C’est l’histoire d’un mec (Chiwetel
Ejiofor, à vos souhaits...), sa vie c’est d’la merde et il l’échangerait bien
contre celle du roi du Maroc (pour ceux qu’ont la réf…) : divorcé de sa
femme, alcoolique et gérant d’un magasin de meubles en difficulté. D’ailleurs,
il voit une psy (Renate Reinsve, également à l’affiche de Fjord, toute… fraîche
Palme d’or cannoise), elle-même victime d’un trauma enfantin. Enquêtant sur des
dysfonctionnements électriques dans son magasin, il y découvre, au sous-sol, un
passage vers des « backrooms », une sorte de labyrinthe composé de
couloirs et d'espaces liminaires garnis d’objets divers épars.
De la fin du printemps au début
de l’automne constituant la période de sortie « d’hibernation » de
mon unique collègue, c’est donc aussi celle de nos sorties dans les magasins
culturels, les médiathèques de quartiers et les salles obscures. Cela tombe
relativement bien étant donné que les films d’épouvante, d’horreur et/ou
fantastiques sortent souvent à ce moment-là de l’année. Backrooms, donc.
Adaptation, par son créateur, un jeunot de tout juste 21 piges nommé Kane
Parsons, de la web-série « anthologique » (bâillements…) du même nom.
Autant mettre fin d’emblée à tout suspense : c’est, globalement, ce que
j’appellerais une « couille ». Vue par ailleurs dans des conditions
pas idéales, dans une salle pas très grande, essentiellement remplie d’ados
flirtant avec la limite, sans heureusement la franchir, de l’inconvenance
sonore : téléphone, canettes, grignotage de pop-corns, cris et rires lors
des « jumpscares »... « Il faut bien que jeunesse se passe »,
comme dit le proverbe, mais je me demande ce qu’on va bien pouvoir tirer de
cette génération, si ce n’est des caissières Monoprix, des chauffeurs /
livreurs Uber, des caristes Amazon ou, pour les plus doué(e)s (?) ou chanceux/euses,
« influenceur/euses ». Pour en revenir au film, s’il tient assez bien
la route au début, il bascule à un moment dans le n’importe quoi, avec
l’apparition d’un monstre géant à l’effigie du gestionnaire du magasin en tenue
promotionnelle. Du coup, j’ai trouvé l’idée de l’exploration de ces « arrière-salles »
insuffisamment exploitée, on retombe finalement assez vite sur les mécanismes
du film d’horreur lambda, du reste encombré d’un fatras pseudo-philosophique
sur le sens de la vie et de comment être véritablement acteur de la sienne. 12,50 € pour ça, ça fait un peu mal au fessier... Si « pièces
vides » et « labyrinthe » renvoient inconsciemment, dans le
genre fantastique / horreur, à Cube, « l’élève » n’est pas prêt de détrôner
le maître…



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