Chroniques de films, au fil de mes (re)découvertes. Aucune connaissance technique ou historique sur le cinéma, juste des ressentis. Si cela vous donne envie de (re)voir ces films, c'est déjà ça...
« Ah, vous voulez que je
vous dise le surnom qu’on lui donnait dans l’temps ? « Couille molle » ! »
C’est l’histoire de Lou (Burt
Lancaster), vieux truand minable d’Atlantic City. Au sein de son immeuble, il
veille sur sa compagne, l'acariâtre Grace (Kate Reid) et observe de sa fenêtre
sa voisine Sally (Susan Sarandon), employée au restaurant d'un casino rêvant de
devenir croupière en France. Celle-ci voit débarquer son mari Dave (Robert Joy)
et sa sœur Chrissie (Hollis McLaren), enceinte de ce dernier et accepte de les
héberger. Dave, qui a récupéré de la drogue à Philadelphie, cherche à écouler
sa marchandise et se met en contact avec Lou. Mais les hommes à qui il l’avait
volé le retrouvent et l’abattent.
Alors que Roman Polanski quittait
les Etats-Unis pour la France suite à l’affaire de viol sur mineure qui défraya
la chronique (il est toujours à ce jour considéré comme un « fugitif »),
Louis Malle fit à peu près au même moment (seconde moitié des années 70) le
chemin inverse. Son Lacombe Lucien n’a en effet pas plu aux Résistants. Il se
fera pardonner en 1987 avec Au revoir les enfants, énième film sur l’Occupation
(au cas où on aurait oublié ou qu’on ne savait pas déjà tout). Mais avant cela,
il signera donc une poignée de films au pays de l’Oncle Sam, dont cet Atlantic
City. Film franco-canadien mais réalisé aux Etats-Unis avec des acteurs venus
des trois pays, dont notre Michel Piccoli national dans le rôle du professeur
des croupiers. La légende Burt Lancaster incarne donc un petit
malfrat à la retraite un peu pathétique, tandis que Susan Sarandon interprète
une employée de casino qui voit son rêve de devenir croupière brisé par l’arrivée
puis l’assassinat de son mari dealer. Relativement original par son casting
disparate, son scénario et l’équilibre qu’il cherche (et parvient) à instaurer entre
plusieurs genres (drame, policier, romance, avec quelques touches de comédie),
le film se laisse suivre sans déplaisir. Lion d'or à la Mostra de Venise et sélectionné
en 2003 par le National Film Registry pour conservation à la bibliothèque du
Congrès des États-Unis. Pas mal pour un « Frenchy » !
« Mais je n’ai aucun
remord car je ne fais pas partie de la société des hommes. Tout ce que j’ai
fait, c’était pour les femmes. »
Clap de fin…
C’est l’histoire de Julien Vercel
(Jean-Louis Trintignant), agent immobilier à Hyères. Massoulier, amant de sa
femme Marie-Christine (Caroline Silhol), est assassiné lors d’une partie de
chasse au canard près d'un lac et tout semble l’accuser : il chassait
également à ce moment-là et on retrouve ses empreintes sur la voiture de la
victime. Quelques jours après, Marie-Christine, revenue de Nice où elle
travaillait, est également assassinée au domicile conjugal. Barbara Becker
(Fanny Ardant), secrétaire de Vercel et secrètement amoureuse de lui, décide de
mener l’enquête afin de l’innocenter.
Dernier film (par la force des
choses) de « l’enfant terrible » de la Nouvelle Vague, qui décèdera
l’année suivante d’une tumeur cérébrale. Avec, comme pour son pénultième (La
femme d’à côté), la dernière femme de sa vie à l’affiche, la très belle Fanny
Ardant, au charme fou. Parti pris de le tourner en noir et blanc pour coller à
une atmosphère de « film noir ». Mais est-ce une bonne idée en cette
décennie « flashy » des années 80 débutante, surtout venant d’un auto-proclamé
apôtre de la modernité ? C’est toujours marrant de (re)voir des pandores à
képi ou des postiers à casquette, dont le port a aujourd’hui disparu. « L’entertainment »,
on sait moyennement faire, au pays des mille fromages… Y’a bien eu les
Belmondo, plus tard les Besson et autres Jeunet mais bon, ça n’égalera jamais
les « amerloques ». Non, nous, on est plutôt des intellos, on se
pique plus volontiers de littérature, de théâtre, des grandes œuvres du
répertoire classique, c’est comme ça. Et dans le triptyque le mari – la femme –
l’amant, on a beaucoup donné. L’enquête n’est pas inintéressante mais bourrée
d’invraisemblances, de facilités et un poil confuse. Et puis question suspense
et action (quand il y en a), c’est franchement pas ça… Encore un clin d’œil à
Hitchcock, décidément (Fanny qui roule de nuit sous la pluie et qui s’arrête à un hôtel,
comme Kim Novak dans Les Oiseaux ***). On a par contre la chance d’avoir de
bons et grands acteurs, y compris chez les « seconds couteaux », ce
qui nous sauve la mise. Là où j’ai pas compris, c’est que la fiche du film
indique « comédie » (???) et Truffaut lui-même revendique cet aspect
(on ne doit pas avoir la même définition du mot). M’en fiche, je vais mettre « drame ».
Bref, à voir mais pas de quoi se relever la nuit (d’ailleurs, pourquoi se relever
la nuit, si ce n’est pour soulager sa vessie ?).
« La meilleure suceuse
des 52 États... Qu’est-ce que je peux faire ? »
C’est l’histoire de Zack Mayo
(Richard Gere), fils d'un sous-officier de marine alcoolique et amateur de
prostituées (Robert Loggia), qui s’engage dans l'armée pour devenir aviateur. A
son arrivée, le Sergent instructeur Foley (Louis Gossett Jr.) le met en garde,
ainsi que les autres recrues, contre les femmes du coin qui ne manqueront pas
de se faire mettre enceinte afin qu’ils les épousent. Zack tombe amoureux de l’une
d’elles, Paula (Debra Winger).
