« Et bien moi je crois en
Dieu et la seule chose dont j’ai peur, c’est Keyser Söze. »
Réalisation : Bryan Singer
Scénario : Christopher McQuarrie
Pays : Etats-Unis
Année : 1995
Genre : Thriller, policier
Avec : Stephen Baldwin, Gabriel
Byrne, Chazz Palminteri, Kevin Spacey, Kevin Pollak, Pete Postlethwaite, Suzy
Amis, Benicio del Toro, Giancarlo Esposito, Dan Hedaya, Peter Greene.
Synopsis : Verbal Kint, infirme
d’une main et d’une jambe, retrouve miraculeusement l’usage de ses membres au
sortir d’un entretien avec l'agent spécial des douanes Dave Kujan, lors duquel il
lui raconta une histoire fruit de son imagination débordante, aidé en cela par
des noms et détails provenant du tableau d'affichage et de la tasse à café de
Kujan.
Pourquoi ? Grand succès public et
critique, Usual Suspects fait coup double. C’est tout d’abord un formidable
message d’espoir pour les éclopés qui, avec un peu de volonté et d’imagination,
auront l’occasion de sortir de leur handicap. Et c’est aussi un hommage et un
coup de projecteur pour nos valeureuses forces de l’ordre qui, contrairement à
ce que pensent les gauchistes, ne sont pas constituées que de brutes épaisses suivant
bêtement les ordres de leur hiérarchie pour faire appliquer la loi des
puissants pour les puissants. Elles savent faire preuve de psychologie et d’empathie
lorsque le besoin s’en fait sentir et cette histoire en est un parfait exemple.
« S’il y avait un Oxford
des faussaires, ta sœur serait major de promo. »
Groseille Vs. Le Quesnoy, on
refait le match… en Corée…
C’est l’histoire des Kim, une
famille sud-coréenne en galère (les parents, leur fille et leur fils), vivant
dans un petit appartement insalubre en sous-sol et réduite, pour subsister, à plier
des boites cartonnées pour une société de livraison de pizzas. Un jour, un ami
étudiant du fils Ki-woo lui confie une mission : étant donné qu’il doit
s’absenter pour un an, il lui propose de le remplacer comme prof d’anglais pour
la petite fille d’une riche famille, les Park. Rapidement accepté, il profite
de cette confiance pour progressivement faire embaucher par les Park toute sa
famille, sa sœur devenant professeur de dessin pour leur jeune fils, son père
chauffeur et sa mère gouvernante de maison, ce qui leur assure de bons revenus.
Mais un grain de sable inattendu va venir perturber cette belle mécanique…
Ayant récemment vu une petite
vidéo fustigeant le « bourgeois gaze » (« regard
bourgeois ») du cinéma, notamment français (y’a aussi celle-là sur le
sujet, pas mal du tout), et regrettant que les classes populaires, les rares
fois où elles y étaient à l’honneur, l’étaient de façon misérabiliste ou
caricaturale, celle-ci donnait cependant quelques contre-exemples comme le
Rosetta des frères Dardenne, Ressources humaines de Laurent Cantet et deux
récentes Palmes d’Or : Sans filtre (2022) et ce Parasite de 2019, par
ailleurs récipiendaire de 4 Oscars (dont les principaux). ‘Tain, non contents
de nous massacrer économiquement avec leur dumping social et environnemental,
si en plus les « Chinetoques » (ouais, enfin, les
« Asiats », quoi…) raflent aussi nos statuettes, que va-t-il nous
rester ? J’ai donc sauté le pas, ayant déjà plutôt apprécié The Host, l’un
des précédents films de ce décidément talentueux Bong Joon-ho. Et bien m’en a
pris. On y retrouve les mêmes ingrédients, pour un résultat encore plus
abouti : ingéniosité du scénario, maestria de la mise en scène, qualité de
l’interprétation, mélange des genres (comédie, satire sociale, suspense) et message
engagé. Ce qui frappe, entre autres, est cette capacité de nous faire passer de
l’amusement au malaise ou à l’effroi en quelques plans. Cette famille de
« losers » (dans un contexte capitaliste) suscite d’abord l’empathie,
avant de voir son image écornée par son comportement vis-à-vis d’aussi miséreux
qu’eux. Réaction classique d’absence de solidarité entre membres des classes
défavorisées de la société dans un univers concurrentiel, que vient ainsi
pointer du doigt Bong. Quant à la famille riche, elle ne m’inspire ni adhésion
ni rejet viscéral, mais plutôt un sentiment neutre. A vrai dire, elle est quelque
