« Mais je n’ai aucun
remord car je ne fais pas partie de la société des hommes. Tout ce que j’ai
fait, c’était pour les femmes. »
Clap de fin…
C’est l’histoire de Julien Vercel
(Jean-Louis Trintignant), agent immobilier à Hyères. Massoulier, amant de sa
femme Marie-Christine (Caroline Silhol), est assassiné lors d’une partie de
chasse au canard près d'un lac et tout semble l’accuser : il chassait
également à ce moment-là et on retrouve ses empreintes sur la voiture de la
victime. Quelques jours après, Marie-Christine, revenue de Nice où elle
travaillait, est également assassinée au domicile conjugal. Barbara Becker
(Fanny Ardant), secrétaire de Vercel et secrètement amoureuse de lui, décide de
mener l’enquête afin de l’innocenter.
Dernier film (par la force des
choses) de « l’enfant terrible » de la Nouvelle Vague, qui décèdera
l’année suivante d’une tumeur cérébrale. Avec, comme pour son pénultième (La
femme d’à côté), la dernière femme de sa vie à l’affiche, la très belle Fanny
Ardant, au charme fou. Parti pris de le tourner en noir et blanc pour coller à
une atmosphère de « film noir ». Mais est-ce une bonne idée en cette
décennie « flashy » des années 80 débutante, surtout venant d’un auto-proclamé
apôtre de la modernité ? C’est toujours marrant de (re)voir des pandores à
képi ou des postiers à casquette, dont le port a aujourd’hui disparu. « L’entertainment »,
on sait moyennement faire, au pays des mille fromages… Y’a bien eu les
Belmondo, plus tard les Besson et autres Jeunet mais bon, ça n’égalera jamais
les « amerloques ». Non, nous, on est plutôt des intellos, on se
pique plus volontiers de littérature, de théâtre, des grandes œuvres du
répertoire classique, c’est comme ça. Et dans le triptyque le mari – la femme –
l’amant, on a beaucoup donné. L’enquête n’est pas inintéressante mais bourrée
d’invraisemblances, de facilités et un poil confuse. Et puis question suspense
et action (quand il y en a), c’est franchement pas ça… Encore un clin d’œil à
Hitchcock, décidément (Fanny qui roule de nuit sous la pluie et qui s’arrête à un hôtel,
comme Kim Novak dans Les Oiseaux ***). On a par contre la chance d’avoir de
bons et grands acteurs, y compris chez les « seconds couteaux », ce
qui nous sauve la mise. Là où j’ai pas compris, c’est que la fiche du film
indique « comédie » (???) et Truffaut lui-même revendique cet aspect
(on ne doit pas avoir la même définition du mot). M’en fiche, je vais mettre « drame ».
Bref, à voir mais pas de quoi se relever la nuit (d’ailleurs, pourquoi se relever
la nuit, si ce n’est pour soulager sa vessie ?).
(***) c’est pour voir si
vous suivez…














