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L’impasse (1993), de Brian De Palma

 

« Hé, ne m’en veux pas, Carlito… Mais il faut que je pense à mon avenir, moi aussi. Qu’est-ce que tu veux, ce sont des choses qui arrivent, amigo. »

Réalisation : Brian De Palma

Scénario : David Koepp, d'après les romans Carlito's Way et After Hours d'Edwin Torres

Pays : Etats-Unis

Année : 1993

Genre : thriller, drame

Avec : Al Pacino, Sean Penn, Penelope Ann Miller, John Leguizamo, Luis Guzmán, James Rebhorn, Viggo Mortensen.

Synopsis : A New York, Charlie « Carlito » Brigante, ancien trafiquant, est libéré après cinq ans de prison, grâce à son ami et avocat David Kleinfeld. Il décide de se ranger et a pour projet de monter une entreprise de location de voitures. Mais on n’échappe pas à son passé…

Pourquoi ? Dix ans après Scarface, même duo réalisateur / acteur principal pour un polar classieux et crépusculaire, avec un Pacino plus sobre qu’à l’accoutumée, au contraire d’un Sean Penn méconnaissable en avocat véreux camé jusqu’aux yeux. Scène de course-poursuite finale haletante (action et suspense garantis), par un maître de la mise en scène. Décidément, les gares inspirent De Palma (cf. la scène culte des Incorruptibles)…

The box (2009), de Richard Kelly

 

« (…) Il existe deux façons d’entrer dans la dernière chambre : libre ou pas libre. A chacun de choisir. »

C’est l’histoire d’un couple, en 1976 en Virginie. Elle, Norma (Cameron Diaz), amputée des doigts du pied droit suite à un accident et professeur de littérature dans l'établissement où son fils est élève ; lui, Arthur (James Marsden), travaillant à la NASA et, sur son temps libre, fabriquant une prothèse pour le pied meurtri de son épouse. Un matin, ils reçoivent un paquet contenant une mystérieuse boite ornée d’un buzzer rouge. Et dans l’après-midi, un certain Arlington Steward (Frank Langella), défiguré par une brûlure de la joue gauche, fait une étrange proposition à Norma : si elle ou son mari appuie sur le bouton, il leur livrera un million de dollars mais une personne qu’ils ne connaissent pas mourra. Ayant tous deux des problèmes financiers (lui n’ayant pas obtenu la promotion attendue et elle perdant ses réductions boursières), Norma appuie finalement sur le bouton. Les ennuis commencent…

Basé sur la nouvelle Le Jeu du bouton de Richard Matheson, The box est le troisième (et meilleur selon moi) film de Richard Kelly après Donnie Darko (2001) et Southland Tales (2006). Il rend un hommage appuyé à ses parents en retranscrivant quasiment leur jeunesse à travers l’histoire de ce couple formé par Cameron Diaz et James Marsden. Le film est parfait pendant une heure, un peu moins par la suite. C’est-à-dire jusqu’à l’arrivée de la composante fantastique (les trois portes, dont deux damnées, sous forme de blocs d’eau) et du pesant fatras mythologico-moraliste avec ses habituelles couillonnades de Paradis, d’Enfer, de sacrifice, de péché et de rédemption (« Bien mal acquis ne profite jamais »). Le final prend l’allure d’une tragédie grecque lors de laquelle le couple sera soumis à un choix cornélien, mettant en jeu le futur de leur fils. Il est amusant de constater que sur les trois couples qui dans le film sont amenés à effectuer le choix, c’est à chaque fois l’épouse qui finit par appuyer sur le bouton, même si Kelly se défend de toute stigmatisation misogyne (« Les hommes les mettent au défi d’appuyer sur le bouton », « Ce sont les femmes qui ont le poids le plus lourd à porter dans le couple »…). 