Creusons (au sens figuré…) cette
Debra Winger dont j’ignorais l’existence jusqu’au visionnage de Tendres
passions, qui lui valut l’une de ses trois nominations aux Oscars (toutes
infructueuses), avant de « disparaître des radars » pendant quelques
années (1995-2001), ce qui inspira à Rosanna Arquette son documentaire À la
recherche de DebraWinger (2002), traitant de la difficulté pour les actrices de
trouver des rôles passé un certain âge (le revers de la médaille de la beauté,
qui ne dure qu’un temps). Son rôle dans Officier etgentleman fut l’objet d’une
autre de ses nominations. Quant au bellâtre Gere, après avoir fait la pute dans
American Gigolo (1980) et avant de s’en payer une dans Pretty Woman (1990), il
se raffermit pour passer avec succès ces épreuves militaires. Bilan :
Achat 1 euro sur Vinted :
oui
Exaltation du sentiment
patriotique, de l’effort, de la discipline, de la soumission à la hiérarchie,
de l’amour hétérosexuel et de Dieu : oui (on est aux States et à l’armée…)
Homophobie latente : oui
mais c’est le milieu (et l’époque) qui voulait ça…
Scène de cul : oui (cul et
seins de Debra, quelques secondes)
Traumas familiaux : oui
Sergent instructeur « dur
sur l’homme » mais-je-n’en-suis-pas-moins-homme-avec-un-petit-cœur-qui-bat :
oui
Femme vénale, calculatrice et
injuste : oui
Femme sensible sincèrement
amoureuse : oui, aussi
Mec naïf qui se fait promener par
la connasse citée plus haut : oui
Mec méfiant qui ne veut pas se
faire promener par une connasse mais qui se rend compte que finalement, c’est
pas une connasse (la sincère citée plus haut) : oui, aussi (bref, les
meufs gagnent dans tous les cas de figure…)
Stimulateurs lacrymaux : oui
(un drame et un « happy end »)
Revente sur Rakuten : oui,
ça vient de partir pour 1,50 €
« Il faut le
comprendre, quoi… Il tourne deux films en même temps : son premier et son
dernier. »
Bonjour tristesse...
C’est l’histoire de quelques amis,
issus de « l’intelligentsia » de la gauche culturelle, qui se
retrouvent, avec d’autres et pour certains, avec leur compagne, lors d’un
rituel buffet dinatoire sur une terrasse romaine. Il y a là Amedeo (Ugo
Tognazzi), producteur de cinéma ; Enrico (Jean-Louis Trintignant), son scénariste
attitré ; Luigi (Marcello Mastroianni), journaliste ; Sergio (Serge
Reggiani), responsable de la télé publique RAI ; et Mario (Vittorio
Gassman), député communiste. A l’enthousiasme des débuts a succédé l’accablement
face aux échecs professionnels et sentimentaux.
« Vous m’avez vraiment cassé
les couilles ! » lance à un moment donné l’un des convives de
cette Terrasse aux autres invités. Cette sentence résume parfaitement mon
sentiment à la vision de ce film long (2h35 !) et chiant comme la pluie (qui
s’abat d’ailleurs sur ladite terrasse lors du final). Ni rires ni larmes au
programme de cet étalage d’amertume, d’histoires et de personnages
inintéressants au possible. Trois grands acteurs italiens (Tognazzi,
Mastroianni et Gassman) y sont accompagnés des « francesi » (et tout aussi
grands) Trintignant et Reggiani, ayant déjà tourné pour des réalisateurs
transalpins, Reggiani ayant lui-même des origines italiennes. Chacun fait son
petit tour de piste (d’environ 30 minutes chacun, donc), annoncé par la scène liminaire, identique et répétée, d’une femme déclarant le buffet ouvert. On y suit à chaque
fois le personnage en question lors de cette soirée puis dans sa vie. Tous ont
pour point commun, outre leur amitié, d’être en situation d’échec tant sur le plan professionnel qu'amoureux et de se trouver en contradiction avec
leurs rêves et idéaux d’antan (thème proche de celui de Nous nous sommes tant
aimés, du même réalisateur et bientôt chroniqué sur ces pages). Trintignant, en
auteur sans inspiration (ne lui trouvez-vous pas un air de John Malkovich, ce
sourire à la fois charmeur et inquiétant ?) et Gassman, en député ayant une
liaison avec une jeune femme, font leur numéro, les autres (Reggiani en
dépressif anorexique, Mastroianni largué par sa femme et Tognazzi en producteur
raté) sont plus sobres. Mais rien ne passionne dans leurs aventures, tout juste
notera-t-on quelques fulgurances sarcastiques ou de mise en scène (Gassman s’imaginant
évoquer sa liaison adultérine à la tribune du congrès du Parti Communiste – images d’archives
– auquel il participe). La pauvre Marie Trintignant, tout juste 18 ans à l’époque,
fait de furtives apparitions lors de ces buffets et y croise donc son père. Cette
livraison de quatre DVD achetés sur Vinted fût donc très décevante, seul Tendrespassions, mélo porté par un exceptionnel trio d’acteurs, valant le coup d’œil.
Heureusement qu’ils ne m’ont en réalité rien couté, puisque payés par les
fruits de la vente d’une visionneuse de diapositives antédiluvienne…
« Comment veux-tu avoir
la vie plus facile si ce type continue à te faire pondre des gosses ? Quel
miracle va-t-il tomber du ciel qui puisse te sauver ? »
C’est l’histoire de la relation
« amour – haine » entre une mère, Aurora (Shirley MacLaine) et sa
fille Emma (Debra Winger). La première, veuve un peu guindée, voit d’un mauvais
œil le mariage de la seconde, un peu « fofolle ». Les deux femmes restent
malgré tout attachées et se téléphonent fréquemment. Emma enchaine les
naissances (trois au total) tandis qu’Aurora finit par se laisser séduire par
son voisin Garrett (Jack Nicholson), astronaute.
