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Cycle Leslie Nielsen (3) : Y a-t-il un pilote dans l’avion ? (1980), de Jim Abrahams, David et Jerry Zucker

 

« Encore merci et bonne chance, nous sommes avec vous. »

Réalisation : Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker

Scénario : Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker

Pays : Etats-Unis

Année : 1980

Genre : Comédie, parodie

Avec : Robert Hays, Julie Hagerty, Lloyd Bridges, Leslie Nielsen, Robert Stack, Peter Graves, Kareem Abdul-Jabbar.

Synopsis : A Los Angeles, Ted Striker, ancien pilote de chasse et vétéran traumatisé par un raid désastreux, monte à bord d’un avion en direction de Chicago dans l’espoir de reconquérir sa petite amie Elaine Dickinson, hôtesse de l'air sur ce vol. Au cours du voyage, une intoxication alimentaire rend malades les passagers et les membres de l'équipage qui ont consommé du poisson. L'avion se retrouve alors sans pilote.

Je clôture avec ce nouveau film culte ma mini-série consacrée à Leslie Nielsen (à moins que je me tape Agent zéro zéro un de ces jours) ainsi que la liste des 46 pièces de ma DVDthèque. Le comédien n’y a pas le premier rôle et n’est ici qu’un maillon parmi une galerie d’autres personnages incarnés par d’anciennes gloires dans de savoureux contre-emplois : Robert Stack (série Les Incorruptibles), Peter Graves (série Mission impossible) ou encore Lloyd Bridges. Dans la distribution s’insère également, dans le rôle d’un des pilotes, la star de basket Kareem Abdul-Jabbar, pivot des célèbres Los Angeles Lakers. Sans oublier Stephen Stucker (décédé du Sida à 38 ans en 1986) en contrôleur aérien efféminé, l’un des personnages les plus délirants du casting. Mais les deux rôles principaux sont tenus par Robert Hays et Julie Hagerty, dont l’histoire sentimentale percute les difficultés rencontrées à bord de ce vol. Les gags de toutes sortes (en arrière-plan, répliques, non-sens, parodies…) s’enchainent à vive allure. Outre les films catastrophe du type Airport, sont tournés en dérision Les dents de la mer (générique du début) et surtout La fièvre du samedi soir, dans l’une des séquences les plus marquantes (irrésistible Stayin’ Alive). L’ensemble a forcément un peu vieilli (la musique de fanfare du générique final, celle mélodramatique et mielleuse lors des saynètes romantiques entre Hays et Hagerty…) mais cela contribue aussi à son charme. Malgré une durée réduite, à nouveau inférieure aux 90 minutes généralement de mise pour un long-métrage, Y a-t-il un pilote dans l’avion ? mérite amplement son statut parmi les meilleures comédies jamais réalisées. Je n’en dirai en revanche pas tant de sa « séquelle » de 1982, avec grosso modo les mêmes acteurs principaux mais sans aucune intervention du trio « ZAZ ».    

Cycle Leslie Nielsen (2) : la trilogie Y a-t-il un flic…

 

Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? (1988)

« Là je ferme les yeux mais en temps normal, il ne faudrait pas rouler à 125 dans le mauvais sens d’une rue à sens unique… »

Réalisation : David Zucker

Scénario : Jerry Zucker, Jim Abrahams, David Zucker et Pat Proft

Pays : Etats-Unis

Année : 1988

Genre : Comédie, policier, parodie

Avec : Leslie Nielsen, Priscilla Presley, Ricardo Montalban, George Kennedy, O. J. Simpson.

Synopsis : Frank Drebin est policier dans la brigade spéciale de Los Angeles. Son meilleur ami et partenaire Nordberg est gravement blessé et accusé de trafic de drogue. Dès lors, Frank cherche à savoir qui a voulu le tuer. Son enquête l'amène sur les traces de Vincent Ludwig, riche homme d'affaires à qui l'on vient de confier la charge d'organiser la venue de la reine Elisabeth II. Frank fait la rencontre de l'assistante de Ludwig, Jane Spencer, dont il va tomber amoureux.


Y a-t-il un flic pour sauver le président ? (1991)

« C’est de l’histoire ancienne, comme le Parti Démocrate. »

Réalisation : David Zucker

Scénario : David Zucker et Pat Proft

Pays : Etats-Unis

Année : 1991

Genre : Comédie, policier, parodie

Avec : Leslie Nielsen, Priscilla Presley, George Kennedy, O. J. Simpson, Robert Goulet, Richard Griffiths, Anthony James.

Synopsis : Trois ans après, Frank et Jane sont séparés. Il la retrouve en tant qu'assistante du professeur Meinheimer, qui doit prochainement prononcer un discours en faveur des énergies renouvelables, ce qui n’est pas du goût des magnats du pétrole. Jane s'est fiancée à Quentin Hapsburg, un homme d’affaires louche.


Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ? (1994)

« Et puis… tu as tué personne depuis 6 mois… » - « C’est vrai ! C’est toujours les p’tites choses qui vous manquent. »

Réalisation : Peter Segal

Scénario : David Zucker, Pat Proft et Robert LoCash

Pays : Etats-Unis

Année : 1994

Genre : Comédie, policier, parodie

Avec : Leslie Nielsen, Priscilla Presley, George Kennedy, Fred Ward, O. J. Simpson, Anna Nicole Smith.

Synopsis : L'inspecteur Frank Drebin est désormais à la retraite. Mais ses anciens coéquipiers font à nouveau appel à lui. En effet, le criminel Rocco Dillon prépare un attentat qui aura lieu pendant la cérémonie des Oscars.