Basic Instinct (1992), de Paul Verhoeven

 

« C’est l’histoire d’un flic, amoureux de la femme qu’il lui faut pas. »

« Je trouve que Catherine, c’est vraiment l’coup du siècle. »

Réalisation : Paul Verhoeven

Scénario : Joe Eszterhas

Pays :  Etats-Unis, France, Royaume-Uni

Année : 1992

Genre : thriller, érotique

Avec : Michael Douglas, Sharon Stone, George Dzundza, Jeanne Tripplehorn.

Synopsis : À San Francisco, Johnny Boz, un ancien rocker, est sauvagement assassiné à coups de pic à glace au cours d'un rapport sexuel. La police soupçonne la riche écrivaine Catherine Tramell, petite amie de la victime et dernière personne à avoir été vue avec lui. D’autant qu’elle décrit dans l’un de ses romans le meurtre tel qu’il s’est produit.

Pourquoi ? Parce qu’il y a tout : une intrigue policière bien ficelée, avec ce qu’il faut d’action (en l’occurrence, de poursuites automobiles), de meurtres sanglants et de rebondissements, dont le « twist » final ; les scènes de cul, très poussées (et un peu risibles et/ou gratuites, OK) pour la « provoc » ; la scène culte de l’interrogatoire avec le décroisement de jambes sans culotte de l’héroïne ; les somptueuses images de San Francisco (sa côte maritime notamment) ; l’envoutante musique de Jerry Goldsmith ; les clins d’œil à Hitchcock, plus précisément à Sueurs froides (San Francisco, la musique, le look Kim Novak de Sharon Stone) ; et, est-il besoin de le souligner, Sharon Stone, propulsée illico superstar mondiale et dont la carrière pourrait se résumer à ce rôle et à celui du Casino de Scorsese. J’y mets évidemment aussi des trucs persos (une « Madeleine de Proust », qu’on appelle ça) : l’ado que j’étais (et que je suis resté), subjugué par la beauté du minois de Sharon en couverture d’un Télé Loisirs découvert chez mes grands-parents paternels. Et parce que ce début de décennie 90, c’est vraiment l’acmé de ma « pop culture », y’avait tout : le cinoche (aussi Pretty Woman, Thelma & Louise, JFK, Terminator 2, Total Recall…), la zique avec le hard au firmament (je n’écoutais que ça à l’époque : Metallica, Nirvana, les Guns N’Roses, Megadeth…), la téloche (Nulle Part Ailleurs sur Canal avec le trio Gildas – De Caunes – Garcia et les Guignols, la Télé des Inconnus…), le foot avec l’OM au sommet en France et en Europe (avec les matchs sur Canal commentés par Biétry et Denisot. Aujourd’hui, c’est par des « épaules de serpent » en Paul Smith et Weston interchangeables et une armée de « consultants »…). Si je ne devais en garder qu’un…


The game (1997), de David Fincher


« Appelle ce numéro… Ils te mettent du piment dans la vie. »

C’est l’histoire d’un riche homme d’affaires cynique et distant, visiblement hanté par un trauma enfantin (son père s’étant suicidé en se jetant dans le vide) et de son frère, nettement plus fantasque, qui lui offre pour son anniversaire la carte de visite d’une société spécialisée dans l’évènementiel. Intrigué, il se rend dans leurs locaux. Le voila embarqué dans un « jeu » qui va bouleverser sa vie.

C’est l’histoire d’un film le cul entre deux chaises, qui jongle entre le thriller et la comédie dramatique.

C’est avec qui ? Michael Douglas (parfait dans ce genre de rôles), Sean Penn et Deborah Kara Unger.

Et c’est bien ? Après le choc Seven, Fincher déçoit inévitablement en frappant là où on ne l’attend pas. Mais n’est-ce pas là la marque des bons cinéastes ?

En tous cas, moi, un type qui me fait cadeau pour mon anniversaire d'un « jeu de rôles » où je risque à plusieurs reprises de passer à trépas, je ne lui tombe pas dans les bras, je lui fais la tête au carré ! 😄 Même si c'est mon frère... Heureusement, j'en n'ai pas.

Robot clown : oui

Stylo qui coule : oui

Femme à poil : non

Up 👍: le côté thriller

Down 👎: le final incohérent qui vire à la comédie