Chroniques de films, au fil de mes (re)découvertes. Aucune connaissance technique ou historique sur le cinéma, juste des ressentis. Si cela vous donne envie de (re)voir ces films, c'est déjà ça...
« T’es trop bonne. C’est
ton problème. Les hommes sont des porcs, même ceux qui ont l’air gentil. Tu
finis toujours par te faire avoir. »
C’est l’histoire d’une nana, Alison
Jones (Bridget Fonda), conceptrice de logiciels, qui rompt avec son mec Sam
Rawson (Steven Weber) car il l'a trompée avec son ex-femme. Souhaitant
conserver son grand appartement new-yorkais, elle se met en quête d’une
colocataire. Son choix se porte sur l’effacée Hedra Carlson (Jennifer Jason
Leigh). Problème : celle-ci s’avère envahissante et pour tout dire
complètement secouée, alors que Sam refait surface et obtient d’Alison une
nouvelle chance.
Ce film me replonge dans les désormais
douloureux souvenirs du temps béni de mon adolescence où, avec mon géniteur,
nous louions des films en K7 dans les vidéo-clubs lors de ses week-ends de
garde de père divorcé. Dont celui-ci, donc. Qui ne vaut hélas pas tripette et peine
à résister aux affres du temps. Ce n’est pas qu’il soit mal fait, loin de là
mais son déroulé des plus prévisibles et le genre dans lequel il s’inscrit
(thriller) le condamnent inévitablement au statut de produit de consommation
courante pour soirée TV. Il n’évite pas non plus l’écueil de quelques clichés
(l’apprenti violeur de Fonda est tué mais son ami voisin homo survit) ni du
final grand-guignolesque. Son relatif succès au box-office reste donc un
mystère. On retiendra toutefois l’interprétation des deux jeunes femmes qui,
fatalement, n’échappent pas au « passage obligé » de la nudité, en
particulier celle de Jennifer Jason Leigh.
« La meilleure suceuse
des 52 États... Qu’est-ce que je peux faire ? »
C’est l’histoire de Zack Mayo
(Richard Gere), fils d'un sous-officier de marine alcoolique et amateur de
prostituées (Robert Loggia), qui s’engage dans l'armée pour devenir aviateur. A
son arrivée, le Sergent instructeur Foley (Louis Gossett Jr.) le met en garde,
ainsi que les autres recrues, contre les femmes du coin qui ne manqueront pas
de se faire mettre enceinte afin qu’ils les épousent. Zack tombe amoureux de l’une
d’elles, Paula (Debra Winger).
Creusons (au sens figuré…) cette
Debra Winger dont j’ignorais l’existence jusqu’au visionnage de Tendres
passions, qui lui valut l’une de ses trois nominations aux Oscars (toutes
infructueuses), avant de « disparaître des radars » pendant quelques
années (1995-2001), ce qui inspira à Rosanna Arquette son documentaire À la
recherche de DebraWinger (2002), traitant de la difficulté pour les actrices de
trouver des rôles passé un certain âge (le revers de la médaille de la beauté,
qui ne dure qu’un temps). Son rôle dans Officier etgentleman fut l’objet d’une
autre de ses nominations. Quant au bellâtre Gere, après avoir fait la pute dans
American Gigolo (1980) et avant de s’en payer une dans Pretty Woman (1990), il
se raffermit pour passer avec succès ces épreuves militaires. Bilan :
Achat 1 euro sur Vinted :
oui
Exaltation du sentiment
patriotique, de l’effort, de la discipline, de la soumission à la hiérarchie,
de l’amour hétérosexuel et de Dieu : oui (on est aux States et à l’armée…)
Homophobie latente : oui
mais c’est le milieu (et l’époque) qui voulait ça…
Scène de cul : oui (cul et
seins de Debra, quelques secondes)
Traumas familiaux : oui
Sergent instructeur « dur
sur l’homme » mais-je-n’en-suis-pas-moins-homme-avec-un-petit-cœur-qui-bat :
oui
Femme vénale, calculatrice et
injuste : oui
Femme sensible sincèrement
amoureuse : oui, aussi
Mec naïf qui se fait promener par
la connasse citée plus haut : oui
Mec méfiant qui ne veut pas se
faire promener par une connasse mais qui se rend compte que finalement, c’est
pas une connasse (la sincère citée plus haut) : oui, aussi (bref, les
meufs gagnent dans tous les cas de figure…)
Stimulateurs lacrymaux : oui
(un drame et un « happy end »)
Revente sur Rakuten : oui,
ça vient de partir pour 1,50 €
« Rah, j’aime pas les
baptistes, pas plus que les Démocrates… »
And justice for all…
C’est l’histoire d’un procès. Il
oppose l’épouse d’un homme abattu deux ans plus tôt dans une tuerie de masse par
un ancien salarié de sa société de courtage qui l’avait renvoyé, à l'entreprise
d'armes Vicksburg Firearms, chez qui le tueur s’était fourni. Tandis que la
veuve est défendue par Wendell Rohr (Dustin Hoffman), avocat moralement
irréprochable, la firme d’armement et ses actionnaires ont fait appel à Rankin
Fitch (Gene Hackman). Celui-ci, fin psychologue et sans scrupules, bénéficiant
d’un budget conséquent et à la tête d’une équipe de redoutables professionnels, est passé
maître dans l’art de contrôler un jury, sélectionnant les profils dont il pense
qu’ils seront favorables à sa cause, les manipulant et exerçant au besoin des
pressions sur eux pour faire pencher la balance en sa faveur. Seul l’un des
jurés sélectionnés, le mystérieux Nicholas Easter (John Cusack), semble
échapper à son emprise. Par ailleurs, Marlee (Rachel Weisz), la compagne d’Easter,
contacte Rohr et Fitch en leur proposant d’influencer le jury en leur faveur
contre 10 millions de dollars.
