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Les Visiteurs (1993), de Jean-Marie Poiré

 

« Cousin Hubert ! Qu'est-ce que c'est qu'ce bin's ? »

« C’est Okaaaaaaaaay ! »

« Merci, la gueuse. Tu es un laideron mais tu es bien bonne. »

Réalisation : Jean-Marie Poiré

Scénario : Jean-Marie Poiré et Christian Clavier

Pays : France

Année : 1993

Genre : Comédie, fantastique

Avec : Christian Clavier, Jean Reno, Valérie Lemercier, Marie-Anne Chazel, Christian Bujeau, Isabelle Nanty.

Synopsis : An de grâce 1123. Victime d’hallucinations après avoir malencontreusement ingurgité la potion d’une sorcière, le Comte Godefroy de Montmirail tue le père de sa promise Frénégonde de Pouille, qu’il a pris pour un ours. Du coup, Frénégonde refuse le mariage. Le mage Eusæbius propose alors à Godefroy une potion pour remonter le temps afin d'en changer le cours et d'éviter cet accident. Celui-ci, ainsi que son fidèle écuyer Jacquouille la Fripouille, boivent ce breuvage pendant que le mage récite la formule magique. Mais ce dernier a oublié un ingrédient et les deux hommes sont envoyés au XXe siècle…

Pourquoi ? Alors là j’avoue, on est en plein dans le « plaisir coupable » du « plus c’est con, plus c’est bon ». Oui, le côté potache « on est les mecs les plus puissants du cinéma français mais on aime faire les cons », ça me botte. Clavier entame ici sa carrière de « nouveau De Funès ». Mais bizarrement, je crois que c’est le personnage de Chazel, dans une variante de celui de « Zézette » du Père Noël, qui me fait le plus marrer. Top 5 des plus gros succès au box-office français, cultissime et c’est pas pour rien, même si ça a inévitablement un poil vieilli.

[P.S : difficile de ne pas voir dans le massacre en règle de la Renault 4L de La Poste par nos deux « visiteurs » une métaphore inconsciente de celui du service public postal, fragilisé par l’ouverture à la concurrence décidée par l’infame Traité de Maastricht, ratifié en 1992…]

Le Village (2004), de M. Night Shyamalan

 

« C’est extraordinaire comme l’amour peut susciter les unions les plus étranges. Il n’obéit à aucune loi. »

« Mais l’argent est la pire chose qui soit, il corrompt le cœur des hommes, même celui des meilleurs d’entre eux. » (***)

Réalisation : M. Night Shyamalan

Scénario : M. Night Shyamalan

Pays : Etats-Unis

Année : 2004

Genre : Fantastique, thriller, drame

Avec : Bryce Dallas Howard, Joaquin Phoenix, Adrien Brody, William Hurt, Sigourney Weaver, Brendan Gleeson.

Synopsis : Dans les bois de Covington, au cœur de la Pennsylvanie, au XIXe siècle, vit une communauté en parfaites harmonie et autonomie, sous l’autorité du Conseil présidé par Edward Walker. Ils respectent des règles bien précises : ils ne doivent jamais franchir les limites du village car la forêt est habitée par de mystérieuses créatures et la couleur rouge est interdite. L'une des filles de Walker, Ivy, aveugle, est amoureuse d'un garçon, Lucius Hunt, un jeune homme réservé mais plein de bravoure. Ils envisagent le mariage. Mais leur ami Noah, attardé mental et jaloux, tente alors d'assassiner Lucius à coups de couteau. La seule solution pour le sauver est de se rendre en ville pour obtenir des soins médicaux…

Pourquoi ? En dépit de quelques passages empreints de bigoterie et de naïveté (la force de l’Amour, ce genre de choses…), ce quatrième opus de Shyamalan est selon moi son meilleur, parmi la demi-douzaine que j’ai pu voir. Réalisation et interprétation de premier ordre, scénario original, scène dans les bois prenante et « twist » final inattendu (la « trademark » Shyamalan) en sont les atouts phares.

