mardi 24 février 2026

Les Visiteurs (1993), de Jean-Marie Poiré

 

« Cousin Hubert ! Qu'est-ce que c'est qu'ce bin's ? »

« C’est Okaaaaaaaaay ! »

« Merci, la gueuse. Tu es un laideron mais tu es bien bonne. »

Réalisation : Jean-Marie Poiré

Scénario : Jean-Marie Poiré et Christian Clavier

Pays : France

Année : 1993

Genre : Comédie, fantastique

Avec : Christian Clavier, Jean Reno, Valérie Lemercier, Marie-Anne Chazel, Christian Bujeau, Isabelle Nanty.

Synopsis : An de grâce 1123. Victime d’hallucinations après avoir malencontreusement ingurgité la potion d’une sorcière, le Comte Godefroy de Montmirail tue le père de sa promise Frénégonde de Pouille, qu’il a pris pour un ours. Du coup, Frénégonde refuse le mariage. Le mage Eusæbius propose alors à Godefroy une potion pour remonter le temps afin d'en changer le cours et d'éviter cet accident. Celui-ci, ainsi que son fidèle écuyer Jacquouille la Fripouille, boivent ce breuvage pendant que le mage récite la formule magique. Mais ce dernier a oublié un ingrédient et les deux hommes sont envoyés au XXe siècle…

Pourquoi ? Alors là j’avoue, on est en plein dans le « plaisir coupable » du « plus c’est con, plus c’est bon ». Oui, le côté potache « on est les mecs les plus puissants du cinéma français mais on aime faire les cons », ça me botte. Clavier entame ici sa carrière de « nouveau De Funès ». Mais bizarrement, je crois que c’est le personnage de Chazel, dans une variante de celui de « Zézette » du Père Noël, qui me fait le plus marrer. Top 5 des plus gros succès au box-office français, cultissime et c’est pas pour rien, même si ça a inévitablement un poil vieilli.

[P.S : difficile de ne pas voir dans le massacre en règle de la Renault 4L de La Poste par nos deux « visiteurs » une métaphore inconsciente de celui du service public postal, fragilisé par l’ouverture à la concurrence décidée par l’infame Traité de Maastricht, ratifié en 1992…]

lundi 23 février 2026

Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance (2017), de Martin McDonagh


C’est l’histoire d’une nana (Frances McDormand), elle a perdu sa fille, violée et assassinée (violons…). Mais sept mois après, l’enquête est toujours au point mort. Comme elle a remarqué trois panneaux publicitaires vierges dans son patelin, elle les loue et y fait inscrire : « VIOLÉE ENCORE AGONISANTE », « ET TOUJOURS PAS D'ARRESTATION ? » et « POURQUOI, CHEF WILLOUGHBY ? ». Willoughby (Woody Harrelson), c’est le chef de la police locale, papa de deux chérubines et atteint d’un cancer en phase terminale (violons…). Il a sous ses ordres Dixon (Sam Rockwell), un policier raciste et brutal (bingo, j’en étais sûr !).

Bardé de récompenses (meilleur scénario à la Mostra de Venise, 4 Golden Globes, 2 Oscars, dont meilleure actrice pour Frances McDormand, que je préférais malgré tout en flic enceinte dans Fargo ou se grattant les fesses dans Short Cuts…), Three Billboards… est pourtant un empilement de clichés et de caricatures. Plus on avance dans le film, plus on « coche de cases » et on en arrive à un « strike » : le flic raciste, l’allusion aux prêtres pédophiles, la « mère courage » battante qui s’est forgée une carapace et qui du coup manque d’empathie et se montre rude envers autrui… Sans oublier la rédemption (z’adorent ça, les Ricains…) : il a suffi de deux lettres posthumes de Willoughby pour que le « mec bien, ‘achement humain » qui sommeillait dans le beauf brutal se réveille enfin et pour que la revêche endurcie (re)devienne plus humaine. Le film a subi les foudres des « droitardés mentaux », qui y ont vu un énième film de propagande « woke » ourdi par les « illuminatis mondialistes maçonniques Démoncrates » (sic), ce qui aurait dû contribuer à me le rendre sympathique. Mais le fait est qu’il utilise de trop grosses ficelles pour susciter l’émotion et s’avère assez prévisible dans son déroulé.    

dimanche 22 février 2026

Lost Highway (1997), de David Lynch

 

« Cet enfoiré voit plus de chattes qu’une lunette de chiotte… »

C’est l’histoire… euh, faisons « simple », d’un mec, saxophoniste (Bill Pullman, inquiétant) et de sa meuf (Patricia Arquette, quel… « morceau »). Ils reçoivent des cassettes vidéo anonymes de leur domicile (oui, comme dans le postérieur Caché d’Haneke…), aussi bien vu de l’extérieur que de l’intérieur. Ce qui subodore donc que quelqu’un s’est introduit chez eux. Ils font appel à la police, qui ne leur est d’aucun secours. C’est alors qu’un matin, le type découvre sa femme morte. Il est inculpé et condamné à mort.

