Affichage des articles dont le libellé est Galabru Michel. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Galabru Michel. Afficher tous les articles

Tranches de vie (1985), de François Leterrier

 

« Merde, un clebs… J’ai horreur des clebs. »

C’est l’histoire… d’une dizaine d’histoires : l’aventure de trois dragueurs invétérés ; les difficultés d’un interprète entre un dictateur africain et le président de l’URSS ; un couple d’astronautes se dispute, compromettant sa mission ; un journaliste rencontre une habitante parisienne qui s’est adaptée au changement de population de son quartier ; un couple de paysans donne sa vision de la « révolution sexuelle » pour une interview télévisée ; un étudiant s’avère incapable de faire de la peine à l’une ou l’autre de ses maitresses, l’une de Paris, l’autre de Rouen ; un journaliste français de l’Humanité rend visite à son cousin russe derrière le « rideau de fer » ; un homme qui espérait passer une nuit d’amour avec sa conquête en est empêché par le chien de celle-ci.

Bon ben, le Splendid et assimilés (sans Blanc, Lhermitte et Moynot), passés les coups de maitre des Bronzés et du Père Noël, ça ne « pisse » décidément pas bien loin… Les films à sketches sont bien souvent inégaux, celui-ci ne déroge pas à la règle. Guère de raisons de se réjouir, ici. Paris sera toujours Paris, où Josiane Balasko, visiblement seule Française « de souche » (si cette expression a un sens…) résidant encore dans un quartier parisien désormais peuplé quasi exclusivement d’immigrés africains, parle arabe, appelle son fils Mohamed plutôt que Jean-Michel, porte un tchador et dont le mari s’est converti à l’Islam, fait se pâmer tous les « droitardés mentaux » ayant actuellement le vent en poupe un peu partout en Occident (voire ailleurs), dans certains médias, sur la « toile » (qu’ils « tapissent » de leur hargne et de leur bêtise et inculture crasses) et naturellement dans les urnes (un tiers des votants chez nous, même un peu plus si on y ajoute ceux de la secte zemmourienne et des « Républicains », qui sont les mêmes en plus âgés et plus friqués). Il n’en fallait pas plus pour qu’ils y voient la confirmation de leur prémonition (passant sous silence le « twist » final où Jugnot, résident d’un autre quartier parisien, apparaît quant à lui accoutré en… chinois) : dès 1985 et bien avant notre grand prophète Eric (lui-même pourtant très communautariste), ce film nous alertait sur le terrible danger des « invasions barbares » qui nous guettait. Le « problème » ne date donc pas d’hier. Ce sketch est quoi qu’il en soit loin d’être le meilleur du lot. Un titre qui se jouerait plutôt entre Les âmes mortes et son amusant « twist » final (même si Jugnot en fait des tonnes) avec un Lamotte interprétant un exécutant zélé du régime communiste (soit un rôle proche de celui qu’il incarnera un an plus tard dans Twist again à Moscou), Le meilleur ami de l'homme, où Clavier est contrarié dans sa tentative de « conclure » avec Anémone par la présence du chien de cette dernière et surtout Le sixième sens (mon préféré, même si on en voit arriver la chute d'assez loin), dans lequel Lamotte ne parvient pas à se séparer de l’une ou l’autre de ses amoureuses (Chazel et Anémone). Les autres sketches sont poussifs ou anecdotiques. Plutôt des « tranches de vide », en somme…

Mon homme (1996), de Bertrand Blier

 

« Bon ben pour commencer, moi, j’vais faire un gros pipi, hein… »

C’est l’histoire de Marie (Anouk Grinberg), une prostituée indépendante, qui découvre un SDF (Gérard Lanvin) dormant dans le hall de son immeuble. Elle lui offre l’hospitalité puis en tombe amoureuse et lui propose de devenir son proxénète.

