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Lunes de fiel (1992), de Roman Polanski

 

« Mais j' l'adore, ton cul... J'en suis fou, d'ton cul... »

C'est l'histoire d'un couple britannique pudique et guindé, Nigel (Hugh Grant) et Fiona (Kristin Scott Thomas), qui fait la connaissance, sur un paquebot menant en Inde, d'un autre, beaucoup plus atypique, composé d'Oscar (Peter Coyote), écrivain américain en fauteuil roulant et de Micheline dite « Mimi » (Emmanuelle Seigner), danseuse française très sensuelle. Voyant Nigel très troublé par Mimi, Oscar fait de lui son confident et lui raconte son étrange histoire avec sa jeune épouse et leurs rapports très particuliers.
Comme tant d'autres, pour moi, Polanski, ça passe (Chinatown, Répulsion) ou ça casse (Frantic, à un degré moindre Le locataire). Pour ce Lunes de fiel, adapté du roman éponyme (encore plus dur que le film, d'après Emmanuelle Seigner dans l'interview-bonus), c'est plutôt une bonne surprise, je m'attendais à pire (ou autre chose). Alors certes, le film a des longueurs (140 minutes) et la B.O sent son  époque (I will survive, Sweet dreams, Stop !...). Y'a quelques « conneries », aussi : faire de Coyote un « tombeur », le voir en slip, à quatre pattes avec un masque de cochon ou encore Emmanuelle Seigner buvant du lait, le recrachant sur ses seins nus et Coyote la léchant (z'avez saisi la symbolique ?). Mais on se laisse prendre par le récit. Par contre, faut un peu s'accrocher car c'est par moments duraille et dérangeant, le couple Coyote / Seigner se faisant subir (lui d'abord et elle ensuite, par vengeance) moultes humiliations. Ici, le sadisme est plus psychologique que sexuel (la très belle scène dans le parc où elle, amoureuse folle, et lui la repoussant d'un cinglant « J'en n'ai rien à foutre de ta vie, c'est ma vie à moi qui compte. (...) Rien, tu n'as rien fait. Tu existes, c'est tout »). Un bon film. Et Emmanuelle Seigner, quel... morceau ! Miam, y'a à manger...

Kika (1993), de Pedro Almodóvar

 

« En réalité, les hommes à moustaches sont des pédales ou des fachos, quand c’est pas les deux à la fois. » (1)

C’est l’histoire, assez rocambolesque et embrouillée, de quelques personnages : Ramon, un photographe voyeur hanté par le suicide (du moins le croit-on) de sa mère ; son beau-père Nicholas, écrivain ; Kika, maquilleuse pour la télévision, qui entretient une relation avec les deux ; sa femme de ménage Juana ; Pablo, acteur de films pornos et frère de cette dernière ; et Andrea « Balafrée », présentatrice de téléréalité.

Y’a qui dedans ? Kika est jouée par Verónica Forqué et Ramon par Àlex Casanovas. Davantage connus du public français, le casting intègre également Peter Coyote (Nicholas), Rossy de Palma (Juana) et la « muse » de l’époque du réalisateur, Victoria Abril (la présentatrice sans scrupules Andrea).

Et c’est comment ? Un peu éprouvant par moments. Je vais me « taper » quelques Almodóvar, toujours dans l’optique de « ne pas mourir idiot »… Bon ben, on peut dire que le gars est du genre déjanté. Décors et vêtements aux couleurs chatoyantes, scènes de sexe et langage crus, violence (un petit peu), nanas fagotées et s’exprimant comme des « cagoles », situations « abracadabrantesques » (comme dirait Chichi) sont les principaux ingrédients de cette farce se voulant une satire de la « télé poubelle » des reality-shows et de son absence totale d’éthique. Verónica Forqué est doublée de façon horripilante par Odile Schmitt (voix française régulière d'Eva Longoria et du personnage Lola Bunny) et son viol par l’acteur porno Pablo, bien que tourné de façon humoristique, dure des plombes puisque le mec enchaine trois (!) orgasmes à la suite. Le « fruit » du quatrième atterrit… sur la joue de Victoria Abril, Pablo se « finissant » sur le balcon tandis qu’elle s’apprêtait à entrer dans l’immeuble… Y’a aussi quelques meurtres, notamment à la fin. Déjanté, vous disais-je…

Caméra portative sur la tête : oui

Goutte de sperme factice : oui

Femmes (et hommes) à poil : oui, c’est pas ça qui manque (des seins et des fesses surtout, bien évidemment, mais aussi une chatte poilue)…

(1) : ils ne sont pas forcément moustachus, y’a qu’à voir quelques-uns des principaux cadres du RN…😄