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Elephant Man (1980), de David Lynch

 

« Je ne suis pas un éléphant ! Je ne suis pas un animal ! Je suis un être humain ! Je suis un homme… »

Un éléphant, ça trompe énormément…

C’est l’histoire d’un mec, John (en réalité Joseph) Merrick (John Hurt), à la fin du 19ème siècle, la Destinée lui a fait une tronche d’éléphant. Tout ça parce qu’à son quatrième mois de grossesse, sa daronne a été bousculée par un pachyderme… Exposé tel un phénomène de foire par un type sans vergogne (Freddie Jones), il est découvert par un brillant médecin, le Docteur Frederick Treves (Anthony Hopkins). Celui-ci « l’emprunte » contre une somme d’argent à son « propriétaire » afin d’étudier son cas et l’héberge quelques jours au sein de son hôpital. Entre le médecin et son « patient », une amitié va naître.

C’est l’histoire d’un Lynch qu’on comprend tout du début à la fin.


Là par contre, je m’incline bien volontiers. Terriblement triste et émouvant, ça me fout par terre, ce genre de films. Je prends les choses trop à cœur, parfois. Il renseigne bien sur la salopardise du genre humain. Une ode à la tolérance et au respect de la différence. C’est à l’aune du monde apocalyptique de 2026 qu’on se rend compte que le cinéma (la musique, l’Art en général) ne le change pas, le monde. Le noir et blanc ne gêne pas du tout, c’est au contraire parfaitement approprié, de même que la musique et l’interprétation est nickel. Y’en a qu’ont vraiment pas de cul dans la vie, car ce Joseph Merrick a véritablement existé. Son calvaire s’achèvera de façon accidentelle (tête renversée vers l'arrière) à l’âge de 27 ans (ce n’était pourtant pas un chanteur ni un musicien…). Pour l’anecdote, le fameux passage « I’m not an animal ! I’m a human being ! » est samplé au début du (très bon) morceau Psychiatric de Mylène Farmer (album L’autre…, 1991). 

Sailor & Lula (1990), de David Lynch

 

C’est l’histoire de… Sailor (Nicolas Cage) et Lula (Laura Dern. Non, pas le président du Brésil, hein, grosses taches…) qui s’aiment à la folie. Mais cette union contrarie Marietta (Diane Ladd), la mère de Lula. Sailor sera condamné à deux ans de prison pour avoir tué son agresseur, embauché par Marietta. A sa sortie, Lula vient le chercher et ils prennent la route pour la Californie. Marietta demande à ses deux amants, un détective privé et un gangster, de se lancer à leur poursuite et d’éliminer Sailor.

Bon ben, Lynch c’est comme Le silence de agneaux ou Kubrick (à part Shining, son plus « facile »), j’ai décidément du mal à percevoir le « génie ». J’avais rien pigé à Mulholland Drive et Blue Velvet m’était sympathique (quelques scènes de suspense à l’appartement et Isabella Rossellini à oilpé), sans plus. Rien à reprocher sur la forme, c’est sur le « fond » (les histoires) que ça coince. Cela débutait fort mal avec une scène très violente où Cage écrase littéralement l’arrière du crâne de son agresseur à grands coups contre le sol. Il y aura une autre scène sanglante vers la fin mais moins réaliste, limite quasi-comique (un coup de fusil qui arrache la tête de Willem Dafoe). On s’attend à un « road movie » avec notre couple d’amoureux pourchassé par les sbires lancés à leurs trousses par la marâtre de Dern mais pas du tout, on bifurque vers un holp-up qui tourne mal, initié par Willem Dafoe et dans lequel s’est laissé embarquer Cage. Surtout, je n’ai ressenti aucune empathie pour ce couple de jouisseurs superficiels qui passent leur temps à baiser et à pogoter dans des concerts de hard-rock. Sans oublier le gimmick « cucul » du Love Me d'Elvis Presley chanté par Cage. Bref, une déception, surtout pour une Palme d’Or à Cannes...