C’est l’histoire d’un mec, le
« Visiteur » (Terence Stamp, rien à voir avec Clavier et Reno…), qui
débarque dans une famille bourgeoise de Milan. Il va susciter chez tous les
membres de cette famille (le fils sensible, la mère sexuellement refoulée, la
fille timide et le père, un industriel tourmenté) mais aussi sur leur bonne (Laura
Betti) une forte attraction sexuelle et aura des rapports avec chacun(e). Mais
un jour, il doit les quitter aussi précipitamment et mystérieusement qu’il est
apparu, les laissant dans un profond désarroi.
Allez, encore un film
indissociable du contexte soci(ét)al dans lequel il a vu le jour (1968, on ne
peut pas se tromper…) et plus important (selon moi) d’un point de vue
historique qu’à proprement parler artistique. Enfin, non, disons plus justement
que je n’ai pas les codes et la « formation » pour apprécier
pleinement ce genre d’œuvres. Celle-ci est signée Pier Paolo Pasolini, grand
cinéaste italien, communiste, homosexuel et chrétien, disparu à seulement 53
ans dans des circonstances aussi troubles que dramatiques (roué de coups puis
écrasé par sa propre voiture en 1975, très probablement un
« contrat » de la Mafia car notre homme savait visiblement beaucoup
de choses). Bon, à vrai dire, j’ai somnolé vers la moitié du film. Rien ne
tient debout, il y a très peu de dialogues (tant mieux, le DVD ne propose que la VOST) et comme souvent à cette époque, il
s’agissait de « titiller » l’Eglise et la bourgeoisie par le cul.
Aucune scène scabreuse ou véritablement osée mais à l’époque, faut croire que de
simples suggestions suffisaient à offusquer la « bonne morale ». Après
le départ de Stamp, toute la smala « part en couille » sévère, la
mère (Silvana Mangano) « s’envoie » des jeunes mais reste
insatisfaite, le père (Massimo Girotti) cède son usine à ses ouvriers, se fout
à poil et se retrouve dans un désert (?). Quant à la bonne (Laura Betti), elle
se fait enterrer vivante (!), seuls ses yeux restant à découvert. Complètement
chtarbés…
« C’est extraordinaire
comme l’amour peut susciter les unions les plus étranges. Il n’obéit à aucune
loi. »
« Mais l’argent est la
pire chose qui soit, il corrompt le cœur des hommes, même celui des meilleurs
d’entre eux. » (***)
Réalisation : M. Night Shyamalan
Scénario : M. Night Shyamalan
Pays : Etats-Unis
Année : 2004
Genre : Fantastique, thriller, drame
Avec : Bryce Dallas Howard,
Joaquin Phoenix, Adrien Brody, William Hurt, Sigourney Weaver, Brendan Gleeson.
Synopsis : Dans les bois de
Covington, au cœur de la Pennsylvanie, au XIXe siècle, vit une communauté en
parfaites harmonie et autonomie, sous l’autorité du Conseil présidé par Edward
Walker. Ils respectent des règles bien précises : ils ne doivent jamais
franchir les limites du village car la forêt est habitée par de mystérieuses
créatures et la couleur rouge est interdite. L'une des filles de Walker, Ivy, aveugle,
est amoureuse d'un garçon, Lucius Hunt, un jeune homme réservé mais plein de
bravoure. Ils envisagent le mariage. Mais leur ami Noah, attardé mental et
jaloux, tente alors d'assassiner Lucius à coups de couteau. La seule solution
pour le sauver est de se rendre en ville pour obtenir des soins médicaux…
Pourquoi ? En dépit de quelques
passages empreints de bigoterie et de naïveté (la force de l’Amour, ce genre de
choses…), ce quatrième opus de Shyamalan est selon moi son meilleur, parmi la
demi-douzaine que j’ai pu voir. Réalisation et interprétation de premier ordre, scénario
original, scène dans les bois prenante et « twist » final inattendu
(la « trademark » Shyamalan) en sont les atouts phares.
(*** : ‘tain, on dirait du
Renaud ou du Mitterrand circa campagne de 1981…)
« Et bien moi je crois en
Dieu et la seule chose dont j’ai peur, c’est Keyser Söze. »
Réalisation : Bryan Singer
Scénario : Christopher McQuarrie
Pays : Etats-Unis
Année : 1995
Genre : Thriller, policier
Avec : Stephen Baldwin, Gabriel
Byrne, Chazz Palminteri, Kevin Spacey, Kevin Pollak, Pete Postlethwaite, Suzy
Amis, Benicio del Toro, Giancarlo Esposito, Dan Hedaya, Peter Greene.
