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JF partagerait appartement (1992), de Barbet Schroeder

 

« T’es trop bonne. C’est ton problème. Les hommes sont des porcs, même ceux qui ont l’air gentil. Tu finis toujours par te faire avoir. »

C’est l’histoire d’une nana, Alison Jones (Bridget Fonda), conceptrice de logiciels, qui rompt avec son mec Sam Rawson (Steven Weber) car il l'a trompée avec son ex-femme. Souhaitant conserver son grand appartement new-yorkais, elle se met en quête d’une colocataire. Son choix se porte sur l’effacée Hedra Carlson (Jennifer Jason Leigh). Problème : celle-ci s’avère envahissante et pour tout dire complètement secouée, alors que Sam refait surface et obtient d’Alison une nouvelle chance.

Ce film me replonge dans les désormais douloureux souvenirs du temps béni de mon adolescence où, avec mon géniteur, nous louions des films en K7 dans les vidéo-clubs lors de ses week-ends de garde de père divorcé. Dont celui-ci, donc. Qui ne vaut hélas pas tripette et peine à résister aux affres du temps. Ce n’est pas qu’il soit mal fait, loin de là mais son déroulé des plus prévisibles et le genre dans lequel il s’inscrit (thriller) le condamnent inévitablement au statut de produit de consommation courante pour soirée TV. Il n’évite pas non plus l’écueil de quelques clichés (l’apprenti violeur de Fonda est tué mais son ami voisin homo survit) ni du final grand-guignolesque. Son relatif succès au box-office reste donc un mystère. On retiendra toutefois l’interprétation des deux jeunes femmes qui, fatalement, n’échappent pas au « passage obligé » de la nudité, en particulier celle de Jennifer Jason Leigh.

Officier et gentleman (1982), de Taylor Hackford


« La meilleure suceuse des 52 États... Qu’est-ce que je peux faire ? »

C’est l’histoire de Zack Mayo (Richard Gere), fils d'un sous-officier de marine alcoolique et amateur de prostituées (Robert Loggia), qui s’engage dans l'armée pour devenir aviateur. A son arrivée, le Sergent instructeur Foley (Louis Gossett Jr.) le met en garde, ainsi que les autres recrues, contre les femmes du coin qui ne manqueront pas de se faire mettre enceinte afin qu’ils les épousent. Zack tombe amoureux de l’une d’elles, Paula (Debra Winger).

Creusons (au sens figuré…) cette Debra Winger dont j’ignorais l’existence jusqu’au visionnage de Tendres passions, qui lui valut l’une de ses trois nominations aux Oscars (toutes infructueuses), avant de « disparaître des radars » pendant quelques années (1995-2001), ce qui inspira à Rosanna Arquette son documentaire À la recherche de Debra Winger (2002), traitant de la difficulté pour les actrices de trouver des rôles passé un certain âge (le revers de la médaille de la beauté, qui ne dure qu’un temps). Son rôle dans Officier et gentleman fut l’objet d’une autre de ses nominations. Quant au bellâtre Gere, après avoir fait la pute dans American Gigolo (1980) et avant de s’en payer une dans Pretty Woman (1990), il se raffermit pour passer avec succès ces épreuves militaires. Bilan :

Achat 1 euro sur Vinted : oui

Exaltation du sentiment patriotique, de l’effort, de la discipline, de la soumission à la hiérarchie, de l’amour hétérosexuel et de Dieu : oui (on est aux States et à l’armée…)

Homophobie latente : oui mais c’est le milieu (et l’époque) qui voulait ça…

Scène de cul : oui (cul et seins de Debra, quelques secondes)

Traumas familiaux : oui

Sergent instructeur « dur sur l’homme » mais-je-n’en-suis-pas-moins-homme-avec-un-petit-cœur-qui-bat : oui

Femme vénale, calculatrice et injuste : oui

Femme sensible sincèrement amoureuse : oui, aussi

Mec naïf qui se fait promener par la connasse citée plus haut : oui

Mec méfiant qui ne veut pas se faire promener par une connasse mais qui se rend compte que finalement, c’est pas une connasse (la sincère citée plus haut) : oui, aussi (bref, les meufs gagnent dans tous les cas de figure…)

Stimulateurs lacrymaux : oui (un drame et un « happy end »)

Revente sur Rakuten : oui, ça vient de partir pour 1,50 €

Le maître du jeu (2003), de Gary Fleder

 

« Rah, j’aime pas les baptistes, pas plus que les Démocrates… »

And justice for all…

C’est l’histoire d’un procès. Il oppose l’épouse d’un homme abattu deux ans plus tôt dans une tuerie de masse par un ancien salarié de sa société de courtage qui l’avait renvoyé, à l'entreprise d'armes Vicksburg Firearms, chez qui le tueur s’était fourni. Tandis que la veuve est défendue par Wendell Rohr (Dustin Hoffman), avocat moralement irréprochable, la firme d’armement et ses actionnaires ont fait appel à Rankin Fitch (Gene Hackman). Celui-ci, fin psychologue et sans scrupules, bénéficiant d’un budget conséquent et à la tête d’une équipe de redoutables professionnels, est passé maître dans l’art de contrôler un jury, sélectionnant les profils dont il pense qu’ils seront favorables à sa cause, les manipulant et exerçant au besoin des pressions sur eux pour faire pencher la balance en sa faveur. Seul l’un des jurés sélectionnés, le mystérieux Nicholas Easter (John Cusack), semble échapper à son emprise. Par ailleurs, Marlee (Rachel Weisz), la compagne d’Easter, contacte Rohr et Fitch en leur proposant d’influencer le jury en leur faveur contre 10 millions de dollars.

