Chroniques de films, au fil de mes (re)découvertes. Aucune connaissance technique ou historique sur le cinéma, juste des ressentis. Si cela vous donne envie de (re)voir ces films, c'est déjà ça...
« La loi n’a pas toujours
raison. Les hommes font les lois, ils sont parfois méchants. Ou stupides. Ou
jaloux. »
« Je f’rai des passes de
pédé, des partouzes. Je ferai tout ce que tu veux maintenant, Leon ! »
C’est l’histoire d’un mec, Julian
Kay (Richard Gere), qui fait le plus beau métier du monde (pour un mec) à
Los Angeles : escort boy ou gigolo, si vous préférez. Via son entremetteuse, il
fait surtout les femmes « d’un certain âge » de la haute société.
Mais il lui arrive aussi de dépanner le réseau de Leon (Bill Duke), aux
demandes plus, comment dire, sulfureuses. C’est dans ce cadre qu’il se livre à
une prestation SM sur l’épouse d’un financier voyeur. Quelques jours après, il
apprend que cette femme a été assassinée. Très vite, les soupçons de l'inspecteur
Sunday (Hector Elizondo) se portent sur lui : on cherche manifestement à lui
faire porter le chapeau. Pour ne rien arranger, l’épouse délaissée d’un
sénateur, Michelle Stratton (Lauren Hutton), s’est entichée de lui.
En 1990, Richard Gere, dans le rôle d’un business
man, se payait une pute nommée Julia Roberts (Pretty Woman). Dix ans plus tôt,
c’est lui qui faisait la pute. C’est au son du tube Call me du groupe Blondie de
Debbie Harry (coécrit avec le sorcier du disco Giorgio Moroder, qui signe la
B.O) et à bord de sa rutilante décapotable que le beau Richard entre de plain-pied dans
les délétères « années Reagan » (élu en cette fin 1980 40ème président des « States »), où le mot d’ordre sera désormais de faire du pognon pour « Make
America Great Again » (l’histoire est un éternel recommencement…). Et
tant pis pour ceux qui ne suivront pas la cadence. Sex (beaucoup), drugs (un
peu) et rock n’roll, costards Armani et chaines HiFi dernier cri à gogo ! A
l’écran, cela reste pourtant très sage. On voit très peu Gere dans l’exercice
de sa « profession », tout est suggéré, même si un plan pas très
rapproché le montre nu à sa fenêtre, plutôt de dos (on aperçoit toutefois son
appareil génital…). Et Lauren Hutton nous dévoile sa poitrine. Après un départ plutôt
intéressant, le temps de « planter le décor », l’intrigue policière
patine assez vite, de même que la bluette entre Gere et Hutton, et on s’ennuie.
Avec Paul Schrader (collaborateur, entre autres, de Scorsese, De Palma et Spielberg)
aux manettes et un tel sujet, je m’attendais à mieux. En somme, cet AmericanGigolo ne m’a pas fait… grimper aux rideaux…
« T’es trop bonne. C’est
ton problème. Les hommes sont des porcs, même ceux qui ont l’air gentil. Tu
finis toujours par te faire avoir. »
C’est l’histoire d’une nana, Alison
Jones (Bridget Fonda), conceptrice de logiciels, qui rompt avec son mec Sam
Rawson (Steven Weber) car il l'a trompée avec son ex-femme. Souhaitant
conserver son grand appartement new-yorkais, elle se met en quête d’une
colocataire. Son choix se porte sur l’effacée Hedra Carlson (Jennifer Jason
Leigh). Problème : celle-ci s’avère envahissante et pour tout dire
complètement secouée, alors que Sam refait surface et obtient d’Alison une
nouvelle chance.
Ce film me replonge dans les désormais
douloureux souvenirs du temps béni de mon adolescence où, avec mon géniteur,
nous louions des films en K7 dans les vidéo-clubs lors de ses week-ends de
garde de père divorcé. Dont celui-ci, donc. Qui ne vaut hélas pas tripette et peine
à résister aux affres du temps. Ce n’est pas qu’il soit mal fait, loin de là
mais son déroulé des plus prévisibles et le genre dans lequel il s’inscrit
(thriller) le condamnent inévitablement au statut de produit de consommation
courante pour soirée TV. Il n’évite pas non plus l’écueil de quelques clichés
(l’apprenti violeur de Fonda est tué mais son ami voisin homo survit) ni du
final grand-guignolesque. Son relatif succès au box-office reste donc un
mystère. On retiendra toutefois l’interprétation des deux jeunes femmes qui,
fatalement, n’échappent pas au « passage obligé » de la nudité, en
particulier celle de Jennifer Jason Leigh.
« Le nez est formidable.
Et la bouche… Si j’étais écrivain, j’en ferai un roman. »
Une femme en Kohler…
C’est l’histoire d’une meuf, Julie
Kohler (Jeanne Moreau), qui n’a qu’une idée en tête : se venger des cinq
types (Claude Rich, Michel Bouquet, Michael Lonsdale, Charles Denner et Daniel
Boulanger) qui, accidentellement, ont tué d’un coup de carabine son mari le
jour même de son mariage. Ils vont passer un sale quart d’heure…
Très bon film « qualité
France », efficace, par le parangon d’une « vague » dont on se
demande ce qu’elle a ici de « nouveau ». Sorti en avril 1968, un mois
avant le joli mois de mai qui bouleversa l’Histoire. Comme dans Fahrenheit 451 deux
ans auparavant, Bernard Herrmann, compositeur attitré d’Alfred Hitchcock, signe
la musique. La figure tutélaire du « maitre du suspense » y est ici
cependant moins prégnante. Le casting est royal, chacun des cinq coupables ou
complices de l’assassinat initial du marié, montré en flashbacks, venant faire
son tour de piste, à l’exception du moins célèbre Daniel Boulanger. Les
meurtres de Bouquet et Lonsdale, précédés d’une agonie, sont particulièrement
atroces et démontrent la volonté sans faille ainsi que l’absence de la moindre
émotion de Jeanne Moreau. Celui de Rich, par contre, est totalement
lunaire : il prend le risque d’enjamber la rambarde du balcon pour aller
récupérer l’écharpe de Moreau sur l’auvent alors que n’importe qui de sensé
aurait utilisé un long bâton tel un balai, par exemple. Les deux derniers
crimes ne sont quant à eux pas montrés. Truffaut, dans le déroulé comme dans le
dénouement, a pris quelques libertés avec le roman de William Irish dont le
film s’inspire, écrivain déjà adapté au cinéma par… Hitchcock (Fenêtre sur
cour) et… Truffaut lui-même (La Sirène du Mississipi, l’année suivante). Comme
quoi, tout se tient. Bon, voila un film français simple, sans prise de tête,
pour une fois. De la belle ouvrage.