Assurément l’une des « franchises » les plus drôles de l’histoire et qui révéla le potentiel comique de l’acteur Leslie Nielsen dans le rôle du policier gaffeur Frank Drebin. Les autres acteurs récurrents de la série sont sa compagne Priscilla Presley (mais pas trop fort quand même…) et ses coéquipiers George Kennedy et O. J. Simpson (oui, l’ancien joueur de foot américain disparu en 2024 et ayant défrayé la chronique en 1994 pour le double meurtre de son ex-épouse et l’un de ses amis). Alors, quel volet est le plus drôle et le plus réussi ? Instinctivement et par habitude, on aurait tendance à dire le premier mais honnêtement, le trio ZAZ (Jerry Zucker, Jim Abrahams et David Zucker, diversement impliqués dans les trois films) en avait suffisamment « sous la semelle » pour nous offrir deux « séquelles » fort réjouissantes et de qualité. Passons rapidement sur la séquence introductive du premier volet, aux forts relents « néo-con » de l’impérialisme yankee et ses croisades évangélistes contre les « forces du Mal » (invariablement les communistes et les islamistes), où Drebin dézingue Khomeini (déjà…), Gorbatchev, Yasser Arafat (mouais…), Kadhafi et Amin Dada. Il doit ensuite faire échouer la tentative d’assassinat de la reine Elisabeth II par un richissime notable (mémorable final au match de baseball). Autres scènes marquantes : la course-poursuite à bord de l’auto-école ou « l’agression à l’aide d’une verge de statue ». Dans le second opus, Drebin est cette fois aux prises avec un autre businessman véreux, fiancé à Jane (Presley) et qui lui envisage de remplacer un professeur aux idéaux écologistes par un sosie bien plus favorable à l’industrie pétrolière. Après la reine d’Angleterre et les chefs d’Etat du précédent volet, on y retrouve d’autres sosies : cette vieille ganache de George Bush père et sa grognasse Barbara (scène introductive hilarante lors du diner à la Maison Blanche). Parmi les films parodiés ici : la scène de la douche de Psychose et celle de la poterie dans Ghost (réalisé par Jerry Zucker, une autocitation, donc). Quant au troisième volet, si l’intrigue policière y est moins élaborée que dans les deux premiers, les gags restent au niveau (la « banque du sperme », la prison, tout le final aux Oscars). Là encore, le film débute en fanfare : parodie de la scène de la gare des Incorruptibles, avec pas moins de quatre landaux (encore deux sosies : Bill Clinton et le pape Jean-Paul II). Poilant. Autres clins d’œil cinématographiques : Thelma & Louise, Jurassic Park et les films d’évasion (L'évadé d'Alcatraz, La grande évasion). Présence au casting d’Anna Nicole Smith, à la poitrine généreuse et au destin tragique (décès à 39 ans, un an après celui de son fils de 20 ans). Une trilogie culte à voir et à revoir pour de bons moments de franche rigolade.

Vol au-dessus d'un nid de coucou (1975), de Miloš Forman

 

« Mais de vous à moi, Docteur… euh… elle avait peut-être que quinze ans mais quand on est devant une belle fente bien rouge qu’on peut toucher, là, j’crois pas qu’il faut être cinglé pour… Et c’est bien votre avis aussi ? » - « Je vous entend parfaitement. »

Réalisation : Miloš Forman

Scénario : Bo Goldman et Lawrence Hauben, d’après le roman éponyme de Ken Kesey (1962)

Pays : Etats-Unis

Année : 1975

Genre : Drame

Avec : Jack Nicholson, Louise Fletcher, William Redfield, Brad Dourif, Will Sampson, Danny DeVito, Christopher Lloyd, Sydney Lassick, Scatman Crothers.

Synopsis : Condamné pour diverses agressions et un viol sur mineur, Randall Patrick McMurphy simule la folie pour échapper au pénitencier. Il intègre alors un hôpital psychiatrique afin qu'on évalue sa santé mentale. Les thérapies y sont dirigées d’une main de fer par l’infirmière en chef Miss Ratched, une femme autoritaire et impassible à laquelle McMurphy va très vite s’opposer…

Pourquoi ? J’ai donc revu ce film « bouleversifiant » d’humanité, qui a mon âge et dans lequel une poignée de malades mentaux sont aux prises avec une infirmière tyrannique, portant le sadisme et la cruauté sur son visage. Sous l’impulsion d’un sociopathe simulateur, ils vont progressivement braver ce système intransigeant et retrouver goût à la vie et à la liberté. Parfois drôle mais aussi poignant et (très) dur. Quelle justesse dans l’interprétation (Nicholson et ses colères homériques, Fletcher, Dourif, DeVito… tous !) et dans les situations ! Que voulez-vous que je vous dise de plus ? Grand chelem des cinq principaux Oscars mérité, chef-d’œuvre et pis c’est tout.   

Les Visiteurs (1993), de Jean-Marie Poiré

 

« Cousin Hubert ! Qu'est-ce que c'est qu'ce bin's ? »

« C’est Okaaaaaaaaay ! »

« Merci, la gueuse. Tu es un laideron mais tu es bien bonne. »

Réalisation : Jean-Marie Poiré

Scénario : Jean-Marie Poiré et Christian Clavier

Pays : France

Année : 1993

Genre : Comédie, fantastique

Avec : Christian Clavier, Jean Reno, Valérie Lemercier, Marie-Anne Chazel, Christian Bujeau, Isabelle Nanty.

Synopsis : An de grâce 1123. Victime d’hallucinations après avoir malencontreusement ingurgité la potion d’une sorcière, le Comte Godefroy de Montmirail tue le père de sa promise Frénégonde de Pouille, qu’il a pris pour un ours. Du coup, Frénégonde refuse le mariage. Le mage Eusæbius propose alors à Godefroy une potion pour remonter le temps afin d'en changer le cours et d'éviter cet accident. Celui-ci, ainsi que son fidèle écuyer Jacquouille la Fripouille, boivent ce breuvage pendant que le mage récite la formule magique. Mais ce dernier a oublié un ingrédient et les deux hommes sont envoyés au XXe siècle…

Pourquoi ? Alors là j’avoue, on est en plein dans le « plaisir coupable » du « plus c’est con, plus c’est bon ». Oui, le côté potache « on est les mecs les plus puissants du cinéma français mais on aime faire les cons », ça me botte. Clavier entame ici sa carrière de « nouveau De Funès ». Mais bizarrement, je crois que c’est le personnage de Chazel, dans une variante de celui de « Zézette » du Père Noël, qui me fait le plus marrer. Top 5 des plus gros succès au box-office français, cultissime et c’est pas pour rien, même si ça a inévitablement un poil vieilli.