Voilà donc le film qu’Anouk Grinberg aurait tourné sous la contrainte et « l’emprise » de Bertrand Blier, son compagnon d’alors, malgré son refus initial. Il est regrettable - pour tout le monde - que ce genre d’affaires ne sortent que des décennies plus tard, parfois même, comme dans le cas présent, quand la personne incriminée est décédée. De là à dire que le réalisateur a fait « de l’humiliation des femmes un divertissement », je trouve ça un peu exagéré. Certes, jusqu’en ces années 90, il y a eu quelques mains un peu lestes sur les corps féminins mais derrière l’apparente misogynie, on sent aussi un grand amour, peut-être maladroit, pour les femmes. Quoi qu’il en soit, j’ai enfin trouvé ce film, l’un des derniers Blier que je n’avais pas vu (reste son premier, Si j'étais un espion, tandis que Beau-père, de par sa thématique assez… particulière, ne me branche pas du tout), à un prix « raisonnable » sur Vinted (30 euros tout de même mais ça monte jusqu’au double ou au triple). Et je ne regrette pas. Comme j’ai dû le dire précédemment, chez Blier, il y a toujours quelque chose à « picorer ». Des « bons mots » poético-comiques, des situations loufoques, provocantes et dérangeantes, le jeu des comédiens… Il y a tout ça ici aussi. Formellement, on est dans la continuité de sa « trilogie Grinberg », après Merci la vie et Un, deux, trois, soleil mais il livre là son film le plus noir, âpre et rugueux. Ce qui ne passe pas auprès du public et de la critique… « à moins d’être un réalisateur iranien ou polonais », explique-t-il malicieusement dans l’interview bonus. Le plus érotique aussi (un choix délibéré) même si au final, il n’y a qu’une scène de sexe, un peu longuette il est vrai, entre Grinberg et Lanvin (et une autre, plus rapide et comique, avec Jacques Gamblin). Quelques années avant Les acteurs (2000), Blier fait défiler une belle galerie de brèves apparitions, dans des rôles de clients : Gamblin donc mais aussi Darroussin, Galabru, Kassovitz, Jacques François ou encore Jean-Pierre Léaud. J’ai surtout apprécié la prestation de Sabine Azéma, le temps de deux scènes et celle au bar de la boite de nuit entre Grinberg et Valeria Bruni Tedeschi, sur fond de Barry White, malgré quelques répliques incompréhensibles (un mal français, qu’on retrouve d’ailleurs épisodiquement tout au long du film). Quant à Lanvin, il est dans son registre habituel de mec bourru à grande gueule, pas mauvais fond mais avec toujours une violence sous-jacente et cette incapacité chronique à sourire. En conclusion, ce film vient confirmer que je suis assez friand de ce qui est le plus controversé chez le cinéaste (ses années 90 ou Les côtelettes) et je ne le remercierai jamais assez pour avoir su tracer cette voie si originale, malgré ses imperfections et ses redites, dans un cinéma français trop souvent sclérosé. 

Le juge et l’assassin (1976), de Bertrand Tavernier

 

« Un fou qui sait qu’il est fou est un fou guéri. »

C’est l’histoire de Joseph Bouvier (Michel Galabru), un anarchiste rustre, qui tire sur la femme qui refusait de l’épouser avant de tenter de se suicider. Elle survit et lui aussi, malgré deux balles dans la tête (!). Libéré d’un asile, il vagabonde dans toute la France et viole et assassine les jeunes bergers ou bergères qu’il croise. Émile Rousseau (Philippe Noiret), un juge de province arriviste, parvient à le faire arrêter. Espérant une promotion, il tente de gagner la confiance de Bouvier afin de lui extirper des aveux et ainsi obtenir sa condamnation à mort.

Tavernier – Noiret, acte 3 (y’en aura deux autres, Que la fête commence… et La vie et rien d’autre, malgré des contextes qui ne m’enchantent guère : 18ème siècle pour le premier, Première guerre mondiale pour le second…). L’acteur campe un beau salaud en la personne de ce juge manipulateur et cynique. Mais c’est bien sûr Michel Galabru, pour son plus grand fait d’armes, qui crève l’écran, obtenant le César du meilleur acteur pour le rôle de ce « serial-killer » exalté et mystique (le film remportera aussi celui du meilleur scénario). Isabelle Huppert (maitresse de Noiret, encore bien casée) et Jean-Claude Brialy (procureur), complètent la distribution. Gérard Jugnot et Yves Robert font également des apparitions. Tourné dans les paysages variés de l’Ardèche et inspiré de la vie du « Jack l'Éventreur du Sud-Est » Joseph Vacher, le film comporte à mon avis quelques longueurs (il fait deux heures), en particulier à cause de la présence de trois chansons (signées Jean-Roger Caussimon, il en interprète lui-même deux). Il est éminemment politique (même s’il n’est pas que ça) puisque, outre le thème de la peine de mort, il se déroule à la fin du 19ème siècle, une époque marquée par l’affaire Dreyfus (« Mort à Dreyfus » tagué sur un mur de la prison, affiche « Lisez La Croix, le journal le plus anti-juif de France »…) et les luttes ouvrières de la Commune. La fin, qui relate ces dernières et que Tavernier juge lui-même « ratée » (non pas dans le propos, qu’il assume et revendique totalement mais dans la forme, trop démonstrative), m’a littéralement plombé, entrant chez moi en résonance avec l’actualité nationale récente. On n’a pas évolué d’un pouce (130 ans, ça peut paraître beaucoup mais à l’échelle de l’humanité, c’est peanuts…), les époques et le nom des protagonistes changent mais, contrairement à ce qu’on veut bien nous faire croire, la fracture et les antagonismes demeurent et ne sont pas près de disparaitre, malgré notre individualisme et le pouvoir anesthésiant du confort dont nous jouissons à des degrés divers.