Vous me dites ce qui me pousse à continuer d’acheter ces merdes à 1 euro (le triple ou plus avec le port, heureusement compensés par mes « porte-monnaies » virtuels) sur Vinted ou Rakuten ? Le désœuvrement et le manque d’idée ? Parce qu’elles ne sont pas disponibles dans mes médiathèques municipales ? Oui, un peu tout ça sans doute. Et puis, tiens, Gene Hackman et Dustin Hoffman, pas mal quand même, non ? Oui mais attention, sur la jaquette je lis aussi « 2003 » et « Gary Fleder » (Le collectionneur avec Freeman, Pas un mot avec Douglas fils… L’un de ces multiples tâcherons qui peuplent les studios hollywoodiens…). Ben ouais, on fait partie d’une « industrie » (horrible terme totalement antinomique avec l’art et la culture), on ne nous propose pas des French Connection ou des Macadam Cowboy tous les jours et pendant ce temps, faut bien payer ses factures et ses arriérés d’impôt… Alors allons-y, gaiement ou pas, pour cet énième thriller cousu de fil blanc (le pot de terre contre le pot de fer, qui va gagner, oh la la, terrible « suspense »…) aux improbables rebondissements, inspiré du roman éponyme de John Grisham, écrivain multi-adapté au cinéma (La firme, Le client, L’affaire Pélican ou Le droit de tuer ?, c’était déjà de lui). Ah, là c’est sûr, pas de « thèmes », de « propos » ou de « vision »... Enfin si, toujours les mêmes : le pognon, la Patrie, la famille traditionnelle, les donuts et Dieu pour tous… Et donc pour ou contre le fameux « second amendement » de la Constitution de la « plus grande démocratie du monde » (sic)… Bien sûr, c’est Hackman qui campe le manipulateur froid et cynique et bien sûr, c’est Hoffman qui incarne l’avocat honnête « droit dans ses bottes » et idéaliste (vous avez déjà vu Hoffman avoir le mauvais rôle ? Moi jamais. Ce qui en dit peut-être long sur l’égo du bonhomme…). Bien sûr, ils ont une scène de confrontation, dans les toilettes du tribunal (ben tiens, manquerait plus qu’on y échappe…). Et bien sûr, parce qu’on a affaire à des professionnels, on aura droit à quelques scènes d’action et à l’incontournable « twist » final. Allez hop, aussitôt consommé, aussitôt chié (et oublié) et retour « à l’envoyeur », c’est-à-dire sur les « marketplaces »…

MASH (1970), de Robert Altman

 

Encéphalogramme plat…

C’est l’histoire de trois chirurgiens (Donald Sutherland, Tom Skerritt et Elliott Gould) qui débarquent dans un camp militaire de l’US Army lors de la guerre de Corée en 1951. Bien que compétents, ils sont aussi farceurs, dragueurs et volontiers rebelles. Bien sûr, cela va faire des étincelles avec leur hiérarchie…


On avait dit « pas de film de guerre », putain, chier ! Merde, putain… Fait chier. Oui mais, oh : Robert Altman, l’homme de Shorts Cuts, derrière la caméra, Palme d’or 1970 à Cannes, conservation à la Bibliothèque du Congrès et inspiration de la série éponyme, rien que ça. Et alors ? Ben c’est quand même bidon ! Je lis « humour potache ». Ah ouais, super... Le compagnon de tente (Robert Duvall) de l’échalas Sutherland et de Skerritt les soule avec ses sermons ? Qu’à cela ne tienne, ils lui foutent la honte en diffusant via les haut-parleurs du camp ses ébats avec une infirmière (Sally Kellerman). Et ils exhiberont la même Kellerman nue aux yeux du camp en soulevant la tente où elle prend sa douche, dans le but de vérifier « si c’est une vraie blonde ». Qu’est-ce qu’on s’amuse, hein, arrêtez, j’ai des crampes d’estomac… Y’a aussi un dentiste suicidaire car il pense avoir des penchants homosexuels et à la fin, un match de football américain (un sport dont seuls les Zaméricains peuvent comprendre les règles…) sujet à un pari financier. Nos trois gars et leur équipe remporteront la mise grâce à un plan savamment orchestré, avant que Sutherland et Skerritt ne repartent comme ils étaient arrivés, laissant leur compère Gould à son triste destin (lui n’a pas reçu d’ordre d’évacuation, ben merde alors…). Près de deux heures d’un ennui mortel, parsemé de scènes parfois sanglantes d’opérations chirurgicales, où nos héros n’hésitent pas à « mettre les mains dans le cambouis ».  

Backrooms : les arrière-salles (2026), de Kane Parsons

 

C’est l’histoire d’un mec (Chiwetel Ejiofor, à vos souhaits...), sa vie c’est d’la merde et il l’échangerait bien contre celle du roi du Maroc (pour ceux qu’ont la réf…) : divorcé de sa femme, alcoolique et gérant d’un magasin de meubles en difficulté. D’ailleurs, il voit une psy (Renate Reinsve, également à l’affiche de Fjord, toute… fraîche Palme d’or cannoise), elle-même victime d’un trauma enfantin. Enquêtant sur des dysfonctionnements électriques dans son magasin, il y découvre, au sous-sol, un passage vers des « backrooms », une sorte de labyrinthe composé de couloirs et d'espaces liminaires garnis d’objets divers épars.