peu naïve (l’épouse) et ridicule (séquence surréaliste où le couple se masturbe
mutuellement sur le canapé du salon. Et oui, le cul, c’est comme les chiottes
et le capitalisme, c’est universel…). Difficile de ne rien
« spoiler », sachez simplement qu’après une première partie plutôt légère
et humoristique, on va de surprises en surprises et le film bascule dans une
ambiance bien plus sombre. Pour déboucher sur un final aux relents de La cérémonie
flirtant avec le grand-guignol sans s’y vautrer complètement. Et oui : on
a beau maintenir le couvercle sur une cocotte-minute, à un moment donné, elle
finit par exploser. Dernier point, quid de ce titre de « Parasite »
(au singulier, notez) ? Si l’on considère que le « parasitage » induit
le profit sans effort (« l’assistanat » donc, pour reprendre un terme
cher à certains de nos politichiens, flattant les bas instincts pour en tirer
un profit électoral à moindre frais…), alors j’appliquerai ce qualificatif au
personnage central qui n’apparait qu’à la moitié environ du métrage plutôt
qu’aux membres de la famille Kim, qui certes magouillent un petit peu mais néanmoins
travaillent. Voire à la famille Park, incapable d’assurer les tâches ménagères
et qui vit donc sur le labeur de leur personnel. Vu et approuvé.
« Votre colin, avec ou
sans patates ? » - « Cent patates ! »
« Le mec, il a peint
l’Alaska, il est un peu… ? »
C’est l’histoire de… trois (demi)
frères (Didier Bourdon, Pascal Légitimus et Bernard Campan) qui ne se
connaissent pas et s’apprêtent à hériter d’une importante somme suite au décès
de leur mère. Malheureusement pour eux, un codicille au testament (on aura au
moins appris quelque chose…) les en prive, le délai étant dépassé de deux
jours. Des difficultés financières les entrainent alors dans tout un tas de
problèmes…
Après avoir triomphé sur scène et
à la télévision (leur émission culte La télé des Inconnus), c’est tout
naturellement que le trio passe à l’épreuve du grand écran. Et c’est à nouveau
un succès avec 7 millions d’entrées dans le monde et un César du Meilleur
premier film. A la revoyure, le bilan est malgré tout mitigé et bien inférieur
à mon avis au Pari (de et avec Campan et Bourdon, sans Légitimus) sorti deux
ans plus tard (la « séquelle » de 2014 est encore pire, cela va de
soi). Ils recyclent certains de leurs sketchs (notamment celui de l’émission
Millionnaire) et répliques culte (« Salut, tu vas bien ? »).
Bon, ils font bien un peu pleurer dans les chaumières avec l’histoire du marmot
mais ça fait un creux dans le film. Et puis y’a des trucs un peu poussifs et
lourdingues (la scène de la rave ou celle du diner chez Légitimus avec Farcy), z’ont
toujours été un poil « populistes » sur les bords, nos gars, ça fait
partie de leur succès (le côté « poujadiste » anti-Etat, les
allusions appuyées sur la couleur de peau de Légitimus, les
« salope ! » à répétition lancés à la gent féminine). Mais les
racistes et les pères qui fuient leurs responsabilités en prennent aussi pour
leur grade alors on leur pardonne et tout le monde est content (on appelle ça « ratisser
large » et « jouer sur tous les tableaux »). Comme tant de
célébrités (comiques, chanteurs, acteurs…) ayant eu du succès dans les années
80 et 90, le passage au nouveau millénaire fût plus compliqué pour notre trio
de choc. Campan (né un 4 avril comme moi et… Bruno Mégret), gagné par un
« esprit de sérieux », prit un virage vers des rôles plus dramatiques
et j’ai appris d’acteurs handicapés non-professionnels de la série Vestiaires que
Légitimus y jouait un peu à la « star ». Quant à Bourdon, il enchaine
cyniquement les comédies franchouillardes mises en boite par des tâcherons et
est aussi omniprésent que ses deux compères se sont faits plus discrets. Parmi
les visages connus dans la distribution, on retrouve : les Deschiens Bruno
Lochet et Yolande Moreau ; l’humoriste (sic) Elie Semoun (mais sans
« Dieudo », pourtant pas encore « persona non grata » dans
le showbiz) ; Bernard Farcy, futur commissaire dans la franchise Taxi ;
et Claude Berri, co-producteur, qui s’acquitte également du rôle du président
du tribunal à la fin.