« Rah, j’aime pas les
baptistes, pas plus que les Démocrates… »
And justice for all…
C’est l’histoire d’un procès. Il
oppose l’épouse d’un homme abattu deux ans plus tôt dans une tuerie de masse par
un ancien salarié de sa société de courtage qui l’avait renvoyé, à l'entreprise
d'armes Vicksburg Firearms, chez qui le tueur s’était fourni. Tandis que la
veuve est défendue par Wendell Rohr (Dustin Hoffman), avocat moralement
irréprochable, la firme d’armement et ses actionnaires ont fait appel à Rankin
Fitch (Gene Hackman). Celui-ci, fin psychologue et sans scrupules, bénéficiant
d’un budget conséquent et à la tête d’une équipe de redoutables professionnels, est passé
maître dans l’art de contrôler un jury, sélectionnant les profils dont il pense
qu’ils seront favorables à sa cause, les manipulant et exerçant au besoin des
pressions sur eux pour faire pencher la balance en sa faveur. Seul l’un des
jurés sélectionnés, le mystérieux Nicholas Easter (John Cusack), semble
échapper à son emprise. Par ailleurs, Marlee (Rachel Weisz), la compagne d’Easter,
contacte Rohr et Fitch en leur proposant d’influencer le jury en leur faveur
contre 10 millions de dollars.
Vous me dites ce qui me pousse à
continuer d’acheter ces merdes à 1 euro (le triple ou plus avec le port, heureusement
compensés par mes « porte-monnaies » virtuels) sur Vinted ou Rakuten ?
Le désœuvrement et le manque d’idée ? Parce qu’elles ne sont pas
disponibles dans mes médiathèques municipales ? Oui, un peu tout ça sans
doute. Et puis, tiens, Gene Hackman et Dustin Hoffman, pas mal quand même, non ?
Oui mais attention, sur la jaquette je lis aussi « 2003 » et « Gary
Fleder » (Le collectionneur avec Freeman, Pas un mot avec Douglas fils… L’un
de ces multiples tâcherons qui peuplent les studios hollywoodiens…). Ben ouais,
on fait partie d’une « industrie » (horrible terme totalement antinomique
avec l’art et la culture), on ne nous propose pas des French Connection ou des
Macadam Cowboy tous les jours et pendant ce temps, faut bien payer ses factures
et ses arriérés d’impôt… Alors allons-y, gaiement ou pas, pour cet énième
thriller cousu de fil blanc (le pot de terre contre le pot de fer, qui va gagner,
oh la la, terrible « suspense »…) aux improbables rebondissements,
inspiré du roman éponyme de John Grisham, écrivain multi-adapté au cinéma (La
firme, Leclient, L’affaire Pélican ou Le droit de tuer ?, c’était déjà de
lui). Ah, là c’est sûr, pas de « thèmes », de « propos » ou
de « vision »... Enfin si, toujours les mêmes : le pognon, la
Patrie, la famille traditionnelle, les donuts et Dieu pour tous… Et donc pour
ou contre le fameux « second amendement » de la Constitution de la « plus
grande démocratie du monde » (sic)… Bien sûr, c’est Hackman qui campe
le manipulateur froid et cynique et bien sûr, c’est Hoffman qui incarne l’avocat
honnête « droit dans ses bottes » et idéaliste (vous avez déjà vu
Hoffman avoir le mauvais rôle ? Moi jamais. Ce qui en dit peut-être long
sur l’égo du bonhomme…). Bien sûr, ils ont une scène de confrontation, dans les
toilettes du tribunal (ben tiens, manquerait plus qu’on y échappe…). Et bien
sûr, parce qu’on a affaire à des professionnels, on aura droit à quelques
scènes d’action et à l’incontournable « twist » final. Allez hop,
aussitôt consommé, aussitôt chié (et oublié) et retour « à l’envoyeur »,
c’est-à-dire sur les « marketplaces »…
C’est l’histoire d’un mec, Gene
Watson, comptable (Johnny Depp), il est pas dans la merde… A peine débarqué à
Los Angeles avec sa petite fille, deux faux policiers (Christopher Walken et Roma
Maffia) enlèvent cette dernière et menacent de la tuer si lui-même ne flingue
pas rien de moins que la Gouverneur de Californie dans les 90 minutes qui
viennent. Ils lui remettent une arme à feu, la photo de ladite Gouverneur et le
programme du meeting qu’elle donne dans un luxueux hôtel. Tout en l’ayant à l’œil…
Allez, après quelques films un
peu plus exigeants, retour vers le pur divertissement sans message (ah, quand
même un plan sur la fillette qui, du train arrivant en gare, regarde les miséreux des bas-fonds de
la « Cité des anges », quelle audace…), mis en boite par un tâcheron hollywoodien,
à savoir John Badham, dont les principaux « faits d’armes » se
nomment Dracula (1979) et La fièvre du samedi soir (1977). Film acheté à petit
prix sur Vinted (et qui sera revendu dès que possible par ce biais ou un autre)
car indisponible à ma médiathèque. Jamais été fan du bellâtre Johnny Depp mais je
n’avais jamais vu ce film, alors, pour tuer 90 minutes d’un venteux après-midi…
Après avoir dansé dans un clip de Madonna (Bad Girl, 1993) et avant de le faire
dans un autre de Fatboy Slim (Weapon ofChoice, 2000), Christopher Walken, qui
sortait de Pulp Fiction (mémorable séquence du récit de « la montre dans l’cul »),
endosse le rôle du méchant bien méchant. Enfin, l’un des méchants car il se
trouve que [SPOILER ALERT] la plupart des agents de sécurité sont dans le
complot ourdi par le mari même de la Gouverneur. Bigre ! Bon, vous l’aurez
compris, Meurtre en suspens tient bien en haleine (filmé quasiment en temps
réel et caméra à l'épaule) mais rien ne tient debout et aucun enjeu ne subsiste puisqu’on sait à l’avance
que l’issue débouchera sur le sempiternel « happy end » du papounet
qui retrouvera sa p’tite fifille (un enfant, ça émeut toujours dans les
chaumières…). Johnny Depp pourra au moins compter sur un allié de poids (c’est
le cas de le dire…) en la personne d’un cireur de chaussures noir, petit et
rondouillet (comme Bruce Willis dans Piège de cristal, sauf que là le type
était flic mais sinon, même physique). Et sur les habituels atermoiements d’affreux
qui rateraient un éléphant dans un corridor…
C’est l’histoire d’un mec
photographe (David Hemmings) dans le Londres des années 60, qui prend notamment
des clichés de jolies donzelles (tant qu’à faire…). Un jour, dans un grand parc,
il photographie un couple à son insu. La femme (Vanessa Redgrave), s’en
apercevant, le chasse puis il revient sur les lieux et prend de nouveaux
clichés, alors que la femme s’enfuit en courant et que l’homme a disparu. Une fois
revenu dans son laboratoire, en agrandissant (« blow-up » en anglais)
plusieurs fois ses photos, il pense reconnaitre les indices d’un assassinat.
