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Kramer contre Kramer (1979), de Robert Benton

 

C’est l’histoire de Ted Kramer (Dustin Hoffman), un brillant dessinateur publicitaire new-yorkais qui, accaparé par sa carrière professionnelle, délaisse un peu sa vie de couple et de père de famille. Un soir, alors qu’on vient de lui apprendre une promotion, sa femme Joanna (Meryl Streep) le quitte. Il se retrouve alors tout seul avec son fils Billy. D’abord difficile, ce double rôle d’employé et « d’homme au foyer » lui convient de mieux en mieux, ainsi qu’à son fils. Mais un jour, après dix-huit mois d’absence, Joanna revient à New York et réclame la garde de l’enfant.

Un sujet qui me touche forcément, faisant partie de cette génération de « fils uniques de parents divorcés » (j’avais 3 ans), à une époque (fin 70’s – début 80’s) où le nombre de divorces explosa. Le mien, surtout le fait de mes grands-parents maternels qui souhaitaient visiblement garder leur fille pour eux (même si mes parents étant si différents caractère, mode de vie –, que je me dis qu’ils auraient tout de même fini par se séparer un jour) ne fût pas catastrophique mais pas « idéal » non plus, pas exempt de quelques tensions. Je connus donc l’assez humiliant « un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires ». Je me demande comment on peut sans rire parler de « société systémiquement patriarcale » quand on sait que dans l’immense majorité des cas, la garde est accordée à la mère… Mais passons. Le film évoque donc ce fléau sociétal. Ironie de l’histoire, Dustin Hoffman était lui-même en instance de divorce pendant le film, il jouait ainsi « son propre rôle ». Une fois de plus, il a le « beau rôle », on a l’impression en parcourant sa filmographie qu’il veut constamment soit être admiré pour ses performances, soit être plaint, parfois les deux à la fois (bref, tirer la couverture à lui). Il craignait que Meryl Streep, alors en pleine ascension, lui vole la vedette et il y eût quelques tensions sur le tournage (scène improvisée du verre de vin blanc jeté au mur, évocations de John Cazale, compagnon de l’actrice emporté par un cancer un an plus tôt). Evidemment, l’interprétation est de premier ordre, y compris le jeune Billy, joué par Justin Henry (même voix française que le bambin de Shining ou le jeune qui visite le cockpit dans Y a-t-il un pilote dans l’avion ?, assurée par la comédienne belge et spécialiste du genre Jackie Berger). Bizarrement, j’ai dû attendre le final pour verser ma petite larme mais cela ne signifie évidemment pas que ce soit la seule scène touchante du film (il en regorge). Succès (au box-office et cinq Oscars) et statut de classique mérités. 

Manhattan (1979), de Woody Allen

 

« Considère-moi comme une sorte de détour sur l’autoroute de la vie. »

C’est l’histoire d’Isaac Davis (Woody Allen himself), scénariste de télévision à New York, insatisfait de sa vie, autant professionnelle que personnelle. Son ex-femme (Meryl Streep) s’apprête à publier un livre sur leur vie conjugale et il fréquente Tracy (Mariel Hemingway), une fille trop jeune pour lui (17 ans). Son meilleur ami Yale (Michael Murphy) lui présente sa maîtresse, Mary (Diane Keaton). La trouvant d’abord insupportable, il finit par en tomber amoureux.

Alors, c’est comment, un film de (et avec) Woody Allen ? Ben, aussi atroce qu’envisagé (j’avais assez apprécié Match Point, son cru 2005). Déjà, c’est quoi cette idée à la con de tourner en noir et blanc quand on veut rendre hommage à la ville qu’on aime tant et la mettre en valeur ? A part ça, c’est Woody et son nombril, ses peines de cœur et ses histoires de fesses, la grande ville et la grande musique (Gershwin), la culture (et vas-y que j’étale mes références littéraires et cinématographiques pour montrer combien je suis cultivé et comme j’ai bon goût, tout en critiquant les « pseudo-intellectuels » - le personnage de Diane Keaton -) et la psychanalyse, aussi. Monsieur a des scrupules de fréquenter une fille de 17 ans (tiens, tiens…), qui l’aime (il est tellement irrésistible…), alors qu’il en a 42 mais à l’aube de ses 18 ans et d’un voyage à Londres pour suivre des études, ce qu’il lui a lui-même conseillé, il ramène sa fraise pour limite la supplier de rester avec lui à New York. Tout ça parce qu’avec Keaton, ça ne colle finalement pas. En plus, j’adore ces dialogues où ça parle à cent à l’heure ou en même temps, idéal pour ne rien comprendre. Même si au final, il n’y a rien à comprendre. Pour conclure sur une note plus humoristique, j’ai constaté que je partageais la plupart des phobies de notre « génie » (insectes, mort, cancer, saleté, hauteurs voire chiens). Je devrais peut-être faire des films, qui sait…

La mort vous va si bien (1992), de Robert Zemeckis

 

C’est l’histoire d’un chirurgien esthétique alcoolique que se disputent son ex, une écrivaine ayant traversé un épisode de boulimie et sa nouvelle épouse, une chanteuse de comédie musicale narcissique sur le déclin. Les deux femmes, obsédées par le physique parfait et une éternelle jeunesse (tiens, ça ne vous rappelle rien ?), vont avoir recours aux services d’une mystérieuse détentrice d’une potion « magique ».

C’est avec qui ? Deux stars « sans âge », Bruce Willis et Meryl Streep. Goldie Hawn et la pulpeuse Isabella Rossellini (on en mangerait…) complètent le casting.

Et c’est comment ? Mieux que prévu. Un film que j’avais laissé trainer, moyennement emballé par le casting, le script et le réal (Zemeckis a été coopté par Spielberg et évolue comme lui généralement dans le grand spectacle un peu neuneu, cf. Forrest Gump). Mais comme il était dispo à ma médiathèque… Ce n’est pas la grande marrade mais ça se laisse voir sans déplaisir, les situations sont burlesques et bien entendu, les effets spéciaux sont étonnants.

Duel de pelles : oui

Trou dans l’estomac : oui

Femme à poil : oui (Isabella Rossellini et, furtivement, une autre femme, toutes deux de dos)

Up 👍: les effets spéciaux ; le côté burlesque ; le final

Down 👎: pas non plus hilarant