Vous me dites ce qui me pousse à
continuer d’acheter ces merdes à 1 euro (le triple ou plus avec le port, heureusement
compensés par mes « porte-monnaies » virtuels) sur Vinted ou Rakuten ?
Le désœuvrement et le manque d’idée ? Parce qu’elles ne sont pas
disponibles dans mes médiathèques municipales ? Oui, un peu tout ça sans
doute. Et puis, tiens, Gene Hackman et Dustin Hoffman, pas mal quand même, non ?
Oui mais attention, sur la jaquette je lis aussi « 2003 » et « Gary
Fleder » (Le collectionneur avec Freeman, Pas un mot avec Douglas fils… L’un
de ces multiples tâcherons qui peuplent les studios hollywoodiens…). Ben ouais,
on fait partie d’une « industrie » (horrible terme totalement antinomique
avec l’art et la culture), on ne nous propose pas des French Connection ou des
Macadam Cowboy tous les jours et pendant ce temps, faut bien payer ses factures
et ses arriérés d’impôt… Alors allons-y, gaiement ou pas, pour cet énième
thriller cousu de fil blanc (le pot de terre contre le pot de fer, qui va gagner,
oh la la, terrible « suspense »…) aux improbables rebondissements,
inspiré du roman éponyme de John Grisham, écrivain multi-adapté au cinéma (La
firme, Leclient, L’affaire Pélican ou Le droit de tuer ?, c’était déjà de
lui). Ah, là c’est sûr, pas de « thèmes », de « propos » ou
de « vision »... Enfin si, toujours les mêmes : le pognon, la
Patrie, la famille traditionnelle, les donuts et Dieu pour tous… Et donc pour
ou contre le fameux « second amendement » de la Constitution de la « plus
grande démocratie du monde » (sic)… Bien sûr, c’est Hackman qui campe
le manipulateur froid et cynique et bien sûr, c’est Hoffman qui incarne l’avocat
honnête « droit dans ses bottes » et idéaliste (vous avez déjà vu
Hoffman avoir le mauvais rôle ? Moi jamais. Ce qui en dit peut-être long
sur l’égo du bonhomme…). Bien sûr, ils ont une scène de confrontation, dans les
toilettes du tribunal (ben tiens, manquerait plus qu’on y échappe…). Et bien
sûr, parce qu’on a affaire à des professionnels, on aura droit à quelques
scènes d’action et à l’incontournable « twist » final. Allez hop,
aussitôt consommé, aussitôt chié (et oublié) et retour « à l’envoyeur »,
c’est-à-dire sur les « marketplaces »…
C’est l’histoire de trois
chirurgiens (Donald Sutherland, Tom Skerritt et Elliott Gould) qui débarquent
dans un camp militaire de l’US Army lors de la guerre de Corée en 1951. Bien
que compétents, ils sont aussi farceurs, dragueurs et volontiers rebelles. Bien
sûr, cela va faire des étincelles avec leur hiérarchie…
On avait dit « pas de film
de guerre », putain, chier ! Merde, putain… Fait chier. Oui mais, oh :
Robert Altman, l’homme de Shorts Cuts, derrière la caméra, Palme d’or 1970 à
Cannes, conservation à la Bibliothèque du Congrès et inspiration de la série
éponyme, rien que ça. Et alors ? Ben c’est quand même bidon ! Je lis « humour
potache ». Ah ouais, super... Le compagnon de tente (Robert Duvall) de l’échalas
Sutherland et de Skerritt les soule avec ses sermons ? Qu’à cela ne
tienne, ils lui foutent la honte en diffusant via les haut-parleurs du camp ses
ébats avec une infirmière (Sally Kellerman). Et ils exhiberont la même
Kellerman nue aux yeux du camp en soulevant la tente où elle prend sa douche,
dans le but de vérifier « si c’est une vraie blonde ». Qu’est-ce qu’on
s’amuse, hein, arrêtez, j’ai des crampes d’estomac… Y’a aussi un dentiste
suicidaire car il pense avoir des penchants homosexuels et à la fin, un match
de football américain (un sport dont seuls les Zaméricains peuvent comprendre
les règles…) sujet à un pari financier. Nos trois gars et leur équipe remporteront
la mise grâce à un plan savamment orchestré, avant que Sutherland et Skerritt ne
repartent comme ils étaient arrivés, laissant leur compère Gould à son triste
destin (lui n’a pas reçu d’ordre d’évacuation, ben merde alors…). Près de deux
heures d’un ennui mortel, parsemé de scènes parfois sanglantes d’opérations
chirurgicales, où nos héros n’hésitent pas à « mettre les mains dans le
cambouis ».
C’est l’histoire d’un mec (Chiwetel
Ejiofor, à vos souhaits...), sa vie c’est d’la merde et il l’échangerait bien
contre celle du roi du Maroc (pour ceux qu’ont la réf…) : divorcé de sa
femme, alcoolique et gérant d’un magasin de meubles en difficulté. D’ailleurs,
il voit une psy (Renate Reinsve, également à l’affiche de Fjord, toute… fraîche
Palme d’or cannoise), elle-même victime d’un trauma enfantin. Enquêtant sur des
dysfonctionnements électriques dans son magasin, il y découvre, au sous-sol, un
passage vers des « backrooms », une sorte de labyrinthe composé de
couloirs et d'espaces liminaires garnis d’objets divers épars.
De la fin du printemps au début
de l’automne constituant la période de sortie « d’hibernation » de
mon unique collègue, c’est donc aussi celle de nos sorties dans les magasins
culturels, les médiathèques de quartiers et les salles obscures. Cela tombe
relativement bien étant donné que les films d’épouvante, d’horreur et/ou
fantastiques sortent souvent à ce moment-là de l’année. Backrooms, donc.
