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Meurtre en suspens (1995), de John Badham

 

C’est l’histoire d’un mec, Gene Watson, comptable (Johnny Depp), il est pas dans la merde… A peine débarqué à Los Angeles avec sa petite fille, deux faux policiers (Christopher Walken et Roma Maffia) enlèvent cette dernière et menacent de la tuer si lui-même ne flingue pas rien de moins que la Gouverneur de Californie dans les 90 minutes qui viennent. Ils lui remettent une arme à feu, la photo de ladite Gouverneur et le programme du meeting qu’elle donne dans un luxueux hôtel. Tout en l’ayant à l’œil…

Allez, après quelques films un peu plus exigeants, retour vers le pur divertissement sans message (ah, quand même un plan sur la fillette qui, du train arrivant en gare, regarde les miséreux des bas-fonds de la « Cité des anges », quelle audace…), mis en boite par un tâcheron hollywoodien, à savoir John Badham, dont les principaux « faits d’armes » se nomment Dracula (1979) et La fièvre du samedi soir (1977). Film acheté à petit prix sur Vinted (et qui sera revendu dès que possible par ce biais ou un autre) car indisponible à ma médiathèque. Jamais été fan du bellâtre Johnny Depp mais je n’avais jamais vu ce film, alors, pour tuer 90 minutes d’un venteux après-midi… Après avoir dansé dans un clip de Madonna (Bad Girl, 1993) et avant de le faire dans un autre de Fatboy Slim (Weapon of Choice, 2000), Christopher Walken, qui sortait de Pulp Fiction (mémorable séquence du récit de « la montre dans l’cul »), endosse le rôle du méchant bien méchant. Enfin, l’un des méchants car il se trouve que [SPOILER ALERT] la plupart des agents de sécurité sont dans le complot ourdi par le mari même de la Gouverneur. Bigre ! Bon, vous l’aurez compris, Meurtre en suspens tient bien en haleine (filmé quasiment en temps réel et caméra à l'épaule) mais rien ne tient debout et aucun enjeu ne subsiste puisqu’on sait à l’avance que l’issue débouchera sur le sempiternel « happy end » du papounet qui retrouvera sa p’tite fifille (un enfant, ça émeut toujours dans les chaumières…). Johnny Depp pourra au moins compter sur un allié de poids (c’est le cas de le dire…) en la personne d’un cireur de chaussures noir, petit et rondouillet (comme Bruce Willis dans Piège de cristal, sauf que là le type était flic mais sinon, même physique). Et sur les habituels atermoiements d’affreux qui rateraient un éléphant dans un corridor…   

Donnie Brasco (1997), de Mike Newell

 

« J’ai le cancer de la bite. »

C’est l’histoire (vraie) d’un agent du FBI qui infiltre l’une des familles de la mafia new-yorkaise à la fin des années 70. Délaissant sa famille, mettant sa vie en danger, cette incursion prolongée dans le milieu des malfrats finit par déteindre sur son comportement.

C’est avec qui ? Johnny « belle gueule » Depp joue l’agent en question, Anne Heche (disparue prématurément dans d’atroces conditions en 2022) son épouse, Al Pacino la « petite frappe » qui le prend sous son aile et Michael Madsen, un membre en pleine ascension dans la hiérarchie du gang.

Et c’est comment ? Je n’aime pas les films sur la mafia car ceux-ci sont généralement (très) violents. Dans mes souvenirs, celui-ci l’était moins que les Scorsese (le diptyque Les Affranchis / Casino), mètres étalon du genre. Et en effet, il l’est. Enfin, légèrement moins car il y a tout de même deux scènes explosives dans le domaine : le passage à tabac sanglant d’un pauvre restaurateur asiatique ayant demandé aux gangsters d’ôter leurs chaussures dans son établissement, comme le voulait sa tradition, ce que Depp refusa catégoriquement (car risquant de se faire démasquer, ses bottes camouflant un enregistreur à cassette) ; et un règlement de comptes entre mafieux, plus sanglant encore, débouchant sur le découpage en morceaux des cadavres, à l’aide de scies et de haches. Madsen a la même dégaine et les mêmes expressions que dans Thelma & Louise ou Reservoir Dogs, tandis que Pacino se trimballe son air ahuri et désabusé de chien battu tout du long. Et on a évidemment les scènes de ménage entre Depp et Heche, avec Depp qui rate la communion de sa petite fille mais vient la border pour se faire pardonner (snif)…

Lion : oui

Scies : oui

Femme à poil : non