Oui, vous l’avez deviné, je suis dans ma période « macaronis »,
comme les appellerait le beauf Jugnot des Bronzés, avec aujourd’hui le plus
anglo-saxon des réalisateurs transalpins : Michelangelo Antonioni. Deux
films, un succès (Blow-Up, Palme d’or à Cannes en 1967) et un échec (ZabriskiePoint). Pourtant, j’ai largement préféré « l’échec »… Les deux films
ont des points communs : captation de vastes étendues et d’une époque (un
parc / le Londres des Swinging Sixties dans Blow-Up, la Vallée de la Mort / contre-culture
et libération sexuelle des campus U.S dans Zabriskie Point), considérations
esthétiques plus importantes que l’histoire, scène de sexe très découpée,
musique dans « l’air du temps »… Blow-Up m’a fait autant d’effet qu’un
plat de spaghettis froid. Il faut attendre trente minutes avant l’épisode du
parc puis encore trente avant que le gars agrandisse ses photos et découvre la
probabilité d’un crime. Quasiment aucun suspense policier, Antonioni préfère
filmer un concert des Yardbirds, groupe anglais alors à la mode (Herbie Hancock
se charge du reste de la B.O) et une scène de « batifolage » entre le
photographe et deux modèles (dont Jane Birkin). Film sans queue ni tête, ou
plutôt si puisqu’il s’achève en queue de poisson. Il m’aura au moins permis d’apprendre
le coup d’éclat de Vanessa Redgrave lors des Oscars 1978, où elle remporta
celui du meilleur second rôle féminin pour sa prestation dans Julia. De la pure
science-fiction aujourd’hui, alors que nous en sommes exactement au même point.
Chapeau bas, Madame.
Zabriskie Point (1970)
Quand t’es dans le désert…
C’est l’histoire de Mark (Mark
Frechette), un étudiant très engagé dans la contestation qui gagne les milieux
universitaires de Los Angeles en cette année 1969. Assistant au meurtre d’un
étudiant noir suite à un tir d’un policier, il s’apprête à répliquer mais l’agent
est abattu par quelqu’un ayant tiré avant lui. Craignant d’être pris pour le
coupable, Mark vole un petit avion de tourisme et s’enfuit vers le désert de la
Vallée de la Mort. Il croise sur sa route Daria (Daria Halprin), jeune secrétaire
idéaliste, qui doit rejoindre son patron (Rod Taylor) à Phoenix.
Bien plus intéressant par contre est
ce « road movie ». Certains films brillent par leur scénario très
bien huilé, d’autres par la qualité de leur mise en scène ou la performance de
leurs comédiens, d’autres encore par leur esthétique. Zabriskie Point
appartient à cette dernière catégorie. Il offre en effet de magnifiques images,
sur fond musical parfaitement adapté (Pink Floyd et des titres d’autres groupes
de l’époque comme les Rolling Stones ou le Grateful Dead) : le désert de
la Vallée de la Mort et ses dunes, visions oniriques de couples faisant l’amour
dans le sable et de l’explosion d’une luxueuse villa, filmées au ralenti. Un véritable
« trip », comme on dit. Le film est aussi une charge contre l’aliénation
consumériste et la société américaine, notamment la violence arbitraire de sa
police (« je tire avant, je réfléchis - éventuellement - ensuite »),
non sans humour (le prisonnier qui se fait appeler Karl Marx, que le flic
orthographie sans moufter « Carl Marx »), ce qui lui attirera les
foudres de l’Amérique puritaine sans pour autant récolter les louanges des milieux
progressistes, qui trouveront naïve et caricaturale sa représentation de la « contre-culture ».
Son duo d’acteurs vedette aura une très brève carrière cinématographique (deux
autres films chacun) : Daria Halprin, après un bref mariage avec Dennis Hopper,
quittera très vite le showbiz pour se tourner vers l'art-thérapie tandis que Mark
Frechette connaitra un destin tragique (mort accidentelle en prison à seulement
27 ans après intégration dans une secte et braquage d’une banque).
« Et c’est quoi la marque
des matelas où on peut dormir sans faire chier l’autre ? »
« Au fond, t’es un
lyrique… »
C’est l’histoire de Jules (Frédéric
Andréi), jeune postier grand fan d’une cantatrice américaine (Wilhelmenia
Wiggins Fernandez), qui effectue un enregistrement de l’un de ses spectacles
puis lui vole sa robe de scène, alors qu’elle refuse de se produire sur disque.
Parallèlement, la police enquête sur un réseau de prostitution.