De la fin du printemps au début de l’automne constituant la période de sortie « d’hibernation » de mon unique collègue, c’est donc aussi celle de nos sorties dans les magasins culturels, les médiathèques de quartiers et les salles obscures. Cela tombe relativement bien étant donné que les films d’épouvante, d’horreur et/ou fantastiques sortent souvent à ce moment-là de l’année. Backrooms, donc. Adaptation, par son créateur, un jeunot de tout juste 21 piges nommé Kane Parsons, de la web-série « anthologique » (bâillements…) du même nom. Autant mettre fin d’emblée à tout suspense : c’est, globalement, ce que j’appellerais une « couille ». Vue par ailleurs dans des conditions pas idéales, dans une salle pas très grande, essentiellement remplie d’ados flirtant avec la limite, sans heureusement la franchir, de l’inconvenance sonore : téléphone, canettes, grignotage de pop-corns, cris et rires lors des « jumpscares »... « Il faut bien que jeunesse se passe », comme dit le proverbe, mais je me demande ce qu’on va bien pouvoir tirer de cette génération, si ce n’est des caissières Monoprix, des chauffeurs / livreurs Uber, des caristes Amazon ou, pour les plus doué(e)s (?) ou chanceux/euses, « influenceur/euses ». Pour en revenir au film, s’il tient assez bien la route au début, il bascule à un moment dans le n’importe quoi, avec l’apparition d’un monstre géant à l’effigie du gestionnaire du magasin en tenue promotionnelle. Du coup, j’ai trouvé l’idée de l’exploration de ces « arrière-salles » insuffisamment exploitée, on retombe finalement assez vite sur les mécanismes du film d’horreur lambda, du reste encombré d’un fatras pseudo-philosophique sur le sens de la vie et de comment être véritablement acteur de la sienne. 12,50 € pour ça, ça fait un peu mal au fessier... Si « pièces vides » et « labyrinthe » renvoient inconsciemment, dans le genre fantastique / horreur, à Cube, « l’élève » n’est pas prêt de détrôner le maître…       

Agent zéro zéro (1996), de Rick Friedberg

 

« Ce Steele va bientôt regretter que sa maman ait rencontré son papa… »

La corde est usée…

C’est l’histoire… euh, là, vraiment aucune importance, c’est juste celle de Leslie Nielsen (très mauvaise voix de doublage, pas l’habituelle) qui rempile pour une série de gags parodiques « à la mitraillette »… Enfin, si vous y tenez… Il est Dick Steele, un agent secret qui doit sauver le monde (et accessoirement la fille de son ancienne partenaire, décédée dans l’une de leurs opérations) en faisant face au dangereux Général Rancor (Andy Griffith). Veronique Ukrinsky (Nicollette Sheridan), fille du professeur concepteur du circuit électronique nécessaire à Rancor pour lancer son missile, l’accompagne dans sa mission.

Ouh que c’est mauvais… Souhaitant conclure la semaine sur une note humoristique après avoir été terrassé par non pas… La terrasse (à venir) mais Tendres passions (suivez, bon sang…), cet Agent zéro zéro aura peiné à me faire décrocher ne serait-ce qu’un sourire… On repart pour un tour de gags éculés voire recyclés et de parodies de succès hollywoodiens. On s’amusera à reconnaitre parmi ceux-ci Sister Act, Dans la ligne de mire, Speed, Jurassic Park, Pulp Fiction (la mythique scène de danse Travolta – Thurman), E.T, Maman, j'ai raté l'avion !, True Lies et sans doute un film de guerre dans la jungle (Rambo, Predator ou assimilé). Franchement aucun intérêt, le film ne dure d’ailleurs qu’une heure et quart, il ne fait même pas semblant de n’avoir rien à raconter. De plus, il faut encore se taper l’idéologie sous-jacente (« on est les meilleurs et les maîtres du monde, nous les zaméricains »), présente aussi dans certains volets de la série des Y a-t-il…, où l’homme du Moyen-Orient (en dehors de l’allié israélien, évidemment) est toujours renvoyé soit au terrorisme soit à une forme de sous-développement (le chauffeur de taxi Tamul qui fait équipe avec Nielsen). Finalement, c’est le Directeur des Services Secrets (Charles Durning), se camouflant en fauteuil en cuir, en store ou même en sol, qui m’aura fait le plus sourire. Parmi les caméos figurent Mister T. de l’Agence tous risques, le catcheur Hulk Hogan et le grand Ray Charles en… chauffeur du bus piégé. L’échec critique et commercial du film n’a pourtant pas découragé notre cher Leslie à poursuivre dans cette voie et il remettra le couvert avec Le détonateur (à peine meilleur, 1998) et Y a-t-il un flic pour sauver l'humanité ? (2000, avec Ophélie Winter, probablement le pire de tous).  

Tendres passions (1983), de James L. Brooks

 

« Comment veux-tu avoir la vie plus facile si ce type continue à te faire pondre des gosses ? Quel miracle va-t-il tomber du ciel qui puisse te sauver ? »

C’est l’histoire de la relation « amour – haine » entre une mère, Aurora (Shirley MacLaine) et sa fille Emma (Debra Winger). La première, veuve un peu guindée, voit d’un mauvais œil le mariage de la seconde, un peu « fofolle ». Les deux femmes restent malgré tout attachées et se téléphonent fréquemment. Emma enchaine les naissances (trois au total) tandis qu’Aurora finit par se laisser séduire par son voisin Garrett (Jack Nicholson), astronaute.

