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Le maître du jeu (2003), de Gary Fleder

 

« Rah, j’aime pas les baptistes, pas plus que les Démocrates… »

And justice for all…

C’est l’histoire d’un procès. Il oppose l’épouse d’un homme abattu deux ans plus tôt dans une tuerie de masse par un ancien salarié de sa société de courtage qui l’avait renvoyé, à l'entreprise d'armes Vicksburg Firearms, chez qui le tueur s’était fourni. Tandis que la veuve est défendue par Wendell Rohr (Dustin Hoffman), avocat moralement irréprochable, la firme d’armement et ses actionnaires ont fait appel à Rankin Fitch (Gene Hackman). Celui-ci, fin psychologue et sans scrupules, bénéficiant d’un budget conséquent et à la tête d’une équipe de redoutables professionnels, est passé maître dans l’art de contrôler un jury, sélectionnant les profils dont il pense qu’ils seront favorables à sa cause, les manipulant et exerçant au besoin des pressions sur eux pour faire pencher la balance en sa faveur. Seul l’un des jurés sélectionnés, le mystérieux Nicholas Easter (John Cusack), semble échapper à son emprise. Par ailleurs, Marlee (Rachel Weisz), la compagne d’Easter, contacte Rohr et Fitch en leur proposant d’influencer le jury en leur faveur contre 10 millions de dollars.

Vous me dites ce qui me pousse à continuer d’acheter ces merdes à 1 euro (le triple ou plus avec le port, heureusement compensés par mes « porte-monnaies » virtuels) sur Vinted ou Rakuten ? Le désœuvrement et le manque d’idée ? Parce qu’elles ne sont pas disponibles dans mes médiathèques municipales ? Oui, un peu tout ça sans doute. Et puis, tiens, Gene Hackman et Dustin Hoffman, pas mal quand même, non ? Oui mais attention, sur la jaquette je lis aussi « 2003 » et « Gary Fleder » (Le collectionneur avec Freeman, Pas un mot avec Douglas fils… L’un de ces multiples tâcherons qui peuplent les studios hollywoodiens…). Ben ouais, on fait partie d’une « industrie » (horrible terme totalement antinomique avec l’art et la culture), on ne nous propose pas des French Connection ou des Macadam Cowboy tous les jours et pendant ce temps, faut bien payer ses factures et ses arriérés d’impôt… Alors allons-y, gaiement ou pas, pour cet énième thriller cousu de fil blanc (le pot de terre contre le pot de fer, qui va gagner, oh la la, terrible « suspense »…) aux improbables rebondissements, inspiré du roman éponyme de John Grisham, écrivain multi-adapté au cinéma (La firme, Le client, L’affaire Pélican ou Le droit de tuer ?, c’était déjà de lui). Ah, là c’est sûr, pas de « thèmes », de « propos » ou de « vision »... Enfin si, toujours les mêmes : le pognon, la Patrie, la famille traditionnelle, les donuts et Dieu pour tous… Et donc pour ou contre le fameux « second amendement » de la Constitution de la « plus grande démocratie du monde » (sic)… Bien sûr, c’est Hackman qui campe le manipulateur froid et cynique et bien sûr, c’est Hoffman qui incarne l’avocat honnête « droit dans ses bottes » et idéaliste (vous avez déjà vu Hoffman avoir le mauvais rôle ? Moi jamais. Ce qui en dit peut-être long sur l’égo du bonhomme…). Bien sûr, ils ont une scène de confrontation, dans les toilettes du tribunal (ben tiens, manquerait plus qu’on y échappe…). Et bien sûr, parce qu’on a affaire à des professionnels, on aura droit à quelques scènes d’action et à l’incontournable « twist » final. Allez hop, aussitôt consommé, aussitôt chié (et oublié) et retour « à l’envoyeur », c’est-à-dire sur les « marketplaces »…

Dans la peau de John Malkovich (1999), de Spike Jonze

 

C’est l’histoire, complètement folle, d’un marionnettiste raté maqué avec une amoureuse des animaux (ils en ont plusieurs à la maison). Il se résout à chercher du travail et se fait embaucher comme administratif par une entreprise située dans un building au 7ème étage… et demi, ce qui contraint les salariés à se déplacer voutés, le plafond étant très bas. Un jour, il découvre par hasard dans un bureau de la boite un passage qui mène… au cerveau de John Malkovich !

Y’a qui dedans ? John Cusack joue le rôle du marionnettiste, Cameron Diaz (méconnaissable, châtain et un peu enlaidie) celui de sa femme, Catherine Keener est la collègue de travail dont Cusack tombe amoureux. Quant à John Malkovich, dont l’ambivalence fait tout le charme, il incarne bien évidemment son propre personnage. On reconnait aussi Charlie Sheen et divers « caméo » (Sean Penn, Brad Pitt, Michelle Pfeiffer…).

Et c’est comment ? Tout d’abord merci (et petite pub au passage) à Cinéphile Schizophrène pour avoir rappelé ce film à mon bon souvenir en lui consacrant récemment un article sur son blog. Un film que je connaissais de nom mais que je n’avais jamais eu la curiosité de voir et que j’avais quelque peu oublié. Spike Jonze, dont c’est le premier long-métrage, je connais forcément. Il fût un réalisateur de clips remarqué dans les années 90 pour de grands noms du pop-rock et de la musique électronique. On peut citer notamment Björk (It's Oh So Quiet), Fatboy Slim (The Rockafeller Skank) ou encore les Chemical Brothers (Elektrobank, où il transforme sa meuf de l’époque, la future réalisatrice Sofia Coppola, en gymnaste émérite). On retrouve sa créativité et son originalité dans ce pitch complètement délirant où un homme découvre donc un tunnel menant au psychisme de John Malkovich. Durant quinze minutes, il voit et entend à travers l’acteur, avant d’être « éjecté » et de se retrouver en périphérie de la ville. Jusqu’à ce qu’il finisse, à force d’entrainement, à rester dans le corps de Malkovich et à le contrôler, dans le but de séduire sa collègue de travail. Problème, sa femme (Cameron Diaz) en est elle aussi tombée amoureuse (les prémices du « wokisme » ? Cf. le final). Passée la surprise initiale, le film a néanmoins tendance à s’embourber dans les méandres de ce triangle amoureux et ne propose que quelques fulgurances, comme lorsque Malkovich, découvrant le « pot aux roses », s’introduit lui-même dans le passage et atterrit dans un monde où tous les individus, quel que soit leur sexe, ont son visage (d’où l’affiche). Verdict : mieux que ce que j’aurais imaginé mais aurait pu être encore meilleur (ou bien suis-je trop exigeant ?), malgré deux-trois bonnes idées (le couple avec la ménagerie à la maison, l’entreprise avec le plafond très bas et la secrétaire sourde qui comprend tout de traviole…).

Chimpanzé : oui

Femme à tête de John Malkovich : oui

Femme à poil : non