Un peu mégalo, le Beineix, mais
vraiment pas mal du tout. Une double intrigue croisée, avec des morceaux
esthétisants dedans (couleurs artificielles, décors inspirés du « pop
art »…). Une histoire assez originale où un jeune postier prénommé Jules (Jules…😏)
se trouve en possession de deux enregistrements, celui qu’il a réalisé d'une
diva à laquelle il voue un véritable culte mais aussi celui des révélations d’une
ex-prostituée que celle-ci a déposé à son insu dans la sacoche de sa mobylette
juste avant d’être assassinée. Notre gars va dès lors être poursuivi simultanément
par deux Taïwanais l’ayant repéré lors du concert incriminé, par deux
« pieds nickelés » (Gérard Darmon et Dominique Pinon), chacun de ces
duos cherchant à récupérer l’un des enregistrements, mais aussi par la police, ce
qui occasionnera des « tours de passe-passe » et une spectaculaire course-poursuite
au cours de laquelle Jules pénètrera dans le métro parisien à bord de sa moto
(Besson a sûrement pris des notes pour son Subway de 1985). Le postier sera
aidé dans sa tâche par un mec dont on ne sait strictement rien (Richard Bohringer),
que l’on voit juste préparer de la bouffe, prendre un bain dans une baignoire cigare
au bec ou faire un puzzle géant. Et par une étudiante asiatique, amie du mec en
question. L’intrigue policière et les personnages sont assez sommaires, les
poursuivants retrouvant la trace du postier on ne sait comment, on sent que ce
n’est pas ce qui intéresse le plus Beineix. Deux caméos notables : la
récemment disparue Isabelle Mergault dans une salle de jeu et… l'alors fraichement « retraitée » du porno Brigitte Lahaie dans un clin d’œil à Marilyn Monroe
(sa jupe qui se soulève sous une bouche de métro). Mine de rien, près de trente
ans avant la « loi Hadopi », Diva posait déjà la problématique de
l’auteur face aux enregistrements pirates de ses œuvres. Il est par ailleurs
accompagné d’une mémorable bande originale de Vladimir Cosma (récipiendaire de
l’un des quatre Césars obtenus par le film), avec notamment le sublime extrait
de l'opéra LaWally revenant tel un leitmotiv.
« Vous vous compliquez la
vie, pourquoi vous restez pas chez vous quand vous avez envie de vous
branler ? » - « Parce qu’à la maison, y’a les enfants et dans
les bois, l’air est meilleur… »
Le Seven coréen ? Encore
du tout Bong…
C’est l’histoire de deux flics,
l’un local (Song Kang-ho), aux méthodes expéditives et l’autre de Séoul (Kim
Sang-kyeong), plus réfléchi, qui enquêtent sur le viol et le meurtre de deux femmes
dont les corps ont été découverts dans une petite ville sud-coréenne en octobre
1986. Manque de preuves, méthodes inefficaces et tensions au sein de l’équipe
policière font que l’enquête ne sera pas une partie de plaisir…
Ce que j’aime dans un film (ou
dans un disque), c’est la perspective de faire un voyage, de passer par
différents états, d’être surpris et à la fin de me dire « j’en ai vécu,
des choses ». Avec le décidément doué Bong Joon-ho, je suis pour le moment
servi de ce côté-là. « Après » (chronologiquement, c’est le premier
des trois) The Host et Parasite, ce Memories of murder fonctionne encore
parfaitement. Basé sur un fait divers non élucidé (ou plus précisément
prescrit, même si le coupable fût néanmoins incarcéré pour un autre meurtre),
soit le viol et le meurtre d’une dizaine de femmes survenus entre 1986 et 1991
aux alentours d’une petite ville sud-coréenne, le film est à nouveau l’occasion
pour Bong Joon-ho d’étaler son savoir-faire dans le mélange des genres, avec
toujours une forte dimension sociale en arrière-plan (en l’occurrence les
manifestations populaires contre le régime autoritaire du pays lors de ces
années-là). Un duo de flics fort différents aux trousses d’un serial-killer, le
tout sous un temps souvent pluvieux, on songe donc immédiatement à Seven. Mais
notre cinéaste prodige injecte comme à son habitude à cette enquête une bonne
dose d’humour avec une équipe d’inspecteurs maladroits voire benêts (l’hilarant
gag de la recherche de suspects glabres, le tueur ne laissant aucun poil sur les
lieux, ils en déduisent que c’est peut-être qu’il n’en a pas…). Ils prennent
aussi des cuites ou regardent la télé avec leur suspect comme les truands de
Tarantino « tapent la discute » sur les tubes de Madonna (Reservoir Dogs)
ou sur le massage des pieds féminins (Pulp Fiction). Bong n’hésite pas non plus
à parler « cul » et à en montrer (un petit peu), ce qui surprend à
première vue venant d’un asiatique mais moins quand on le subodore très « occidentalisé ».
Au fur et à mesure de l’avancée de l’enquête et face à son inexorable échec,
les deux flics changeront diamétralement de caractère et d’attitude, avec comme
point culminant l’âpre dénouement qui les verra s’opposer au suspect le plus
sérieux à l’entrée du tunnel d'une voie ferrée, sous une pluie battante. Le talent de Song
Kang-ho, acteur fétiche de Bong qui incarne le policier du cru, éclatera une
dernière fois lors de la séquence finale, où, désormais homme d’affaires, il
revient sur les lieux du premier crime plus de dix ans plus tard (superbe plan fixe
sur son visage marqué par l’effroi).
C’est l’histoire de deux étudiants,
Richard (Ryan Gosling) et Justin (Michael Pitt, aucun lien avec Brad), très
différents l’un de l’autre. Le premier est charismatique et crâneur, le second très
intelligent mais plus introverti. Bref, à eux deux, ils font un mec entier. Leur amitié les conduit à planifier et commettre par défi un crime « parfait »,
sans mobile, avec une victime choisie par hasard. Mais Cassie Mayweather (Sandra
Bullock), une flic « allumeuse » à ses heures et victime d’un trauma,
les soupçonne rapidement.