(*** : ‘tain, on dirait du Renaud ou du Mitterrand circa campagne de 1981…)

The Mist (2007), de Frank Darabont

 

« Si on fait assez peur aux gens, on arrive à leur faire faire n’importe quoi. Ils se rallieront à la première personne qui leur promettra une solution, quelle qu’elle soit… »

C’est l’histoire d’un groupe de personnes qui se terrent dans un petit supermarché de l’Amérique « profonde » (qui en manque un peu, de « profondeur »…). Motif : à l’extérieur, une brume épaisse et cachées à l’intérieur de celle-ci, d’effrayantes créatures. Mais bien que relativement protégés par le bâtiment, les occupants devront faire face à un autre danger : la nature humaine quand elle est confrontée à la peur…

Ce film, vu au cinoche à l’époque, m’avait profondément marqué par sa fin, atroce, d’une grande noirceur et totalement non-conventionnelle (bien que peu crédible selon moi mais vous expliquer pourquoi reviendrait à vous « spoiler », je m’abstiens donc de le faire). Un « happy end » qui n’en est pas vraiment un, pas du tout même. Voila qui nous change des autres productions formatées de ce genre. Frank Darabont adapte pour la troisième fois un récit de Stephen King (filon semble-t-il inépuisable) mais en a justement changé la fin. Les évadés, j’avais aimé même si je le trouve un poil surestimé. J’ai par contre fait l’impasse sur La ligne verte car faire pleurer sur la peine capitale, de Dernière danse à Dancer in the dark, en passant par La dernière marche ou chez nous Une affaire de femmes, on en a soupé. Avant ce terrible et douloureux épilogue, un film de monstres efficace, alternant scènes d’action choc et moments d’accalmie, centrés sur la psychologie d’une poignée de personnages, incarnés par des acteurs peu connus (j’ai dû reconnaitre une ou deux trognes). On trouvera l’employé effacé qui se révèlera face à l’adversité, la vioque « qui en a dans le pantalon », le père de famille qui prend les choses en mains, les lâches, les inconscients qui bravent le danger car n’y croyant pas, la jeune femme idéaliste ou encore l’intégriste religieuse qui prend cette épreuve comme une vengeance divine sur les « mécréants ». Le film d’horreur se double alors d’un constat désespéré sur la nature humaine, facilement manipulable et dont l’aspect « civilisé » s’avère très fragile en temps de crise(s) (surtout dans un pays comme les « States »), ce qui, vu de 2025, le rend étonnamment visionnaire (même si en 2007, c’était déjà la m….).    

The Host (2006), de Bong Joon-Ho

 

C’est l’histoire de la famille de « losers » Park, de Séoul : Gang-du (Song Kang-ho), du genre immature et père de la petite Hyun-seo (Go Ah-seong), tient un petit snack au bord du fleuve Han avec son père Hee-bong (Byun Hee-bong), tandis que sa sœur Nam-joo (Bae Doo-na) est une tireuse à l'arc de seconde zone et son frère Nam-il (Park Hae-il), un diplômé au chômage. Un jour, une immense créature monstrueuse surgit du fleuve, dévaste tout sur son passage et enlève la petite Hyun-seo. Celle-ci donnant signe de vie à son père Gang-du par un appel téléphonique, la famille va se mettre à sa recherche, malgré la pression des autorités locales qui pensent le monstre porteur d’un virus.

Alléluia, il aura fallu attendre mon 193ème article pour que je quitte momentanément mon ethnocentrisme cinématographique en m’attaquant à un cinéaste asiatique, plus précisément sud-coréen. Pourtant, ce continent se pose un peu là, question 7ème Art mais contrairement à beaucoup de mes « coreligionnaires » blogueurs, je n’ai pas leur âme chercheuse, leurs connaissances ou leur ouverture d’esprit. Pas assez ou trop de pistes de découverte, aussi et ce qui me vient à l’esprit (les films hyper-violents de John Woo, Epouses et concubines, In the mood for love…) ne me branche pas des masses. Pourquoi ce The Host, alors ? Parce que « film de genre » et ayant obtenu la note maximale de 5 sur 5 sur Chronicart (comme, dans des genres voisins, The Descent et Le Village), donc éveil de ma curiosité. Conclusion : bonne pioche. Le film brasse une multitude de thèmes, qui s’imbriquent parfaitement. Enfin, au moins trois : la comédie familiale et la satire / critique sociale à message politique (inégalités, écologie...) avec cette famille de « bras cassés » confrontée à une société obnubilée par la réussite sociale et au pouvoir coercitif des autorités (Bong Joon-ho s’est inspiré du mensonge des « armes de destruction massive » de l’Irak pour celui du virus, en réalité inexistant mais prétexte à imposer la répression) ; et le fantastique avec cette créature mi-numérique (ça se voit) mi-marionnette animée pour les plans de contact resserrés, sorte de mix entre Godzilla, Alien et Jurassic Park. Par contre, pour ce qui est de l’héroïsme, du caractère sacré de la cellule familiale (le père minable qui « soulève des montagnes » pour sauver sa fille) et de la « loi du talion » (le monstre qui doit périr, de préférence dans les pires souffrances), il semble que ce soient des sentiments universels. En même temps, difficile d’imaginer d’autre issue, même si elle n’est pas si heureuse que ça (je n’en dis pas plus pour pas gâcher).       

