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Cruising (La chasse) (1980), de William Friedkin

 

« C’est toutes des sacs à foutre ! » - « Qui ça ? » - « Ben, les bonnes femmes… »

C’est l’histoire de Steve Burns (Al Pacino), jeune policier new-yorkais qui accepte, en vue d’une promotion, la proposition du capitaine Edelson (Paul Sorvino) : infiltrer le milieu gay sado-maso, d’où sont issus deux homosexuels sauvagement assassinés par probablement un tueur en série, afin de l'arrêter.

De Friedkin, membre éminent du « Nouvel Hollywood » (la « Nouvelle vague » U.S), j’avais bien aimé French Connection, beaucoup moins L’exorciste, qui en profitait une fois de plus pour humilier l’Eglise (je n’ai rien contre, bien au contraire, à condition que les deux autres grandes religions monothéistes « prennent » elles aussi de temps en temps, ce qui n’arrive pour ainsi dire jamais). Quant à Jade, c’était juste une efficace série B surfant sur la mode du thriller érotique lancée par l’indépassable en la matière Basic Instinct. Ici encore, le scandale et la controverse sont de rigueur puisque le film nous plonge dans les bas-fonds du milieu gay SM new-yorkais. Fruit d’une documentation studieuse, on peut dire que Friedkin n’y va pas de main morte (sic) dans la description de cet univers où règnent luxure et perversité décadente (il a dû couper pas moins de 40 minutes pour éviter le classement X). Qui n’est pas sans rappeler le clip, lui aussi sulfureux, du méga-tube Relax des Frankie Goes to Hollywood. Bref, de quoi donner des sueurs froides aux Alain Bonnet de Soral, Dieudonné M’Bala M’Bala, Eric Zemmourroïdes et autres Christine Boutin 😄… En dehors de ce cadre esthétique, il s’agit d’un thriller basique, qui aurait mérité un peu plus de suspense. Très mauvais souvenir pour le réalisateur ainsi que pour Pacino, irrité par les protestations des associations homosexuelles et le montage final effectué à son insu, qui laisse entrevoir un épilogue ouvert à diverses interprétations.

Jade (1995), de William Friedkin

 

Certains fantasmes vont trop loin

C’est l’histoire d’un film, on dirait un téléfilm, bien que réalisé par un grand cinéaste (L’exorciste, French Connection). Sans doute un arriéré d’impôts à payer… D’ailleurs, on ne peut pas dire que le trio d’acteurs principaux (Caruso / Fiorentino / Palminteri) ait eu une carrière des plus fracassantes.

C’est l’histoire d’un film qui surfe sur la mode du « thriller érotique » alors en vogue, lancée par Basic Instinct (1992) et poursuivie par Sliver (1993). D’ailleurs, il a le même scénariste que ces deux-là (Joe Eszterhas).

C’est l’histoire d’un millionnaire collectionneur d’art sauvagement assassiné. Celui-ci possédait des photos compromettantes d’un gouverneur en compagnie d’une prostituée (bâillements…). Un assistant du procureur (David Caruso) mène l’enquête, qui va le mener jusqu’à son ancienne petite amie (Linda Fiorentino), désormais maquée avec son meilleur pote, un brillant avocat (Chazz Palminteri).

Hache : oui

Chinatown : oui

Femme et homme à poil : oui, évidemment (Linda Fiorentino et un type)

Up 👍: une longue et spectaculaire course poursuite en voiture ; le « twist » final, à la rigueur

Down 👎: une scène de cul risible avec Fiorentino tout habillée et cagoulée ; un thriller calibré et sans enjeu, comme Hollywood sait en produire à la chaine