Adaptation, par son créateur, un jeunot de tout juste 21 piges nommé Kane
Parsons, de la web-série « anthologique » (bâillements…) du même nom.
Autant mettre fin d’emblée à tout suspense : c’est, globalement, ce que
j’appellerais une « couille ». Vue par ailleurs dans des conditions
pas idéales, dans une salle pas très grande, essentiellement remplie d’ados
flirtant avec la limite, sans heureusement la franchir, de l’inconvenance
sonore : téléphone, canettes, grignotage de pop-corns, cris et rires lors
des « jumpscares »... « Il faut bien que jeunesse se passe »,
comme dit le proverbe, mais je me demande ce qu’on va bien pouvoir tirer de
cette génération, si ce n’est des caissières Monoprix, des chauffeurs /
livreurs Uber, des caristes Amazon ou, pour les plus doué(e)s (?) ou chanceux/euses,
« influenceur/euses ». Pour en revenir au film, s’il tient assez bien
la route au début, il bascule à un moment dans le n’importe quoi, avec
l’apparition d’un monstre géant à l’effigie du gestionnaire du magasin en tenue
promotionnelle. Du coup, j’ai trouvé l’idée de l’exploration de ces « arrière-salles »
insuffisamment exploitée, on retombe finalement assez vite sur les mécanismes
du film d’horreur lambda, du reste encombré d’un fatras pseudo-philosophique
sur le sens de la vie et de comment être véritablement acteur de la sienne. 12,50 € pour ça, ça fait un peu mal au fessier... Si « pièces
vides » et « labyrinthe » renvoient inconsciemment, dans le
genre fantastique / horreur, à Cube, « l’élève » n’est pas prêt de détrôner
le maître…
« Ce Steele va bientôt
regretter que sa maman ait rencontré son papa… »
La corde est usée…
C’est l’histoire… euh, là,
vraiment aucune importance, c’est juste celle de Leslie Nielsen (très mauvaise
voix de doublage, pas l’habituelle) qui rempile pour une série de gags
parodiques « à la mitraillette »… Enfin, si vous y tenez… Il est Dick
Steele, un agent secret qui doit sauver le monde (et accessoirement la fille de
son ancienne partenaire, décédée dans l’une de leurs opérations) en faisant
face au dangereux Général Rancor (Andy Griffith). Veronique Ukrinsky (Nicollette
Sheridan), fille du professeur concepteur du circuit électronique nécessaire à
Rancor pour lancer son missile, l’accompagne dans sa mission.
Ouh que c’est mauvais… Souhaitant
conclure la semaine sur une note humoristique après avoir été terrassé par non pas… La terrasse (à venir) mais Tendres passions (suivez, bon sang…), cet
Agent zéro zéro aura peiné à me faire décrocher ne serait-ce qu’un sourire… On
repart pour un tour de gags éculés voire recyclés et de parodies de succès
hollywoodiens. On s’amusera à reconnaitre parmi ceux-ci Sister Act, Dans la
ligne demire, Speed, Jurassic Park, Pulp Fiction (la mythique scène de danse
Travolta – Thurman), E.T, Maman, j'ai raté l'avion !, True Lies et sans doute
un film de guerre dans la jungle (Rambo, Predator ou assimilé). Franchement
aucun intérêt, le film ne dure d’ailleurs qu’une heure et quart, il ne fait
même pas semblant de n’avoir rien à raconter. De plus, il faut encore se taper
l’idéologie sous-jacente (« on est les meilleurs et les maîtres du monde,
nous les zaméricains »), présente aussi dans certains volets de la série
des Y a-t-il…, où l’homme du Moyen-Orient (en dehors de l’allié israélien, évidemment)
est toujours renvoyé soit au terrorisme soit à une forme de sous-développement
(le chauffeur de taxi Tamul qui fait équipe avec Nielsen). Finalement, c’est le
Directeur des Services Secrets (Charles Durning), se camouflant en fauteuil en
cuir, en store ou même en sol, qui m’aura fait le plus sourire. Parmi les
caméos figurent Mister T. de l’Agence tous risques, le catcheur Hulk Hogan et
le grand Ray Charles en… chauffeur du bus piégé. L’échec critique et commercial
du film n’a pourtant pas découragé notre cher Leslie à poursuivre dans cette
voie et il remettra le couvert avec Le détonateur (à peine meilleur, 1998) et Y
a-t-il un flic pour sauver l'humanité ? (2000, avec Ophélie Winter,
probablement le pire de tous).
« Comment veux-tu avoir
la vie plus facile si ce type continue à te faire pondre des gosses ? Quel
miracle va-t-il tomber du ciel qui puisse te sauver ? »
C’est l’histoire de la relation
« amour – haine » entre une mère, Aurora (Shirley MacLaine) et sa
fille Emma (Debra Winger). La première, veuve un peu guindée, voit d’un mauvais
œil le mariage de la seconde, un peu « fofolle ». Les deux femmes restent
malgré tout attachées et se téléphonent fréquemment. Emma enchaine les
naissances (trois au total) tandis qu’Aurora finit par se laisser séduire par
son voisin Garrett (Jack Nicholson), astronaute.
