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Lost Highway (1997), de David Lynch

 

« Cet enfoiré voit plus de chattes qu’une lunette de chiotte… »

C’est l’histoire… euh, faisons « simple », d’un mec, saxophoniste (Bill Pullman, inquiétant) et de sa meuf (Patricia Arquette, quel… « morceau »). Ils reçoivent des cassettes vidéo anonymes de leur domicile (oui, comme dans le postérieur Caché d’Haneke…), aussi bien vu de l’extérieur que de l’intérieur. Ce qui subodore donc que quelqu’un s’est introduit chez eux. Ils font appel à la police, qui ne leur est d’aucun secours. C’est alors qu’un matin, le type découvre sa femme morte. Il est inculpé et condamné à mort.

Bon, ben voilà… Il y a des films dont les minutes paraissent (par instants) des heures. Lost Highway est de ceux-là. Si je vous dis que j’ai rien pigé, vous ne trouverez pas ça très original étant donné que personne n’a pigé quoi que ce soit à cette histoire. A part les quarante-cinq premières minutes (les meilleures), qui suivent le synopsis décrit plus haut. Après, on largue les amarres vers le surnaturel. Mais vous me direz : doit-on nécessairement piger ? C’est vrai ça, après tout, on peut aussi simplement se laisser porter par l’ambiance et les images. Et là, indéniablement, Lynch sait y faire pour ce qui est d’installer un climat et une esthétique de film noir, avec ses personnages déjantés et/ou mystérieux, agrémentés d’une musique ad hoc (plutôt rock : David Bowie, Marilyn Manson, Rammstein, Nine Inch Nails, The Smashing Pumpkins). Et parce qu’il en faut toujours en pareil cas, un peu de violence et de cul (ah, Patricia, des rondeurs juste ce qu’il faut là où il faut, miam miam…), comme dans Blue Velvet et Sailor et Lula. Plus un exercice de style et une « expérience », on va dire, comme Mulholland Drive quelques années plus tard. Toutefois pas vraiment ma tasse de thé…   

A tombeau ouvert (1999), de Martin Scorsese

 

C’est l’histoire de Frank Pierce (Nicolas Cage), ambulancier de nuit à Manhattan, dépressif et en plein burn-out. Victime d’hallucinations (les fantômes des personnes qu’il n’a pas pu sauver), il ne parvient pas à se faire renvoyer. Un soir, Frank et son coéquipier Larry (John Goodman) sont appelés pour l’arrêt cardiaque d’un homme âgé. Il va alors se lier d’amitié avec Mary (Patricia Arquette), la fille de la victime.

Putain de film chiant, ma parole… Les années 90 furent une période faste pour Nicolas Cage (neveu du réalisateur Francis Ford Coppola), acteur qui n’a pourtant rien d’exceptionnel et souvent dans l’outrance, entre Oscar du meilleur acteur (Leaving Las Vegas de Mike Figgis en 1995), blockbusters (Rock, Les ailes de l’enfer) et films de grands cinéastes (Sailor et Lula de David Lynch, Volte-face de John Woo, Snake Eyes de Brian De Palma). Et donc ce A tombeau ouvert de Martin Scorsese. Scorsese, je n’ai pas tout vu mais j’ai du mal. Du moins, ses films sur la Mafia (Les affranchis, Casino, Les infiltrés). Les déferlements de violence et De Niro ou Pesci débitant à la chaine des « fuck » et autres « motherfucker », merci bien mais c’est juste pas possible. Raging Bull, After hours, La couleur de l’argent et Les nerfs à vif, ça passe plus ou moins. Mais reste surtout Taxi Driver, évidemment. Ici, c’est vraiment casse-noisettes, totalement inintéressant. Comme chez Tarantino, on a parfois l’impression d’être devant un juke-box tant la musique (blues, rock, soul, as always…) est omniprésente, censée booster une mise en scène qui n’en a pourtant pas besoin. On suit Cage, de tous les plans, entre descentes dans les bas-fonds new-yorkais peuplés de paumés, clodos, junkies et autres prostituées, retours à l’hôpital débordé par l’afflux constant de nouvelles victimes et scènes plus intimistes avec Arquette. Si vous avez deux heures à perdre... Ah, au fait, Marty... Tu nous emmerde avec ta religion et tes histoires de miracles, de péché et de rédemption, OK ?