Synopsis : Verbal Kint, infirme
d’une main et d’une jambe, retrouve miraculeusement l’usage de ses membres après s'être confié à l'agent spécial des douanes Dave Kujan, grâce à un exercice consistant à inventer une histoire à partir d'éléments (noms, détails) trouvés dans le bureau de celui-ci (tableau d'affichage, objets...).
Pourquoi ? Grand succès public et
critique, Usual Suspects fait coup double. C’est tout d’abord un formidable
message d’espoir pour les éclopés qui, avec un peu de volonté et d’imagination,
auront l’occasion de sortir de leur handicap. Et c’est aussi un hommage et un
coup de projecteur pour nos valeureuses forces de l’ordre qui, contrairement à
ce que pensent les gauchistes, ne sont pas constituées que de brutes épaisses suivant
bêtement les ordres de leur hiérarchie pour faire appliquer la loi des
puissants pour les puissants. Elles savent faire preuve de psychologie et d’empathie
lorsque le besoin s’en fait sentir et cette histoire en est un parfait exemple.
« S’il y avait un Oxford
des faussaires, ta sœur serait major de promo. »
Groseille Vs. Le Quesnoy, on
refait le match… en Corée…
C’est l’histoire des Kim, une
famille sud-coréenne en galère (les parents, leur fille et leur fils), vivant
dans un petit appartement insalubre en sous-sol et réduite, pour subsister, à plier
des boites cartonnées pour une société de livraison de pizzas. Un jour, un ami
étudiant du fils Ki-woo lui confie une mission : étant donné qu’il doit
s’absenter pour un an, il lui propose de le remplacer comme prof d’anglais pour
la petite fille d’une riche famille, les Park. Rapidement accepté, il profite
de cette confiance pour progressivement faire embaucher par les Park toute sa
famille, sa sœur devenant professeur de dessin pour leur jeune fils, son père
chauffeur et sa mère gouvernante de maison, ce qui leur assure de bons revenus.
Mais un grain de sable inattendu va venir perturber cette belle mécanique…
Ayant récemment vu une petite
vidéo fustigeant le « bourgeois gaze » (« regard
bourgeois ») du cinéma, notamment français (y’a aussi celle-là sur le
sujet, pas mal du tout), et regrettant que les classes populaires, les rares
fois où elles y étaient à l’honneur, l’étaient de façon misérabiliste ou
caricaturale, celle-ci donnait cependant quelques contre-exemples comme le
Rosetta des frères Dardenne, Ressources humaines de Laurent Cantet et deux
récentes Palmes d’Or : Sans filtre (2022) et ce Parasite de 2019, par
ailleurs récipiendaire de 4 Oscars (dont les principaux). ‘Tain, non contents
de nous massacrer économiquement avec leur dumping social et environnemental,
si en plus les « Chinetoques » (ouais, enfin, les
« Asiats », quoi…) raflent aussi nos statuettes, que va-t-il nous
rester ? J’ai donc sauté le pas, ayant déjà plutôt apprécié The Host, l’un
des précédents films de ce décidément talentueux Bong Joon-ho. Et bien m’en a
pris. On y retrouve les mêmes ingrédients, pour un résultat encore plus
abouti : ingéniosité du scénario, maestria de la mise en scène, qualité de
l’interprétation, mélange des genres (comédie, satire sociale, suspense) et message
engagé. Ce qui frappe, entre autres, est cette capacité de nous faire passer de
l’amusement au malaise ou à l’effroi en quelques plans. Cette famille de
« losers » (dans un contexte capitaliste) suscite d’abord l’empathie,
avant de voir son image écornée par son comportement vis-à-vis d’aussi miséreux
qu’eux. Réaction classique d’absence de solidarité entre membres des classes
défavorisées de la société dans un univers concurrentiel, que vient ainsi
pointer du doigt Bong. Quant à la famille riche, elle ne m’inspire ni adhésion
ni rejet viscéral, mais plutôt un sentiment neutre. A vrai dire, elle est quelque
peu naïve (l’épouse) et ridicule (séquence surréaliste où le couple se masturbe
mutuellement sur le canapé du salon. Et oui, le cul, c’est comme les chiottes
et le capitalisme, c’est universel…). Difficile de ne rien
« spoiler », sachez simplement qu’après une première partie plutôt légère
et humoristique, on va de surprises en surprises et le film bascule dans une
ambiance bien plus sombre. Pour déboucher sur un final aux relents de La cérémonie
flirtant avec le grand-guignol sans s’y vautrer complètement. Et oui : on
a beau maintenir le couvercle sur une cocotte-minute, à un moment donné, elle
finit par exploser. Dernier point, quid de ce titre de « Parasite »
(au singulier, notez) ? Si l’on considère que le « parasitage » induit
le profit sans effort (« l’assistanat » donc, pour reprendre un terme
cher à certains de nos politichiens, flattant les bas instincts pour en tirer
un profit électoral à moindre frais…), alors j’appliquerai ce qualificatif au
personnage central qui n’apparait qu’à la moitié environ du métrage plutôt
qu’aux membres de la famille Kim, qui certes magouillent un petit peu mais néanmoins
travaillent. Voire à la famille Park, incapable d’assurer les tâches ménagères
et qui vit donc sur le labeur de leur personnel. Vu et approuvé.