Allez, un petit détour par « l’efficacité »
hollywoodienne… Je pense que j’avais dû le voir à l’époque car Sandra Bullock,
j’suis fan depuis Speed, certaines images me sont revenues. Mais c’est
franchement pas terrible, normal de l’avoir oublié. Absolument pas crédible. Bullock
en « mante religieuse » qui baise tout habillée, ça l’fait pas et c’est
hors de propos, sinon pour « installer un personnage » dont on
découvrira les fêlures au fur et à mesure de l’enquête. Une enquête (trop)
rondement menée pour mettre à jour une machination elle-même soigneusement préparée
mais fragilisée par les tensions entre les deux apprentis meurtriers. Une
rivalité qui atteindra son paroxysme en raison d’une jalousie amoureuse autour
de la jolie Lisa. Rien ne manque, pas même le « twist » final après
la scène d’action (ratée, effets numériques nazes) d’usage. Rien à part l’essentiel :
un peu plus de folie et de surprise…
« Cet enfoiré voit plus
de chattes qu’une lunette de chiotte… »
C’est l’histoire… euh, faisons
« simple », d’un mec, saxophoniste (Bill Pullman, inquiétant) et de
sa meuf (Patricia Arquette, quel… « morceau »). Ils reçoivent des
cassettes vidéo anonymes de leur domicile (oui, comme dans le postérieur Caché
d’Haneke…), aussi bien vu de l’extérieur que de l’intérieur. Ce qui subodore
donc que quelqu’un s’est introduit chez eux. Ils font appel à la police, qui ne
leur est d’aucun secours. C’est alors qu’un matin, le type découvre sa femme morte.
Il est inculpé et condamné à mort.
Bon, ben voilà… Il y a des films
dont les minutes paraissent (par instants) des heures. Lost Highway est de
ceux-là. Si je vous dis que j’ai rien pigé, vous ne trouverez pas ça très
original étant donné que personne n’a pigé quoi que ce soit à cette histoire. A
part les quarante-cinq premières minutes (les meilleures), qui suivent le
synopsis décrit plus haut. Après, on largue les amarres vers le surnaturel. Mais
vous me direz : doit-on nécessairement piger ? C’est vrai ça, après
tout, on peut aussi simplement se laisser porter par l’ambiance et les images. Et
là, indéniablement, Lynch sait y faire pour ce qui est d’installer un climat et
une esthétique de film noir, avec ses personnages déjantés et/ou mystérieux,
agrémentés d’une musique ad hoc (plutôt rock : David Bowie, Marilyn
Manson, Rammstein, Nine Inch Nails, The Smashing Pumpkins). Et parce qu’il en
faut toujours en pareil cas, un peu de violence et de cul (ah, Patricia, des
rondeurs juste ce qu’il faut là où il faut, miam miam…), comme dans BlueVelvet et Sailor et
Lula. Plus un exercice de style et une « expérience », on va dire,
comme Mulholland Drive quelques années plus tard. Toutefois pas vraiment ma
tasse de thé…
« Et bien moi je crois en
Dieu et la seule chose dont j’ai peur, c’est Keyser Söze. »
Réalisation : Bryan Singer
Scénario : Christopher McQuarrie
Pays : Etats-Unis
Année : 1995
Genre : Thriller, policier
Avec : Stephen Baldwin, Gabriel
Byrne, Chazz Palminteri, Kevin Spacey, Kevin Pollak, Pete Postlethwaite, Suzy
Amis, Benicio del Toro, Giancarlo Esposito, Dan Hedaya, Peter Greene.
Synopsis : Verbal Kint, infirme
d’une main et d’une jambe, retrouve miraculeusement l’usage de ses membres après s'être confié à l'agent spécial des douanes Dave Kujan, grâce à un exercice consistant à inventer une histoire à partir d'éléments (noms, détails) trouvés dans le bureau de celui-ci (tableau d'affichage, objets...).
Pourquoi ? Grand succès public et
critique, Usual Suspects fait coup double. C’est tout d’abord un formidable
message d’espoir pour les éclopés qui, avec un peu de volonté et d’imagination,
auront l’occasion de sortir de leur handicap. Et c’est aussi un hommage et un
coup de projecteur pour nos valeureuses forces de l’ordre qui, contrairement à
ce que pensent les gauchistes, ne sont pas constituées que de brutes épaisses suivant
bêtement les ordres de leur hiérarchie pour faire appliquer la loi des
puissants pour les puissants. Elles savent faire preuve de psychologie et d’empathie
lorsque le besoin s’en fait sentir et cette histoire en est un parfait exemple.
« S’il y avait un Oxford
des faussaires, ta sœur serait major de promo. »
Groseille Vs. Le Quesnoy, on
refait le match… en Corée…
C’est l’histoire des Kim, une
famille sud-coréenne en galère (les parents, leur fille et leur fils), vivant
dans un petit appartement insalubre en sous-sol et réduite, pour subsister, à plier
des boites cartonnées pour une société de livraison de pizzas. Un jour, un ami
étudiant du fils Ki-woo lui confie une mission : étant donné qu’il doit
s’absenter pour un an, il lui propose de le remplacer comme prof d’anglais pour
la petite fille d’une riche famille, les Park. Rapidement accepté, il profite
de cette confiance pour progressivement faire embaucher par les Park toute sa
famille, sa sœur devenant professeur de dessin pour leur jeune fils, son père
chauffeur et sa mère gouvernante de maison, ce qui leur assure de bons revenus.