[P.S : difficile de ne pas voir dans le massacre en règle de la Renault 4L de La Poste par nos deux « visiteurs » une métaphore inconsciente de celui du service public postal, fragilisé par l’ouverture à la concurrence décidée par l’infame Traité de Maastricht, ratifié en 1992…]

Le Village (2004), de M. Night Shyamalan

 

« C’est extraordinaire comme l’amour peut susciter les unions les plus étranges. Il n’obéit à aucune loi. »

« Mais l’argent est la pire chose qui soit, il corrompt le cœur des hommes, même celui des meilleurs d’entre eux. » (***)

Réalisation : M. Night Shyamalan

Scénario : M. Night Shyamalan

Pays : Etats-Unis

Année : 2004

Genre : Fantastique, thriller, drame

Avec : Bryce Dallas Howard, Joaquin Phoenix, Adrien Brody, William Hurt, Sigourney Weaver, Brendan Gleeson.

Synopsis : Dans les bois de Covington, au cœur de la Pennsylvanie, au XIXe siècle, vit une communauté en parfaites harmonie et autonomie, sous l’autorité du Conseil présidé par Edward Walker. Ils respectent des règles bien précises : ils ne doivent jamais franchir les limites du village car la forêt est habitée par de mystérieuses créatures et la couleur rouge est interdite. L'une des filles de Walker, Ivy, aveugle, est amoureuse d'un garçon, Lucius Hunt, un jeune homme réservé mais plein de bravoure. Ils envisagent le mariage. Mais leur ami Noah, attardé mental et jaloux, tente alors d'assassiner Lucius à coups de couteau. La seule solution pour le sauver est de se rendre en ville pour obtenir des soins médicaux…

Pourquoi ? En dépit de quelques passages empreints de bigoterie et de naïveté (la force de l’Amour, ce genre de choses…), ce quatrième opus de Shyamalan est selon moi son meilleur, parmi la demi-douzaine que j’ai pu voir. Réalisation et interprétation de premier ordre, scénario original, scène dans les bois prenante et « twist » final inattendu (la « trademark » Shyamalan) en sont les atouts phares.

(*** : ‘tain, on dirait du Renaud ou du Mitterrand circa campagne de 1981…)

Usual Suspects (1995), de Bryan Singer

 

« Et bien moi je crois en Dieu et la seule chose dont j’ai peur, c’est Keyser Söze. »

Réalisation : Bryan Singer

Scénario : Christopher McQuarrie

Pays : Etats-Unis

Année : 1995

Genre : Thriller, policier

Avec : Stephen Baldwin, Gabriel Byrne, Chazz Palminteri, Kevin Spacey, Kevin Pollak, Pete Postlethwaite, Suzy Amis, Benicio del Toro, Giancarlo Esposito, Dan Hedaya, Peter Greene.

Synopsis : Verbal Kint, infirme d’une main et d’une jambe, retrouve miraculeusement l’usage de ses membres après s'être confié à l'agent spécial des douanes Dave Kujan, grâce à un exercice consistant à inventer une histoire à partir d'éléments (noms, détails) trouvés dans le bureau de celui-ci (tableau d'affichage, objets...).

Pourquoi ? Grand succès public et critique, Usual Suspects fait coup double. C’est tout d’abord un formidable message d’espoir pour les éclopés qui, avec un peu de volonté et d’imagination, auront l’occasion de sortir de leur handicap. Et c’est aussi un hommage et un coup de projecteur pour nos valeureuses forces de l’ordre qui, contrairement à ce que pensent les gauchistes, ne sont pas constituées que de brutes épaisses suivant bêtement les ordres de leur hiérarchie pour faire appliquer la loi des puissants pour les puissants. Elles savent faire preuve de psychologie et d’empathie lorsque le besoin s’en fait sentir et cette histoire en est un parfait exemple. 

Total Recall (1990), de Paul Verhoeven

 

« Enfin, chéri, sois raisonnable. Après tout, nous sommes mariés. » - « Considère ça comme un divorce ! »

Réalisation : Paul Verhoeven

Scénario : Ronald Shusett, Dan O'Bannon et Gary Goldman sur l'histoire adaptée par Ronald Shusett, Dan O'Bannon et Jon Povill, d'après la nouvelle Souvenirs à vendre de Philip K. Dick

Pays : Etats-Unis

Année : 1990

Genre : Science-fiction, action

Avec : Arnold Schwarzenegger, Rachel Ticotin, Sharon Stone, Michael Ironside, Ronny Cox.

Synopsis : En 2084, Douglas Quaid mène une vie tranquille, entre son job d’ouvrier de chantier et Lori, sa superbe épouse. Obsédé par la planète Mars, dont il rêve fréquemment, il fait appel à la société Rekall qui propose à ses clients l'implant de souvenirs factices. Mais l’opération se passe mal et le voilà poursuivi par des individus qui cherchent à l’éliminer…

Pourquoi ? Autant j’ai trouvé que Terminator 2 n’avait pas vieilli, autant ce Total Recall, sorti pourtant seulement un an auparavant, me semble avoir pris un bon petit coup derrière la tête (certains décors en carton-pâte, la mutante aux trois seins…). Comme quoi, la technologie avance vite. Pas de quoi cependant nous gâcher le plaisir car pour le reste, c’est du classique : de l’action et une histoire où l’on ne comprend pas forcément tout mais on s’en fout puisque c’est de la science-fiction. Et surtout, nous avons là le premier rôle d’envergure d’une certaine Sharon Stone, dont la divine beauté du visage fût responsable de mes premiers émois adolescents (mais son corps tout entier ne me laissait pas indifférent non plus…). Cette prestation réussie convainquit Paul Verhoeven de l’engager pour le premier rôle de son film suivant, Basic Instinct (1992), qui la propulsera superstar d’Hollywood. Sa route était désormais pavée d’or.

Thelma & Louise (1991), de Ridley Scott (rework)

 

« Je crois que je suis devenue un peu dingue. » - « Tu as toujours été un peu dingue. C'est juste la première fois que tu as eu l'occasion de t'exprimer. »

Réalisation : Ridley Scott

Scénario : Callie Khouri

Pays : Etats-Unis

Année : 1991

Genre : Road movie, drame

Avec : Susan Sarandon, Geena Davis, Harvey Keitel, Michael Madsen, Brad Pitt, Christopher McDonald, Stephen Tobolowsky.