Sorti chez nous le jour de mon 9ème
anniversaire (4 avril 1984), multi-Oscarisé (5 au total, dont la plupart des
principales statuettes), massacré par la critique française à l’époque puis
bénéficiant d’un « retour de hype » depuis deux décennies, je me suis
donc laissé tenter par ce Tendres passions, acheté lui aussi sur Vinted (de
même que prochainement, La Terrasse et Agent zérozéro). Un film aussi touchant,
beau, moche et déprimant que peut l’être la vie (c’est-à-dire quelques pépites
de bonheur dans un océan de merde…). Il mêle habilement comédie et (mélo)drame et
établit un étonnant parallèle entre la vie des deux femmes. En effet, tandis
que la mère (Shirley MacLaine) retrouve une seconde jeunesse en tombant amoureuse
telle une midinette, le couple de sa fille (Debra Winger, mariée à Jeff Daniels, même voix française que Bruce Willis) est vite rattrapé
par l’usure du quotidien, avec son lot de contraintes professionnelles, de
disputes et de tromperies réciproques. Les deux femmes sont formidables mais il
n’y avait qu’un Oscar à prendre, il sera finalement pour MacLaine. Nicholson,
fidèle à lui-même (c’est-à-dire un brin cabotin), empochera celui du meilleur
second rôle masculin. Cette histoire s’achèvera [SPOILER ALERT] de façon
sordide, dans l’anonymat d’une chambre d’hôpital. La ficelle « tire-larmes »
est facile mais le film, assez pudique, a la bonne idée de ne pas en faire des caisses
dans le pathos. Chienne de vie et putain de crabe… En somme, même si « la
vie continue » (les derniers plans), ne comptez pas sur Tendres passions
pour vous remonter le moral…
« Et c’est quoi la marque
des matelas où on peut dormir sans faire chier l’autre ? »
« Au fond, t’es un
lyrique… »
C’est l’histoire de Jules (Frédéric
Andréi), jeune postier grand fan d’une cantatrice américaine (Wilhelmenia
Wiggins Fernandez), qui effectue un enregistrement de l’un de ses spectacles
puis lui vole sa robe de scène, alors qu’elle refuse de se produire sur disque.
Parallèlement, la police enquête sur un réseau de prostitution.
Un peu mégalo, le Beineix, mais
vraiment pas mal du tout. Une double intrigue croisée, avec des morceaux
esthétisants dedans (couleurs artificielles, décors inspirés du « pop
art »…). Une histoire assez originale où un jeune postier prénommé Jules (Jules…😏)
se trouve en possession de deux enregistrements, celui qu’il a réalisé d'une
diva à laquelle il voue un véritable culte mais aussi celui des révélations d’une
ex-prostituée que celle-ci a déposé à son insu dans la sacoche de sa mobylette
juste avant d’être assassinée. Notre gars va dès lors être poursuivi simultanément
par deux Taïwanais l’ayant repéré lors du concert incriminé, par deux
« pieds nickelés » (Gérard Darmon et Dominique Pinon), chacun de ces
duos cherchant à récupérer l’un des enregistrements, mais aussi par la police, ce
qui occasionnera des « tours de passe-passe » et une spectaculaire course-poursuite
au cours de laquelle Jules pénètrera dans le métro parisien à bord de sa moto
(Besson a sûrement pris des notes pour son Subway de 1985). Le postier sera
aidé dans sa tâche par un mec dont on ne sait strictement rien (Richard Bohringer),
que l’on voit juste préparer de la bouffe, prendre un bain dans une baignoire cigare
au bec ou faire un puzzle géant. Et par une étudiante asiatique, amie du mec en
question. L’intrigue policière et les personnages sont assez sommaires, les
poursuivants retrouvant la trace du postier on ne sait comment, on sent que ce
n’est pas ce qui intéresse le plus Beineix. Deux caméos notables : la
récemment disparue Isabelle Mergault dans une salle de jeu et… l'alors fraichement « retraitée » du porno Brigitte Lahaie dans un clin d’œil à Marilyn Monroe
(sa jupe qui se soulève sous une bouche de métro). Mine de rien, près de trente
ans avant la « loi Hadopi », Diva posait déjà la problématique de
l’auteur face aux enregistrements pirates de ses œuvres. Il est par ailleurs
accompagné d’une mémorable bande originale de Vladimir Cosma (récipiendaire de
l’un des quatre Césars obtenus par le film), avec notamment le sublime extrait
de l'opéra LaWally revenant tel un leitmotiv.
« Quand ma bite pénètre
une femme, je la détruis (…). C’est pour ça que je vois des prostituées. L’usage
leur a élargi le con. »
C’est l’histoire de Gloria (Carmen
Maura), femme de ménage et au foyer qui vit dans un petit appartement de la
banlieue de Madrid avec son mari, chauffeur de taxi minable, leurs deux fils et
sa belle-mère. Sa voisine de palier et amie Cristal (Verónica Forqué), quant à
elle, se prostitue. Pour tenir le coup et la pharmacie lui ayant refusé des
amphétamines, Gloria inhale des produits ménagers.
Le topo d'Alain Guiraudie :
La loi du désir (1987)
C’est l’histoire de Pablo Quintero
(Eusebio Poncela), cinéaste et écrivain homosexuel à la vie dissolue et de sa sœur
actrice Tina (Carmen Maura). Son amant en titre Juan (Miguel Molina) part en
vacances en Andalousie. Lors d’une soirée, Pablo rencontre alors Antonio (Antonio
Banderas) et ils ont une aventure. Mais Antonio se révèle être très possessif
et incontrôlable…
Allez hop, deux Almodóvar « première
manière ». Pour faire une analogie avec Metallica, ça correspondrait à sa
période « punk » Kill ‘em all avant l’institutionnalisation (l’embourgeoisement ?)
à la Black album. Si pour le célèbre groupe californien, ma préférence irait
plutôt à la rage adolescente des débuts, c’est beaucoup moins évident pour le
réalisateur de la Movida. Les deux films ont en commun sa muse de l’époque,
Carmen Maura. Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? est nettement plus
fauché (donc artisanal) et fatalement moins bien réalisé que La loi du désir,
sorti trois ans plus tard. On retrouve les thèmes favoris du cinéaste : l’homosexualité,
la transidentité, la famille, les femmes de caractère, la foi, la précarité sociale, la fascination pour
les marginaux. Dans le premier (vu en V.O, pas de VF sur le DVD…), on croisera une
prostituée, deux adolescents dont l’un deale et l’autre se « vend » à
son dentiste (avec l’aval de sa mère !), une belle-mère avare qui met sous
clé eau gazeuse et madeleines, la mère extrêmement stricte d’une enfant dotée
de pouvoirs surnaturels (télékinésie) ou encore… un gros lézard. Dans le
second, l’homosexualité est filmée de façon explicite (et même scabreuse), Poncela
et Banderas donnent vraiment de leur personne. La loi du désir est plus élaboré
au niveau du scénario mais cette histoire passionnelle ne m’a pas plus « tourneboulé »
que ça (peut-être parce que je ne suis pas de ce « bord » ?)
alors à choisir, j’opte pour le plus humoristique Qu’est-ce que j’ai fait pourmériter ça ?. Mais dans l’ensemble, ça casse pas des briques…
« Moi le sexe, je n’ai
jamais trouvé ça… c’est-à-dire… j’aime bien ça et tout mais… vous
comprenez...? Je trouve… je trouve qu’il n’y a pas de quoi en faire une
montagne. C’est simple, je pourrais m’en passer, pour ainsi dire… »
Ce sont ceux qui en parlent le
plus qui en font le moins…
C’est l’histoire d’une dépressive
un peu coincée du derche (Andie MacDowell, superbe) et de son mari avocat (Peter
Gallagher, goujat), qui « s’envoie » sa sœur (pas la sienne, celle de
son épouse) barmaid (Laura San Giacomo, délurée). Un jour, un vieil ami du mari (James
Spader, troublant) débarque en ville (Baton Rouge) et le couple l’héberge le
temps qu’il trouve un appartement. Cet homme mystérieux va bouleverser la vie
des trois protagonistes.