Sorti chez nous le jour de mon 9ème
anniversaire (4 avril 1984), multi-Oscarisé (5 au total, dont la plupart des
principales statuettes), massacré par la critique française à l’époque puis
bénéficiant d’un « retour de hype » depuis deux décennies, je me suis
donc laissé tenter par ce Tendres passions, acheté lui aussi sur Vinted (de
même que prochainement, La Terrasse et Agent zérozéro). Un film aussi touchant,
beau, moche et déprimant que peut l’être la vie (c’est-à-dire quelques pépites
de bonheur dans un océan de merde…). Il mêle habilement comédie et (mélo)drame et
établit un étonnant parallèle entre la vie des deux femmes. En effet, tandis
que la mère (Shirley MacLaine) retrouve une seconde jeunesse en tombant amoureuse
telle une midinette, le couple de sa fille (Debra Winger, mariée à Jeff Daniels, même voix française que Bruce Willis) est vite rattrapé
par l’usure du quotidien, avec son lot de contraintes professionnelles, de
disputes et de tromperies réciproques. Les deux femmes sont formidables mais il
n’y avait qu’un Oscar à prendre, il sera finalement pour MacLaine. Nicholson,
fidèle à lui-même (c’est-à-dire un brin cabotin), empochera celui du meilleur
second rôle masculin. Cette histoire s’achèvera [SPOILER ALERT] de façon
sordide, dans l’anonymat d’une chambre d’hôpital. La ficelle « tire-larmes »
est facile mais le film, assez pudique, a la bonne idée de ne pas en faire des caisses
dans le pathos. Chienne de vie et putain de crabe… En somme, même si « la
vie continue » (les derniers plans), ne comptez pas sur Tendres passions
pour vous remonter le moral…
C’est l’histoire d’un mec, Gene
Watson, comptable (Johnny Depp), il est pas dans la merde… A peine débarqué à
Los Angeles avec sa petite fille, deux faux policiers (Christopher Walken et Roma
Maffia) enlèvent cette dernière et menacent de la tuer si lui-même ne flingue
pas rien de moins que la Gouverneur de Californie dans les 90 minutes qui
viennent. Ils lui remettent une arme à feu, la photo de ladite Gouverneur et le
programme du meeting qu’elle donne dans un luxueux hôtel. Tout en l’ayant à l’œil…
Allez, après quelques films un
peu plus exigeants, retour vers le pur divertissement sans message (ah, quand
même un plan sur la fillette qui, du train arrivant en gare, regarde les miséreux des bas-fonds de
la « Cité des anges », quelle audace…), mis en boite par un tâcheron hollywoodien,
à savoir John Badham, dont les principaux « faits d’armes » se
nomment Dracula (1979) et La fièvre du samedi soir (1977). Film acheté à petit
prix sur Vinted (et qui sera revendu dès que possible par ce biais ou un autre)
car indisponible à ma médiathèque. Jamais été fan du bellâtre Johnny Depp mais je
n’avais jamais vu ce film, alors, pour tuer 90 minutes d’un venteux après-midi…
Après avoir dansé dans un clip de Madonna (Bad Girl, 1993) et avant de le faire
dans un autre de Fatboy Slim (Weapon ofChoice, 2000), Christopher Walken, qui
sortait de Pulp Fiction (mémorable séquence du récit de « la montre dans l’cul »),
endosse le rôle du méchant bien méchant. Enfin, l’un des méchants car il se
trouve que [SPOILER ALERT] la plupart des agents de sécurité sont dans le
complot ourdi par le mari même de la Gouverneur. Bigre ! Bon, vous l’aurez
compris, Meurtre en suspens tient bien en haleine (filmé quasiment en temps
réel et caméra à l'épaule) mais rien ne tient debout et aucun enjeu ne subsiste puisqu’on sait à l’avance
que l’issue débouchera sur le sempiternel « happy end » du papounet
qui retrouvera sa p’tite fifille (un enfant, ça émeut toujours dans les
chaumières…). Johnny Depp pourra au moins compter sur un allié de poids (c’est
le cas de le dire…) en la personne d’un cireur de chaussures noir, petit et
rondouillet (comme Bruce Willis dans Piège de cristal, sauf que là le type
était flic mais sinon, même physique). Et sur les habituels atermoiements d’affreux
qui rateraient un éléphant dans un corridor…
C’est l’histoire d’une meuf, Carol
White (Julianne Moore), elle a tout pour être heureuse : un mari, un
beau-fils, une belle baraque, des amies. Ben pourtant, non. Déjà, elle ne
ressent rien quand son bonhomme la tringle (première scène). Puis, elle
développe une hypersensibilité à toutes sortes de produits chimiques et est
sujette à des crises de plus en plus fréquentes. Sans solution médicale, elle
se tourne vers des thérapies holistiques.
L’air qu’on respire, la bouffe
qu’on ingurgite, le stress, tout cela influe sur notre santé et la santé, c’est
important. Primordial même, il me semble. Pourtant, on n’entend guère nos baltringues d'hommes « politichinelles » en parler, en particulier ceux situés les
plus à droite sur l’échiquier, les Bardella, Ciotti, Zemmour, Retailleau et
compagnie (par exemple, avez-vous déjà entendu les mots « perturbateur
endocrinien » dans la bouche du Fantomas nissard ou du chouan vendéen ?),
trop occupés à gloser sur leur obsession des « 4 I » (Insécurité, Immigration,
Islam, Impôts). Enfin, à chacun ses priorités…
Safe (vu en V.O, pas de VF) traite donc de notre environnement, du monde
moderne, de comment il nous agresse et nous détruit à petit feu. Un film extrêmement contemporain. Il se
divise en deux parties. Dans la première, Julianne Moore est soudainement victime
de crises à répétition : saignement du nez, quinte de toux suite à l’exposition
à la fumée d’un pot d’échappement particulièrement polluant, suffocation... Les
différentes consultations médicales ne lui sont hélas d’aucun secours, si ce
n’est qu’elle semble être devenue allergique aux substances chimiques. C’est
alors qu’elle se laisse convaincre par une sorte de secte New Age, découverte par
le biais d’un prospectus trouvé dans son club de gymnastique. La seconde partie
se déroulera donc au sein d’un centre basé à l’écart des grandes villes et
dirigé par un gourou. On erre dans le film tel un fantôme, à l’image du personnage
interprété par Julianne Moore, très juste dans ce rôle. Le rythme est lent,
voire léthargique, sans coup d’éclat (en dehors de quelques crises
spectaculaires au début). La fin, ouverte, ne nous permet pas de trancher :
est-elle en voie de guérison ou sombre-t-elle définitivement ? Allégorie
du SIDA ? De la dépression ? Fable écologiste ? Ode à l’introspection et à la
bienveillance communautaire ? Un peu tout ça à la fois ? A vous de voir… mais
on s’emmerde quand même pas mal.
