croit que Reeves est là pour le coffrer est chicano. Par contre, le terroriste expert en bombe, qui « en a dans la caboche », c’est bien un « white », un « blancos » (Dennis Hopper, en l’occurrence, qui cabotine à qui mieux mieux). Et les passagers du bus, une « masterclass woke » (ce terme mis à toutes les sauces…) avant l’heure ! La femme asiatique, le jeune, le vieux couple de noirs, le métis qui-travaille-dur-sur-les-chantiers-pour-nourrir-sa-famille (les « honnêtes gens », comme diraient avec beaucoup de paternalisme les membres des Républicains…), il ne manque que le gay. Y’a bien un mec pas très viril mais il n’est pas gay, la preuve, il branche Bullock au début. Bon, allez, le film « pop-corn » par excellence et pis Sandra Bullock, j’adore cette meuf…

[P.S : La « séquelle » trois ans plus tard, toujours avec l’actrice et De Bont derrière la caméra mais sans Reeves, est évidemment complètement bidon.]      

La mort aux trousses (1959), d’Alfred Hitchcock

 

« J’ai une secrétaire, une mère, deux ex-femmes et quelques barmen qui comptent sur moi. »

Réalisation : Alfred Hitchcock

Scénario : Ernest Lehman

Pays : Etats-Unis

Année : 1959

Genre : espionnage, action, thriller

Avec : Cary Grant, Eva Marie Saint, James Mason, Leo G. Carroll, Martin Landau.

Synopsis : Roger Thornhill, patron d’une société de publicité new-yorkaise, est victime d’un enlèvement puis d’une tentative de meurtre. Mais il s’agit d'un malentendu : ses ravisseurs le prennent pour un espion au nom de George Kaplan. Ceux-ci ayant parfaitement effacé toutes traces de leurs méfaits et la Police ne croyant pas Thornhill, il va devoir lui-même dénouer le nœud de cette ténébreuse affaire.

Pourquoi ? Parce qu’une DVDthèque sérieuse se doit de posséder au moins deux ou trois films du grand « Hitch », alors autant avoir les meilleurs ; pour le couple composé de Cary Grant (l’un de ces grands acteurs bisexuels) et d’Eva Marie Saint (101 piges aux nougats !), qui perpétue la tradition des grands couples romantiques d’Hollywood ; pour ses scènes d’action, en particulier celle, mythique, où Grant est pourchassé par un biplan dans des plaines agricoles ; pour la musique de Bernard Herrmann ; parce que ça ne prend pas une ride, si l’on fait abstraction des effets spéciaux rudimentaires de l’époque (la voiture sur fond d’écran diffusant des images de circulation automobile ; la reconstitution en carton-pâte du Mont Rushmore pour la scène finale…).

Mission Impossible (1996), de Brian De Palma

 

« Kittridge, vous n’m’avez jamais vu quand j’m’énerve ! »

Réalisation : Brian De Palma

Scénario : David Koepp et Robert Towne, d'après une histoire de David Koepp et Steven Zaillian, d'après la série télévisée Mission Impossible de Bruce Geller

Pays : Etats-Unis

Année : 1996

Genre : espionnage, action, thriller

Avec : Tom Cruise, Jon Voight, Emmanuelle Béart, Jean Reno, Ving Rhames, Henry Czerny, Kristin Scott Thomas, Vanessa Redgrave.

Synopsis : Une équipe de Mission Impossible dirigée par Jim Phelps a pour mission d'arrêter un espion qui va dérober la liste des agents infiltrés en Europe Centrale lors d'une soirée à l'ambassade américaine de Prague. Mais l'opération tourne mal et l’équipe est décimée. Seul survivant, Ethan Hunt découvre que l'opération devait en réalité démasquer une « taupe » du nom de Job au sein de l'équipe…

Pourquoi ? Parce que c’est ici que tout a commencé et c’est « expédié » en deux heures moins le quart, avant que l’égocentrique Cruise ne s’engage par la suite dans une perpétuelle et un peu vaine surenchère de cascades toujours plus folles à réaliser soi-même (ne soyons pas cynique, on peut aussi y voir un respect du public en lui en donnant « pour son argent »), dans des « pavés » de deux heures trente minimum. Parce que comme toujours dans ce genre de films (et avec De Palma), il y a deux ou trois morceaux de bravoure (le vol de la liste d’agents sur le site de la CIA, le final sur le toit du TGV), avec son lot d’action et de suspense. Parce que deux « frenchies » (Béart et Reno) sont de l’aventure (deux et demi avec Scott Thomas). Et parce qu’avec cette série, on voyage (Prague, que j’ai eu la chance d’un peu visiter, Londres). Pour le reste, on est bien d’accord que c’est une histoire toute conne de gentils contre des méchants et des traitres certainement bourrée d’invraisemblances (mais on s’en branle).