Mais un grain de sable inattendu va venir perturber cette belle mécanique…
Ayant récemment vu une petite
vidéo fustigeant le « bourgeois gaze » (« regard
bourgeois ») du cinéma, notamment français (y’a aussi celle-là sur le
sujet, pas mal du tout), et regrettant que les classes populaires, les rares
fois où elles y étaient à l’honneur, l’étaient de façon misérabiliste ou
caricaturale, celle-ci donnait cependant quelques contre-exemples comme le
Rosetta des frères Dardenne, Ressources humaines de Laurent Cantet et deux
récentes Palmes d’Or : Sans filtre (2022) et ce Parasite de 2019, par
ailleurs récipiendaire de 4 Oscars (dont les principaux). ‘Tain, non contents
de nous massacrer économiquement avec leur dumping social et environnemental,
si en plus les « Chinetoques » (ouais, enfin, les
« Asiats », quoi…) raflent aussi nos statuettes, que va-t-il nous
rester ? J’ai donc sauté le pas, ayant déjà plutôt apprécié The Host, l’un
des précédents films de ce décidément talentueux Bong Joon-ho. Et bien m’en a
pris. On y retrouve les mêmes ingrédients, pour un résultat encore plus
abouti : ingéniosité du scénario, maestria de la mise en scène, qualité de
l’interprétation, mélange des genres (comédie, satire sociale, suspense) et message
engagé. Ce qui frappe, entre autres, est cette capacité de nous faire passer de
l’amusement au malaise ou à l’effroi en quelques plans. Cette famille de
« losers » (dans un contexte capitaliste) suscite d’abord l’empathie,
avant de voir son image écornée par son comportement vis-à-vis d’aussi miséreux
qu’eux. Réaction classique d’absence de solidarité entre membres des classes
défavorisées de la société dans un univers concurrentiel, que vient ainsi
pointer du doigt Bong. Quant à la famille riche, elle ne m’inspire ni adhésion
ni rejet viscéral, mais plutôt un sentiment neutre. A vrai dire, elle est quelque
peu naïve (l’épouse) et ridicule (séquence surréaliste où le couple se masturbe
mutuellement sur le canapé du salon. Et oui, le cul, c’est comme les chiottes
et le capitalisme, c’est universel…). Difficile de ne rien
« spoiler », sachez simplement qu’après une première partie plutôt légère
et humoristique, on va de surprises en surprises et le film bascule dans une
ambiance bien plus sombre. Pour déboucher sur un final aux relents de La cérémonie
flirtant avec le grand-guignol sans s’y vautrer complètement. Et oui : on
a beau maintenir le couvercle sur une cocotte-minute, à un moment donné, elle
finit par exploser. Dernier point, quid de ce titre de « Parasite »
(au singulier, notez) ? Si l’on considère que le « parasitage » induit
le profit sans effort (« l’assistanat » donc, pour reprendre un terme
cher à certains de nos politichiens, flattant les bas instincts pour en tirer
un profit électoral à moindre frais…), alors j’appliquerai ce qualificatif au
personnage central qui n’apparait qu’à la moitié environ du métrage plutôt
qu’aux membres de la famille Kim, qui certes magouillent un petit peu mais néanmoins
travaillent. Voire à la famille Park, incapable d’assurer les tâches ménagères
et qui vit donc sur le labeur de leur personnel. Vu et approuvé.
« Pouvez-vous conduire ce
bus ? » - « Oui, c’est un caddie de supermarché en plus
gros, quoi… »
Never Mind the Bullock…
Réalisation : Jan de Bont
Scénario : Graham Yost avec la
participation non créditée de Joss Whedon
Pays : Etats-Unis
Année : 1994
Genre : Action, thriller
Avec : Keanu Reeves, Dennis
Hopper, Sandra Bullock, Joe Morton, Jeff Daniels.
Synopsis : Howard Payne, un terroriste
psychopathe et policier à la retraite, prend en otage un ascenseur dans un
immeuble d'affaires à Los Angeles et réclame une rançon en menaçant de le faire
sauter. Son projet échoue à cause de deux officiers, dont le jeune Jack Traven.
Qu’à cela ne tienne, il récidive quelques temps plus tard en piégeant un bus :
si sa vitesse passe en dessous de 50 miles/heure (soit 80 km/h) ou si quelqu'un
essaie de descendre, il le fera sauter. Ayant prévenu Jack pour le mettre à
l’épreuve et se venger, celui-ci parvient à monter à bord du bus. La course
contre la montre commence…
Pourquoi ? C’est bon, y’a tout :
de l’action en veux-tu en voilà (oh les gars, à la fin, on voit bien que le
métro, c’est une maquette…), une touche d’humour, glorification de la flicaille,
de l’amûûûûûûr (hétérosexuel. Non parce qu’imaginez que ce ne soit pas Sandra
Bullock qui soit emmenée à conduire l’engin mais Brad Pitt, on serait pas dans
la merde…), du « one tooth for one eye » (le méchant est bien méchant
alors il sera décapité, parce que l’arrêter et le faire croupir entre quatre
murs, ce serait vraiment trop « soft »…) et de la « virilité »
(« Eh mec, t’as pas inventé la poudre mais t’as deux couilles d’un kilo
chacune ! »). Si on veut aller plus loin dans la lecture « idéologique »,
j’ai noté cette phrase de Bullock, aveu inconscient de l’interventionnisme U.S :
« Alors, pourquoi il nous en veut, ce bonhomme ? On lui a bombardé sa terre
natale ou quoi ? ». Le petit délinquant à bord du bus qui croit que Reeves
est là pour le coffrer est chicano. Par contre, le terroriste expert en bombe,
qui « en a dans la caboche », c’est bien un « white », un « blancos »
(Dennis Hopper, en l’occurrence, qui cabotine à qui mieux mieux). Et les
passagers du bus, une « masterclass woke » (ce terme mis à toutes les
sauces…) avant l’heure ! La femme asiatique, le jeune, le vieux couple de
noirs, le métis qui-travaille-dur-sur-les-chantiers-pour-nourrir-sa-famille
(les « honnêtes gens », comme diraient avec beaucoup de paternalisme
les membres des Républicains…), il ne manque que le gay. Y’a bien un mec pas
très viril mais il n’est pas gay, la preuve, il branche Bullock au début. Bon,
allez, le film « pop-corn » par excellence et pis Sandra Bullock, j’adore
cette meuf…
[P.S : La « séquelle »
trois ans plus tard, toujours avec l’actrice et De Bont derrière la caméra mais
sans Reeves, est évidemment complètement bidon.]
« All work and no play
makes Jack a dull boy All work and no play makes Jack a dull boy All work and
no play makes Jack a dull boy All work and no play makes Jack a dull
boy… »
Réalisation : Stanley Kubrick,
assisté de Brian W. Cook
Scénario : Stanley Kubrick et
Diane Johnson, d'après le roman Shining, l'enfant lumière de Stephen
King
Pays : Etats-Unis, Royaume-Uni
Année : 1980
Genre : Horreur, thriller
Avec : Jack Nicholson, Shelley
Duvall, Danny Lloyd, Scatman Crothers, Barry Nelson, Philip Stone, Joe Turkel.
