« Voila, c’est ça, être
tzigane… C’est ça, la virée tzigane : partir sans but et sans programme.
Une évasion qui peut durer un jour ou deux ou une semaine. »
C’est l’histoire de cinq types (Philippe
Noiret, Adolfo Celi, Ugo Tognazzi, Duilio Del Prete et Gastone Moschin), amis
pour la vie, qui ont conservé leur âme d’enfant. Ils plaquent régulièrement
femme, enfant et profession (pour ceux qui en ont) pour effectuer des virées
entre potes lors desquelles ils ne font que des conneries.
Je vous l’avais dit que j’étais ce qu’on appelle un
« adulescent », soit un esprit d’ado dans un corps d’adulte de
51 balais ? Enfin, le corps non plus ne fait pas très adulte, je suis plutôt « court
sur pattes »… Comme l’acteur scientologue et Nagy-Bocsa, me direz-vous
mais eux ont d’autres atouts (en particulier un compte en banque bien rempli).
Donc voilà, par flemme et manque de « gniaque », je fuis toute autre
responsabilité que celles de la gestion de mon budget et de mon logement. Pas d’emploi,
pas de responsabilité de « bon père de famille ». L’effort, les
contraintes me font horreur, me plaçant en porte-à-faux vis-à-vis de nos chères
et belles (sic) sociétés à la morale « judéo-chrétienne », où l’on
doit souffrir du berceau jusqu’au tombeau pour espérer y « trouver notre
place », accéder à un certain niveau de confort (au prix d’une qualité de
vie en lambeaux) et probablement, lorsque viendra « l’heure dernière »,
obtenir la bénédiction de Dieu… Et ben les cinq héros de ce long-métrage de
Mario Monicelli, dont le réputé Pigeon ne m’avait titillé que par son
incroyable « twist » final, c’est pareil, ils ne pensent qu’à s’amuser.
Problème : encore une « comédie à l’italienne » où… je n’ai pas
esquissé le moindre sourire ! Y’avait pourtant du « matos », que
ce soit dans le casting (Noiret, Tognazzi, Blier, quand même… Les autres, je
connaissais pas, à part Adolfo Celi qui a un petit rôle dans Le fantôme de la
liberté de Buñuel) ou l’idée de départ. Mais non, les gags sont inexistants ou
poussifs, ils n’évitent même pas le piège du « pipi-caca » (Del Prete
qui chie un gros étron dans le pot d’un enfant en bas âge, effrayant par là
même la bonne et les parents, qui se demandèrent comment leur rejeton avait pu
délivrer pareille déjection). Pour le reste, nos gais lurons passent
leur temps à jouer aux cartes, au billard, à s’inviter dans des fêtes et à se
livrer à toutes sortes de plaisanteries, telles que filer des torgnoles à des
voyageurs à la fenêtre de leur train en partance en se plaçant sur le quai. Qu’est-ce
qu’on s’amuse, hein… Mais le gros morceau, c’est quand ils se font passer pour
un gang de truands auprès de Blier, retraité bouffant des croissants sans payer
dans le café tenu par Del Prete et dont ils souhaitent se débarrasser. Ils l’engagent
alors comme complice et lui font subir les pires frayeurs lors de missions et courses-poursuites
factices. Là encore, les zygomatiques resteront au repos. Au final, même le
décès de l’un d’eux prêtera à rigolade. Incorrigibles… Et dire que ce film a
fait l’objet de deux suites et d’une « préquelle »… Monicelli étant
considéré comme un maître de la « comédie à l’italienne » (avec Risi,
Comencini et Scola, notamment), cela n’est guère engageant pour la suite…



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