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Le goût des autres (2000), d’Agnès Jaoui

 

« Des gros pédés », c’est-à-dire ? Vous voulez dire « des gens qui s’enculent » ? Comme mon ami et moi, par exemple ? »

Réalisation : Agnès Jaoui

Scénario : Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui

Pays : France

Année : 2000

Genre : comédie dramatique, film choral

Avec : Anne Alvaro, Jean-Pierre Bacri, Alain Chabat, Agnès Jaoui, Gérard Lanvin, Christiane Millet, Wladimir Yordanoff.

Synopsis : Un entrepreneur un peu rustre tombe amoureux d’une actrice de théâtre, qui se trouve être également sa prof d’anglais. Il tente alors difficilement de la séduire et de s’intégrer à son milieu, très éloigné du sien et composé d’intellectuels assez imbus d’eux-mêmes.

Pourquoi ? Encore et toujours pour l’écriture du couple Bacri-Jaoui, qui atteint ici son summum. A leur habituelle mixture d’humour et de causticité, s’invite cette fois une bonne dose de mélancolie. Pour l’occasion, Agnès (dont j’obtins l’autographe lors de la présentation du film en 2001 à La Ciotat) passe derrière la caméra. Elle part ici en guerre contre les préjugés et l’esprit de chapelles, n’hésitant pas à donner le « mauvais rôle » au milieu dont elle est pourtant issue (les « cultureux », qui s’avèrent arrogants face au personnage joué par Bacri, moquant son inculture à son insu). Les personnages et leurs interprètes sont (presque) tous émouvants et attachants. Nouvelle moisson de Césars (quatre, dont meilleurs film et scénario) et succès au box-office (près de quatre millions d’entrées) bien mérités pour ce film marquant la fin d’une décennie en or pour le duo, qui ne fera par la suite que s’auto-caricaturer et perdra quasiment toute inspiration. 

Le bruit des glaçons (2010), de Bertrand Blier

 

« J’ai toujours été fragile. C’est pour ça que je suis devenu écrivain. Et alcoolique. Je sais plus dans quel ordre… »

C’est l’histoire d’un écrivain déprimé et alcoolique, retranché avec sa bonniche dans sa maison de campagne, qui reçoit la visite de… son cancer.

C’est l’histoire de Bertrand Blier qui tourne en rond (même si le script daterait de l’époque de Tenue de soirée). Il l’avoue lui-même dans l’entretien en bonus du DVD : « on raconte toujours la même chose ». On aura donc à nouveau une « réflexion » sur la vie, l’amour, la mort et, ici (un peu), la parenté. Il y a toujours des choses qui reviennent chez le réalisateur : le caddie (Les Valseuses, Merci la vie, Convoi exceptionnel), un duo ou trio d’acteurs (souvent deux hommes et une femme), une entame forte pour capter et embarquer le spectateur (procédé revendiqué), des héros paumés, en rupture, un personnage qui incarne la Mort (ici ou dans Les côtelettes)… A quoi ça me fait penser, ça ? Ah oui, à une parodie de Mozinor : Luc Besson et son « générateur de scénario aléatoire », aux possibilités infinies.    

C’est avec qui ? Jean Dujardin dans le rôle de l’écrivain à la dérive et Albert Dupontel dans celui du « crabe ». Le premier m’indiffère, le second c’est déjà mieux mais pas méga-fan non plus. Anne Alvaro, remarquable dans Le goût des autres, joue la bonne et Myriam Boyer son cancer. Enfin, Blier a encore réussi à « caser » sa Farida Rahouadj en agent immobilier cette fois, pour deux courtes scènes insignifiantes.

Et c’est bien ? Le making-of montre que si les protagonistes se sont bien amusés sur le tournage (évidemment, avec Dujardin et Dupontel, il a fallu en faire, des prises…), il n’en va pas forcément de même pour le spectateur, pour moi en tous cas. Contrairement aux Côtelettes, de loin mon préféré du réalisateur lors de ces plus laborieuses années 2000 et suivantes, je n’ai pas réussi à entrer pleinement dans son nouveau délire cinématographique.

Seau à glace : oui

Piscine : oui

Femme à poil :  Christa Theret, dans le rôle de la prostituée de Dujardin, nous montre le haut en sortant de la piscine