C’est l’histoire d’un mec
photographe (David Hemmings) dans le Londres des années 60, qui prend notamment
des clichés de jolies donzelles (tant qu’à faire…). Un jour, dans un grand parc,
il photographie un couple à son insu. La femme (Vanessa Redgrave), s’en
apercevant, le chasse puis il revient sur les lieux et prend de nouveaux
clichés, alors que la femme s’enfuit en courant et que l’homme a disparu. Une fois
revenu dans son laboratoire, en agrandissant (« blow-up » en anglais)
plusieurs fois ses photos, il pense reconnaitre les indices d’un assassinat.
Oui, vous l’avez deviné, je suis dans ma période « macaronis »,
comme les appellerait le beauf Jugnot des Bronzés, avec aujourd’hui le plus
anglo-saxon des réalisateurs transalpins : Michelangelo Antonioni. Deux
films, un succès (Blow-Up, Palme d’or à Cannes en 1967) et un échec (ZabriskiePoint). Pourtant, j’ai largement préféré « l’échec »… Les deux films
ont des points communs : captation de vastes étendues et d’une époque (un
parc / le Londres des Swinging Sixties dans Blow-Up, la Vallée de la Mort / contre-culture
et libération sexuelle des campus U.S dans Zabriskie Point), considérations
esthétiques plus importantes que l’histoire, scène de sexe très découpée,
musique dans « l’air du temps »… Blow-Up m’a fait autant d’effet qu’un
plat de spaghettis froid. Il faut attendre trente minutes avant l’épisode du
parc puis encore trente avant que le gars agrandisse ses photos et découvre la
probabilité d’un crime. Quasiment aucun suspense policier, Antonioni préfère
filmer un concert des Yardbirds, groupe anglais alors à la mode (Herbie Hancock
se charge du reste de la B.O) et une scène de « batifolage » entre le
photographe et deux modèles (dont Jane Birkin). Film sans queue ni tête, ou
plutôt si puisqu’il s’achève en queue de poisson. Il m’aura au moins permis d’apprendre
le coup d’éclat de Vanessa Redgrave lors des Oscars 1978, où elle remporta
celui du meilleur second rôle féminin pour sa prestation dans Julia. De la pure
science-fiction aujourd’hui, alors que nous en sommes exactement au même point.
Chapeau bas, Madame.
Zabriskie Point (1970)
Quand t’es dans le désert…
C’est l’histoire de Mark (Mark
Frechette), un étudiant très engagé dans la contestation qui gagne les milieux
universitaires de Los Angeles en cette année 1969. Assistant au meurtre d’un
étudiant noir suite à un tir d’un policier, il s’apprête à répliquer mais l’agent
est abattu par quelqu’un ayant tiré avant lui. Craignant d’être pris pour le
coupable, Mark vole un petit avion de tourisme et s’enfuit vers le désert de la
Vallée de la Mort. Il croise sur sa route Daria (Daria Halprin), jeune secrétaire
idéaliste, qui doit rejoindre son patron (Rod Taylor) à Phoenix.
Bien plus intéressant par contre est
ce « road movie ». Certains films brillent par leur scénario très
bien huilé, d’autres par la qualité de leur mise en scène ou la performance de
leurs comédiens, d’autres encore par leur esthétique. Zabriskie Point
appartient à cette dernière catégorie. Il offre en effet de magnifiques images,
sur fond musical parfaitement adapté (Pink Floyd et des titres d’autres groupes
de l’époque comme les Rolling Stones ou le Grateful Dead) : le désert de
la Vallée de la Mort et ses dunes, visions oniriques de couples faisant l’amour
dans le sable et de l’explosion d’une luxueuse villa, filmées au ralenti. Un véritable
« trip », comme on dit. Le film est aussi une charge contre l’aliénation
consumériste et la société américaine, notamment la violence arbitraire de sa
police (« je tire avant, je réfléchis - éventuellement - ensuite »),
non sans humour (le prisonnier qui se fait appeler Karl Marx, que le flic
orthographie sans moufter « Carl Marx »), ce qui lui attirera les
foudres de l’Amérique puritaine sans pour autant récolter les louanges des milieux
progressistes, qui trouveront naïve et caricaturale sa représentation de la « contre-culture ».
Son duo d’acteurs vedette aura une très brève carrière cinématographique (deux
autres films chacun) : Daria Halprin, après un bref mariage avec Dennis Hopper,
quittera très vite le showbiz pour se tourner vers l'art-thérapie tandis que Mark
Frechette connaitra un destin tragique (mort accidentelle en prison à seulement
27 ans après intégration dans une secte et braquage d’une banque).
« Moi le sexe, je n’ai
jamais trouvé ça… c’est-à-dire… j’aime bien ça et tout mais… vous
comprenez...? Je trouve… je trouve qu’il n’y a pas de quoi en faire une
montagne. C’est simple, je pourrais m’en passer, pour ainsi dire… »
Ce sont ceux qui en parlent le
plus qui en font le moins…
C’est l’histoire d’une dépressive
un peu coincée du derche (Andie MacDowell, superbe) et de son mari avocat (Peter
Gallagher, goujat), qui « s’envoie » sa sœur (pas la sienne, celle de
son épouse) barmaid (Laura San Giacomo, délurée). Un jour, un vieil ami du mari (James
Spader, troublant) débarque en ville (Baton Rouge) et le couple l’héberge le
temps qu’il trouve un appartement. Cet homme mystérieux va bouleverser la vie
des trois protagonistes.
