« Je vous lis la
politique ? » - « Qu’est-ce que tu veux que j’en fasse,
de la politique ? Elle me garantit le grand chamboulement ?
Non ? Alors… »
Là où il y a Gênes, il n’y a pas d’plaisir ?
C’est l’histoire de Fausto
Consolo (Vittorio Gassman), militaire en retraite devenu aveugle et amputé d’une
main suite à une explosion. Souhaitant se rendre à Naples pour y retrouver son
ami Vincenzo, lui aussi aveugle, il se fait accompagner par Giovanni Bertazzi
dit « Ciccio » (Alessandro Momo), jeune soldat. Ils feront des haltes à Gênes
et Rome.
Nos amis ritals ne sont pas tant
que ça les joyeux drilles espérés… Pour le moment, on ne peut pas dire que
leurs films m’ont fait rire aux éclats… Nonobstant (ça va, j’ai perdu personne
avec ce mot que plus personne n’emploie ?) le fait que, étant donné mon
caractère, les larmes me viennent plus facilement que l’activation de mes
zygomatiques. Que ce soit dans Le fanfaron, Au nom du peuple italien (tous deux
de Risi) ou Affreux, sales et méchants de Scola, les gags ou les situations
comiques ne sont pas légions. Les deux volets des Monstres sont inégaux et Le
pigeon (Monicelli) n’est sauvé in extremis que par son incroyable chute. On est
davantage dans la satire, le caustique voire le cynique que dans le potache (à
part certains sketches des Nouveaux monstres). Ici, c’est carrément une comédie
dramatique. L’histoire d’un ancien capitaine que son handicap visuel a plongé
dans une profonde amertume. Pour contrebalancer la perte de sa vue, il a
développé l’acuité de son odorat, qui lui permet de reconnaitre les femmes à leur
odeur. Un rôle digne de l’Actors Studio qui garantit presque à coup sûr une récompense
au comédien qui s’y colle. Ainsi, Gassman raflera le prix d’interprétation
masculine au Festival de Cannes en 1975 et Al Pacino l’Oscar du meilleur acteur
pour sa performance dans le remake U.S de 1992 (Le temps d’un week-end). En
contrepoint du jeu exalté de Gassman, le tout jeune (17 printemps) Alessandro
Momo, qui décèdera quelques semaines après le tournage dans un accident de
moto, joue la carte de la sobriété dans le rôle d’un soldat sérieux et réservé.
Notre duo improbable s’arrêtera à Gênes, où Gassman se paiera une prostituée (mais
pas celle qu’il avait « commandé » à Momo) et à Rome, où il retrouvera
son cousin prêtre. Si le rire n’est franchement pas au rendez-vous, l’émotion
ne m’a hélas pas davantage atteint lors de la partie napolitaine, où Gassman
repousse obstinément les attentions que lui porte la jeune Sara (Agostina
Belli), amoureuse de lui depuis plusieurs années. Un film « à acteurs »,
à « one man show », quelques beaux paysages et c’est à peu près tout…


















