La notte (1961), de Michelangelo Antonioni

 

« Est-ce que vous pensez que les roses dorment aussi ? » - « Et oui, les roses dorment aussi… l’espace d’une nuit, Madame. »

« Et puis ne l’oubliez pas : il est probable que l’avenir ne commencera jamais. » - « Ah, l’avenir sera quelque chose d’horrible, vous ne croyez pas ? »


C’est l’histoire d’un couple à la dérive, l’écrivain Giovanni Pontano (Marcello Mastroianni, mine grave, une seule expression faciale pendant tout le film) et sa superbe épouse Lidia (Jeanne Moreau), qui n’a plus rien à se dire. Ils se rendent au chevet d’un ami également écrivain, Tommaso (Bernhard Wicki), « au bout d’sa life » dans un hôpital milanais. Bouleversée, Lidia repart la première puis erre dans des quartiers en pleine mutation de Milan. Giovanni la rejoint et ils se rendent à une fête célébrant son nouveau livre, qui est un succès.


Après une petite semaine dans la très touristique Chamonix et son impressionnante « Aiguille du Midi » à 3800 mètres d’altitude (!), me voila de retour pour « boucler » le dossier Antonioni avec le second volet de sa « trilogie de l’incommunicabilité », comprenant également L’avventura (1960) et L’éclipse (1962), tous trois avec sa compagne Monica Vitti à l’affiche. Couples en crise, errance existentielle, élégance en papier glacé, milieu bourgeois, « la ville, le jazz, la nuit », « la vie, l’amour, c’est compliqué, toussa toussa », ça recommence. Ou ça continue, c’est selon. Donc on se fait chier, comme dans les autres films du réal (j’ai néanmoins une affection particulière pour Zabriskie Point et son ambiance « flower power » soixante-huitarde). Mastroianni se fait alpaguer par une jeune nympho qui l’entraine dans sa chambre d’hôpital (on y croit…). Moreau erre comme une âme en peine et Vitti ne nous montre sa (jolie) bobine qu’au bout d’une heure, à la fête donnée par son industriel de père et où se presse toute une « intelligentsia ». Quelques beaux plans et angles de prise de vue toutefois : dans la chambre d’hôpital du mourant (gros plan sur Moreau, avec en arrière-plan la mère du malade ; la fenêtre ouverte avec vue sur la rue), Moreau marchant dans la ville, le final avec elle et Mastroianni sur le terrain de golf. Pour le reste, remplace efficacement un somnifère…   

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