Mes chers amis (1975), de Mario Monicelli

 

« Voila, c’est ça, être tzigane… C’est ça, la virée tzigane : partir sans but et sans programme. Une évasion qui peut durer un jour ou deux ou une semaine. »


C’est l’histoire de cinq types (Philippe Noiret, Adolfo Celi, Ugo Tognazzi, Duilio Del Prete et Gastone Moschin), amis pour la vie, qui ont conservé leur âme d’enfant. Ils plaquent régulièrement femme, enfant et profession (pour ceux qui en ont) pour effectuer des virées entre potes lors desquelles ils ne font que des conneries.


Je vous l’avais dit que j’étais ce qu’on appelle un « adulescent », soit un esprit d’ado dans un corps d’adulte de 51 balais ? Enfin, le corps non plus ne fait pas très adulte, je suis plutôt « court sur pattes »… Comme l’acteur scientologue et Nagy-Bocsa, me direz-vous mais eux ont d’autres atouts (en particulier un compte en banque bien rempli). Donc voilà, par flemme et manque de « gniaque », je fuis toute autre responsabilité que celles de la gestion de mon budget et de mon logement. Pas d’emploi, pas de responsabilité de « bon père de famille ». L’effort, les contraintes me font horreur, me plaçant en porte-à-faux vis-à-vis de nos chères et belles (sic) sociétés à la morale « judéo-chrétienne », où l’on doit souffrir du berceau jusqu’au tombeau pour espérer y « trouver notre place », accéder à un certain niveau de confort (au prix d’une qualité de vie en lambeaux) et probablement, lorsque viendra « l’heure dernière », obtenir la bénédiction de Dieu… Et ben les cinq héros de ce long-métrage de Mario Monicelli, dont le réputé Pigeon ne m’avait titillé que par son incroyable « twist » final, c’est pareil, ils ne pensent qu’à s’amuser. Problème : encore une « comédie à l’italienne » où… je n’ai pas esquissé le moindre sourire ! Y’avait pourtant du « matos », que ce soit dans le casting (Noiret, Tognazzi, Blier, quand même… Les autres, je connaissais pas, à part Adolfo Celi qui a un petit rôle dans Le fantôme de la liberté de Buñuel) ou l’idée de départ. Mais non, les gags sont inexistants ou poussifs, ils n’évitent même pas le piège du « pipi-caca » (Del Prete qui chie un gros étron dans le pot d’un enfant en bas âge, effrayant par là même la bonne et les parents, qui se demandèrent comment leur rejeton avait pu délivrer pareille déjection). Pour le reste, nos gais lurons passent leur temps à jouer aux cartes, au billard, à s’inviter dans des fêtes et à se livrer à toutes sortes de plaisanteries, telles que filer des torgnoles à des voyageurs à la fenêtre de leur train en partance en se plaçant sur le quai. Qu’est-ce qu’on s’amuse, hein… Mais le gros morceau, c’est quand ils se font passer pour un gang de truands auprès de Blier, retraité bouffant des croissants sans payer dans le café tenu par Del Prete et dont ils souhaitent se débarrasser. Ils l’engagent alors comme complice et lui font subir les pires frayeurs lors de missions et courses-poursuites factices. Là encore, les zygomatiques resteront au repos. Au final, même le décès de l’un d’eux prêtera à rigolade. Incorrigibles… Et dire que ce film a fait l’objet de deux suites et d’une « préquelle »… Monicelli étant considéré comme un maître de la « comédie à l’italienne » (avec Risi, Comencini et Scola, notamment), cela n’est guère engageant pour la suite…

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