Coup d’essai et coup de maître
pour Steven Soderbergh, qui devient à 26 ans le second réalisateur le plus
jeune, après Louis Malle, à empocher une Palme d’or. Film que j’ai longtemps
délaissé pour des a priori (titre et scénar peu engageants), c’était le bon
moment pour franchir le pas. Le film vaut essentiellement (pour ne pas dire
exclusivement) pour son quatuor d’acteurs (quasi uniques, seuls cinq autres
rôles très secondaires étant recensés), tous très bons. En particulier James
Spader, dans un rôle « spécial » (comme dans le Crash de Cronenberg),
celui d’un type impuissant qui ne prend son pied qu’en matant ses vidéos d’interviews
de femmes interrogées sur leur sexualité, et Andie MacDowell, les deux autres
étant un peu en retrait. Quelle belle femme et bonne actrice, Andie… Il faut la
voir se mettre à rougir en moins de temps qu’il ne faut pour le dire lorsque
son psy lui demande si elle se masturbe. Sexe, mensonges et vidéo parle de sexe
mais n’en montre jamais, ou si peu : aucune paire de fesses ou de nichons
à l’horizon. Les peu de fois où ça baise, ça reste (plus ou moins) habillé (Gallagher
et San Giacomo) ou c’est elliptique (Spader et MacDowell). Casting et décors réduits,
prédominance des dialogues sur l’action… De fait, ça aurait pu être une pièce
de théâtre. L’histoire du type mystérieux qui instaure le trouble (sexuel) au
sein d’une cellule (couple, famille) renverra éventuellement au Théorème de
Pasolini. Pas forcément déçu (je n’avais pas d’immenses attentes) mais le sujet
est tout de même un peu mince, heureusement sauvé par les comédiens.
« T’as un problème avec
la moitié du monde et j’en fais partie et ça m’fait chier ! »
C’est l’histoire de deux flics non
pas à Miami mais à Los Angeles, le vieux sage et proche de la retraite Bob
Hodges (Robert Duvall) et Danny « Pacman » McGavin (Sean Penn), un jeune
impétueux récemment enrôlé (tiens, ça ne vous rappelle rien ?), qui sont
contraints de faire équipe. Tous deux font des rondes dans les rues et sont
confrontés à la guerre des gangs qui fait rage entre les Crips et les Bloods.
Je n’aime pas l’Amérique, son
histoire et son « rêve » baignant dans la violence, je n’aime pas
les flics, à fortiori américains (précisons d’emblée : ceux qui jouent aux
cowboys et se croient au-dessus des lois, c’est-à-dire, j’ose l’espérer, une petite
minorité d’entre eux), je n’aime pas Hopper en réalisateur (Easy Rider et Hot
Spot m’avaient passablement niflé) et la culture rap m’est totalement étrangère
et le restera probablement pour toujours. Pourquoi ce Colors, alors ? Ben
sur les conseils d’un blogueur (Ranxzevox, pour ne pas le nommer) et parce qu’après
une intense période de « mise à jour » cinématographique, je ne sais
plus trop à quel saint me vouer… En ce moment, je suis plutôt dans une phase « musique
et voyages » et je ne suis pas loin de faire mienne la réplique d’une barmaid
dans le Grosse fatigue de Michel Blanc : « moi, le cinéma, ça m’fait
chier ! » 😄. Alors, qu’est-ce qu’il en retourne ? Cet univers ne
me « parlant » pas, je suis resté un peu à distance de cette
histoire, sorte de chronique sociale et policière du Los Angeles de cette fin
des « années Reagan ». Rien de caricatural (les flics et les voyous de
ces gangs étant de base des caricatures d’eux-mêmes) ou de manichéen ici mais quelques
clichés : les deux flics que tout oppose (caractère, génération), on a
déjà vu ça avant et on le reverra plus tard (coucou L’arme fatale et Seven !). Toutes les « figures
imposées » auxquelles on s’attend sont présentes : la bavure, les
règlements de compte, les interpellations musclées après course-poursuite, les
deux flics dans leur vie privée… Robert Duvall (décédé en février dernier à 95
balais) et Sean Penn, qui « roulent des mécaniques » chacun à leur
façon, trouvent ici des rôles correspondant parfaitement à leur style
respectif et à ce qu’ils étaient dans la vie. L’un des deux clamsera à la fin, lequel sera-ce ?
Je n’évente pas le suspense. La bande-son, signée par un Herbie Hancock alors à
fond dans sa période électro-funk (assurément le « nadir » de sa carrière,
à l’instar du Bowie de la même époque. Décidément, les 80’s…), n’aura pas
davantage contribué à soulever mon enthousiasme. Las.
« J’habite au 7 chemin de
l’Océan… Le 7… Ca porte bonheur. C’est la maison la plus pourrie du quartier,
vous pouvez pas vous tromper. »
C’est l’histoire d’un mec, Gérard
(Gégé Depardieu), docker dans un port non identifié. Il est hanté par le
souvenir de sa sœur qui s’est suicidée après avoir été violée dans une impasse.
L’affaire a été classée mais il retourne soir après soir sur les lieux du crime
et se jure de retrouver l’homme qui a fait ça.
Oh la la, quelle
« connerie », celui-là ! J’ai compris dès les premières minutes
que j’allais souffrir à la vision de cette « chose ». Si vous me
passez l’expression, je dirai qu’ici, Beineix a « pété plus haut que son
cul » ! J’ai lutté mais je suis finalement venu à bout de ces (très)
longues 130 minutes au cours desquelles il ne se passe rien, ou si peu.
