
« J’en n’ai rien à foutre
de votre Mozart, je l’connais pas, c’mec-là, j’l’emmerde ! Ou alors qu’il
me prête du pognon pour payer mes traites… »
C’est l’histoire d’un mec qui
désespère : malgré tous ses efforts, sa femme ne montre aucun signe d’enthousiasme
pour quoi que ce soit. Il décide alors de la confier à un inconnu, un prof d’éducation
physique rencontré dans un restaurant. D’abord réticent, ce dernier finit par
accepter ce « présent ». Mais il ne rencontrera pas plus de succès
dans cette entreprise.
C’est avec qui ? Le duo magique
des Valseuses Depardieu – Dewaere est reconstitué. La Québécoise Carole Laure
remplace au pied levé Miou-Miou pour compléter le trio. Michel Serrault incarne
un artisan usé et harcelé par le Fisc et le jeune « Riton » Liebman
un surdoué de 13 ans.
Et c’est comment ? Et si
Bertrand Blier avait (presque) toujours réalisé (presque) le même film ?
Il l’avoue lui-même à demi-mots (« On raconte toujours la même
chose »). On trouve des constantes dans la plupart de ses films (pas
Buffet Froid, qui est un sans-faute) : duo ou trio (deux hommes et une femme, sauf dans Trop belle pour toi, où les proportions s'inversent), entame sur les chapeaux de roues,
souvent surréaliste (procédé revendiqué pour « embarquer le spectateur »),
chute de tension, plus ou moins brutale, à mi-parcours (c’est le risque quand
on part trop vite, ne dit-on pas « qui veut aller loin ménage sa monture » ?),
difficultés à finir ses films. Préparez vos mouchoirs ne déroge pas à cette
règle. Ici, la cassure a lieu lors de la colonie de vacances où Carole Laure se
laisse séduire par un jeune surdoué de bonne famille, souffre-douleur des
autres enfants. Néanmoins, le film figure incontestablement parmi les meilleurs
du réalisateur récemment disparu, dont les révélations de son ex-compagne Anouk
Grinberg viennent écorner la réputation. Il remporta d’ailleurs l’Oscar du
meilleur film étranger en 1979, une fierté pour Blier. A ce titre, voir la
vidéo de son « speech » très succinct et prononcé dans un risible anglais
typiquement français (je n’aurais pas fait mieux) à la remise du trophée.
Depardieu (la scène où il imagine Mozart venant à leur rencontre pendant qu’ils
écoutent l’un de ses concertos, juste avant que Serrault ne sonne à leur porte
pour réclamer le silence) et Dewaere (celle où il devine, à chaque référence
énoncée par Carole Laure, les titres des ouvrages correspondants de son
imposante collection qu’il a patiemment rangé) sont évidemment excellents et
les autres interprètes sont au diapason. Situations surréalistes et provocantes,
dialogues drôles voire poétiques, casting de premier choix… Tous les éléments
constitutifs d’un bon Blier, en somme.
Tricot : oui
Jets de yaourt : oui
Femme à poil : Carole Laure
nous montre le haut et le bas (de face)