Waterworld (1995), de Kevin Reynolds

 

C’est l’histoire d’un mec, mi-homme mi-poisson (enfin, à vue d’œil, plutôt grosso merdo 85% homme et 15% poisson…), en 2500, quand notre inaction climatique aura fait que tous les continents seront désormais engloutis sous les eaux, l’humanité rescapée survivant sur des atolls (sortes d’îles flottantes). Il a inventé un mécanisme purificateur d’urine, lui permettant ainsi de reboire sa propre pisse. En somme, il a inventé le recyclage perpétuel. Vous imaginez, si on pouvait faire pareil avec les selles (aussi appelées « matières fécales », « excréments » ou plus trivialement, « merde ») ? Bon, c’est vrai, on serait condamné à bouffer éternellement le même plat… Mais rien n'empêcherait d’échanger avec son voisin (« bonjour, c’était quoi, ça, à la base ? Un hachis parmentier ? Miam, je prends ! »). Et dès lors, finito l’aliénation consumériste, l’oppression capitaliste, le « travailler plus pour gagner plus » (et vivre moins bien) et la perte de temps à cuisiner, ce serait le bonheur pour les siècles des siècles. Amen. Et bon appétit, bien sûr ! Bon, sinon, Jeanne Tripplehorn (Basic Instinct) a un beau cul mais ça, on le savait déjà.   

L’ombre blanche (1996), de John Gray

 

« Mon ami, il serait plutôt variétés. Moi, j’suis plutôt rock’n’roll »

C’est l’histoire de deux flics sur les traces d’un serial-killer. Et c’est tout ? Euh, oui, à peu près. Enfin, effort du scénariste, y’a des indices qui semblent mener sur la piste de l’un de nos deux « poulets »... Mais le tueur en série n'est en réalité qu'un leurre.

Y’a qui dedans ? L’inénarrable Steven Seagal et le « black » également costaud Keenen Ivory Wayans sont nos deux flicards aux prises avec des méchants bien méchants (bouh !).

Et c’est bien ? « Buddy movie » + serial-killer… L’arme fatale meets Seven… A quoi ça sert, tout ça ? A se détendre après une rude journée de travail, si on a la « chance » (?) d'avoir un emploi ? D’accord mais ça manque un peu d’ambition, non ? C’est sûr qu’avec l’ami Steven, faut pas s’attendre à La Pléiade… Mais plutôt à un film qui nous prend encore pour des gogos (que nous sommes peut-être, après tout…). Enfin, Steven est humain, à un moment, il saigne du nez. C’est qu’on avait fini par en douter, à force qu’il dérouille tout un tas de malabars avec l’agilité d’un pylône sans récolter la moindre égratignure... Cette série B sans enjeu vaut essentiellement pour ses traits d’humour entre nos deux héros et la scène de baston dans le restaurant, elle aussi très drôle (les bruitages et le final où l’imperturbable Seagal répond au téléphone à un client « on est fermé pour travaux. Y’en a pour… trois mois. »).

Bites de renne : oui

Carte bancaire-cutter : oui

Femme à poil : non

True Lies (1994), de James Cameron

 

C’est l’histoire d’un agent secret mais qui pour sa femme et sa fille n’est qu’un simple représentant de commerce en informatique. Du coup, son épouse s’ennuie à mourir dans cette vie trop rangée et elle se laisse séduire, sans pour autant le tromper, par un vendeur de voitures minable qui se fait passer pour… un espion. L’apprenant, notre homme va la mettre sur écoute et la prendre en filature grâce aux moyens de son agence de lutte anti-terroriste. Sa vie privée va alors se trouver mêlée à sa mission.

C’est l’histoire d’un avion qui dézingue une tour. Tiens, ça me rappelle quelque chose, ça… Oussama a dû prendre des notes…

C’est l’histoire du remake d’un film français (La totale ! de Claude Zidi avec Thierry Lhermitte, Miou-Miou et Eddy Mitchell) qui plagiait lui-même un scénario d’un certain Lucien Lambert. Zidi et Cameron ont donc logiquement été condamnés et Zidi aurait également dû rembourser à Cameron la somme que celui-ci devait verser au plaignant (pfiou, c’est compliqué, la Justice, des fois…). Mais Lambert ayant menti au tribunal, la procédure a pris fin.

Y’a qui, dedans ? « Schwarzy », notre « Américain avant d’être Républicain » (« Ce sera encore quatre années de conneries (bullshit) sans aucun résultat », avec Trump, NDLR), Jamie Lee Curtis (son épouse), Tom Arnold (son coéquipier) et Bill Paxton (l’escroc).

Et c’est bien ? Film d’action typique de la « grande époque » (celle où nous étions jeunes), avec Schwarzenegger à son « climax ». 1994, les méchants, ce ne sont plus les Russes (le Mur est tombé cinq ans auparavant) mais (déjà) les « barbus »… encouragés par les Ricains pour contrer… ces mêmes « ruskoffs » en Afghanistan dans les années 80. Toute l’histoire des Etats-Unis est résumée là-dedans… On a donc droit à un truc bien caricatural et bas du front dans le genre. Nous n’avons alors plus qu’à laisser notre cerveau au vestiaire et nous délecter des scènes d’action, hyper-méga-impressionnantes of course, de l’humour (lui aussi au ras des pâquerettes, cf. l’humiliation du pauvre type se faisant passer pour un espion, qui en pisse dans son froc) et du striptease (non intégral) de Jamie Lee Curtis. Adapté en série télévisée depuis 2023.

Lunettes-caméra : oui

Sérum de vérité : oui

Femme à poil : non mais presque