Synopsis : Thelma, femme au foyer bridée et brimée par son beauf de mari (toute la panoplie : la petite moustache, la gourmette, le marcel, le pack de bière devant le match télévisé de foot américain…) et son amie Louise, serveuse dans une cafétéria, décident de passer un week-end « entre filles ». Hélas pour elles, leur passage dans une boite de nuit tourne mal : Louise abat un homme qui s’apprêtait à violer Thelma. Dès lors, pas d’autre choix que la fuite à travers l’Amérique…

Pourquoi ? Rien que d’en parler, j’en ai les larmes aux yeux. Alors le fameux final, c’est carrément les « grandes eaux ». Mais bon, je chiale à tout, de toutes façons (un drame, un visage, une chanson au hasard, Back To Black d’Amy « Maison du vin » la bien nommée ou Heaven Or Las Vegas des Cocteau Twins – et même à l’occasion… une interview de Dominique De Villepin, c’est dire…). Ce n’est pas, je pense, faire injure à Susan Sarandon (une femme bien) que de dire que c’est Geena Davis, de dix ans sa cadette, qui porte littéralement le film sur ses épaules de bout en bout. Quelle expressivité, l’anti-Steven Seagal ! A l’exception notable de Madsen et Keitel, tous les mecs sont des connards finis et se font bien remettre à leur place (voire pire) par nos deux dames de choc (à part Pitt qui s’en sort en les bananant). Le film est bien sûr un puissant et précurseur manifeste féministe. Mais il y a 35 ans de ça (même si j’ai dû le voir quelques années après sa sortie), on ne se posait pas (encore) toutes ces questions. Femmes ou hommes, c’était juste un p*tain de bon film. Et ça le reste toujours. « Iconique », comme diraient les « Gen Z »…

[P.S : La B.O contient The Ballad of Lucy Jordan, la chanson la plus connue de Marianne Faithfull, disparue il y a un an, issue de son album de 1979 Broken English, que je conseille à tous.]

Terminator 2 : Le jugement dernier (1991), de James Cameron

 

« C’est dans votre nature de vous détruire vous-mêmes. »

« Dire qu’il n’est pas encore né… Quel bordel, dans nos têtes ! »

« Hasta la vista, baby ! »

Réalisation : James Cameron

Scénario : James Cameron et William Wisher Jr.

Pays : Etats-Unis

Année : 1991

Genre : Science-fiction, action

Avec : Arnold Schwarzenegger, Edward Furlong, Linda Hamilton, Robert Patrick, Joe Morton.

Synopsis : 2029 : les humains remportent la guerre contre les « machines » (robots doués d’intelligence), engagée après l’holocauste nucléaire du 29 août 1997. Afin de modifier cette issue, Skynet, l'ordinateur qui contrôle les machines, envoie un nouveau Terminator en 1995 pour éliminer John Connor, alors enfant et futur chef de la résistance humaine, après avoir échoué une première fois en 1984 sur sa mère Sarah Connor. Mais les humains envoient eux aussi leur propre cyborg à la même époque pour protéger John.

Pourquoi ? Six ans avant Titanic et ses 200 millions de dollars de budget, James Cameron affolait déjà les compteurs avec ce formidable Terminator 2 en ayant coûté « seulement » la moitié, ce qui en faisait déjà à l’époque le film le plus cher de l’histoire. C’est donc tout naturellement qu’on en aura « pour notre argent ». Nous y verrons comme il se doit des cascades, des bagarres, des courses-poursuites, des fusillades mais aussi et surtout des effets spéciaux révolutionnaires à l’époque (morphing, images de synthèse). Voilà pour la forme mais il y a même aussi un peu de « fond ». Au-delà de l’ancestrale lutte du Bien contre le Mal, la crainte visionnaire de voir la technologie « indomptée » et s’avérer néfaste pour nous autres pauvres « humains » (mais le sommes-nous encore… et d’ailleurs, l’avons-nous déjà véritablement été ?) résonne étrangement en ces temps « d’intelligence artificielle ». Le film nous tirera également quelques chaudes larmes, via des ressorts certes mièvres et bateau (les rapports mère-fils, l’ado qui sympathise avec « son » Terminator, l’adieu final). Contrairement (à mon sens) au premier volet de 1984, Terminator 2 n’a pas pris une ride. A noter la présence dans la B.O du titre You could be mine des Guns N’Roses, issu du deuxième volume de leur monumental diptyque Use Your Illusion sorti la même année que le film. Epoque bénie…


Taxi Driver (1976), de Martin Scorsese

 

« You talkin' to me ? »

« Quand on a ton âge, on tringle… De toutes façons, t’as pas l’choix, on est tous baisé. Enfin, plus ou moins… »

Réalisation : Martin Scorsese

Scénario : Paul Schrader

Pays : Etats-Unis

Année : 1976

Genre : Drame

Avec : Robert De Niro, Cybill Shepherd, Peter Boyle, Jodie Foster, Harvey Keitel, Leonard Harris, Albert Brooks.

Synopsis : Travis Bickle, ancien marine, est chauffeur de taxi de nuit à New York. Prostitution, drogue, délinquance, il y est le témoin de la dépravation humaine. Solitaire et insomniaque, un rayon de soleil apparaît dans sa vie à l’occasion de sa rencontre avec Betsy, une assistante du sénateur et candidat à la présidentielle Charles Palantine. Hélas, il perd sa confiance après avoir commis la bêtise de l’emmener voir un film pornographique, dont il est friand. Dès lors, notre homme va sombrer dans la folie et la violence.

Pourquoi ? Scorsese, je m’incline face à ses réalisations incroyablement rythmées et spectaculaires mais je suis rétif à sa complaisance envers la violence (le gerbatique final du par ailleurs grandiose Casino). Elle est présente ici aussi mais en toute fin et filmée avec des couleurs pastel, ce qui l’atténue quelque peu. Bon, la frustration, l’ennui, la solitude (et… le porno), ça me parle, forcément. A fortiori quand c’est filmé par Martin (qui joue aussi un petit rôle de client du taxi), interprété par Bobby, Jodie et Harvey et parcouru par les délicieuses effluves jazz de Bernard Herrmann. Palme d’Or 1976 et classique absolu du « Nouvel Hollywood ».    