Coup d’essai et coup de maître
pour Steven Soderbergh, qui devient à 26 ans le second réalisateur le plus
jeune, après Louis Malle, à empocher une Palme d’or. Film que j’ai longtemps
délaissé pour des a priori (titre et scénar peu engageants), c’était le bon
moment pour franchir le pas. Le film vaut essentiellement (pour ne pas dire
exclusivement) pour son quatuor d’acteurs (quasi uniques, seuls cinq autres
rôles très secondaires étant recensés), tous très bons. En particulier James
Spader, dans un rôle « spécial » (comme dans le Crash de Cronenberg),
celui d’un type impuissant qui ne prend son pied qu’en matant ses vidéos d’interviews
de femmes interrogées sur leur sexualité, et Andie MacDowell, les deux autres
étant un peu en retrait. Quelle belle femme et bonne actrice, Andie… Il faut la
voir se mettre à rougir en moins de temps qu’il ne faut pour le dire lorsque
son psy lui demande si elle se masturbe. Sexe, mensonges et vidéo parle de sexe
mais n’en montre jamais, ou si peu : aucune paire de fesses ou de nichons
à l’horizon. Les peu de fois où ça baise, ça reste (plus ou moins) habillé (Gallagher
et San Giacomo) ou c’est elliptique (Spader et MacDowell). Casting et décors réduits,
prédominance des dialogues sur l’action… De fait, ça aurait pu être une pièce
de théâtre. L’histoire du type mystérieux qui instaure le trouble (sexuel) au
sein d’une cellule (couple, famille) renverra éventuellement au Théorème de
Pasolini. Pas forcément déçu (je n’avais pas d’immenses attentes) mais le sujet
est tout de même un peu mince, heureusement sauvé par les comédiens.
« T’as un problème avec
la moitié du monde et j’en fais partie et ça m’fait chier ! »
C’est l’histoire de deux flics non
pas à Miami mais à Los Angeles, le vieux sage et proche de la retraite Bob
Hodges (Robert Duvall) et Danny « Pacman » McGavin (Sean Penn), un jeune
impétueux récemment enrôlé (tiens, ça ne vous rappelle rien ?), qui sont
contraints de faire équipe. Tous deux font des rondes dans les rues et sont
confrontés à la guerre des gangs qui fait rage entre les Crips et les Bloods.
Je n’aime pas l’Amérique, son
histoire et son « rêve » baignant dans la violence, je n’aime pas
les flics, à fortiori américains (précisons d’emblée : ceux qui jouent aux
cowboys et se croient au-dessus des lois, c’est-à-dire, j’ose l’espérer, une petite
minorité d’entre eux), je n’aime pas Hopper en réalisateur (Easy Rider et Hot
Spot m’avaient passablement niflé) et la culture rap m’est totalement étrangère
et le restera probablement pour toujours. Pourquoi ce Colors, alors ? Ben
sur les conseils d’un blogueur (Ranxzevox, pour ne pas le nommer) et parce qu’après
une intense période de « mise à jour » cinématographique, je ne sais
plus trop à quel saint me vouer… En ce moment, je suis plutôt dans une phase « musique
et voyages » et je ne suis pas loin de faire mienne la réplique d’une barmaid
dans le Grosse fatigue de Michel Blanc : « moi, le cinéma, ça m’fait
chier ! » 😄. Alors, qu’est-ce qu’il en retourne ? Cet univers ne
me « parlant » pas, je suis resté un peu à distance de cette
histoire, sorte de chronique sociale et policière du Los Angeles de cette fin
des « années Reagan ». Rien de caricatural (les flics et les voyous de
ces gangs étant de base des caricatures d’eux-mêmes) ou de manichéen ici mais quelques
clichés : les deux flics que tout oppose (caractère, génération), on a
déjà vu ça avant et on le reverra plus tard (coucou L’arme fatale et Seven !). Toutes les « figures
imposées » auxquelles on s’attend sont présentes : la bavure, les
règlements de compte, les interpellations musclées après course-poursuite, les
deux flics dans leur vie privée… Robert Duvall (décédé en février dernier à 95
balais) et Sean Penn, qui « roulent des mécaniques » chacun à leur
façon, trouvent ici des rôles correspondant parfaitement à leur style
respectif et à ce qu’ils étaient dans la vie. L’un des deux clamsera à la fin, lequel sera-ce ?
Je n’évente pas le suspense. La bande-son, signée par un Herbie Hancock alors à
fond dans sa période électro-funk (assurément le « nadir » de sa carrière,
à l’instar du Bowie de la même époque. Décidément, les 80’s…), n’aura pas
davantage contribué à soulever mon enthousiasme. Las.
C’est l’histoire de deux étudiants,
Richard (Ryan Gosling) et Justin (Michael Pitt, aucun lien avec Brad), très
différents l’un de l’autre. Le premier est charismatique et crâneur, le second très
intelligent mais plus introverti. Bref, à eux deux, ils font un mec entier. Leur amitié les conduit à planifier et commettre par défi un crime « parfait »,
sans mobile, avec une victime choisie par hasard. Mais Cassie Mayweather (Sandra
Bullock), une flic « allumeuse » à ses heures et victime d’un trauma,
les soupçonne rapidement.