L'étrange histoire de Benjamin Button (2008), de David Fincher

 

C’est l’histoire d’un mec, Benjamin Button (Brad Pitt, plus vieux que Jean Castex. Ca casse un peu le mythe, hein ?), il nait vieux et meurt jeune. Bref, c’est un mix entre Valéry Giscard d’Estaing et Kurt Cobain, le mec. Bof, ça n’a rien d’extraordinaire. Regardez, moi j’ai 50 balais mais d’apparence physique et d’esprit, j’en ai 20 (voire moins). Pas de taf, de femme, d’enfant, d’amis (pour quoi faire ?), juste une baraque (héritée et vieillotte, WC et salle de bain rénovés), de la famille et quelques connaissances, disons… L’avantage (entre autres), c’est qu’on n’a rien (ou pas grand-chose) à perdre et qu’on voyage léger. Bon, pour en revenir à notre gars, là, malgré sa particularité, il n’aura pas eu à se plaindre : sa maturité sexuelle coïncidant avec celle de la meuf dont il s’est entiché (Cate Blanchett), ils auront donc pu baiser (et enfanter) bien comme il faut. 

The box (2009), de Richard Kelly

 

« (…) Il existe deux façons d’entrer dans la dernière chambre : libre ou pas libre. A chacun de choisir. »

C’est l’histoire d’un couple, en 1976 en Virginie. Elle, Norma (Cameron Diaz), amputée des doigts du pied droit suite à un accident et professeur de littérature dans l'établissement où son fils est élève ; lui, Arthur (James Marsden), travaillant à la NASA et, sur son temps libre, fabriquant une prothèse pour le pied meurtri de son épouse. Un matin, ils reçoivent un paquet contenant une mystérieuse boite ornée d’un buzzer rouge. Et dans l’après-midi, un certain Arlington Steward (Frank Langella), défiguré par une brûlure de la joue gauche, fait une étrange proposition à Norma : si elle ou son mari appuie sur le bouton, il leur livrera un million de dollars mais une personne qu’ils ne connaissent pas mourra. Ayant tous deux des problèmes financiers (lui n’ayant pas obtenu la promotion attendue et elle perdant ses réductions boursières), Norma appuie finalement sur le bouton. Les ennuis commencent…

Basé sur la nouvelle Le Jeu du bouton de Richard Matheson, The box est le troisième (et meilleur selon moi) film de Richard Kelly après Donnie Darko (2001) et Southland Tales (2006). Il rend un hommage appuyé à ses parents en retranscrivant quasiment leur jeunesse à travers l’histoire de ce couple formé par Cameron Diaz et James Marsden. Le film est parfait pendant une heure, un peu moins par la suite. C’est-à-dire jusqu’à l’arrivée de la composante fantastique (les trois portes, dont deux damnées, sous forme de blocs d’eau) et du pesant fatras mythologico-moraliste avec ses habituelles couillonnades de Paradis, d’Enfer, de sacrifice, de péché et de rédemption (« Bien mal acquis ne profite jamais »). Le final prend l’allure d’une tragédie grecque lors de laquelle le couple sera soumis à un choix cornélien, mettant en jeu le futur de leur fils. Il est amusant de constater que sur les trois couples qui dans le film sont amenés à effectuer le choix, c’est à chaque fois l’épouse qui finit par appuyer sur le bouton, même si Kelly se défend de toute stigmatisation misogyne (« Les hommes les mettent au défi d’appuyer sur le bouton », « Ce sont les femmes qui ont le poids le plus lourd à porter dans le couple »…). 