Synopsis : Jack Torrance, ancien
professeur, est engagé comme gardien de l'hôtel Overlook dans le Colorado le
temps d’un hiver, non sans que son directeur l’ait averti que l’ancien
titulaire du poste, rendu fou par la solitude et l’isolation extrême du lieu, a
sauvagement assassiné sa femme et leurs deux filles jumelles à coups de hache
avant de se suicider. Accompagné de son épouse Wendy et de leur jeune fils
Danny, Jack espère trouver à cette occasion le temps et le cadre idéal pour y
écrire un livre. Mais très vite, Danny est sujet à des hallucinations sanglantes
annonciatrices d’un danger.
Pourquoi ? Bien sûr, j’aurais pu
écrire partout la fameuse phrase copiée des centaines de fois par Nicholson
pour le livre qu’il est censé écrire, c’est-à-dire « All work and no play
makes Jack a dull boy » (« Un tiens vaut mieux que deux tu
l’auras » ?)… Mais cela a déjà été fait par Cinéphile Schizophrène et
je lui ai déjà emprunté par le passé la structure narrative de ses chroniques (fait
chier, lui, à toujours avoir des idées de génie avant les autres…). Et faut
bien que je développe un peu, même si je ne vais pas être très original. Pour
l’histoire, les décors (magnifiques labyrinthe et générique d’ouverture dans les
montagnes Rocheuses…), la musique (Wendy Carlos inspiré par la Symphonie
fantastique d'Hector Berlioz ; Rachel Elkind, Ligeti, Bartók et Penderecki,
excusez du peu…) et bien sûr l’interprétation de Jack Nicholson (doublé par Jean-Louis Trintignant en VF), dans une veine
très « Actors Studio » mais aussi celle de Shelley Duvall. Si le
porno fût, de son propre aveu, le « service militaire » de Catherine
Ringer, Shining fût celui de la pauvre Shelley, contrainte de répéter 40 à 50
fois ses scènes, ce qui questionne sur l’adage « la fin justifie les
moyens ». Sinon, pour moi, Kubrick c’est « couci-couça ». Eyeswide shut, c’est bien mais pas au point de le conserver, Orange Mécanique idem,
Full MetalJacket et Barry Lyndon aussi mais manque de bol, j’ai horreur des
films de guerre ou à costumes. Quant au fameux 2001, l'Odyssée de l'espace, je
me suis rarement autant emmerdé devant un film. Deux cosmonautes aux prises pendant
des plombes avec un ordinateur récalcitrant, désolé mais ça me fait pas mon
« quatre heures » en termes d’émotions cinématographiques (sinon
l’ennui). Le reste, c’est trop vieux mais je tenterai peut-être Lolita. Je vois
déjà ronchonner les « Kubrickophiles », me rétorquant que Shining
serait son « moins personnel » (puisque de Stephen King mais à voir),
son « plus facile ». Fort possible, et alors ? C’est comme ça
(la la la la la), je ne vais pas me forcer pour leur faire plaisir… Après tout,
aux chiottes, les snobinards !
« D’ailleurs, on ne peut
pas échapper à quoi que ce soit… »
Réalisation : Alfred Hitchcock
Scénario : Joseph Stefano, adapté
du roman éponyme de Robert Bloch, inspiré de faits réels liés au tueur en série
Ed Gein
Pays : Etats-Unis
Année : 1960
Genre : thriller, horreur
Avec : Anthony Perkins, Janet
Leigh, Vera Miles, John Gavin, Martin Balsam.
Synopsis : Marion Crane, amante d’un
homme divorcé en difficulté financière et secrétaire, est chargée par son
patron de déposer à la banque 40 000 dollars. Au lieu de cela, elle fait ses
valises et part rejoindre son compagnon avec la somme dérobée. Le soir
du deuxième jour de route, alors que s’abat un puissant orage, elle est
contrainte de s’arrêter à un motel isolé pour y passer la nuit.
Pourquoi ? Ouah hé, l’autre, « pourquoi ? »,
il est marrant, lui… Parce que c’est l’un des Hitchcock les plus « évidents ».
Parce que la mythique scène de la douche est la matrice des « slashers »
et leurs « jump scare » à venir. Pour la musique de Bernard Herrmann.
Et parce que classique absolu.
C’est l’histoire d’un mec, Harry
Caul (Gene Hackman), qui est un as de la filature. Pour l’un de ses
commanditaires, il enregistre la conversation d'un jeune couple dans la foule à
San Francisco. Il pressent que celui-ci est en danger, ce qui réveille en lui le
trauma d’une mission précédente s'étant soldée par la mort d'une famille
entière. Voilà notre homme en proie à la méfiance et aux scrupules…
Un peu déçu par cette Palme d’or
1974. En raison du parti pris du scénariste et réalisateur Coppola pour l’étude
de caractère, en l’occurrence celui du personnage principal joué par Gene
Hackman, disparu l’an dernier dans de bien tristes circonstances (la « Grande
faucheuse » n’a malheureusement pas chômé en 2025 pour nos vedettes du 7ème
art…). Donc ça traine en longueur pour bien souligner ses côtés secret et solitaire.
Il faut attendre la dernière demi-heure pour qu’il y ait un peu d’action, de
suspense et que se dénoue cette intrigue par ailleurs assez peu palpitante. Qui
ne s’avère pas conforme aux prédictions d’Hackman. A noter dans le casting les
apparitions d’Harrison Ford et Robert Duvall.
C’est l’histoire d’un mec, Robert
Thorn (Gregory Peck), ambassadeur des Etats-Unis au Royaume-Uni, il est
incapable d’annoncer à sa meuf Katherine (Lee Remick) que leur enfant est
mort-né après l’accouchement. Alors il adopte un orphelin et le fait passer
pour leur fils. Mais y’a un blème : celui-ci est né à 6 heures, le 6ème
jour du 6ème mois (un 6 juin, donc) et des phénomènes étranges et
tragiques se produisent…
Le contexte : lendemain de
victoire (aux forceps) en Ligue des Champions contre Newcastle (fait assez rare
pour être souligné) et arrivée en fin de crève ca-ra-bi-née (Covid ?
