« Moi le sexe, je n’ai
jamais trouvé ça… c’est-à-dire… j’aime bien ça et tout mais… vous
comprenez...? Je trouve… je trouve qu’il n’y a pas de quoi en faire une
montagne. C’est simple, je pourrais m’en passer, pour ainsi dire… »
Ce sont ceux qui en parlent le plus qui en font le moins…
C’est l’histoire d’une dépressive
un peu coincée du derche (Andie MacDowell, superbe) et de son mari avocat (Peter
Gallagher, goujat), qui « s’envoie » sa sœur (pas la sienne, celle de
son épouse) barmaid (Laura San Giacomo, délurée). Un jour, un vieil ami du mari (James
Spader, troublant) débarque en ville (Baton Rouge) et le couple l’héberge le
temps qu’il trouve un appartement. Cet homme mystérieux va bouleverser la vie
des trois protagonistes.
Coup d’essai et coup de maître
pour Steven Soderbergh, qui devient à 26 ans le second réalisateur le plus
jeune, après Louis Malle, à empocher une Palme d’or. Film que j’ai longtemps
délaissé pour des a priori (titre et scénar peu engageants), c’était le bon
moment pour franchir le pas. Le film vaut essentiellement (pour ne pas dire
exclusivement) pour son quatuor d’acteurs (quasi uniques, seuls cinq autres
rôles très secondaires étant recensés), tous très bons. En particulier James
Spader, dans un rôle « spécial » (comme dans le Crash de Cronenberg),
celui d’un type impuissant qui ne prend son pied qu’en matant ses vidéos d’interviews
de femmes interrogées sur leur sexualité, et Andie MacDowell, les deux autres
étant un peu en retrait. Quelle belle femme et bonne actrice, Andie… Il faut la
voir se mettre à rougir en moins de temps qu’il ne faut pour le dire lorsque
son psy lui demande si elle se masturbe. Sexe, mensonges et vidéo parle de sexe
mais n’en montre jamais, ou si peu : aucune paire de fesses ou de nichons
à l’horizon. Les peu de fois où ça baise, ça reste (plus ou moins) habillé (Gallagher
et San Giacomo) ou c’est elliptique (Spader et MacDowell). Casting et décors réduits,
prédominance des dialogues sur l’action… De fait, ça aurait pu être une pièce
de théâtre. L’histoire du type mystérieux qui instaure le trouble (sexuel) au
sein d’une cellule (couple, famille) renverra éventuellement au Théorème de
Pasolini. Pas forcément déçu (je n’avais pas d’immenses attentes) mais le sujet
est tout de même un peu mince, heureusement sauvé par les comédiens.














