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Obsession (1976), de Brian De Palma

 

C’est l’histoire d’un mec, Michael Courtland (Cliff Robertson), riche promoteur immobilier, il perd son épouse Elizabeth (Geneviève Bujold) et sa fille Amy de 9 ans lors de leur kidnapping qui tourne mal. Et voila que seize ans plus tard, en 1975, tout recommence : il fait la connaissance à Florence, dans l’église où il avait rencontré sa femme, de Sandra, une restauratrice de peinture qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Il la séduit, ils se marient et Sandra est kidnappée à son tour…

Brian De Palma est le réalisateur le plus représenté dans ma « collec’ », avec quatre films, deux des années 80 et deux des années 90. Alors que les vrais cinéphiles (dont je ne suis pas) vous diront que ses meilleurs films sont ceux des années 70 (et ils ont sans doute raison). Le cinéaste est… obsédé par l’œuvre d’Alfred Hitchcock et il n’hésite pas à s’en inspirer. Ici, avec le scénariste Paul Schrader, il nous refait le coup de Vertigo (Sueurs froides), le « film parfait » (dixit) que tous les vrais cinéphiles aiment (et moi pas tant que ça mais j’ai sans doute tort). Je n’étais pas sûr d’avoir vu ce Obsession mais finalement si, des images me sont revenues en mémoire. Il bénéficie de trois gros atouts : la musique, magnifique, de Bernard Herrmann (son avant-dernier film, avant Taxi Driver) ; l’interprétation, non pas de Cliff Robertson (trop figée) mais de Geneviève Bujold, une actrice que je ne connaissais pas avant de la voir dans le Faux-semblants de David Cronenberg et qui s’avère ici épatante dans ce double (et même triple) rôle ; et bien sûr la réalisation de De Palma, avec nombre de scènes particulièrement réussies (à l’église, la filature dans Florence, la conversation entre Robertson et John Lithgow dans le café avec vue sur la place, les flashbacks du kidnapping initial, le final à l’aéroport…) grâce à d’ingénieux procédés (double focale, gros plan, travelling, ralenti, contreplongée, filmage à travers un voile pour marquer un aspect onirique…). Par contre, l’histoire est un peu « tirée par les cheveux » et son dénouement trop vite expédié à mon goût (le film est d’ailleurs relativement court, 95 minutes). Mais le positif (qui l’est véritablement) l’emporte largement sur les petits points négatifs.

Scanners (1981) / Videodrome (1983) / Faux semblants (1988), de David Cronenberg


Trois Cronenberg pour le prix d’un. Passons assez vite sur Scanners et Videodrome, qui baignent dans leur jus au look de séries B cheap et kitsch des années 80 (en même temps, ce n’est pas de leur faute et c’est probablement voulu, vu les faibles budgets). Le premier est une histoire d’affrontement entre deux « scanners » (des médiums), l’un gentil (Stephen Lack) et l’autre méchant (Michael Ironside, vu dans Total Recall et dont le faciès évoque parfois celui de Jack Nicholson). Dans le second, le désormais bien peu fréquentable James Woods incarne un cynique dirigeant d’une chaine de télé spécialisée dans la pornographie et la violence, qui découvre l’existence d’une émission malaisienne nommée Videodrome mettant en scène des meurtres. Je m’arrête là car je n’ai pas compris grand-chose à cette histoire, où apparait la superbe Deborah Harry (chanteuse du groupe de rock Blondie), si ce n’est l’occasion d’une critique du sensationnalisme télévisuel. Et oui, dans les années 80, on était déjà dans l’effondrement mais comme c’était le début (et qu’on était jeune), on ne voyait rien (comme pour un cancer) et en comparaison avec la merde actuelle, cela paraîtra idyllique. Les deux permettent surtout de renseigner sur les avancées effectuées par les effets spéciaux en termes de « body horror », une spécialité de Cronenberg. Je ne dis pas que c’est pas bien, juste que ça ne correspond pas aux attentes du spectateur à l’esprit cartésien que je suis, parfois désarçonné par l’irruption du gore ou du fantastique dans un contexte qui n’est pas d’emblée considéré comme tel. Il y a plus à dire sur Faux semblants, qui n’est pas du tout dans le même registre et qui m’a beaucoup plus intéressé. L’histoire de deux frères jumeaux, Beverly et Elliot Mantle (magnifiquement interprétés par Jeremy Irons), qui partagent tout : appartement, clinique de gynécologie et même conquêtes féminines. Jusqu’à l’arrivée dans leur cabinet de l’actrice Claire Niveau (Geneviève Bujold), dont Beverly, le plus fragile des deux frangins, tombe amoureux et refuse de la « partager ». Avec un synopsis pareil, on s’attend à une terrible confrontation entre les deux frères. Et bien non, fausse route. Ma frustration vient de là, du coup nous assistons à une lente et brutale dépression de Beverly suite au départ de Claire pour un tournage, entrainant son frère Elliot dans sa chute. Celui-ci, loin d’éprouver de l’hostilité vis-à-vis de Beverly, fera au contraire preuve de compassion à son égard. La fin m’a aussi un peu laissé sur ma… faim, dommage. Si voir le même acteur interprétant deux rôles dans le même plan est aujourd’hui considéré comme un jeu d’enfant, il semble qu’à l’époque (fin des années 80), c’était totalement novateur. Bon, pour les scènes où l’un est de dos, il suffit de trouver une doublure avec la même morphologie et lui faire une coiffure identique.