Pourtant, à part ma mère le week-end, je vois dégun… Ou alors dans les magasins
ou les transports de cette ville de bras cassés et traîne-savate comme moi ?).
Quoi de mieux, dès lors, en cet après-midi ensoleillé mais frisquet, que de s’installer
devant son petit écran et insérer dans son lecteur un DVD emprunté à l’une de
ses médiathèques municipales, dans l’espoir de vivre l’agréable sensation de la
découverte d’un bon film ? Bingo, c’est bien le cas. De Richard Donner, je
ne connaissais que sa collaboration avec Mel Gibson (la franchise L’arme fatale
et son trio Gibson – Glover – Pesci insupportable de cabotinage, Maverick et
Complots). Au cinéma comme en musique, on ne fait que refaire ce qui a déjà été
fait les décennies précédentes, alors autant aller directement « à la
source ». Tous ces films d’horreur ou fantastiques des 70’s et des 80’s, de
tueurs en série ou de maisons hantées, sont les ancêtres des productions qui pullulent
chaque année sur nos écrans depuis le nouveau millénaire (et même un peu
avant). Celui-ci est si emblématique qu’il a donné suite à… des suites, remake
et autres « préquelle ». Clairement, sa réputation n’est pas usurpée,
c’est du tout bon. Le genre qui sait maintenir la tension d’un bout à l’autre,
sans scènes inutiles, on va… droit au but (pour rester dans le registre footballistique
et fidèle à la devise de mon club). Alors d’accord, des fois, on devine très
vite ce qui va arriver (la meuf qui monte sur une chaise pour décrocher un truc
alors qu’elle est à l’étage, risqué…). Et encore une occase pour chier sur l’Eglise ?
Un peu, mais quand même moins que L’exorciste où, de mémoire, la possédée
dégueulait un liquide verdâtre sur le prêtre et sa Bible. Et faut quand même se
taper l’eschatologie de ces putains de religions qui nous ont toujours pourri l’existence
à travers les siècles. Mais sinon, rien à redire, réalisation, interprétation,
musique, c’est au poil. Y’a même le petit « twist » final qui va
bien. Tiens, tout ça m’a donné envie de réécouter l’hymne de ces satanistes de
supermarché de la « Vierge de fer » (je déconne mais je ne peux pas m’empêcher
de les aimer, c’est on ne peut plus Madeleine de Proust, ça)...
« J’ai une secrétaire,
une mère, deux ex-femmes et quelques barmen qui comptent sur moi. »
Réalisation : Alfred Hitchcock
Scénario : Ernest Lehman
Pays : Etats-Unis
Année : 1959
Genre : espionnage, action,
thriller
Avec : Cary Grant, Eva Marie
Saint, James Mason, Leo G. Carroll, Martin Landau.
Synopsis : Roger Thornhill, patron
d’une société de publicité new-yorkaise, est victime d’un enlèvement puis d’une
tentative de meurtre. Mais il s’agit d'un malentendu : ses ravisseurs le
prennent pour un espion au nom de George Kaplan. Ceux-ci ayant parfaitement
effacé toutes traces de leurs méfaits et la Police ne croyant pas Thornhill, il
va devoir lui-même dénouer le nœud de cette ténébreuse affaire.
Pourquoi ? Parce qu’une DVDthèque
sérieuse se doit de posséder au moins deux ou trois films du grand « Hitch »,
alors autant avoir les meilleurs ; pour le couple composé de Cary Grant (l’un
de ces grands acteurs bisexuels) et d’Eva Marie Saint (101 piges aux nougats !),
qui perpétue la tradition des grands couples romantiques d’Hollywood ; pour
ses scènes d’action, en particulier celle, mythique, où Grant est pourchassé
par un biplan dans des plaines agricoles ; pour la musique de Bernard
Herrmann ; parce que ça ne prend pas une ride, si l’on fait abstraction
des effets spéciaux rudimentaires de l’époque (la voiture sur fond d’écran
diffusant des images de circulation automobile ; la reconstitution en carton-pâte
du Mont Rushmore pour la scène finale…).
« Kittridge, vous n’m’avez
jamais vu quand j’m’énerve ! »
Réalisation : Brian De Palma
Scénario : David Koepp et Robert
Towne, d'après une histoire de David Koepp et Steven Zaillian, d'après la série
télévisée Mission Impossible de Bruce Geller
Pays : Etats-Unis
Année : 1996
Genre : espionnage, action,
thriller
Avec : Tom Cruise, Jon Voight, Emmanuelle
Béart, Jean Reno, Ving Rhames, Henry Czerny, Kristin Scott Thomas, Vanessa
Redgrave.
Synopsis : Une équipe de Mission
Impossible dirigée par Jim Phelps a pour mission d'arrêter un espion qui va
dérober la liste des agents infiltrés en Europe Centrale lors d'une soirée à
l'ambassade américaine de Prague. Mais l'opération tourne mal et l’équipe est
décimée. Seul survivant, Ethan Hunt découvre que l'opération devait en réalité démasquer
une « taupe » du nom de Job au sein de l'équipe…
Pourquoi ? Parce que c’est ici
que tout a commencé et c’est « expédié » en deux heures moins le
quart, avant que l’égocentrique Cruise ne s’engage par la suite dans une perpétuelle
et un peu vaine surenchère de cascades toujours plus folles à réaliser soi-même
(ne soyons pas cynique, on peut aussi y voir un respect du public en lui en donnant
« pour son argent »), dans des « pavés » de deux heures
trente minimum. Parce que comme toujours dans ce genre de films (et avec De
Palma), il y a deux ou trois morceaux de bravoure (le vol de la liste d’agents
sur le site de la CIA, le final sur le toit du TGV), avec son lot d’action et
de suspense. Parce que deux « frenchies » (Béart et Reno) sont de l’aventure
(deux et demi avec Scott Thomas). Et parce qu’avec cette série, on voyage (Prague,
que j’ai eu la chance d’un peu visiter, Londres). Pour le reste, on est bien d’accord
que c’est une histoire toute conne de gentils contre des méchants et des
traitres certainement bourrée d’invraisemblances (mais on s’en branle).