Sorti chez nous le jour de mon 9ème anniversaire (4 avril 1984), multi-Oscarisé (5 au total, dont la plupart des principales statuettes), massacré par la critique française à l’époque puis bénéficiant d’un « retour de hype » depuis deux décennies, je me suis donc laissé tenter par ce Tendres passions, acheté lui aussi sur Vinted (de même que prochainement, La Terrasse et Agent zéro zéro). Un film aussi touchant, beau, moche et déprimant que peut l’être la vie (c’est-à-dire quelques pépites de bonheur dans un océan de merde…). Il mêle habilement comédie et (mélo)drame et établit un étonnant parallèle entre la vie des deux femmes. En effet, tandis que la mère (Shirley MacLaine) retrouve une seconde jeunesse en tombant amoureuse telle une midinette, le couple de sa fille (Debra Winger, mariée à Jeff Daniels, même voix française que Bruce Willis) est vite rattrapé par l’usure du quotidien, avec son lot de contraintes professionnelles, de disputes et de tromperies réciproques. Les deux femmes sont formidables mais il n’y avait qu’un Oscar à prendre, il sera finalement pour MacLaine. Nicholson, fidèle à lui-même (c’est-à-dire un brin cabotin), empochera celui du meilleur second rôle masculin. Cette histoire s’achèvera [SPOILER ALERT] de façon sordide, dans l’anonymat d’une chambre d’hôpital. La ficelle « tire-larmes » est facile mais le film, assez pudique, a la bonne idée de ne pas en faire des caisses dans le pathos. Chienne de vie et putain de crabe… En somme, même si « la vie continue » (les derniers plans), ne comptez pas sur Tendres passions pour vous remonter le moral…     


Le topo de Guillaume Brac et Justine Triet :
 

Et celui de Michel Hazanavicius :

Meurtre en suspens (1995), de John Badham

 

C’est l’histoire d’un mec, Gene Watson, comptable (Johnny Depp), il est pas dans la merde… A peine débarqué à Los Angeles avec sa petite fille, deux faux policiers (Christopher Walken et Roma Maffia) enlèvent cette dernière et menacent de la tuer si lui-même ne flingue pas rien de moins que la Gouverneur de Californie dans les 90 minutes qui viennent. Ils lui remettent une arme à feu, la photo de ladite Gouverneur et le programme du meeting qu’elle donne dans un luxueux hôtel. Tout en l’ayant à l’œil…

Allez, après quelques films un peu plus exigeants, retour vers le pur divertissement sans message (ah, quand même un plan sur la fillette qui, du train arrivant en gare, regarde les miséreux des bas-fonds de la « Cité des anges », quelle audace…), mis en boite par un tâcheron hollywoodien, à savoir John Badham, dont les principaux « faits d’armes » se nomment Dracula (1979) et La fièvre du samedi soir (1977). Film acheté à petit prix sur Vinted (et qui sera revendu dès que possible par ce biais ou un autre) car indisponible à ma médiathèque. Jamais été fan du bellâtre Johnny Depp mais je n’avais jamais vu ce film, alors, pour tuer 90 minutes d’un venteux après-midi… Après avoir dansé dans un clip de Madonna (Bad Girl, 1993) et avant de le faire dans un autre de Fatboy Slim (Weapon of Choice, 2000), Christopher Walken, qui sortait de Pulp Fiction (mémorable séquence du récit de « la montre dans l’cul »), endosse le rôle du méchant bien méchant. Enfin, l’un des méchants car il se trouve que [SPOILER ALERT] la plupart des agents de sécurité sont dans le complot ourdi par le mari même de la Gouverneur. Bigre ! Bon, vous l’aurez compris, Meurtre en suspens tient bien en haleine (filmé quasiment en temps réel et caméra à l'épaule) mais rien ne tient debout et aucun enjeu ne subsiste puisqu’on sait à l’avance que l’issue débouchera sur le sempiternel « happy end » du papounet qui retrouvera sa p’tite fifille (un enfant, ça émeut toujours dans les chaumières…). Johnny Depp pourra au moins compter sur un allié de poids (c’est le cas de le dire…) en la personne d’un cireur de chaussures noir, petit et rondouillet (comme Bruce Willis dans Piège de cristal, sauf que là le type était flic mais sinon, même physique). Et sur les habituels atermoiements d’affreux qui rateraient un éléphant dans un corridor…   

Safe (1995), de Todd Haynes

 

C’est l’histoire d’une meuf, Carol White (Julianne Moore), elle a tout pour être heureuse : un mari, un beau-fils, une belle baraque, des amies. Ben pourtant, non. Déjà, elle ne ressent rien quand son bonhomme la tringle (première scène). Puis, elle développe une hypersensibilité à toutes sortes de produits chimiques et est sujette à des crises de plus en plus fréquentes. Sans solution médicale, elle se tourne vers des thérapies holistiques.

L’air qu’on respire, la bouffe qu’on ingurgite, le stress, tout cela influe sur notre santé et la santé, c’est important. Primordial même, il me semble. Pourtant, on n’entend guère nos baltringues d'hommes « politichinelles » en parler, en particulier ceux situés les plus à droite sur l’échiquier, les Bardella, Ciotti, Zemmour, Retailleau et compagnie (par exemple, avez-vous déjà entendu les mots « perturbateur endocrinien » dans la bouche du Fantomas nissard ou du chouan vendéen ?), trop occupés à gloser sur leur obsession des « 4 I » (Insécurité, Immigration, Islam, Impôts). Enfin, à chacun ses priorités…

Safe (vu en V.O, pas de VF) traite donc de notre environnement, du monde moderne, de comment il nous agresse et nous détruit à petit feu. Un film extrêmement contemporain. Il se divise en deux parties. Dans la première, Julianne Moore est soudainement victime de crises à répétition : saignement du nez, quinte de toux suite à l’exposition à la fumée d’un pot d’échappement particulièrement polluant, suffocation... Les différentes consultations médicales ne lui sont hélas d’aucun secours, si ce n’est qu’elle semble être devenue allergique aux substances chimiques. C’est alors qu’elle se laisse convaincre par une sorte de secte New Age, découverte par le biais d’un prospectus trouvé dans son club de gymnastique. La seconde partie se déroulera donc au sein d’un centre basé à l’écart des grandes villes et dirigé par un gourou. On erre dans le film tel un fantôme, à l’image du personnage interprété par Julianne Moore, très juste dans ce rôle. Le rythme est lent, voire léthargique, sans coup d’éclat (en dehors de quelques crises spectaculaires au début). La fin, ouverte, ne nous permet pas de trancher : est-elle en voie de guérison ou sombre-t-elle définitivement ? Allégorie du SIDA ? De la dépression ? Fable écologiste ? Ode à l’introspection et à la bienveillance communautaire ? Un peu tout ça à la fois ? A vous de voir… mais on s’emmerde quand même pas mal.