« Votre colin, avec ou
sans patates ? » - « Cent patates ! »
« Le mec, il a peint
l’Alaska, il est un peu… ? »
C’est l’histoire de… trois (demi)
frères (Didier Bourdon, Pascal Légitimus et Bernard Campan) qui ne se
connaissent pas et s’apprêtent à hériter d’une importante somme suite au décès
de leur mère. Malheureusement pour eux, un codicille au testament (on aura au
moins appris quelque chose…) les en prive, le délai étant dépassé de deux
jours. Des difficultés financières les entrainent alors dans tout un tas de
problèmes…
Après avoir triomphé sur scène et
à la télévision (leur émission culte La télé des Inconnus), c’est tout
naturellement que le trio passe à l’épreuve du grand écran. Et c’est à nouveau
un succès avec 7 millions d’entrées dans le monde et un César du Meilleur
premier film. A la revoyure, le bilan est malgré tout mitigé et bien inférieur
à mon avis au Pari (de et avec Campan et Bourdon, sans Légitimus) sorti deux
ans plus tard (la « séquelle » de 2014 est encore pire, cela va de
soi). Ils recyclent certains de leurs sketchs (notamment celui de l’émission
Millionnaire) et répliques culte (« Salut, tu vas bien ? »).
Bon, ils font bien un peu pleurer dans les chaumières avec l’histoire du marmot
mais ça fait un creux dans le film. Et puis y’a des trucs un peu poussifs et
lourdingues (la scène de la rave ou celle du diner chez Légitimus avec Farcy), z’ont
toujours été un poil « populistes » sur les bords, nos gars, ça fait
partie de leur succès (le côté « poujadiste » anti-Etat, les
allusions appuyées sur la couleur de peau de Légitimus, les
« salope ! » à répétition lancés à la gent féminine). Mais les
racistes et les pères qui fuient leurs responsabilités en prennent aussi pour
leur grade alors on leur pardonne et tout le monde est content (on appelle ça « ratisser
large » et « jouer sur tous les tableaux »). Comme tant de
célébrités (comiques, chanteurs, acteurs…) ayant eu du succès dans les années
80 et 90, le passage au nouveau millénaire fût plus compliqué pour notre trio
de choc. Campan (né un 4 avril comme moi et… Bruno Mégret), gagné par un
« esprit de sérieux », prit un virage vers des rôles plus dramatiques
et j’ai appris d’acteurs handicapés non-professionnels de la série Vestiaires que
Légitimus y jouait un peu à la « star ». Quant à Bourdon, il enchaine
cyniquement les comédies franchouillardes mises en boite par des tâcherons et
est aussi omniprésent que ses deux compères se sont faits plus discrets. Parmi
les visages connus dans la distribution, on retrouve : les Deschiens Bruno
Lochet et Yolande Moreau ; l’humoriste (sic) Elie Semoun (mais sans
« Dieudo », pourtant pas encore « persona non grata » dans
le showbiz) ; Bernard Farcy, futur commissaire dans la franchise Taxi ;
et Claude Berri, co-producteur, qui s’acquitte également du rôle du président
du tribunal à la fin.