Esthétique toc de bas-fonds d’une cité inconnue dans les mythiques studios de la
Cinecitta (César des meilleurs décors, quand même), ambiance onirico-surréaliste,
emphase hors de propos (musique mélodramatique, coucher du soleil, z’avez vu
comme j’suis romantique et poétique ?), voilà l’univers de pacotille dans
lequel se débat une poignée de personnages (un triangle amoureux et quelques
« désaxés »). Depardieu et Nastassja Kinski se tournent autour, ce
qui rend Victoria Abril jalouse. Première apparition de Bernard Farcy (futur
commissaire de la franchise Taxi) et l’une des toutes premières incursions de
la pétillante future muse Almodóvarienne dans le cinéma français. Y’a aussi
Dominique Pinon, dans le même type de rôle, mais plus fourni, que dans 37°2 (il
a une « gueule », faut dire…). Et dès qu’y’a l’occase de voir une
poitrine féminine dénudée (et même plus, pour Victoria), Beineix ne se gêne
pas. Bide critique et commercial parfaitement compréhensible.
« Dans ces boites
d’édition, c’est tous des enculés… Je sais d’quoi j’parle… »
Les histoires d’amour finissent
mal… en général…
C’est l’histoire de Zorg (Jean-Hugues
Anglade), un mec « normal » et bricoleur, maqué avec Béatrice Dalle
(Betty) dans un bungalow sur pilotis à Gruissan. Et là, vous vous dites : eh
ben le salaud, il en a de la veine ! Pas si vite, la Betty, c’est pas un cadeau tous
les jours. On peut même dire qu’elle est complètement chtarbée. Surtout
depuis qu’elle s’est mis bille en tête qu’il était un grand écrivain en
découvrant par hasard ses écrits…
De Jean-Jacques Beineix, disparu en
2022 à 75 balais, j’ai l’image d’un cinéaste dans la veine d’un Luc Besson (puis
un peu plus tard d’un Jean-Pierre Jeunet) : esthétique marquée par le clip
et la pub (ici c’est un festival de « placements de produit » :
Nescafé, Kronenbourg, Coca, Nesquik…), personnages et situations marginaux ou « décalés »,
poésie naïve, style un peu « tape-à-l’œil », avec une bonne dose de « provoc ».
Des gens « bien de leur époque » (les artificielles années 80), une
sorte de nouvelle Nouvelle Vague, appelée « cinéma du look » (citons
aussi Léos Carax). Toujours mieux que le cinéma bourgeois à la Podalydès ou le « film
de banlieue » dominant actuellement sur nos écrans. Je garde surtout un
souvenir ému de son plutôt bon Roselyne et les lions de 1989, seul film que j’avais
vu de lui jusqu’ici, tourné en partie dans l’ex-jardin zoologique Longchamp de
la cité phocéenne (tout près de mon quartier de résidence des 5 Avenues) et figurant
parmi les films de chevet de mon défunt daron.
De Béatrice « les dents du
bonheur » Dalle née Cabarrou, j’ai l’image d’une femme… de caractère (on
va dire ça comme ça…), totalement imprévisible et difficilement « cernable »,
capable de se maquer aussi bien avec JoeyStarr qu’avec un militant… d’extrême-droite
(!). Et d’applaudir à l'évasion d’un braqueur (Rédoine Faïd)… On se souvient
aussi de son mémorable face-à-face télévisuel avec le prédateur PPDA (on ne connaissait
pas sa véritable nature à l’époque), qu’elle n’hésita pas à envoyer bouler bien
comme il faut. Cinématographiquement parlant par contre, bien que peu
cinéphile, je serais bien en peine de citer ne serait-ce qu’un autre film de sa
filmographie en dehors de ce 37°2 le matin, qui fête ses 40 ans cette année. Son
premier rôle et un véritable coup de maître. Elle est sans doute formidable
dans plein d’autres métrages (elle privilégie désormais le circuit indépendant,
fidèle à son esprit « punk ») mais rien n’y fera : elle sera pour
toujours Betty. Qui est ici ce que fût (toutes proportions gardées) la Bardot
du Mépris (film que j’ai par ailleurs détesté) ou ce que sera un an plus tard
Pauline Lafont dans L’été en pente douce : la Femme autour de laquelle la
Terre tourne.
Le DVD que j’ai emprunté à ma
médiathèque municipale proposant la version « sortie ciné » de deux
heures et la version longue de trois heures (!), je me suis tapé cette
dernière. Alors ça commence « mal ». Premier plan (large) :
Anglade et Dalle nus comme des vers en train de baiser sur un lit, l’absence de
pénétration constituant la seule différence notable avec un porno lambda. Au
moins, on n’est pas pris en traitre, Beineix annonce d’emblée la couleur. Plus
loin, il y aura d’autres scènes un peu / beaucoup « olé-olé » :
Dalle embrassant la bite (au repos) d’Anglade, celui-ci lui faisant un cunni ou
pétrissant un imposant sein de Clémentine Célarié qui, elle, se touchera. Par
ailleurs, nos deux tourtereaux seront à poil dans de nombreuses scènes. Pour le
reste, on suit la vie d’aventuriers, éloignée des contingences matérielles, et
la lente descente aux enfers de ce joli couple qui aurait eu tout pour être
heureux si l’obsession, virant à la folie, de Betty pour l’hypothétique carrière
d’écrivain de Zorg et une grossesse avortée n’en avaient décidé autrement. Un
parcours nous permettant de croiser des visages bien connus du cinéma français
comme Gérard Darmon, Clémentine Célarié, Vincent Lindon dans le rôle d’un
gendarme ou Dominique Pinon dans celui d’un dealer. Et de voyager à travers les
paysages et villages de la France mitterrandienne (allez hop, encore une petite
pièce dans le juke-box de la mélancolie nostalgique…) : la Plage des Chalets de
Gruissan (Aude), Marvejols (Lozère) ou encore Narbonne. L’ensemble est
accompagné d’un très joli thème pianistique de Gabriel Yared et se conclut par
un final assez peu crédible (mais c’est du cinéma…) au cours duquel Beineix
nous refait le coup de Vol au-dessus d’un nid de coucou. Gros succès public
(plus de 3,6 millions d’entrées), beaucoup moins chez les critiques, qui ont toujours
boudé Beineix (un seul César, pour l’affiche). Un film pas exceptionnel mais assez
marquant, qui « laisse des traces » même quelques heures voire jours
après son visionnage et qui mérite donc son statut. Du coup, je vais me choper
La lune dans le caniveau et peut-être Diva.
