C’est l’histoire de Guido Anselmi
(Marcello Mastroianni), un cinéaste de renom qui travaille sur un nouveau
projet. Problème : son imagination se tarit. Le calme dont il a besoin pour
créer est perturbé par son entourage professionnel (producteur, acteurs,
techniciens) qui le harcèle constamment. A cela viennent se greffer ses
déboires sentimentaux, sa maitresse Carla (Sandra Milo) puis son épouse Luisa (Anouk
Aimée) le rejoignant à la station thermale où il a trouvé refuge. Sombrant dans
la dépression, il se réfugie dans ses rêves et souvenirs (sa jeunesse, ses
parents…), qui vont se mêler à la réalité.
Avec ce film « autobiographique »
(Guido Anselmi, c’est bien évidemment lui) de Federico Fellini, l’une des plus
grandes sommités du 7ème Art, on touche aux limites de ce blog et de
ses « ambitions » : à savoir retranscrire la découverte de films
reconnus et exigeants par un amateur (votre serviteur) biberonné au cinéma « d’entertainment »
(comédies françaises, blockbusters U.S voire, ô sacrilège,… films pornos !),
qui ne possède pas toutes les clés pour en appréhender les tenants et les
aboutissants et donc pour apprécier pleinement ce cinéma dont toute l’importance,
au-delà de la mise en scène et de l’interprétation (la base), réside principalement dans son propos,
ses thèmes, sa vision. C’est un peu comme donner un
concerto de classique à un amateur de rap (ou vice et versa…) ou du lard au
cochon. A partir de ce postulat, que dire ? Déjà que Huit et demi débute
comme… le Chute libre de Joel Schumacher sorti trente ans plus tard ! A
savoir un homme (probablement Mastroianni) qui suffoque à bord de son véhicule immobilisé dans un immense embouteillage et s’en échappe (cette fois par le toit). L’une
des nombreuses scènes oniriques du film et celles que j’ai trouvé les plus
ingénieuses et les plus intéressantes visuellement (comme ce plan incroyable d’un
homme sur une plage tenant une corde reliée au pied d’un autre – ledit
réalisateur en panne d’inspiration ? – flottant dans les airs puis chutant
dans la mer). Qu’ensuite, au risque de me répéter, cette époque reculée des
années 60 avait un « cachet » et ne portait pas encore les stigmates
de la vulgarité moderniste. Un point de vue uniquement esthétique, sorte « d’image
d’Epinal », car la peine de mort, l’ORTF, la pénalisation de l’homosexualité,
le patriarcat (à cette époque, oui, quand même), les droits sociaux faméliques,
tout ça, à moins de s’appeler Eric Zemmour, ne fait pas franchement rêver…
Contrairement aux stars (terme ici non galvaudé) de cette même époque
(Mastroianni, Cardinale, Aimée… la classe). Qu’enfin, ce qui tient lieu « d’histoire »
(ces incessants allers-retours entre rêve et réalité),
elle, m’a gentiment ennuyé et ne m’a procuré aucune émotion, ou alors en sa
toute fin, à la rigueur (une farandole de tous les protagonistes). Il ne m’en
reste donc que de belles images, sur une bande-son grandiose (signée Nino Rota,
Rossini, Wagner, Tchaïkovski…).