Donnie Darko (2001), de Richard Kelly

 

« A quoi bon vivre si t’as pas de queue ? »

C’est l’histoire de… « Donnie » Darko (Jake Gyllenhaal), ado intelligent mais souffrant de somnambulisme et d'hallucinations et suivi par une psychiatre. Un réacteur d’avion s’écrase sur sa chambre mais il échappe à la mort, ayant quitté les lieux précédemment sur les conseils de Frank, une créature imaginaire qui ressemble à un lapin géant. Celui-ci lui annonce que la fin du monde aura lieu dans exactement 28 jours, 6 heures, 42 minutes et 12 secondes.

De Richard Kelly, j’avais beaucoup aimé The Box (2009, avec Cameron Diaz) mais n’ai tenu que 45 minutes devant l’incompréhensible et trop déjanté Southland Tales (2006). « Le film culte des années 2000 », indique fièrement la jaquette de ce Donnie Darko. Jamais bon signe, ce genre d’accroche. Mais bon, les années 2000 ayant été ce qu’elles furent (c’est-à-dire globalement merdiques mais idylliques comparées à maintenant), c’est finalement raccord. Bon, alors là je suis allé au bout mais j’ai encore rien capté… Apparemment, une histoire de mondes parallèles, de prémonitions, de voyage dans le temps. Le film souffre de l’univers qu’il dépeint : les campus étudiants, avec des ados qui ont une bite en guise de cerveau et les banlieues pavillonnaires U.S, les drapeaux partout, les allusions à Dieu, toussa toussa. Et bande sonore ad hoc (new wave ou rock « héroïque » des 80’s, la reprise ratée en piano-voix larmoyante du Mad World de Tears for Fears par Gary Jules…). On se consolera avec la réalisation, qualitative, et les quelques piques contre les « grenouilles de bénitier » conservatrices.    

Scanners (1981) / Videodrome (1983) / Faux semblants (1988), de David Cronenberg


Trois Cronenberg pour le prix d’un. Passons assez vite sur Scanners et Videodrome, qui baignent dans leur jus au look de séries B cheap et kitsch des années 80 (en même temps, ce n’est pas de leur faute et c’est probablement voulu, vu les faibles budgets). Le premier est une histoire d’affrontement entre deux « scanners » (des médiums), l’un gentil (Stephen Lack) et l’autre méchant (Michael Ironside, vu dans Total Recall et dont le faciès évoque parfois celui de Jack Nicholson). Dans le second, le désormais bien peu fréquentable James Woods incarne un cynique dirigeant d’une chaine de télé spécialisée dans la pornographie et la violence, qui découvre l’existence d’une émission malaisienne nommée Videodrome mettant en scène des meurtres. Je m’arrête là car je n’ai pas compris grand-chose à cette histoire, où apparait la superbe Deborah Harry (chanteuse du groupe de rock Blondie), si ce n’est l’occasion d’une critique du sensationnalisme télévisuel. Et oui, dans les années 80, on était déjà dans l’effondrement mais comme c’était le début (et qu’on était jeune), on ne voyait rien (comme pour un cancer) et en comparaison avec la merde actuelle, cela paraîtra idyllique. Les deux permettent surtout de renseigner sur les avancées effectuées par les effets spéciaux en termes de « body horror », une spécialité de Cronenberg. Je ne dis pas que c’est pas bien, juste que ça ne correspond pas aux attentes du spectateur à l’esprit cartésien que je suis, parfois désarçonné par l’irruption du gore ou du fantastique dans un contexte qui n’est pas d’emblée considéré comme tel. Il y a plus à dire sur Faux semblants, qui n’est pas du tout dans le même registre et qui m’a beaucoup plus intéressé. L’histoire de deux frères jumeaux, Beverly et Elliot Mantle (magnifiquement interprétés par Jeremy Irons), qui partagent tout : appartement, clinique de gynécologie et même conquêtes féminines. Jusqu’à l’arrivée dans leur cabinet de l’actrice Claire Niveau (Geneviève Bujold), dont Beverly, le plus fragile des deux frangins, tombe amoureux et refuse de la « partager ». Avec un synopsis pareil, on s’attend à une terrible confrontation entre les deux frères. Et bien non, fausse route. Ma frustration vient de là, du coup nous assistons à une lente et brutale dépression de Beverly suite au départ de Claire pour un tournage, entrainant son frère Elliot dans sa chute. Celui-ci, loin d’éprouver de l’hostilité vis-à-vis de Beverly, fera au contraire preuve de compassion à son égard. La fin m’a aussi un peu laissé sur ma… faim, dommage. Si voir le même acteur interprétant deux rôles dans le même plan est aujourd’hui considéré comme un jeu d’enfant, il semble qu’à l’époque (fin des années 80), c’était totalement novateur. Bon, pour les scènes où l’un est de dos, il suffit de trouver une doublure avec la même morphologie et lui faire une coiffure identique. 