Le topo d'Alice Winocour :

Michelangelo Antonioni : le yin et le yang…

 

Blow-Up (1966)

C’est l’histoire d’un mec photographe (David Hemmings) dans le Londres des années 60, qui prend notamment des clichés de jolies donzelles (tant qu’à faire…). Un jour, dans un grand parc, il photographie un couple à son insu. La femme (Vanessa Redgrave), s’en apercevant, le chasse puis il revient sur les lieux et prend de nouveaux clichés, alors que la femme s’enfuit en courant et que l’homme a disparu. Une fois revenu dans son laboratoire, en agrandissant (« blow-up » en anglais) plusieurs fois ses photos, il pense reconnaitre les indices d’un assassinat. 

Oui, vous l’avez deviné, je suis dans ma période « macaronis », comme les appellerait le beauf Jugnot des Bronzés, avec aujourd’hui le plus anglo-saxon des réalisateurs transalpins : Michelangelo Antonioni. Deux films, un succès (Blow-Up, Palme d’or à Cannes en 1967) et un échec (Zabriskie Point). Pourtant, j’ai largement préféré « l’échec »… Les deux films ont des points communs : captation de vastes étendues et d’une époque (un parc / le Londres des Swinging Sixties dans Blow-Up, la Vallée de la Mort / contre-culture et libération sexuelle des campus U.S dans Zabriskie Point), considérations esthétiques plus importantes que l’histoire, scène de sexe très découpée, musique dans « l’air du temps »… Blow-Up m’a fait autant d’effet qu’un plat de spaghettis froid. Il faut attendre trente minutes avant l’épisode du parc puis encore trente avant que le gars agrandisse ses photos et découvre la probabilité d’un crime. Quasiment aucun suspense policier, Antonioni préfère filmer un concert des Yardbirds, groupe anglais alors à la mode (Herbie Hancock se charge du reste de la B.O) et une scène de « batifolage » entre le photographe et deux modèles (dont Jane Birkin). Film sans queue ni tête, ou plutôt si puisqu’il s’achève en queue de poisson. Il m’aura au moins permis d’apprendre le coup d’éclat de Vanessa Redgrave lors des Oscars 1978, où elle remporta celui du meilleur second rôle féminin pour sa prestation dans Julia. De la pure science-fiction aujourd’hui, alors que nous en sommes exactement au même point. Chapeau bas, Madame.



Zabriskie Point (1970)

Quand t’es dans le désert…

C’est l’histoire de Mark (Mark Frechette), un étudiant très engagé dans la contestation qui gagne les milieux universitaires de Los Angeles en cette année 1969. Assistant au meurtre d’un étudiant noir suite à un tir d’un policier, il s’apprête à répliquer mais l’agent est abattu par quelqu’un ayant tiré avant lui. Craignant d’être pris pour le coupable, Mark vole un petit avion de tourisme et s’enfuit vers le désert de la Vallée de la Mort. Il croise sur sa route Daria (Daria Halprin), jeune secrétaire idéaliste, qui doit rejoindre son patron (Rod Taylor) à Phoenix.  

Bien plus intéressant par contre est ce « road movie ». Certains films brillent par leur scénario très bien huilé, d’autres par la qualité de leur mise en scène ou la performance de leurs comédiens, d’autres encore par leur esthétique. Zabriskie Point appartient à cette dernière catégorie. Il offre en effet de magnifiques images, sur fond musical parfaitement adapté (Pink Floyd et des titres d’autres groupes de l’époque comme les Rolling Stones ou le Grateful Dead) : le désert de la Vallée de la Mort et ses dunes, visions oniriques de couples faisant l’amour dans le sable et de l’explosion d’une luxueuse villa, filmées au ralenti. Un véritable « trip », comme on dit. Le film est aussi une charge contre l’aliénation consumériste et la société américaine, notamment la violence arbitraire de sa police (« je tire avant, je réfléchis - éventuellement - ensuite »), non sans humour (le prisonnier qui se fait appeler Karl Marx, que le flic orthographie sans moufter « Carl Marx »), ce qui lui attirera les foudres de l’Amérique puritaine sans pour autant récolter les louanges des milieux progressistes, qui trouveront naïve et caricaturale sa représentation de la « contre-culture ». Son duo d’acteurs vedette aura une très brève carrière cinématographique (deux autres films chacun) : Daria Halprin, après un bref mariage avec Dennis Hopper, quittera très vite le showbiz pour se tourner vers l'art-thérapie tandis que Mark Frechette connaitra un destin tragique (mort accidentelle en prison à seulement 27 ans après intégration dans une secte et braquage d’une banque).


Le topo d'Alice Winocour :

Sexe, mensonges et vidéo (1989), de Steven Soderbergh

 

« Moi le sexe, je n’ai jamais trouvé ça… c’est-à-dire… j’aime bien ça et tout mais… vous comprenez...? Je trouve… je trouve qu’il n’y a pas de quoi en faire une montagne. C’est simple, je pourrais m’en passer, pour ainsi dire… »

Ce sont ceux qui en parlent le plus qui en font le moins…

C’est l’histoire d’une dépressive un peu coincée du derche (Andie MacDowell, superbe) et de son mari avocat (Peter Gallagher, goujat), qui « s’envoie » sa sœur (pas la sienne, celle de son épouse) barmaid (Laura San Giacomo, délurée). Un jour, un vieil ami du mari (James Spader, troublant) débarque en ville (Baton Rouge) et le couple l’héberge le temps qu’il trouve un appartement. Cet homme mystérieux va bouleverser la vie des trois protagonistes.