Tandem (1987), de Patrice Leconte (rework)


« Ne vous excusez pas. Vous ne pouviez pas savoir que vous étiez invité au club des cons. »

« Alors, il s’ennuie, « l’homme au chronomètre », il a besoin d’une épaule ? »

« J’aime l’hiver parce qu’il m’épargne votre spectacle ! »

Réalisation : Patrice Leconte

Scénario : Patrick Dewolf et Patrice Leconte

Pays : France

Année : 1987

Genre : Comédie dramatique

Avec : Jean Rochefort, Gérard Jugnot, Sylvie Granotier, Julie Jézéquel, Jean-Claude Dreyfus, Ged Marlon.

Synopsis : Miguel… euh, Michel Mortez, « vieux beau » un peu pathétique et animateur de radio sur le retour, sillonne les routes de la « France profonde » en compagnie de Rivetot, son fidèle assistant et homme à tout faire, pour y présenter leur jeu radiophonique itinérant La langue au chat. Les petites villes de province, les candidats, les hôtels miteux, les repas chez les notables locaux… Tous les jours c’est pareil et tous les jours c’est différent. Un jour, Rivetot apprend que leur émission va être supprimée. Conscient qu’elle est pour ainsi dire la seule raison de vivre de Mortez, il décide de ne pas lui faire part de cette terrible nouvelle.

Pourquoi ? Dantesque. Le scénario, entre « road » et « buddy movie », est des plus originaux. Le casting est idéal : Jean Rochefort trouve en Mortez un rôle à sa (dé)mesure tandis que Gérard Jugnot, sans moustache mais avec moumoute, change de registre et apparait pour une fois plutôt sympathique. Une belle galerie de seconds rôles (Jean-Claude Dreyfus en notable, Julie Jézéquel en soubrette libérée ou encore Ged Marlon en candidat-surprise à très faible culture générale) les accompagne. Le film oscille avec bonheur entre moments comiques et d’autres plus émouvants. Des scènes mémorables, on en trouve à foison : Rochefort ivre au casino ou pris d’une crise d’angoisse dans sa chambre d’hôtel (« Les deux lits, la table de nuit au milieu, les appliques dorées, le cagibi – salle de bain, les couvre-lits synthétiques… ») ; le barman de l’hôtel, homo sous ses attraits bourrus (« J’te fais une petite pipe, Michel ? ») ; le repas chez les notables, où Rochefort est assailli par les questions incongrues d’un Jean-Claude Dreyfus exalté ; Julie Jézéquel glaçant Jugnot avec ses allusions salaces (« T’as déjà imaginé ton père en plein orgasme ? ») ; Ged Marlon, grignotant des chips et incapable de répondre à la moindre question (pourtant faciles : bacille de Koch, Statue de la Liberté…) lors du jeu improvisé, après s’être fait houspiller par un Rochefort excédé pour avoir pique-niqué trop près du bord de la route (« On devrait créer des brigades esthétiques et interdire le port du survêtement en dehors des enceintes des stades ! ») ; la scène intimiste entre Sylvie Granotier et Rochefort (« Excusez-moi, je ne voulais pas vous faire de mal » - « Et bien, c’est fait. Bonsoir »)… Ne reste plus qu’à ajouter Il mio rifugio, un poignant piano-voix chanté de sa voix rauque par le franco-italien Richard Cocciante, qui parcourt tout le film et le tour est joué. Cette première incursion de Patrice Leconte, jusque-là spécialiste de la comédie (un film d’action aussi, Les spécialistes), dans un registre plus grave (même si toujours drôle) est un coup de maître. Il récidivera deux ans plus tard avec Monsieur Hire. De façon plus personnelle, ce film a aussi une résonnance particulière pour moi dans la mesure où je l’ai vu de nombreuses fois dans mon adolescence en compagnie de mon défunt père, lui-même animateur d’une radio locale (bénévolement, dans le domaine culturel puis politique), un peu fantasque et portant le même prénom que le personnage principal.

Stupeur et tremblements (2003), d’Alain Corneau

 

« Votre travail sera très simple, donc adapté à vos compétences. »

« Ah, Amélie San, c’est bien d’avoir un travail ! »

Réalisation : Alain Corneau

Scénario : Alain Corneau, d'après le roman éponyme d'Amélie Nothomb

Pays : France, Japon

Année : 2003

Genre : Comédie dramatique

Avec : Sylvie Testud, Kaori Tsuji, Tarō Suwa, Bison Katayama, Yasunari Kondō.

Synopsis : Amélie, jeune femme belge ayant vécu son enfance au Japon, est engagée comme interprète au sein d’une multinationale à Tokyo. Sous les ordres de sa hiérarchie, notamment sa supérieure directe Fubuki Mori, elle va vivre un enfer...  

Pourquoi ? L’une des rares « curiosités » de ma DVDthèque, parmi tous ces classiques. J’ai adoré ce film. Sylvie Testud, qui après un début de carrière prometteur (des Césars pour ce film et Les blessures assassines) a fini par faire de « l’alimentaire » comme tout le monde, est ici entourée d’acteurs nippons (ni mauvais). Au « pays du Soleil Levant », je serais un « hikikomori ». J’en suis déjà presque un en France, alors imaginez dans un pays aussi « compétitif » que le Japon, où la pression sociale est encore plus intense… Le film nous plonge donc dans l’univers de l’entreprise (une très grande), ses rigidités hiérarchiques et son exigence de performance, qui m’inspire une profonde aversion et dans lequel le personnage joué par Sylvie Testud éprouve les pires difficultés à s’intégrer, essentiellement en raison du décalage culturel. On navigue entre le rire lors de ses gaffes et incapacités à répétition (la scène des erreurs dans le reporting des factures, hilarante) et, sinon les larmes, du moins la peine empathique face aux humiliations que lui inflige sa hiérarchie. La mannequin Kaori Tsuji, qui incarne la supérieure hiérarchique de Testud, est d’une beauté foudroyante, bien que glaciale. A part ça, pour la petite histoire, j’ai lu deux bouquins dans ma vie (hors parcours scolaire) : le 99 francs de Beigbeder (né à Neuilly. J’ai aussi vu son adaptation cinématographique) et Métaphysique des tubes de Nothomb, successeur de ce Stupeur et tremblements. Ouais, je sais, c’est pas glorieux, c’est le niveau juste un peu au-dessus des Lévy et autres Musso mais que voulez-vous, on fait c’qu’on peut et… je suis une grosse « feignasse » (on y revient)…