Les sorcières d’Eastwick (1987), de George Miller

 

C’est l’histoire de trois amies dans le petit village d’Eastwick : la rousse Jane (Susan Sarandon), divorcée et professeur de musique ; la blonde Sukie (Michelle Pfeiffer), journaliste et mère solo de six petites filles ; et la brune Alexandra (Cher), sculptrice et veuve. Elles s’ennuient à mourir et, un soir de cuite, s’amusent à dresser le portrait-robot de l’homme idéal. Le lendemain, Daryl Van Horne (Jack Nicholson), un homme au charme magnétique, s'installe dans la plus somptueuse résidence d'Eastwick. L’une après l’autre, il va séduire les trois jeunes femmes, leur donnant une grande confiance en elle et révélant tout leur potentiel.

Hum, comédie fantastique des années 80 donc à coup sûr une « couillonnade » datée ? Mais pourquoi pas, La mort vous va si bien, dans un genre voisin, n’était finalement pas si mal. Et z’avez vu le casting ? Balèze, non ? Alors oui, les effets spéciaux ont pris un sacré coup dans l’aile (la partie de tennis à quatre avec la balle qui s’immobilise dans les airs ou ralentit, les trois héroïnes qui lévitent au-dessus de la piscine, le final avec Nicholson transformé en géant puis en larve…) mais quelle leçon de cinéma… Les plans, les mouvements de caméra, la musique, les décors, le rythme… J’ai beau ne pas aimer l’Amérique, ses valeurs et fondements (sa violence intrinsèque, puritanisme, turbo-capitalisme, etc…), surtout actuellement, faut quand même être fair-play, c’est un autre monde. C’est avec ce genre de films qu’on se dit que nous autres, Français, « on peut pas test », comme disent les « djeuns ». Nicholson nous fait encore son numéro « à la Shining » et belle prestation également de Veronica Cartwright pour cette comédie qui égratigne les valeurs morales puritaines. Ah punaise, s’il n'y avait pas l’aspect grotesque et kitsch de certains effets spéciaux, ce serait limite à garder…      

Dans la peau de John Malkovich (1999), de Spike Jonze

 

C’est l’histoire, complètement folle, d’un marionnettiste raté maqué avec une amoureuse des animaux (ils en ont plusieurs à la maison). Il se résout à chercher du travail et se fait embaucher comme administratif par une entreprise située dans un building au 7ème étage… et demi, ce qui contraint les salariés à se déplacer voutés, le plafond étant très bas. Un jour, il découvre par hasard dans un bureau de la boite un passage qui mène… au cerveau de John Malkovich !

Y’a qui dedans ? John Cusack joue le rôle du marionnettiste, Cameron Diaz (méconnaissable, châtain et un peu enlaidie) celui de sa femme, Catherine Keener est la collègue de travail dont Cusack tombe amoureux. Quant à John Malkovich, dont l’ambivalence fait tout le charme, il incarne bien évidemment son propre personnage. On reconnait aussi Charlie Sheen et divers « caméo » (Sean Penn, Brad Pitt, Michelle Pfeiffer…).