Coup d’essai et coup de maître pour Steven Soderbergh, qui devient à 26 ans le second réalisateur le plus jeune, après Louis Malle, à empocher une Palme d’or. Film que j’ai longtemps délaissé pour des a priori (titre et scénar peu engageants), c’était le bon moment pour franchir le pas. Le film vaut essentiellement (pour ne pas dire exclusivement) pour son quatuor d’acteurs (quasi uniques, seuls cinq autres rôles très secondaires étant recensés), tous très bons. En particulier James Spader, dans un rôle « spécial » (comme dans le Crash de Cronenberg), celui d’un type impuissant qui ne prend son pied qu’en matant ses vidéos d’interviews de femmes interrogées sur leur sexualité, et Andie MacDowell, les deux autres étant un peu en retrait. Quelle belle femme et bonne actrice, Andie… Il faut la voir se mettre à rougir en moins de temps qu’il ne faut pour le dire lorsque son psy lui demande si elle se masturbe. Sexe, mensonges et vidéo parle de sexe mais n’en montre jamais, ou si peu : aucune paire de fesses ou de nichons à l’horizon. Les peu de fois où ça baise, ça reste (plus ou moins) habillé (Gallagher et San Giacomo) ou c’est elliptique (Spader et MacDowell). Casting et décors réduits, prédominance des dialogues sur l’action… De fait, ça aurait pu être une pièce de théâtre. L’histoire du type mystérieux qui instaure le trouble (sexuel) au sein d’une cellule (couple, famille) renverra éventuellement au Théorème de Pasolini. Pas forcément déçu (je n’avais pas d’immenses attentes) mais le sujet est tout de même un peu mince, heureusement sauvé par les comédiens.   


Le topo de Justine Triet :

Colors (1988), de Dennis Hopper

 

« T’as un problème avec la moitié du monde et j’en fais partie et ça m’fait chier ! »

C’est l’histoire de deux flics non pas à Miami mais à Los Angeles, le vieux sage et proche de la retraite Bob Hodges (Robert Duvall) et Danny « Pacman » McGavin (Sean Penn), un jeune impétueux récemment enrôlé (tiens, ça ne vous rappelle rien ?), qui sont contraints de faire équipe. Tous deux font des rondes dans les rues et sont confrontés à la guerre des gangs qui fait rage entre les Crips et les Bloods.

Je n’aime pas l’Amérique, son histoire et son « rêve » baignant dans la violence, je n’aime pas les flics, à fortiori américains (précisons d’emblée : ceux qui jouent aux cowboys et se croient au-dessus des lois, c’est-à-dire, j’ose l’espérer, une petite minorité d’entre eux), je n’aime pas Hopper en réalisateur (Easy Rider et Hot Spot m’avaient passablement niflé) et la culture rap m’est totalement étrangère et le restera probablement pour toujours. Pourquoi ce Colors, alors ? Ben sur les conseils d’un blogueur (Ranxzevox, pour ne pas le nommer) et parce qu’après une intense période de « mise à jour » cinématographique, je ne sais plus trop à quel saint me vouer… En ce moment, je suis plutôt dans une phase « musique et voyages » et je ne suis pas loin de faire mienne la réplique d’une barmaid dans le Grosse fatigue de Michel Blanc : « moi, le cinéma, ça m’fait chier ! » 😄. Alors, qu’est-ce qu’il en retourne ? Cet univers ne me « parlant » pas, je suis resté un peu à distance de cette histoire, sorte de chronique sociale et policière du Los Angeles de cette fin des « années Reagan ». Rien de caricatural (les flics et les voyous de ces gangs étant de base des caricatures d’eux-mêmes) ou de manichéen ici mais quelques clichés : les deux flics que tout oppose (caractère, génération), on a déjà vu ça avant et on le reverra plus tard (coucou L’arme fatale et Seven !). Toutes les « figures imposées » auxquelles on s’attend sont présentes : la bavure, les règlements de compte, les interpellations musclées après course-poursuite, les deux flics dans leur vie privée… Robert Duvall (décédé en février dernier à 95 balais) et Sean Penn, qui « roulent des mécaniques » chacun à leur façon, trouvent ici des rôles correspondant parfaitement à leur style respectif et à ce qu’ils étaient dans la vie. L’un des deux clamsera à la fin, lequel sera-ce ? Je n’évente pas le suspense. La bande-son, signée par un Herbie Hancock alors à fond dans sa période électro-funk (assurément le « nadir » de sa carrière, à l’instar du Bowie de la même époque. Décidément, les 80’s…), n’aura pas davantage contribué à soulever mon enthousiasme. Las.   

Calculs meurtriers (2002), de Barbet Schroeder

 

C’est l’histoire de deux étudiants, Richard (Ryan Gosling) et Justin (Michael Pitt, aucun lien avec Brad), très différents l’un de l’autre. Le premier est charismatique et crâneur, le second très intelligent mais plus introverti. Bref, à eux deux, ils font un mec entier. Leur amitié les conduit à planifier et commettre par défi un crime « parfait », sans mobile, avec une victime choisie par hasard. Mais Cassie Mayweather (Sandra Bullock), une flic « allumeuse » à ses heures et victime d’un trauma, les soupçonne rapidement.

