C’est l’histoire d’une nana (Frances
McDormand), elle a perdu sa fille, violée et assassinée (violons…). Mais sept
mois après, l’enquête est toujours au point mort. Comme elle a remarqué trois
panneaux publicitaires vierges dans son patelin, elle les loue et y fait
inscrire : « VIOLÉE ENCORE AGONISANTE », « ET TOUJOURS PAS D'ARRESTATION ?
» et « POURQUOI, CHEF WILLOUGHBY ? ». Willoughby (Woody Harrelson), c’est le
chef de la police locale, papa de deux chérubines et atteint d’un cancer
en phase terminale (violons…). Il a sous ses ordres Dixon (Sam Rockwell), un
policier raciste et brutal (bingo, j’en étais sûr !).
Bardé de récompenses (meilleur
scénario à la Mostra de Venise, 4 Golden Globes, 2 Oscars, dont meilleure
actrice pour Frances McDormand, que je préférais malgré tout en flic enceinte
dans Fargo ou se grattant les fesses dans Short Cuts…), Three Billboards… est
pourtant un empilement de clichés et de caricatures. Plus on avance dans le
film, plus on « coche de cases » et on en arrive à un
« strike » : le flic raciste, l’allusion aux prêtres pédophiles,
la « mère courage » battante qui s’est forgée une carapace et qui du
coup manque d’empathie et se montre rude envers autrui… Sans oublier la
rédemption (z’adorent ça, les Ricains…) : il a suffi de deux lettres posthumes
de Willoughby pour que le « mec bien, ‘achement humain » qui
sommeillait dans le beauf brutal se réveille enfin et pour que la revêche endurcie
(re)devienne plus humaine. Le film a subi les foudres des « droitardés
mentaux », qui y ont vu un énième film de propagande « woke » ourdi
par les « illuminatis mondialistes maçonniques Démoncrates » (sic), ce
qui aurait dû contribuer à me le rendre sympathique. Mais le fait est qu’il
utilise de trop grosses ficelles pour susciter l’émotion et s’avère assez
prévisible dans son déroulé.