Speed (1994), de Jan de Bont

 

« Pouvez-vous conduire ce bus ? » - « Oui, c’est un caddie de supermarché en plus gros, quoi… »

Never Mind the Bullock…

Réalisation : Jan de Bont

Scénario : Graham Yost avec la participation non créditée de Joss Whedon

Pays : Etats-Unis

Année : 1994

Genre : Action, thriller

Avec : Keanu Reeves, Dennis Hopper, Sandra Bullock, Joe Morton, Jeff Daniels.

Synopsis : Howard Payne, un terroriste psychopathe et policier à la retraite, prend en otage un ascenseur dans un immeuble d'affaires à Los Angeles et réclame une rançon en menaçant de le faire sauter. Son projet échoue à cause de deux officiers, dont le jeune Jack Traven. Qu’à cela ne tienne, il récidive quelques temps plus tard en piégeant un bus : si sa vitesse passe en dessous de 50 miles/heure (soit 80 km/h) ou si quelqu'un essaie de descendre, il le fera sauter. Ayant prévenu Jack pour le mettre à l’épreuve et se venger, celui-ci parvient à monter à bord du bus. La course contre la montre commence… 

Pourquoi ? C’est bon, y’a tout : de l’action en veux-tu en voilà (oh les gars, à la fin, on voit bien que le métro, c’est une maquette…), une touche d’humour, glorification de la flicaille, de l’amûûûûûûr (hétérosexuel. Non parce qu’imaginez que ce ne soit pas Sandra Bullock qui soit emmenée à conduire l’engin mais Brad Pitt, on serait pas dans la merde…), du « one tooth for one eye » (le méchant est bien méchant alors il sera décapité, parce que l’arrêter et le faire croupir entre quatre murs, ce serait vraiment trop « soft »…) et de la « virilité » (« Eh mec, t’as pas inventé la poudre mais t’as deux couilles d’un kilo chacune ! »). Si on veut aller plus loin dans la lecture « idéologique », j’ai noté cette phrase de Bullock, aveu inconscient de l’interventionnisme U.S : « Alors, pourquoi il nous en veut, ce bonhomme ? On lui a bombardé sa terre natale ou quoi ? ». Le petit délinquant à bord du bus qui croit que Reeves est là pour le coffrer est chicano. Par contre, le terroriste expert en bombe, qui « en a dans la caboche », c’est bien un « white », un « blancos » (Dennis Hopper, en l’occurrence, qui cabotine à qui mieux mieux). Et les passagers du bus, une « masterclass woke » (ce terme mis à toutes les sauces…) avant l’heure ! La femme asiatique, le jeune, le vieux couple de noirs, le métis qui-travaille-dur-sur-les-chantiers-pour-nourrir-sa-famille (les « honnêtes gens », comme diraient avec beaucoup de paternalisme les membres des Républicains…), il ne manque que le gay. Y’a bien un mec pas très viril mais il n’est pas gay, la preuve, il branche Bullock au début. Bon, allez, le film « pop-corn » par excellence et pis Sandra Bullock, j’adore cette meuf…

[P.S : La « séquelle » trois ans plus tard, toujours avec l’actrice et De Bont derrière la caméra mais sans Reeves, est évidemment complètement bidon.]      

Shining (1980), de Stanley Kubrick

 

« Redrum ! Redrum ! »

« All work and no play makes Jack a dull boy All work and no play makes Jack a dull boy All work and no play makes Jack a dull boy All work and no play makes Jack a dull boy… »

Réalisation : Stanley Kubrick, assisté de Brian W. Cook

Scénario : Stanley Kubrick et Diane Johnson, d'après le roman Shining, l'enfant lumière de Stephen King

Pays : Etats-Unis, Royaume-Uni

Année : 1980

Genre : Horreur, thriller

Avec : Jack Nicholson, Shelley Duvall, Danny Lloyd, Scatman Crothers, Barry Nelson, Philip Stone, Joe Turkel.

Synopsis : Jack Torrance, ancien professeur, est engagé comme gardien de l'hôtel Overlook dans le Colorado le temps d’un hiver, non sans que son directeur l’ait averti que l’ancien titulaire du poste, rendu fou par la solitude et l’isolation extrême du lieu, a sauvagement assassiné sa femme et leurs deux filles jumelles à coups de hache avant de se suicider. Accompagné de son épouse Wendy et de leur jeune fils Danny, Jack espère trouver à cette occasion le temps et le cadre idéal pour y écrire un livre. Mais très vite, Danny est sujet à des hallucinations sanglantes annonciatrices d’un danger.  

