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Présumé innocent (1990), d’Alan J. Pakula

 

« C’est fini de souffrir, ils sont sauvés. » - « Sauvés ? »

C’est l’histoire de Rusty Sabich (Harrison Ford), brillant procureur, qui va avoir besoin d’un bon avocat, en l’occurrence Sandy Stern (Raúl Juliá). Motif : sa collègue Carolyn Polhemus (Greta Scacchi), à qui il avait montré combien il était un as du… barreau, a été retrouvé assassinée chez elle et plusieurs indices l’accablent. Le tout sur fond d’élections du District Attorney où son supérieur Raymond Horgan (Brian Dennehy) brigue un nouveau mandat.

Que penser de cette production Warner, parfaitement calibrée pour un dimanche soir à la télé avant de retourner au chagrin le lendemain matin ? Eh bien qu’elle est façonnée par des pros en la matière avec Alan J. Pakula (Les hommes du président, L'Affaire Pélican) derrière la caméra, la star Harrison Ford et quelques « seconds couteaux » (voire troisièmes) d’Hollywood devant et mise en musique par John Williams (partition « hitchcockienne » pour le final). Et qu’elle appartient à cette catégorie de films dont l’intérêt majeur réside dans son « twist » final, qui vient dénouer les fils de cette ténébreuse affaire. Sans vouloir « spoiler » pour les âmes égarées qui n’auraient pas encore vu ce film, précisons malgré tout que des plans insistants sur un personnage à priori secondaire nous mettent sur la piste du criminel (j’espère n’en avoir pas trop dit). A part ça, la victime se les était tous « envoyés » et malgré l’absence de scènes d’action, l’enquête puis le procès se laissent suivre sans que l’ennui ne vienne pointer le bout de son nez. Efficace as always et gentiment immoral sur la fin, ne boudons pas notre plaisir.

Conversation secrète (1974), de Francis Ford Coppola

 

Là où il y a Gene, il n’y a pas d’plaisir ?

C’est l’histoire d’un mec, Harry Caul (Gene Hackman), qui est un as de la filature. Pour l’un de ses commanditaires, il enregistre la conversation d'un jeune couple dans la foule à San Francisco. Il pressent que celui-ci est en danger, ce qui réveille en lui le trauma d’une mission précédente s'étant soldée par la mort d'une famille entière. Voilà notre homme en proie à la méfiance et aux scrupules…

Un peu déçu par cette Palme d’or 1974. En raison du parti pris du scénariste et réalisateur Coppola pour l’étude de caractère, en l’occurrence celui du personnage principal joué par Gene Hackman, disparu l’an dernier dans de bien tristes circonstances (la « Grande faucheuse » n’a malheureusement pas chômé en 2025 pour nos vedettes du 7ème art…). Donc ça traine en longueur pour bien souligner ses côtés secret et solitaire. Il faut attendre la dernière demi-heure pour qu’il y ait un peu d’action, de suspense et que se dénoue cette intrigue par ailleurs assez peu palpitante. Qui ne s’avère pas conforme aux prédictions d’Hackman. A noter dans le casting les apparitions d’Harrison Ford et Robert Duvall.  

Frantic (1988), de Roman Polanski

 

C’est l’histoire d’un cardiologue américain (Harrison Ford) qui se rend à Paris avec sa femme pour un colloque. Ils se rendent compte à leur arrivée à l’hôtel qu’ils se sont trompés de valise à l'aéroport. Puis, alors qu’il prend sa douche, sa femme disparait mystérieusement. Peu aidé par la police française ni par l’ambassade américaine, le voila contraint de mener sa propre enquête, malgré la barrière de la langue. Il va alors retrouver la propriétaire de la valise en sa possession (Emmanuelle Seigner), une jeune femme mystérieuse qui l’aidera à remonter la piste des kidnappeurs de son épouse.

J’enchaine avec un film du controversé Polanski, un de ces nombreux grands cinéastes que j’ai trop longtemps délaissés. Ben, mauvaise pioche. Ce n’est certes pas mauvais mais ce n’est pas fou-fou non plus. Ca manque de suspense, de rebondissements, d’action au sens large (pas forcément de courses-poursuites et de fusillades, hein…), limitée ici à une scène dans un parking (premier échange avorté avec les ravisseurs) et une autre sur les toits parisiens. Harrison Ford fait partie, avec Bruce Willis ou Richard Gere, de ses acteurs « mono-expressifs » (d’ailleurs, ils n’ont jamais eu d’Oscar et rarement de nominations). Bref, c’est peut-être aussi dû à mon anhédonie chronique mais pour un film réputé « culte » (?), je m’attendais à plus...

Le fugitif (1993), d’Andrew Davis

 

« Je n’ai pas tué ma femme ! » - « J’en n’ai rien à cirer ! »

C’est l’histoire d’un médecin accusé à tort du meurtre de sa femme, elle aussi médecin, et condamné à mort. Un transfert de prisonniers lui permet de s’échapper (ben oui, sinon le film dure un quart d’heure…). Il est alors pris en chasse par un « marshal » charismatique et opiniâtre qui ne le lâche pas d’une semelle mais échoue à le coffrer à plusieurs reprises (ben oui, sinon le film dure 45 minutes ou une heure…). Mais alors, c’est un gentil qui poursuit un autre gentil ? Oui mais le second gentil, au départ, il ne sait pas encore que le premier gentil est un gentil (et nous non plus, d’ailleurs), il croit que c’est un méchant. Oui mais le ou les vrais méchants, alors ? J’y viens… Nos deux gars vont mener leur enquête pour découvrir le véritable assassin de la femme. Et ils vont aboutir à la même conclusion (en même temps, vu qu’y’en a un qui suit l’autre à la trace, c’est logique…).

Y’a qui dedans ? Harrison Ford et Tommy Lee Jones. Contrairement à ce que je pensais, le premier est plus vieux que le second. Et Julianne Moore dans un petit rôle.

Et c’est bien ? Deux stars hollywoodiennes, du rythme, un « happy end », le cahier des charges du film du dimanche soir est respecté.

Prothèse de bras avec crochet : oui

Plongeon « où normalement on meurt mais pas lui » : oui

Femme à poil : non

Up 👍: Tommy Lee Jones, la classe

Down 👎: calibré, aucun enjeu