« On s’en fout c’qu’il a
mangé. Tout c’que tu manges, ça finit en merde. » (*)
C’est l’histoire d’un mec, Albert
Spica (Michael Gambon), apparemment un mafieux, qui se rend chaque soir avec sa
femme Georgina (Helen Mirren) et sa bande d’affreux dans le restaurant tenu par
le chef Richard Borst (Richard Bohringer) pour y faire bombance. Lassée de la vulgarité
de son mari, Georgina s’éprend d’un client lui aussi régulier du restaurant, Michael
(Alan Howard).
Ma (relative) frénésie
cinématographique, destinée à rattraper un peu de mon retard en la matière, s’étant
émoussée, mes interventions sur ce blog se feront désormais plus épisodiques, ayant
par ailleurs « d’autres chats à fouetter ». Je me suis laissé tenter
par ce film dont j’avais eu vent (sic) du caractère sulfureux. Il vous faudra
en effet avoir le cœur bien accroché pour vous atteler à son visionnage. Et ce,
dès sa première scène. Un malabar (look Bud Spencer), aidé de quelques acolytes,
immobilisent un pauvre gars sur le capot d’une bagnole, le dénudent et lui
tapissent corps et visage de… matières fécales canines, avant que l’un d’eux ne
lui urine dessus. Le décor est planté. S’ensuit une série de repas dans un
restaurant (chaque jour de la semaine, annoncé par sa carte de menu), où nous
suivons le colosse Michael Gambon, ses hommes de main (parmi lesquels Tim Roth,
avec la voix du doubleur de Bruce Willis) et sa femme Helen Mirren, selon un
immuable rituel : Gambon éructe des insanités, les autres parlent peu et
Mirren a repéré un homme seul lisant à sa table (Alan Howard). Echange de
regards, coup de foudre quasi instantané. Ils se retrouvent aux toilettes pour
faire leur petite affaire et les jours suivants, dans l’arrière-cuisine, avec
la complicité du chef campé par Richard Bohringer. Plus les jours passent, plus
la passion sexuelle (Helen Mirren passe le plus clair de son temps dans son
plus simple appareil, nous dévoilant sa cellulite) et la dégradation de la relation
conjugale vont crescendo. Jusqu’au final où vous devrez endurer deux autres scènes
atroces : gavage par pages de livres et cannibalisme. Picturalement, c’est
très beau (costumes de Jean-Paul Gaultier, décors), de même que le thème
musical de Michael Nyman. Bonnes idées de mise en scène également (quelqu’un ouvre
une porte, écran noir symbolisant le mur puis passage dans la pièce attenante).
Reste à savoir ce qu’a voulu nous dire le réalisateur Peter Greenaway. La
morale (?) est sauve mais pour le reste ? Enième critique de la société de
(sur)consommation, dans la lignée de La grande bouffe (qui, à côté, fait figure
de « petit lait ») ? Possible mais certainement pas que. Des
indices littéraires, que mon inculture crasse ne me permet pas d’identifier,
ont sans doute été disséminés pour nous mettre sur la voie et nous donner des clés
de lecture. Au final, passées les malaisantes (euphémisme…) séquences
scatologiques ou violentes, un film intéressant, à défaut d’être captivant.
« Encore merci et bonne
chance, nous sommes avec vous. »
Réalisation : Jim Abrahams, David
Zucker et Jerry Zucker
Scénario : Jim Abrahams, David
Zucker et Jerry Zucker
Pays : Etats-Unis
Année : 1980
Genre : Comédie, parodie
Avec : Robert Hays, Julie
Hagerty, Lloyd Bridges, Leslie Nielsen, Robert Stack, Peter Graves, Kareem
Abdul-Jabbar.
Synopsis : A Los Angeles, Ted
Striker, ancien pilote de chasse et vétéran traumatisé par un raid désastreux,
monte à bord d’un avion en direction de Chicago dans l’espoir de reconquérir sa
petite amie Elaine Dickinson, hôtesse de l'air sur ce vol. Au cours du voyage,
une intoxication alimentaire rend malades les passagers et les membres de
l'équipage qui ont consommé du poisson. L'avion se retrouve alors sans pilote.
Je clôture avec ce nouveau film
culte ma mini-série consacrée à Leslie Nielsen (à moins que je me tape Agent
zéro zéro un de ces jours) ainsi que la liste des 46 pièces de ma DVDthèque. Le
comédien n’y a pas le premier rôle et n’est ici qu’un maillon parmi une galerie
d’autres personnages incarnés par d’anciennes gloires dans de savoureux
contre-emplois : Robert Stack (série Les Incorruptibles), Peter Graves
(série Mission impossible) ou encore Lloyd Bridges. Dans la distribution
s’insère également, dans le rôle d’un des pilotes, la star de basket Kareem
Abdul-Jabbar, pivot des célèbres Los Angeles Lakers. Sans oublier Stephen
Stucker (décédé du Sida à 38 ans en 1986) en contrôleur aérien efféminé, l’un
des personnages les plus délirants du casting. Mais les deux rôles principaux
sont tenus par Robert Hays et Julie Hagerty, dont l’histoire sentimentale
percute les difficultés rencontrées à bord de ce vol. Les gags de toutes sortes
(en arrière-plan, répliques, non-sens, parodies…) s’enchainent à vive allure. Outre
les films catastrophe du type Airport, sont tournés en dérision Les dents de la
mer (générique du début) et surtout La fièvre du samedisoir, dans l’une des
séquences les plus marquantes (irrésistible Stayin’ Alive). L’ensemble a
forcément un peu vieilli (la musique de fanfare du générique final, celle
mélodramatique et mielleuse lors des saynètes romantiques entre Hays et
Hagerty…) mais cela contribue aussi à son charme. Malgré une durée réduite, à
nouveau inférieure aux 90 minutes généralement de mise pour un long-métrage, Y
a-t-il un pilote dans l’avion ? mérite amplement son statut parmi les
meilleures comédies jamais réalisées. Je n’en dirai en revanche pas tant de sa
« séquelle » de 1982, avec grosso modo les mêmes acteurs principaux
mais sans aucune intervention du trio « ZAZ ».
« Là je ferme les yeux
mais en temps normal, il ne faudrait pas rouler à 125 dans le mauvais sens d’une
rue à sens unique… »
Réalisation : David Zucker
Scénario : Jerry Zucker, Jim
Abrahams, David Zucker et Pat Proft
Pays : Etats-Unis
Année : 1988
Genre : Comédie, policier,
parodie
Avec : Leslie Nielsen, Priscilla
Presley, Ricardo Montalban, George Kennedy, O. J. Simpson.