Bon, ben voilà… Il y a des films dont les minutes paraissent (par instants) des heures. Lost Highway est de ceux-là. Si je vous dis que j’ai rien pigé, vous ne trouverez pas ça très original étant donné que personne n’a pigé quoi que ce soit à cette histoire. A part les quarante-cinq premières minutes (les meilleures), qui suivent le synopsis décrit plus haut. Après, on largue les amarres vers le surnaturel. Mais vous me direz : doit-on nécessairement piger ? C’est vrai ça, après tout, on peut aussi simplement se laisser porter par l’ambiance et les images. Et là, indéniablement, Lynch sait y faire pour ce qui est d’installer un climat et une esthétique de film noir, avec ses personnages déjantés et/ou mystérieux, agrémentés d’une musique ad hoc (plutôt rock : David Bowie, Marilyn Manson, Rammstein, Nine Inch Nails, The Smashing Pumpkins). Et parce qu’il en faut toujours en pareil cas, un peu de violence et de cul (ah, Patricia, des rondeurs juste ce qu’il faut là où il faut, miam miam…), comme dans Blue Velvet et Sailor et Lula. Plus un exercice de style et une « expérience », on va dire, comme Mulholland Drive quelques années plus tard. Toutefois pas vraiment ma tasse de thé…   

jeudi 19 février 2026

Théorème (1968), de Pier Paolo Pasolini

 

C’est l’histoire d’un mec, le « Visiteur » (Terence Stamp, rien à voir avec Clavier et Reno…), qui débarque dans une famille bourgeoise de Milan. Il va susciter chez tous les membres de cette famille (le fils sensible, la mère sexuellement refoulée, la fille timide et le père, un industriel tourmenté) mais aussi sur leur bonne (Laura Betti) une forte attraction sexuelle et aura des rapports avec chacun(e). Mais un jour, il doit les quitter aussi précipitamment et mystérieusement qu’il est apparu, les laissant dans un profond désarroi.

Allez, encore un film indissociable du contexte soci(ét)al dans lequel il a vu le jour (1968, on ne peut pas se tromper…) et plus important (selon moi) d’un point de vue historique qu’à proprement parler artistique. Enfin, non, disons plus justement que je n’ai pas les codes et la « formation » pour apprécier pleinement ce genre d’œuvres. Celle-ci est signée Pier Paolo Pasolini, grand cinéaste italien, communiste, homosexuel et chrétien, disparu à seulement 53 ans dans des circonstances aussi troubles que dramatiques (roué de coups puis écrasé par sa propre voiture en 1975, très probablement un « contrat » de la Mafia car notre homme savait visiblement beaucoup de choses). Bon, à vrai dire, j’ai somnolé vers la moitié du film. Rien ne tient debout, il y a très peu de dialogues (tant mieux, le DVD ne propose que la VOST) et comme souvent à cette époque, il s’agissait de « titiller » l’Eglise et la bourgeoisie par le cul. Aucune scène scabreuse ou véritablement osée mais à l’époque, faut croire que de simples suggestions suffisaient à offusquer la « bonne morale ». Après le départ de Stamp, toute la smala « part en couille » sévère, la mère (Silvana Mangano) « s’envoie » des jeunes mais reste insatisfaite, le père (Massimo Girotti) cède son usine à ses ouvriers, se fout à poil et se retrouve dans un désert (?). Quant à la bonne (Laura Betti), elle se fait enterrer vivante (!), seuls ses yeux restant à découvert. Complètement chtarbés…  

mercredi 18 février 2026

Le Village (2004), de M. Night Shyamalan

 

« C’est extraordinaire comme l’amour peut susciter les unions les plus étranges. Il n’obéit à aucune loi. »

« Mais l’argent est la pire chose qui soit, il corrompt le cœur des hommes, même celui des meilleurs d’entre eux. » (***)

Réalisation : M. Night Shyamalan

Scénario : M. Night Shyamalan

Pays : Etats-Unis

Année : 2004

Genre : Fantastique, thriller, drame

Avec : Bryce Dallas Howard, Joaquin Phoenix, Adrien Brody, William Hurt, Sigourney Weaver, Brendan Gleeson.

Synopsis : Dans les bois de Covington, au cœur de la Pennsylvanie, au XIXe siècle, vit une communauté en parfaites harmonie et autonomie, sous l’autorité du Conseil présidé par Edward Walker. Ils respectent des règles bien précises : ils ne doivent jamais franchir les limites du village car la forêt est habitée par de mystérieuses créatures et la couleur rouge est interdite. L'une des filles de Walker, Ivy, aveugle, est amoureuse d'un garçon, Lucius Hunt, un jeune homme réservé mais plein de bravoure. Ils envisagent le mariage. Mais leur ami Noah, attardé mental et jaloux, tente alors d'assassiner Lucius à coups de couteau. La seule solution pour le sauver est de se rendre en ville pour obtenir des soins médicaux…

Pourquoi ? En dépit de quelques passages empreints de bigoterie et de naïveté (la force de l’Amour, ce genre de choses…), ce quatrième opus de Shyamalan est selon moi son meilleur, parmi la demi-douzaine que j’ai pu voir. Réalisation et interprétation de premier ordre, scénario original, scène dans les bois prenante et « twist » final inattendu (la « trademark » Shyamalan) en sont les atouts phares.

(*** : ‘tain, on dirait du Renaud ou du Mitterrand circa campagne de 1981…)