Allez, un petit détour par « l’efficacité » hollywoodienne… Je pense que j’avais dû le voir à l’époque car Sandra Bullock, j’suis fan depuis Speed, certaines images me sont revenues. Mais c’est franchement pas terrible, normal de l’avoir oublié. Absolument pas crédible. Bullock en « mante religieuse » qui baise tout habillée, ça l’fait pas et c’est hors de propos, sinon pour « installer un personnage » dont on découvrira les fêlures au fur et à mesure de l’enquête. Une enquête (trop) rondement menée pour mettre à jour une machination elle-même soigneusement préparée mais fragilisée par les tensions entre les deux apprentis meurtriers. Une rivalité qui atteindra son paroxysme en raison d’une jalousie amoureuse autour de la jolie Lisa. Rien ne manque, pas même le « twist » final après la scène d’action (ratée, effets numériques nazes) d’usage. Rien à part l’essentiel : un peu plus de folie et de surprise…    

Cycle Leslie Nielsen (3) : Y a-t-il un pilote dans l’avion ? (1980), de Jim Abrahams, David et Jerry Zucker

 

« Encore merci et bonne chance, nous sommes avec vous. »

Réalisation : Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker

Scénario : Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker

Pays : Etats-Unis

Année : 1980

Genre : Comédie, parodie

Avec : Robert Hays, Julie Hagerty, Lloyd Bridges, Leslie Nielsen, Robert Stack, Peter Graves, Kareem Abdul-Jabbar.

Synopsis : A Los Angeles, Ted Striker, ancien pilote de chasse et vétéran traumatisé par un raid désastreux, monte à bord d’un avion en direction de Chicago dans l’espoir de reconquérir sa petite amie Elaine Dickinson, hôtesse de l'air sur ce vol. Au cours du voyage, une intoxication alimentaire rend malades les passagers et les membres de l'équipage qui ont consommé du poisson. L'avion se retrouve alors sans pilote.

Je clôture avec ce nouveau film culte ma mini-série consacrée à Leslie Nielsen (à moins que je me tape Agent zéro zéro un de ces jours) ainsi que la liste des 46 pièces de ma DVDthèque. Le comédien n’y a pas le premier rôle et n’est ici qu’un maillon parmi une galerie d’autres personnages incarnés par d’anciennes gloires dans de savoureux contre-emplois : Robert Stack (série Les Incorruptibles), Peter Graves (série Mission impossible) ou encore Lloyd Bridges. Dans la distribution s’insère également, dans le rôle d’un des pilotes, la star de basket Kareem Abdul-Jabbar, pivot des célèbres Los Angeles Lakers. Sans oublier Stephen Stucker (décédé du Sida à 38 ans en 1986) en contrôleur aérien efféminé, l’un des personnages les plus délirants du casting. Mais les deux rôles principaux sont tenus par Robert Hays et Julie Hagerty, dont l’histoire sentimentale percute les difficultés rencontrées à bord de ce vol. Les gags de toutes sortes (en arrière-plan, répliques, non-sens, parodies…) s’enchainent à vive allure. Outre les films catastrophe du type Airport, sont tournés en dérision Les dents de la mer (générique du début) et surtout La fièvre du samedi soir, dans l’une des séquences les plus marquantes (irrésistible Stayin’ Alive). L’ensemble a forcément un peu vieilli (la musique de fanfare du générique final, celle mélodramatique et mielleuse lors des saynètes romantiques entre Hays et Hagerty…) mais cela contribue aussi à son charme. Malgré une durée réduite, à nouveau inférieure aux 90 minutes généralement de mise pour un long-métrage, Y a-t-il un pilote dans l’avion ? mérite amplement son statut parmi les meilleures comédies jamais réalisées. Je n’en dirai en revanche pas tant de sa « séquelle » de 1982, avec grosso modo les mêmes acteurs principaux mais sans aucune intervention du trio « ZAZ ».    

Cycle Leslie Nielsen (2) : la trilogie Y a-t-il un flic…

 

Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? (1988)

« Là je ferme les yeux mais en temps normal, il ne faudrait pas rouler à 125 dans le mauvais sens d’une rue à sens unique… »

Réalisation : David Zucker

Scénario : Jerry Zucker, Jim Abrahams, David Zucker et Pat Proft

Pays : Etats-Unis

Année : 1988

Genre : Comédie, policier, parodie

Avec : Leslie Nielsen, Priscilla Presley, Ricardo Montalban, George Kennedy, O. J. Simpson.

Synopsis : Frank Drebin est policier dans la brigade spéciale de Los Angeles. Son meilleur ami et partenaire Nordberg est gravement blessé et accusé de trafic de drogue. Dès lors, Frank cherche à savoir qui a voulu le tuer. Son enquête l'amène sur les traces de Vincent Ludwig, riche homme d'affaires à qui l'on vient de confier la charge d'organiser la venue de la reine Elisabeth II. Frank fait la rencontre de l'assistante de Ludwig, Jane Spencer, dont il va tomber amoureux.


Y a-t-il un flic pour sauver le président ? (1991)

« C’est de l’histoire ancienne, comme le Parti Démocrate. »

Réalisation : David Zucker

Scénario : David Zucker et Pat Proft

Pays : Etats-Unis

Année : 1991

Genre : Comédie, policier, parodie

Avec : Leslie Nielsen, Priscilla Presley, George Kennedy, O. J. Simpson, Robert Goulet, Richard Griffiths, Anthony James.

Synopsis : Trois ans après, Frank et Jane sont séparés. Il la retrouve en tant qu'assistante du professeur Meinheimer, qui doit prochainement prononcer un discours en faveur des énergies renouvelables, ce qui n’est pas du goût des magnats du pétrole. Jane s'est fiancée à Quentin Hapsburg, un homme d’affaires louche.


Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ? (1994)

« Et puis… tu as tué personne depuis 6 mois… » - « C’est vrai ! C’est toujours les p’tites choses qui vous manquent. »

Réalisation : Peter Segal

Scénario : David Zucker, Pat Proft et Robert LoCash

Pays : Etats-Unis

Année : 1994

Genre : Comédie, policier, parodie

Avec : Leslie Nielsen, Priscilla Presley, George Kennedy, Fred Ward, O. J. Simpson, Anna Nicole Smith.

Synopsis : L'inspecteur Frank Drebin est désormais à la retraite. Mais ses anciens coéquipiers font à nouveau appel à lui. En effet, le criminel Rocco Dillon prépare un attentat qui aura lieu pendant la cérémonie des Oscars.


Assurément l’une des « franchises » les plus drôles de l’histoire et qui révéla le potentiel comique de l’acteur Leslie Nielsen dans le rôle du policier gaffeur Frank Drebin. Les autres acteurs récurrents de la série sont sa compagne Priscilla Presley (mais pas trop fort quand même…) et ses coéquipiers George Kennedy et O. J. Simpson (oui, l’ancien joueur de foot américain disparu en 2024 et ayant défrayé la chronique en 1994 pour le double meurtre de son ex-épouse et l’un de ses amis). Alors, quel volet est le plus drôle et le plus réussi ? Instinctivement et par habitude, on aurait tendance à dire le premier mais honnêtement, le trio ZAZ (Jerry Zucker, Jim Abrahams et David Zucker, diversement impliqués dans les trois films) en avait suffisamment « sous la semelle » pour nous offrir deux « séquelles » fort réjouissantes et de qualité. Passons rapidement sur la séquence introductive du premier volet, aux forts relents « néo-con » de l’impérialisme yankee et ses croisades évangélistes contre les « forces du Mal » (invariablement les communistes et les islamistes), où Drebin dézingue Khomeini (déjà…), Gorbatchev, Yasser Arafat (mouais…), Kadhafi et Amin Dada. Il doit ensuite faire échouer la tentative d’assassinat de la reine Elisabeth II par un richissime notable (mémorable final au match de baseball). Autres scènes marquantes : la course-poursuite à bord de l’auto-école ou « l’agression à l’aide d’une verge de statue ». Dans le second opus, Drebin est cette fois aux prises avec un autre businessman véreux, fiancé à Jane (Presley) et qui lui envisage de remplacer un professeur aux idéaux écologistes par un sosie bien plus favorable à l’industrie pétrolière. Après la reine d’Angleterre et les chefs d’Etat du précédent volet, on y retrouve d’autres sosies : cette vieille ganache de George Bush père et sa grognasse Barbara (scène introductive hilarante lors du diner à la Maison Blanche). Parmi les films parodiés ici : la scène de la douche de Psychose et celle de la poterie dans Ghost (réalisé par Jerry Zucker, une autocitation, donc). Quant au troisième volet, si l’intrigue policière y est moins élaborée que dans les deux premiers, les gags restent au niveau (la « banque du sperme », la prison, tout le final aux Oscars). Là encore, le film débute en fanfare : parodie de la scène de la gare des Incorruptibles, avec pas moins de quatre landaux (encore deux sosies : Bill Clinton et le pape Jean-Paul II). Poilant. Autres clins d’œil cinématographiques : Thelma & Louise, Jurassic Park et les films d’évasion (L'évadé d'Alcatraz, La grande évasion). Présence au casting d’Anna Nicole Smith, à la poitrine généreuse et au destin tragique (décès à 39 ans, un an après celui de son fils de 20 ans). Une trilogie culte à voir et à revoir pour de bons moments de franche rigolade.

Cycle Leslie Nielsen (1) : Le détonateur (1998), de Pat Proft

 

« Je trouve que ce chien a un museau très surprenant. » - « C’est parce que vous regardez ses fesses… »

C’est l’histoire de Ryan Harrison (Leslie Nielsen), violoniste de renommée mondiale. Il est embarqué dans un complot où une admiratrice (Kelly LeBrock) lui fait porter la responsabilité du meurtre de son mari (Michael York), qui avait découvert qu’elle projetait d’assassiner le secrétaire général de l’ONU. Condamné à mort, Harrison parvient à s’échapper lors d’un transfert de prisonniers. Le lieutenant Fergus Hall (Richard Crenna) se lance à sa poursuite.

Faut wigoler ! Putain, t’as raison, surtout en ce moment où tous les voyants sont au rouge (Recherche bonnes nouvelles désespérément…). Et quoi de mieux pour cela qu’un film avec Leslie Nielsen, acteur canadien qui se révéla sur le tard dans un registre comique grâce à la série de films des Y a-t-il… ? La recette est connue : humour potache, régressif et nonsensique, parodies de films, gags en arrière-plan. Elle est réutilisée ici, avec plus ou moins de bonheur. Durant moins que les 90 minutes réglementaires et mis en boite par le néophyte Pat Proft (qui ne récidivera pas…), ça sent le truc bâclé. « L’intrigue » n’a aucun sens, le scénario ne s’embarrasse d’aucun souci de vraisemblance et n’est qu’un prétexte à l’enchainement de gags et de parodies de grands succès cinématographiques. On se délectera notamment de celles d’Usual Suspects, de Mission Impossible, de La mort aux trousses et du Fugitif, ce dernier fournissant la trame scénaristique du métrage, avec Richard Crenna dans le rôle du flic fûté incarné par Tommy Lee Jones dans l’original. La voix de doublage de Leslie Nielsen n’est malheureusement pas adéquate, son doubleur habituel Jean-Claude Michel n'étant pas disponible pour des raisons médicales (il décèdera d’ailleurs un an plus tard). Au final, un moment sympatoche mais clairement en deçà des Y a-t-il un flic (ou un pilote)