Chroniques de films, au fil de mes (re)découvertes. Aucune connaissance technique ou historique sur le cinéma, juste des ressentis. Si cela vous donne envie de (re)voir ces films, c'est déjà ça...
« Ça a l'air d'une
histoire de cow-boys mais c'est une histoire d'OAS. La police est de mèche avec
ultras (…). Toutes les polices du monde se ressemblent quand elles font de
basses besognes. » (Charles De Gaulle, à son retour en France après
les funérailles de John F. Kennedy)
Réalisation : Oliver Stone
Scénario : Oliver Stone et
Zachary Sklar, d'après le livre de Jim Garrison
Pays : Etats-Unis
Année : 1991
Genre : policier, drame, historique,
film de procès
Avec : Kevin Costner, Tommy Lee
Jones, Gary Oldman, Kevin Bacon, Laurie Metcalf, Jay O. Sanders, Michael Rooker,
Sissy Spacek, Joe Pesci, Jack Lemmon, Donald Sutherland.
Synopsis : Trois ans après
l'assassinat de John F. Kennedy qui a eu lieu à Dallas le 22 novembre 1963, le
procureur de La Nouvelle-Orléans Jim Garrison reprend l’enquête et remet en
cause les conclusions du rapport de la commission Warren. Selon lui, nous avons
affaire à un complot impliquant le Pentagone, la CIA et le FBI.
Pourquoi ? Parce que Stone (un bon mec, qui « titille » l’Amérique
là où ça lui fait mal), parce que Costner au « peak » de sa carrière,
parce que le casting, royal (là aussi, une star par rôle, même s’il dure cinq
minutes, cf. Bacon, Lemmon et Sutherland). Et parce que le sujet est
passionnant (enfin, à moi, il me passionne : comme pour le « 9/11 »,
connaitra-t-on un jour l’exacte vérité ?) et qu’on ne voit pas les trois
heures (!) passer.
« Je n’ai qu’une
certitude : je veux ressentir les choses. Les vivre, vraiment… tu
vois ? La voilà, mon ambition. »
C’est l’histoire d’April et Frank
Wheeler (Kate Winslet et Leonardo DiCaprio), un jeune couple du milieu des
années 50 qui a en apparence tout pour être heureux : une belle maison
spacieuse dans une banlieue pavillonnaire de New York, deux enfants et pour
lui, un travail de commercial qui paie convenablement. Mais le hiatus entre
cette vie conformiste et celle qu’ils s’étaient imaginés, leur rêve de
s’installer à Paris qui s’est fracassé contre les récifs de la réalité, vont inexorablement
faire craqueler leur couple.
C’est l’histoire du couple star
de Titanic, les ravissants Kate Winslet et Leonardo DiCaprio, qui « remet
le couvert » une décennie plus tard. Kathy Bates, déjà présente sur le
célèbre paquebot, est elle aussi du voyage, dans le rôle de l’agente immobilière
qui leur propose leur futur lieu de vie.
Près d’une décennie après l’excellentissime
American Beauty, Sam Mendes reprend le thème universel de la quête du bonheur absolu
pour ces Noces rebelles, adaptation du roman Revolutionary Road de Richard
Yates. Le premier rôle féminin est confié à son épouse du moment, Kate Winslet,
qui n’eût alors plus qu’à convaincre son ami Leonardo DiCaprio de l’accompagner
dans ce projet. Cette fois, il est moins question d’une satire de la société
américaine (les années 50, parfaitement reconstituées, ne sont qu’un cadre) que
de l’autopsie d’un couple se désagrégeant face à l’inertie et au conformisme
ambiants. Doit-on faire sagement ce que la société attend de nous (travailler
dur, consommer, enfanter… pour perpétuer ce système pourtant délétère) ou vivre
ses rêves ? Sommes-nous des « êtres exceptionnels » qui valons mieux
que ça ou devons-nous nous résigner bon gré mal gré à mener cette vie aliénante
toute tracée ? Leur projet, irréaliste, de s’installer à Paris, ville que
DiCaprio avait visité et apprécié, va susciter chez leurs voisins et collègues
de bureau étonnement, enthousiasme de façade mais aussi moqueries et frustration
personnelle d’être eux aussi enfermés dans ce carcan, dans ces vies déprimantes
(qui concernent 90 à 95% de la population, selon Mendes dans les bonus). Alors
on continue de faire semblant d’être heureux, c’est moins douloureux. Interprétation
topissime, jusque dans les rôles secondaires (en particulier le couple d’amis voisins
et le fils « dérangé » de Bates). Jolie partition mélancolique
de Thomas Newman et remarquable plan final sur le visage impassible du mari de Bates, qui
préfère couper le son de son sonotone plutôt qu’écouter les propos fort
hypocrites de son épouse. Au final, cette « vie rêvée des anges » (travail,
famille) ne fait pas du tout envie, ça me « console » un petit peu
(ou plutôt me conforte dans mes choix), moi qui n’aie rien de tout ça, par
manque d’envie justement et aussi, avouons-le, de courage. Je trouve en effet
que les aspects négatifs (contraintes, responsabilités, compromis, usure…) l’emportent
largement sur les positifs (avoir une femme et un bébé ou enfant en bas âge
dans les bras mais combien ça dure ?). Comme disait un intervenant du
documentaire subversif Attentiondanger travail (2003) : « Moi, c’est
pas des pépites de bonheur que je veux, c’est le rocher, la montagne entière.
Et surtout, j’ai pas envie de chercher les pépites sous trois tonnes de merde »…