Allez, un petit détour par « l’efficacité »
hollywoodienne… Je pense que j’avais dû le voir à l’époque car Sandra Bullock,
j’suis fan depuis Speed, certaines images me sont revenues. Mais c’est
franchement pas terrible, normal de l’avoir oublié. Absolument pas crédible. Bullock
en « mante religieuse » qui baise tout habillée, ça l’fait pas et c’est
hors de propos, sinon pour « installer un personnage » dont on
découvrira les fêlures au fur et à mesure de l’enquête. Une enquête (trop)
rondement menée pour mettre à jour une machination elle-même soigneusement préparée
mais fragilisée par les tensions entre les deux apprentis meurtriers. Une
rivalité qui atteindra son paroxysme en raison d’une jalousie amoureuse autour
de la jolie Lisa. Rien ne manque, pas même le « twist » final après
la scène d’action (ratée, effets numériques nazes) d’usage. Rien à part l’essentiel :
un peu plus de folie et de surprise…
« Encore merci et bonne
chance, nous sommes avec vous. »
Réalisation : Jim Abrahams, David
Zucker et Jerry Zucker
Scénario : Jim Abrahams, David
Zucker et Jerry Zucker
Pays : Etats-Unis
Année : 1980
Genre : Comédie, parodie
Avec : Robert Hays, Julie
Hagerty, Lloyd Bridges, Leslie Nielsen, Robert Stack, Peter Graves, Kareem
Abdul-Jabbar.
Synopsis : A Los Angeles, Ted
Striker, ancien pilote de chasse et vétéran traumatisé par un raid désastreux,
monte à bord d’un avion en direction de Chicago dans l’espoir de reconquérir sa
petite amie Elaine Dickinson, hôtesse de l'air sur ce vol. Au cours du voyage,
une intoxication alimentaire rend malades les passagers et les membres de
l'équipage qui ont consommé du poisson. L'avion se retrouve alors sans pilote.
Je clôture avec ce nouveau film
culte ma mini-série consacrée à Leslie Nielsen (à moins que je me tape Agent
zéro zéro un de ces jours) ainsi que la liste des 46 pièces de ma DVDthèque. Le
comédien n’y a pas le premier rôle et n’est ici qu’un maillon parmi une galerie
d’autres personnages incarnés par d’anciennes gloires dans de savoureux
contre-emplois : Robert Stack (série Les Incorruptibles), Peter Graves
(série Mission impossible) ou encore Lloyd Bridges. Dans la distribution
s’insère également, dans le rôle d’un des pilotes, la star de basket Kareem
Abdul-Jabbar, pivot des célèbres Los Angeles Lakers. Sans oublier Stephen
Stucker (décédé du Sida à 38 ans en 1986) en contrôleur aérien efféminé, l’un
des personnages les plus délirants du casting. Mais les deux rôles principaux
sont tenus par Robert Hays et Julie Hagerty, dont l’histoire sentimentale
percute les difficultés rencontrées à bord de ce vol. Les gags de toutes sortes
(en arrière-plan, répliques, non-sens, parodies…) s’enchainent à vive allure. Outre
les films catastrophe du type Airport, sont tournés en dérision Les dents de la
mer (générique du début) et surtout La fièvre du samedisoir, dans l’une des
séquences les plus marquantes (irrésistible Stayin’ Alive). L’ensemble a
forcément un peu vieilli (la musique de fanfare du générique final, celle
mélodramatique et mielleuse lors des saynètes romantiques entre Hays et
Hagerty…) mais cela contribue aussi à son charme. Malgré une durée réduite, à
nouveau inférieure aux 90 minutes généralement de mise pour un long-métrage, Y
a-t-il un pilote dans l’avion ? mérite amplement son statut parmi les
meilleures comédies jamais réalisées. Je n’en dirai en revanche pas tant de sa
« séquelle » de 1982, avec grosso modo les mêmes acteurs principaux
mais sans aucune intervention du trio « ZAZ ».
« Là je ferme les yeux
mais en temps normal, il ne faudrait pas rouler à 125 dans le mauvais sens d’une
rue à sens unique… »
Réalisation : David Zucker
Scénario : Jerry Zucker, Jim
Abrahams, David Zucker et Pat Proft
Pays : Etats-Unis
Année : 1988
Genre : Comédie, policier,
parodie
Avec : Leslie Nielsen, Priscilla
Presley, Ricardo Montalban, George Kennedy, O. J. Simpson.
Synopsis : Frank Drebin est
policier dans la brigade spéciale de Los Angeles. Son meilleur ami et
partenaire Nordberg est gravement blessé et accusé de trafic de drogue. Dès
lors, Frank cherche à savoir qui a voulu le tuer. Son enquête l'amène sur les
traces de Vincent Ludwig, riche homme d'affaires à qui l'on vient de confier la
charge d'organiser la venue de la reine Elisabeth II. Frank fait la rencontre
de l'assistante de Ludwig, Jane Spencer, dont il va tomber amoureux.
Y a-t-il un flic pour sauver
le président ? (1991)
« C’est de l’histoire
ancienne, comme le Parti Démocrate. »
Réalisation : David Zucker
Scénario : David Zucker et Pat
Proft
Pays : Etats-Unis
Année : 1991
Genre : Comédie, policier,
parodie
Avec : Leslie Nielsen, Priscilla
Presley, George Kennedy, O. J. Simpson, Robert Goulet, Richard Griffiths, Anthony
James.
Synopsis : Trois ans après, Frank
et Jane sont séparés. Il la retrouve en tant qu'assistante du professeur
Meinheimer, qui doit prochainement prononcer un discours en faveur des énergies
renouvelables, ce qui n’est pas du goût des magnats du pétrole. Jane s'est
fiancée à Quentin Hapsburg, un homme d’affaires louche.