Et c’est comment ? Tout d’abord merci (et petite pub au passage) à Cinéphile Schizophrène pour avoir rappelé ce film à mon bon souvenir en lui consacrant récemment un article sur son blog. Un film que je connaissais de nom mais que je n’avais jamais eu la curiosité de voir et que j’avais quelque peu oublié. Spike Jonze, dont c’est le premier long-métrage, je connais forcément. Il fût un réalisateur de clips remarqué dans les années 90 pour de grands noms du pop-rock et de la musique électronique. On peut citer notamment Björk (It's Oh So Quiet), Fatboy Slim (The Rockafeller Skank) ou encore les Chemical Brothers (Elektrobank, où il transforme sa meuf de l’époque, la future réalisatrice Sofia Coppola, en gymnaste émérite). On retrouve sa créativité et son originalité dans ce pitch complètement délirant où un homme découvre donc un tunnel menant au psychisme de John Malkovich. Durant quinze minutes, il voit et entend à travers l’acteur, avant d’être « éjecté » et de se retrouver en périphérie de la ville. Jusqu’à ce qu’il finisse, à force d’entrainement, à rester dans le corps de Malkovich et à le contrôler, dans le but de séduire sa collègue de travail. Problème, sa femme (Cameron Diaz) en est elle aussi tombée amoureuse (les prémices du « wokisme » ? Cf. le final). Passée la surprise initiale, le film a néanmoins tendance à s’embourber dans les méandres de ce triangle amoureux et ne propose que quelques fulgurances, comme lorsque Malkovich, découvrant le « pot aux roses », s’introduit lui-même dans le passage et atterrit dans un monde où tous les individus, quel que soit leur sexe, ont son visage (d’où l’affiche). Verdict : mieux que ce que j’aurais imaginé mais aurait pu être encore meilleur (ou bien suis-je trop exigeant ?), malgré deux-trois bonnes idées (le couple avec la ménagerie à la maison, l’entreprise avec le plafond très bas et la secrétaire sourde qui comprend tout de traviole…).

Chimpanzé : oui

Femme à tête de John Malkovich : oui

Femme à poil : non

La mort vous va si bien (1992), de Robert Zemeckis

 

C’est l’histoire d’un chirurgien esthétique alcoolique que se disputent son ex, une écrivaine ayant traversé un épisode de boulimie et sa nouvelle épouse, une chanteuse de comédie musicale narcissique sur le déclin. Les deux femmes, obsédées par le physique parfait et une éternelle jeunesse (tiens, ça ne vous rappelle rien ?), vont avoir recours aux services d’une mystérieuse détentrice d’une potion « magique ».

C’est avec qui ? Deux stars « sans âge », Bruce Willis et Meryl Streep. Goldie Hawn et la pulpeuse Isabella Rossellini (on en mangerait…) complètent le casting.

Et c’est comment ? Mieux que prévu. Un film que j’avais laissé trainer, moyennement emballé par le casting, le script et le réal (Zemeckis a été coopté par Spielberg et évolue comme lui généralement dans le grand spectacle un peu neuneu, cf. Forrest Gump). Mais comme il était dispo à ma médiathèque… Ce n’est pas la grande marrade mais ça se laisse voir sans déplaisir, les situations sont burlesques et bien entendu, les effets spéciaux sont étonnants.

Duel de pelles : oui

Trou dans l’estomac : oui

Femme à poil : oui (Isabella Rossellini et, furtivement, une autre femme, toutes deux de dos)

Up 👍: les effets spéciaux ; le côté burlesque ; le final

Down 👎: pas non plus hilarant

Sixième sens (1999), de M. Night Shyamalan

 

« Et tu en vois souvent ? » - « Tout le temps. Il y en a partout. »

C’est l’histoire d’un psychologue pour enfants qui reste sur un échec patent, un jeune qu’il n’a pas su aider et qui s’est fait sauter le caisson. Alors quand se présente son nouveau patient, un enfant mystérieux et taciturne, il va tout faire pour l’aider, au risque de compromettre son couple. Il s’avère que l’enfant en question est doté d’un curieux pouvoir.

Et il meurt, à la fin ? Ben non puisque… il est mort dès le début.

C’est avec qui ? Bruce « wannabe acteur dramatique » Willis, Toni Collette et un mioche qui avait déjà joué dans Forrest Gump, Haley Joel Osment.

Et c’est bien ? Ouh là, pas revu depuis des années, je ne me souvenais que du « twist » final (spécialité de Shyamalan), forcément… Comment a-t-on pu tomber dans le panneau à l’époque ? C’est mollasson, Willis traverse le film avec deux expressions (petits yeux mi-clos perçants et léger sourire 80% du temps ou inquiétude), le mioche est une tête de mule parfois arrogante, y’a les violons (sans regarder la fiche technique, j’ai deviné que le « score » était l’œuvre de James Newton Howard…), la brave mère célibataire dépassée et ces « jump scares » (apparitions soudaines, objets déplacés…) vus et revus ad nauseam… Le village (2004) sera beaucoup plus convaincant et constituera l’acmé de ce réalisateur.

Petits soldats : oui

Pièce de monnaie : oui

Femme à poil : oui mais prenant la douche derrière une porte vitrée donc on voit que dalle

Up 👍: le « twist » final, à la rigueur

Down 👎: bilan très léger pour en faire un classique, perd de son impact au fil du temps