Pourquoi ? Bien sûr, j’aurais pu écrire partout la fameuse phrase copiée des centaines de fois par Nicholson pour le livre qu’il est censé écrire, c’est-à-dire « All work and no play makes Jack a dull boy » (« Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » ?)… Mais cela a déjà été fait par Cinéphile Schizophrène et je lui ai déjà emprunté par le passé la structure narrative de ses chroniques (fait chier, lui, à toujours avoir des idées de génie avant les autres…). Et faut bien que je développe un peu, même si je ne vais pas être très original. Pour l’histoire, les décors (magnifiques labyrinthe et générique d’ouverture dans les montagnes Rocheuses…), la musique (Wendy Carlos inspiré par la Symphonie fantastique d'Hector Berlioz ; Rachel Elkind, Ligeti, Bartók et Penderecki, excusez du peu…) et bien sûr l’interprétation de Jack Nicholson (doublé par Jean-Louis Trintignant en VF), dans une veine très « Actors Studio » mais aussi celle de Shelley Duvall. Si le porno fût, de son propre aveu, le « service militaire » de Catherine Ringer, Shining fût celui de la pauvre Shelley, contrainte de répéter 40 à 50 fois ses scènes, ce qui questionne sur l’adage « la fin justifie les moyens ». Sinon, pour moi, Kubrick c’est « couci-couça ». Eyes wide shut, c’est bien mais pas au point de le conserver, Orange Mécanique idem, Full Metal Jacket et Barry Lyndon aussi mais manque de bol, j’ai horreur des films de guerre ou à costumes. Quant au fameux 2001, l'Odyssée de l'espace, je me suis rarement autant emmerdé devant un film. Deux cosmonautes aux prises pendant des plombes avec un ordinateur récalcitrant, désolé mais ça me fait pas mon « quatre heures » en termes d’émotions cinématographiques (sinon l’ennui). Le reste, c’est trop vieux mais je tenterai peut-être Lolita. Je vois déjà ronchonner les « Kubrickophiles », me rétorquant que Shining serait son « moins personnel » (puisque de Stephen King mais à voir), son « plus facile ». Fort possible, et alors ? C’est comme ça (la la la la la), je ne vais pas me forcer pour leur faire plaisir… Après tout, aux chiottes, les snobinards !

Seven (1995), de David Fincher

 

« Ernest Hemingway a écrit : « Le monde est un bel endroit qui vaut la peine qu'on se batte pour lui ». Je suis d'accord avec la seconde partie. »

Réalisation : David Fincher

Scénario : Andrew Kevin Walker

Pays : Etats-Unis

Année : 1995

Genre : Thriller psychologique, policier

Avec : Brad Pitt, Morgan Freeman, Gwyneth Paltrow, Kevin Spacey, R. Lee Ermey.

Synopsis : Au sein d'une brigade criminelle d'une grande ville américaine, l’inspecteur William Somerset voit avec impatience sa retraite se profiler dans une semaine. Lui passant le relais, il est contraint de faire équipe avec le jeune inspecteur David Mills, au caractère imprévisible, diamétralement opposé au sien. Les deux hommes sont chargés d’enquêter sur deux homicides particulièrement sauvages, visiblement inspirés par les sept péchés capitaux. Somerset pense alors qu’il faut s’attendre à cinq autres meurtres…   

Pourquoi ? Alors là, y’a pas à tortiller, pour moi c’est Top 5 U.S direct (avec Basic Instinct, Shining, JFK et Thelma & Louise) et même Top 3. Cela va bien au-delà de la « simple » (ce qui serait déjà beaucoup) « Madeleine de Proust » (le bon temps des locations de VHS chez Vidéo Futur avec mon pauvre padre). Il y a en effet ici tout ce que j’attends d’un bon film policier : une intrigue qui tient en haleine, entrecoupée d’une scène d’action, un climat, une atmosphère (obscurité, pluie omniprésente), un criminel et un final (« moral » sans l’être) marquants. Le film reprend la formule maintes fois usitée du « buddy movie », avec un duo de flics aux personnalités très différentes l’une de l’autre (le « vieux sage » et le « chien fou »), parfaitement interprétés par Morgan Freeman et Brad Pitt. David Fincher s’affirme comme un réalisateur prometteur, ce qu’il confirmera par la suite. Coup de chapeau aussi à l’excellent Kevin Spacey qui, en cette année 1995, aura donc campé deux des criminels les plus diaboliques de l’histoire du cinéma : Keyser Söze dans Usual Suspects et John Doe ici même. Vraiment un sans-faute.

Scarface (1983), de Brian De Palma

 

« Dans ce pays, il faut d’abord faire le fric. Et quand tu as le pognon, tu as le pouvoir. Et quand tu as le pouvoir, tu as toutes les bonnes femmes. »

« La seule chose dans ce monde qui me donne des ordres, c'est le manche. Tu as le manche ? »

« Et qu’est-ce qui te revient, à toi, Tony ? » - « Le monde, Chico. Et tout ce qu’il y a dedans. »

Réalisation : Brian De Palma

Scénario : Oliver Stone, d'après le scénario de Scarface écrit par Ben Hecht, lui-même adapté du roman du même nom d'Armitage Trail

Pays : Etats-Unis

Année : 1983

Genre : drame, policier

Avec : Al Pacino, Steven Bauer, Michelle Pfeiffer, Mary Elizabeth Mastrantonio, Robert Loggia, Paul Shenar, Harris Yulin.

Synopsis : Au début des années 80, gloire et déchéance d’Antonio dit « Tony » Montana, réfugié cubain arrivé sans un sou aux Etats-Unis et qui gravira tous les échelons de la mafia de la drogue.

Pourquoi ? Certes, ce remake du film éponyme de Howard Hawks (1932) a des côtés détestables : jeu de Pacino et vulgarité parfois excessifs, influence considérable – et risible – sur le hip-hop, mythe du « self made man » et sa « morale » cynique typique des « années fric » de la décennie Thatcher-Reagan. Mais il contient son lot de scènes fortes, que ce soit dans le domaine de l’action ou des émotions (scène de la tronçonneuse, fusillades finales…). Et puis le réal et le casting, quoi…

Pulp Fiction (1994), de Quentin Tarantino

 

« Comme il n’y avait pas d’autre cachette, il se l’ait mise dans l’cul. Fallait avoir du courage pour le faire, se la mettre dans l’cul… »

Réalisation : Quentin Tarantino

Scénario : Quentin Tarantino et Roger Avary

Pays : Etats-Unis

Année : 1994

Genre : comédie dramatique, policier

Avec : John Travolta, Samuel L. Jackson, Bruce Willis, Uma Thurman, Ving Rhames, Harvey Keitel, Tim Roth, Amanda Plummer, Maria de Medeiros, Eric Stoltz, Rosanna Arquette, Christopher Walken.

Synopsis : A Los Angeles, les mésaventures d’un caïd, de sa femme, de ses deux hommes de main, d’un boxeur minable et de divers petits malfrats.