Y a-t-il un flic pour sauver
Hollywood ? (1994)
« Et puis… tu as tué
personne depuis 6 mois… » - « C’est vrai ! C’est toujours les
p’tites choses qui vous manquent. »
Réalisation : Peter Segal
Scénario : David Zucker, Pat
Proft et Robert LoCash
Pays : Etats-Unis
Année : 1994
Genre : Comédie, policier,
parodie
Avec : Leslie Nielsen, Priscilla
Presley, George Kennedy, Fred Ward, O. J. Simpson, Anna Nicole Smith.
Synopsis : L'inspecteur Frank Drebin est désormais à la retraite. Mais
ses anciens coéquipiers font à nouveau appel à lui. En effet, le criminel Rocco
Dillon prépare un attentat qui aura lieu pendant la cérémonie des Oscars.
Assurément l’une des « franchises » les
plus drôles de l’histoire et qui révéla le potentiel comique de l’acteur Leslie
Nielsen dans le rôle du policier gaffeur Frank Drebin. Les autres acteurs
récurrents de la série sont sa compagne Priscilla Presley (mais pas trop fort
quand même…) et ses coéquipiers George Kennedy et O. J. Simpson (oui, l’ancien
joueur de foot américain disparu en 2024 et ayant défrayé la chronique en 1994
pour le double meurtre de son ex-épouse et l’un de ses amis). Alors, quel volet
est le plus drôle et le plus réussi ? Instinctivement et par habitude, on aurait
tendance à dire le premier mais honnêtement, le trio ZAZ (Jerry Zucker, Jim
Abrahams et David Zucker, diversement impliqués dans les trois films) en avait
suffisamment « sous la semelle » pour nous offrir deux « séquelles »
fort réjouissantes et de qualité. Passons rapidement sur la séquence
introductive du premier volet, aux forts relents « néo-con » de
l’impérialisme yankee et ses croisades évangélistes contre les « forces du
Mal » (invariablement les communistes et les islamistes), où Drebin dézingue
Khomeini (déjà…), Gorbatchev, Yasser Arafat (mouais…), Kadhafi et Amin Dada. Il
doit ensuite faire échouer la tentative d’assassinat de la reine Elisabeth II
par un richissime notable (mémorable final au match de baseball). Autres scènes
marquantes : la course-poursuite à bord de l’auto-école ou
« l’agression à l’aide d’une verge de statue ». Dans le second opus,
Drebin est cette fois aux prises avec un autre businessman véreux, fiancé à Jane
(Presley) et qui lui envisage de remplacer un professeur aux idéaux écologistes
par un sosie bien plus favorable à l’industrie pétrolière. Après la reine
d’Angleterre et les chefs d’Etat du précédent volet, on y retrouve d’autres
sosies : cette vieille ganache de George Bush père et sa grognasse Barbara
(scène introductive hilarante lors du diner à la Maison Blanche). Parmi les
films parodiés ici : la scène de la douche de Psychose et celle de la
poterie dans Ghost (réalisé par Jerry Zucker, une autocitation, donc). Quant au
troisième volet, si l’intrigue policière y est moins élaborée que dans les deux
premiers, les gags restent au niveau (la « banque du sperme », la
prison, tout le final aux Oscars). Là encore, le film débute en fanfare :
parodie de la scène de la gare des Incorruptibles, avec pas moins de quatre landaux
(encore deux sosies : Bill Clinton et le pape Jean-Paul II). Poilant. Autres
clins d’œil cinématographiques : Thelma & Louise, Jurassic Park et les
films d’évasion (L'évadé d'Alcatraz, La grande évasion). Présence au casting d’Anna
Nicole Smith, à la poitrine généreuse et au destin tragique (décès à 39 ans, un
an après celui de son fils de 20 ans). Une trilogie culte à voir et à revoir
pour de bons moments de franche rigolade.
« Je trouve que ce chien
a un museau très surprenant. » - « C’est parce que vous regardez ses
fesses… »
C’est l’histoire de Ryan Harrison
(Leslie Nielsen), violoniste de renommée mondiale. Il est embarqué dans un
complot où une admiratrice (Kelly LeBrock) lui fait porter la responsabilité du
meurtre de son mari (Michael York), qui avait découvert qu’elle projetait d’assassiner
le secrétaire général de l’ONU. Condamné à mort, Harrison parvient à s’échapper
lors d’un transfert de prisonniers. Le lieutenant Fergus Hall (Richard Crenna)
se lance à sa poursuite.
Faut wigoler ! Putain, t’as
raison, surtout en ce moment où tous les voyants sont au rouge (Recherche
bonnes nouvelles désespérément…). Et quoi de mieux pour cela qu’un film avec
Leslie Nielsen, acteur canadien qui se révéla sur le tard dans un registre
comique grâce à la série de films des Y a-t-il… ? La recette est connue :
humour potache, régressif et nonsensique, parodies de films, gags en arrière-plan.
Elle est réutilisée ici, avec plus ou moins de bonheur. Durant moins que les 90
minutes réglementaires et mis en boite par le néophyte Pat Proft (qui ne
récidivera pas…), ça sent le truc bâclé. « L’intrigue » n’a aucun
sens, le scénario ne s’embarrasse d’aucun souci de vraisemblance et n’est qu’un
prétexte à l’enchainement de gags et de parodies de grands succès cinématographiques.
On se délectera notamment de celles d’Usual Suspects, de Mission Impossible, de
La mort aux trousses et du Fugitif, ce dernier fournissant la trame scénaristique
du métrage, avec Richard Crenna dans le rôle du flic fûté incarné par Tommy Lee
Jones dans l’original. La voix de doublage de Leslie Nielsen n’est
malheureusement pas adéquate, son doubleur habituel Jean-Claude Michel n'étant pas
disponible pour des raisons médicales (il décèdera d’ailleurs un an plus tard).
Au final, un moment sympatoche mais clairement en deçà des Y a-t-il un flic (ou
un pilote)…