Soigne ta droite (1987), de Jean-Luc Godard

 

C’est l’histoire… euh… de plusieurs personnages qui cherchent leur place sur terre (Une place sur la Terre est d’ailleurs le sous-titre du film) et du groupe Les Rita Mitsouko qui cherche le bon son en studio pour son album The No Comprendo. Enfin, j’crois qu’c’est ça…

Alors là, je m’excuse mais… quelle merde ! Jamais vu une connerie pareille… Godard m’avait déjà bien « niflé » avec son Mépris. Le gars sait faire de beaux plans, c’est indéniable (le caméraman sur son travelling à Cinecittà en ouverture, le cul de « B.B », la villa Malaparte à Capri…) mais Bardot était insupportable et l’histoire sans intérêt (Piccoli et la miss qui se chamaillent pendant des plombes en se baladant de pièces en pièces dans leur appartement). Y’avait au moins la superbe musique de Georges Delerue et son Thème de Camille pour faire passer la pilule. Bon, ici, y’a les Rita. Vous ai-je déjà fait part de l’admiration définitive que je voue à ce duo et en particulier à sa chanteuse Catherine Ringer (petit aperçu de son talent sur cette ébouriffante prestation télé de 2001) ? Et bien voilà, c’est fait. L’un des rares groupes ou artistes pop-rock français de l’époque moderne, avec Gainsbourg, Bashung et deux ou trois autres, à pouvoir à peu près soutenir la comparaison avec les anglo-saxons ou en tous cas à ne pas nous foutre complètement la honte vis-à-vis d’eux. A la fois « grand public » et artisanal dans sa manière de fonctionner et de composer, d’une grande originalité et crédible dans tous les genres abordés (pop, rock, funk, électro, world ou même valse musette). Souci, comme on les voit ici en plein processus créatif, on n’entend que des extraits de leurs morceaux, réduits à l’état de maquettes (surtout l’archi-connu C’est comme ça). Le reste est tout simplement inracontable : voix off débitant un pensum philosophique et scènes incompréhensibles. Villeret danse avec une femme à poil, regarde la regrettée Pauline Lafont (son avant-dernière apparition cinématographique) jouer au golf ou est le prisonnier d’un flic interprété par Rufus dans un train. Michel Galabru joue un amiral d’aviation lisant dans son cockpit un ouvrage intitulé Comment réussir son suicide (pas forcément ce titre mais l’idée est là). Quant à Godard, il s’amuse à faire le con dans le rôle principal de l’Idiot, titre du roman de Dostoïevski dont le film s’inspire. L’auto-dérision étant souvent la plus sûre marque de la prétention la plus absolue, rien d’étonnant à cela…

Notre histoire (1984), de Bertrand Blier

 

« La vie est mal foutue, je vous l’accorde volontiers mais enfin, de temps en temps, à force de patauger dans le caca, on découvre une pépite… »

C’est l’histoire d’un mec, seul dans un train et plutôt déprimé, qui se fait allumer par une nana dans son compartiment. Pour une fois que c’est dans ce sens-là… Mais alors qu’elle ne voulait tirer qu’un coup, lui s’accroche à elle comme une moule à son rocher.

C’est l’histoire d’Alain Delon qui, en incarnant un alcoolo, casse son image et empoche un César pour son interprétation (le film obtiendra aussi celui des meilleurs scénario et dialogues). Et de Nathalie Baye qui s’impose comme l’une des meilleures actrices françaises de sa génération.

Y’a qui dedans ? Alain Delon et Nathalie Baye dans les rôles principaux donc mais aussi un truculent et savoureux Michel Galabru et une pléiade de seconds rôles ou de figurants encore peu connus à l’époque : Gérard Darmon, Jean-Pierre Darroussin, Jean-François Stévenin, Vincent Lindon, Bernard Farcy, Jean-Claude Dreyfus et Jean Réno.

Et c’est bien ? Bof. C’est du Blier, ça part dans tous les sens. Delon en fait des tonnes en alcoolo. Un peu long, j’ai failli m’endormir. Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris mais Baye joue en fait trois rôles, pris à trois moments de sa relation avec Delon.

Canette de bière : oui

Femme à poil : non

Up 👍: toute la scène chez Galabru, le cœur du film

Down 👎: ça s’essouffle