Synopsis : Frank Drebin est
policier dans la brigade spéciale de Los Angeles. Son meilleur ami et
partenaire Nordberg est gravement blessé et accusé de trafic de drogue. Dès
lors, Frank cherche à savoir qui a voulu le tuer. Son enquête l'amène sur les
traces de Vincent Ludwig, riche homme d'affaires à qui l'on vient de confier la
charge d'organiser la venue de la reine Elisabeth II. Frank fait la rencontre
de l'assistante de Ludwig, Jane Spencer, dont il va tomber amoureux.
Y a-t-il un flic pour sauver
le président ? (1991)
« C’est de l’histoire
ancienne, comme le Parti Démocrate. »
Réalisation : David Zucker
Scénario : David Zucker et Pat
Proft
Pays : Etats-Unis
Année : 1991
Genre : Comédie, policier,
parodie
Avec : Leslie Nielsen, Priscilla
Presley, George Kennedy, O. J. Simpson, Robert Goulet, Richard Griffiths, Anthony
James.
Synopsis : Trois ans après, Frank
et Jane sont séparés. Il la retrouve en tant qu'assistante du professeur
Meinheimer, qui doit prochainement prononcer un discours en faveur des énergies
renouvelables, ce qui n’est pas du goût des magnats du pétrole. Jane s'est
fiancée à Quentin Hapsburg, un homme d’affaires louche.
Y a-t-il un flic pour sauver
Hollywood ? (1994)
« Et puis… tu as tué
personne depuis 6 mois… » - « C’est vrai ! C’est toujours les
p’tites choses qui vous manquent. »
Réalisation : Peter Segal
Scénario : David Zucker, Pat
Proft et Robert LoCash
Pays : Etats-Unis
Année : 1994
Genre : Comédie, policier,
parodie
Avec : Leslie Nielsen, Priscilla
Presley, George Kennedy, Fred Ward, O. J. Simpson, Anna Nicole Smith.
Synopsis : L'inspecteur Frank Drebin est désormais à la retraite. Mais
ses anciens coéquipiers font à nouveau appel à lui. En effet, le criminel Rocco
Dillon prépare un attentat qui aura lieu pendant la cérémonie des Oscars.
Assurément l’une des « franchises » les
plus drôles de l’histoire et qui révéla le potentiel comique de l’acteur Leslie
Nielsen dans le rôle du policier gaffeur Frank Drebin. Les autres acteurs
récurrents de la série sont sa compagne Priscilla Presley (mais pas trop fort
quand même…) et ses coéquipiers George Kennedy et O. J. Simpson (oui, l’ancien
joueur de foot américain disparu en 2024 et ayant défrayé la chronique en 1994
pour le double meurtre de son ex-épouse et l’un de ses amis). Alors, quel volet
est le plus drôle et le plus réussi ? Instinctivement et par habitude, on aurait
tendance à dire le premier mais honnêtement, le trio ZAZ (Jerry Zucker, Jim
Abrahams et David Zucker, diversement impliqués dans les trois films) en avait
suffisamment « sous la semelle » pour nous offrir deux « séquelles »
fort réjouissantes et de qualité. Passons rapidement sur la séquence
introductive du premier volet, aux forts relents « néo-con » de
l’impérialisme yankee et ses croisades évangélistes contre les « forces du
Mal » (invariablement les communistes et les islamistes), où Drebin dézingue
Khomeini (déjà…), Gorbatchev, Yasser Arafat (mouais…), Kadhafi et Amin Dada. Il
doit ensuite faire échouer la tentative d’assassinat de la reine Elisabeth II
par un richissime notable (mémorable final au match de baseball). Autres scènes
marquantes : la course-poursuite à bord de l’auto-école ou
« l’agression à l’aide d’une verge de statue ». Dans le second opus,
Drebin est cette fois aux prises avec un autre businessman véreux, fiancé à Jane
(Presley) et qui lui envisage de remplacer un professeur aux idéaux écologistes
par un sosie bien plus favorable à l’industrie pétrolière. Après la reine
d’Angleterre et les chefs d’Etat du précédent volet, on y retrouve d’autres
sosies : cette vieille ganache de George Bush père et sa grognasse Barbara
(scène introductive hilarante lors du diner à la Maison Blanche). Parmi les
films parodiés ici : la scène de la douche de Psychose et celle de la
poterie dans Ghost (réalisé par Jerry Zucker, une autocitation, donc). Quant au
troisième volet, si l’intrigue policière y est moins élaborée que dans les deux
premiers, les gags restent au niveau (la « banque du sperme », la
prison, tout le final aux Oscars). Là encore, le film débute en fanfare :
parodie de la scène de la gare des Incorruptibles, avec pas moins de quatre landaux
(encore deux sosies : Bill Clinton et le pape Jean-Paul II). Poilant. Autres
clins d’œil cinématographiques : Thelma & Louise, Jurassic Park et les
films d’évasion (L'évadé d'Alcatraz, La grande évasion). Présence au casting d’Anna
Nicole Smith, à la poitrine généreuse et au destin tragique (décès à 39 ans, un
an après celui de son fils de 20 ans). Une trilogie culte à voir et à revoir
pour de bons moments de franche rigolade.
« Ne vous excusez pas.
Vous ne pouviez pas savoir que vous étiez invité au club des cons. »
« Alors, il s’ennuie, « l’homme
au chronomètre », il a besoin d’une épaule ? »
« J’aime l’hiver parce qu’il
m’épargne votre spectacle ! »
Réalisation : Patrice Leconte
Scénario : Patrick Dewolf et
Patrice Leconte
Pays : France
Année : 1987
Genre : Comédie dramatique
Avec : Jean Rochefort, Gérard
Jugnot, Sylvie Granotier, Julie Jézéquel, Jean-Claude Dreyfus, Ged Marlon.
Synopsis : Miguel… euh,
Michel Mortez, « vieux beau » un peu pathétique et animateur de radio sur le
retour, sillonne les routes de la « France profonde » en compagnie de
Rivetot, son fidèle assistant et homme à tout faire, pour y présenter leur jeu
radiophonique itinérant La langue au chat. Les petites villes de province, les
candidats, les hôtels miteux, les repas chez les notables locaux… Tous les
jours c’est pareil et tous les jours c’est différent. Un jour, Rivetot apprend
que leur émission va être supprimée. Conscient qu’elle est pour ainsi dire la
seule raison de vivre de Mortez, il décide de ne pas lui faire part de cette
terrible nouvelle.