Pourquoi ? Je n’aime pas particulièrement Tarantino, son goût pour la violence et l’esthétisation de celle-ci, comme chez Scorsese. Mais Pulp Fiction fût un choc générationnel, un peu à la façon de Nirvana dans le domaine de la musique. Casting d’enfer, B.O « de la mort qui tue » (notre homme connait la musique américaine – noire et blanche, du passé et du présent – sur le bout des doigts, ça se sent), réalisation, scénario et dialogues audacieux avec une structure non-chronologique (trois histoires apparemment distinctes mais qui se rejoignent), rien n’est laissé au hasard. Et l’histoire et ses personnages ! Vous y verrez des truands récitant un verset de la Bible avant d’exécuter un pauvre escroc ou discutant de choses aussi futiles et cocasses que les techniques de massage de pieds féminins ou les « Big Mac », un caïd se faire… sodomiser par un pervers dans les sous-sols d’un magasin, sa femme être sauvée in extrémis d’une overdose grâce à une injection directement dans le cœur (!) ou encore un boxeur bravant le danger afin de récupérer la montre que lui avait légué son père. Bref, un pur délire narratif et visuel.

[P.S : autant je n’aime pas la violence (ici, ça reste supportable) et le tabac, autant je trouve la censure de la cigarette et du flingue sur la jaquette de certaines versions du film parfaitement détestable et ridicule.]

Psychose (1960), d’Alfred Hitchcock

 

« D’ailleurs, on ne peut pas échapper à quoi que ce soit… »

Réalisation : Alfred Hitchcock

Scénario : Joseph Stefano, adapté du roman éponyme de Robert Bloch, inspiré de faits réels liés au tueur en série Ed Gein

Pays : Etats-Unis

Année : 1960

Genre : thriller, horreur

Avec : Anthony Perkins, Janet Leigh, Vera Miles, John Gavin, Martin Balsam.

Synopsis : Marion Crane, amante d’un homme divorcé en difficulté financière et secrétaire, est chargée par son patron de déposer à la banque 40 000 dollars. Au lieu de cela, elle fait ses valises et part rejoindre son compagnon avec la somme dérobée. Le soir du deuxième jour de route, alors que s’abat un puissant orage, elle est contrainte de s’arrêter à un motel isolé pour y passer la nuit.

Pourquoi ? Ouah hé, l’autre, « pourquoi ? », il est marrant, lui… Parce que c’est l’un des Hitchcock les plus « évidents ». Parce que la mythique scène de la douche est la matrice des « slashers » et leurs « jump scare » à venir. Pour la musique de Bernard Herrmann. Et parce que classique absolu.

Pretty Woman (1990), de Garry Marshall

 

« J’suis du tout cuit. »

Réalisation : Garry Marshall

Scénario : Jonathan Frederick Lawton

Pays : Etats-Unis

Année : 1990

Genre : romance

Avec : Richard Gere, Julia Roberts, Ralph Bellamy, Jason Alexander, Héctor Elizondo, Laura San Giacomo.

Synopsis : Edward Lewis, richissime homme d'affaires rachetant des sociétés en difficulté en vue de les revendre après les avoir dépecées (un Tapie puissance 10 donc, puisque ricain…), se perd sur Hollywood Boulevard après avoir quitté une soirée où il s’ennuyait à mourir. Il demande alors son chemin à Vivian, une jeune prostituée.

Pourquoi ? Parce que c’est le film qui révéla Julia « Big mouth » Roberts. Parce que Richard Gere (et plutôt bien). Parce que si j’aime le cul, je peux aussi être « fleur bleue » (d’ailleurs, je ne vois pas en quoi ce serait antinomique). Pour l’irrésistible chanson éponyme de Roy Orbison. Et encore et toujours parce que « Madeleine de Proust » (ça y est, je me remet à chialer sur mon insouciance perdue…).

Un poisson nommé Wanda (1988), de Charles Crichton

 

« A partir de demain, nous n’aurons plus à chercher du travail. Et le travail n’aura plus à nous chercher. Oscar Wilde. »

Réalisation : Charles Crichton

Scénario : John Cleese et Charles Crichton

Pays : Royaume-Uni, Etats-Unis

Année : 1988

Genre : comédie

Avec : John Cleese, Jamie Lee Curtis, Kevin Kline, Michael Palin, Maria Aitken, Tom Georgeson.

Synopsis : Quatre malfrats de petite envergure font une attaque à main armée et dérobent des diamants : le meneur de la bande George, sa compagne Wanda, Ken, bègue et ami des animaux et Otto, limité intellectuellement et amant de Wanda mais se faisant passer pour son frère. Le vol se déroule sans accroc mais ils manquent d’écraser une vieille femme, qui voit alors le visage de George. Une fois le butin planqué, Wanda et Otto dénoncent George à la police, qui l’incarcère. Allant récupérer les diamants, les deux amants constatent que George, avec la complicité de Ken, les a déplacés et cachés en lieu sûr.

Pourquoi ? Alors certes, il a peut-être un peu vieilli mais on rigole toujours autant devant les aventures de ces « pieds nickelés » hauts en couleur : les Monty Python John Cleese en avocat guindé se dévergondant et Michael Palin en bègue ami des animaux, Jamie Lee Curtis, usant de ses charmes et semblant n’atteindre le « septième ciel » que lorsque son amant s’exprime en langue étrangère et enfin Kevin Kline, ne supportant pas qu’on le traite de « débile » bien qu’il le soit. Il y a quelques scènes qu’on pourrait qualifier de « dures » si tout ceci n’était pas que pour rire : lorsque Palin échoue à maintes reprises dans sa tentative d’éliminer la vieille femme, tuant à chaque fois accidentellement l’un de ses chiens, avant de finalement parvenir à ses fins par crise cardiaque ; et lorsque Kline interroge ce même Palin, ligoté et en pleurs, pour lui soutirer l’endroit où George a caché les diamants et mange ses petits poissons d’aquarium quand il n’obtient pas satisfaction. A mourir de rire (au sens propre pour un certain Ole Bentzen, orthophoniste danois, en 1989).

Je finis l’année sur cette comédie culte, avant les fêtes que je vous souhaite bonnes et un petit séjour à Genève. A 2026 !