Qu’est-ce que j’ai fait pour
mériter ça ? (1984)
« Quand ma bite pénètre une femme, je la détruis (…). C’est pour ça que je vois des prostituées. L’usage leur a élargi le con. »
C’est l’histoire de Gloria (Carmen
Maura), femme de ménage et au foyer qui vit dans un petit appartement de la
banlieue de Madrid avec son mari, chauffeur de taxi minable, leurs deux fils et
sa belle-mère. Sa voisine de palier et amie Cristal (Verónica Forqué), quant à
elle, se prostitue. Pour tenir le coup et la pharmacie lui ayant refusé des
amphétamines, Gloria inhale des produits ménagers.
La loi du désir (1987)
C’est l’histoire de Pablo Quintero
(Eusebio Poncela), cinéaste et écrivain homosexuel à la vie dissolue et de sa sœur
actrice Tina (Carmen Maura). Son amant en titre Juan (Miguel Molina) part en
vacances en Andalousie. Lors d’une soirée, Pablo rencontre alors Antonio (Antonio
Banderas) et ils ont une aventure. Mais Antonio se révèle être très possessif
et incontrôlable…
Allez hop, deux Almodóvar « première manière ». Pour faire une analogie avec Metallica, ça correspondrait à sa période « punk » Kill ‘em all avant l’institutionnalisation (l’embourgeoisement ?) à la Black album. Si pour le célèbre groupe californien, ma préférence irait plutôt à la rage adolescente des débuts, c’est beaucoup moins évident pour le réalisateur de la Movida. Les deux films ont en commun sa muse de l’époque, Carmen Maura. Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? est nettement plus fauché (donc artisanal) et fatalement moins bien réalisé que La loi du désir, sorti trois ans plus tard. On retrouve les thèmes favoris du cinéaste : l’homosexualité, la transidentité, la famille, la foi, la précarité sociale, la fascination pour les marginaux. Dans le premier (vu en V.O, pas de VF sur le DVD…), on croisera une prostituée, deux adolescents dont l’un deale et l’autre se « vend » à son dentiste (avec l’aval de sa mère !), une belle-mère avare qui met sous clé eau gazeuse et madeleines, la mère extrêmement stricte d’une enfant dotée de pouvoirs surnaturels (télékinésie) ou encore… un gros lézard. Dans le second, l’homosexualité est filmée de façon explicite (et même scabreuse), Poncela et Banderas donnent vraiment de leur personne. La loi du désir est plus élaboré au niveau du scénario mais cette histoire passionnelle ne m’a pas plus « tourneboulé » que ça (peut-être parce que je ne suis pas de ce « bord » ?) alors à choisir, j’opte pour le plus humoristique Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?. Mais dans l’ensemble, ça casse pas des briques…