Pourquoi ? Dantesque. Le scénario, entre « road » et
« buddy movie », est des plus originaux. Le casting est idéal : Jean
Rochefort trouve en Mortez un rôle à sa (dé)mesure tandis que Gérard Jugnot,
sans moustache mais avec moumoute, change de registre et apparait pour une fois
plutôt sympathique. Une belle galerie de seconds rôles (Jean-Claude Dreyfus en
notable, Julie Jézéquel en soubrette libérée ou encore Ged Marlon en
candidat-surprise à très faible culture générale) les accompagne. Le film
oscille avec bonheur entre moments comiques et d’autres plus émouvants. Des
scènes mémorables, on en trouve à foison : Rochefort ivre au casino ou pris
d’une crise d’angoisse dans sa chambre d’hôtel (« Les deux lits, la table
de nuit au milieu, les appliques dorées, le cagibi – salle de bain, les
couvre-lits synthétiques… ») ; le barman de l’hôtel, homo sous ses
attraits bourrus (« J’tefais une petite pipe,
Michel ? ») ; le repas chez les notables, où Rochefort est
assailli par les questions incongrues d’un Jean-Claude Dreyfus exalté ;
Julie Jézéquel glaçant Jugnot avec ses allusions salaces (« T’as déjà
imaginé ton père en plein orgasme ? ») ; Ged Marlon, grignotant
des chips et incapable de répondre à la moindre question (pourtant
faciles : bacille de Koch, Statue de la Liberté…) lors du jeu improvisé,
après s’être fait houspiller par un Rochefort excédé pour avoir pique-niqué
trop près du bord de la route (« On devrait créerdes brigades esthétiques
et interdire le port du survêtement en dehors des enceintes desstades ! ») ; la scène intimiste entre Sylvie Granotier et
Rochefort (« Excusez-moi, je nevoulais pas vous faire de mal » -
« Et bien, c’est fait. Bonsoir »)… Ne reste plus qu’à ajouter Il mio
rifugio, un poignant piano-voix chanté de sa voix rauque par le franco-italien
Richard Cocciante, qui parcourt tout le film et le tour est joué. Cette première incursion de
Patrice Leconte, jusque-là spécialiste de la comédie (un film d’action aussi, Les
spécialistes), dans un registre plus grave (même si toujours drôle) est un coup
de maître. Il récidivera deux ans plus tard avec Monsieur Hire. De façon plus
personnelle, ce film a aussi une résonnance particulière pour moi dans la
mesure où je l’ai vu de nombreuses fois dans mon adolescence en compagnie de
mon défunt père, lui-même animateur d’une radio locale (bénévolement, dans le
domaine culturel puis politique), un peu fantasque et portant le même prénom que
le personnage principal.
« All work and no play
makes Jack a dull boy All work and no play makes Jack a dull boy All work and
no play makes Jack a dull boy All work and no play makes Jack a dull
boy… »
Réalisation : Stanley Kubrick,
assisté de Brian W. Cook
Scénario : Stanley Kubrick et
Diane Johnson, d'après le roman Shining, l'enfant lumière de Stephen
King
Pays : Etats-Unis, Royaume-Uni
Année : 1980
Genre : Horreur, thriller
Avec : Jack Nicholson, Shelley
Duvall, Danny Lloyd, Scatman Crothers, Barry Nelson, Philip Stone, Joe Turkel.
Synopsis : Jack Torrance, ancien
professeur, est engagé comme gardien de l'hôtel Overlook dans le Colorado le
temps d’un hiver, non sans que son directeur l’ait averti que l’ancien
titulaire du poste, rendu fou par la solitude et l’isolation extrême du lieu, a
sauvagement assassiné sa femme et leurs deux filles jumelles à coups de hache
avant de se suicider. Accompagné de son épouse Wendy et de leur jeune fils
Danny, Jack espère trouver à cette occasion le temps et le cadre idéal pour y
écrire un livre. Mais très vite, Danny est sujet à des hallucinations sanglantes
annonciatrices d’un danger.
Pourquoi ? Bien sûr, j’aurais pu
écrire partout la fameuse phrase copiée des centaines de fois par Nicholson
pour le livre qu’il est censé écrire, c’est-à-dire « All work and no play
makes Jack a dull boy » (« Un tiens vaut mieux que deux tu
l’auras » ?)… Mais cela a déjà été fait par Cinéphile Schizophrène et
je lui ai déjà emprunté par le passé la structure narrative de ses chroniques (fait
chier, lui, à toujours avoir des idées de génie avant les autres…). Et faut
bien que je développe un peu, même si je ne vais pas être très original. Pour
l’histoire, les décors (magnifiques labyrinthe et générique d’ouverture dans les
montagnes Rocheuses…), la musique (Wendy Carlos inspiré par la Symphonie
fantastique d'Hector Berlioz ; Rachel Elkind, Ligeti, Bartók et Penderecki,
excusez du peu…) et bien sûr l’interprétation de Jack Nicholson (doublé par Jean-Louis Trintignant en VF), dans une veine
très « Actors Studio » mais aussi celle de Shelley Duvall. Si le
porno fût, de son propre aveu, le « service militaire » de Catherine
Ringer, Shining fût celui de la pauvre Shelley, contrainte de répéter 40 à 50
fois ses scènes, ce qui questionne sur l’adage « la fin justifie les
moyens ». Sinon, pour moi, Kubrick c’est « couci-couça ». Eyeswide shut, c’est bien mais pas au point de le conserver, Orange Mécanique idem,
Full MetalJacket et Barry Lyndon aussi mais manque de bol, j’ai horreur des
films de guerre ou à costumes. Quant au fameux 2001, l'Odyssée de l'espace, je
me suis rarement autant emmerdé devant un film. Deux cosmonautes aux prises pendant
des plombes avec un ordinateur récalcitrant, désolé mais ça me fait pas mon
« quatre heures » en termes d’émotions cinématographiques (sinon
l’ennui). Le reste, c’est trop vieux mais je tenterai peut-être Lolita. Je vois
déjà ronchonner les « Kubrickophiles », me rétorquant que Shining
serait son « moins personnel » (puisque de Stephen King mais à voir),
son « plus facile ». Fort possible, et alors ? C’est comme ça
(la la la la la), je ne vais pas me forcer pour leur faire plaisir… Après tout,
aux chiottes, les snobinards !