« Enfin, chéri, sois
raisonnable. Après tout, nous sommes mariés. » - « Considère ça comme
un divorce ! »
Réalisation : Paul Verhoeven
Scénario : Ronald Shusett, Dan
O'Bannon et Gary Goldman sur l'histoire adaptée par Ronald Shusett, Dan
O'Bannon et Jon Povill, d'après la nouvelle Souvenirs à vendre de Philip K.
Dick
Pays : Etats-Unis
Année : 1990
Genre : Science-fiction, action
Avec : Arnold Schwarzenegger,
Rachel Ticotin, Sharon Stone, Michael Ironside, Ronny Cox.
Synopsis : En 2084, Douglas Quaid
mène une vie tranquille, entre son job d’ouvrier de chantier et Lori, sa
superbe épouse. Obsédé par la planète Mars, dont il rêve fréquemment, il fait
appel à la société Rekall qui propose à ses clients l'implant de souvenirs
factices. Mais l’opération se passe mal et le voilà poursuivi par des individus
qui cherchent à l’éliminer…
Pourquoi ? Autant j’ai trouvé que
Terminator 2 n’avait pas vieilli, autant ce Total Recall, sorti pourtant
seulement un an auparavant, me semble avoir pris un bon petit coup derrière la
tête (certains décors en carton-pâte, la mutante aux trois seins…). Comme quoi,
la technologie avance vite. Pas de quoi cependant nous gâcher le plaisir car pour
le reste, c’est du classique : de l’action et une histoire où l’on ne
comprend pas forcément tout mais on s’en fout puisque c’est de la
science-fiction. Et surtout, nous avons là le premier rôle d’envergure d’une
certaine Sharon Stone, dont la divine beauté du visage fût responsable de mes
premiers émois adolescents (mais son corps tout entier ne me laissait pas
indifférent non plus…). Cette prestation réussie convainquit Paul Verhoeven de
l’engager pour le premier rôle de son film suivant, Basic Instinct (1992), qui
la propulsera superstar d’Hollywood. Sa route était désormais pavée d’or.
« Je crois que je suis devenue
un peu dingue. » - « Tu as toujours été un peu dingue. C'est juste la première
fois que tu as eu l'occasion de t'exprimer. »
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : Callie Khouri
Pays : Etats-Unis
Année : 1991
Genre : Road movie, drame
Avec : Susan Sarandon, Geena
Davis, Harvey Keitel, Michael Madsen, Brad Pitt, Christopher McDonald, Stephen
Tobolowsky.
Synopsis : Thelma, femme au foyer
bridée et brimée par son beauf de mari (toute la panoplie : la petite
moustache, la gourmette, le marcel, le pack de bière devant le match télévisé
de foot américain…) et son amie Louise, serveuse dans une cafétéria, décident de
passer un week-end « entre filles ». Hélas pour elles, leur passage
dans une boite de nuit tourne mal : Louise abat un homme qui s’apprêtait à
violer Thelma. Dès lors, pas d’autre choix que la fuite à travers l’Amérique…
Pourquoi ? Rien que d’en parler,
j’en ai les larmes aux yeux. Alors le fameux final, c’est carrément les
« grandes eaux ». Mais bon, je chiale à tout, de toutes façons (un
drame, un visage, une chanson – au hasard, Back To
Black d’Amy « Maison du vin » la bien nommée ou Heaven Or Las Vegas
des Cocteau Twins – et même à l’occasion… une interview de Dominique De
Villepin, c’est dire…). Ce n’est pas, je pense, faire injure à Susan Sarandon (une
femme bien) que de dire que c’est Geena Davis, de dix ans sa cadette, qui porte
littéralement le film sur ses épaules de bout en bout. Quelle expressivité,
l’anti-Steven Seagal ! A l’exception notable de Madsen et Keitel, tous les mecs
sont des connards finis et se font bien remettre à leur place (voire pire) par nos
deux dames de choc (à part Pitt qui s’en sort en les bananant). Le film est
bien sûr un puissant et précurseur manifeste féministe. Mais il y a 35 ans de
ça (même si j’ai dû le voir quelques années après sa sortie), on ne se posait
pas (encore) toutes ces questions. Femmes ou hommes, c’était juste un p*tain de
bon film. Et ça le reste toujours. « Iconique », comme diraient les
« Gen Z »…
[P.S : La B.O contient The
Ballad of Lucy Jordan, la chanson la plus connue de Marianne Faithfull,
disparue il y a un an, issue de son album de 1979 Broken English, que je
conseille à tous.]