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Il boom (1963), de Vittorio De Sica

 

« On passe voir les pédés ? »

C’est l’histoire d’un mec, Giovanni Alberti (Alberto Sordi), qui, après avoir chanté tout l’été, se trouva fort dépourvu lorsque la bise fut venue. En gros, il s’est endetté pour financer son train de vie (et celui de sa femme, Gianna Maria Canale) et il galère un max pour trouver des prêteurs, son entourage, pas dupe, refusant de s'engager dans ses soi-disant investissements pouvant rapporter gros. Un jour, l’épouse d’un riche industriel borgne (non, ce n’est pas feu Jean-Marie…) qui a refusé de l’aider lui fait un bien étrange marché : elle est prête à lui donner une très grosse somme d’argent s’il accepte d’échanger son œil gauche, valide, contre celui en verre de son mari !

Cliché de la nana dont « l’amour » pour son mari est directement indexé sur sa capacité à lui assurer une « sécurité financière » : oui, mais ce n’est pas un cliché.

Cliché du mec « needy » qui met sa nana sur un piédestal : oui, encore, mais ce n’est pas un cliché.

MGTOW : non, du coup.

« Homophobie » latente : oui. Enfin, ce n’est peut-être pas le terme approprié étant donné qu’il n’y a pas d’hostilité, « juste » de la moquerie. Les homos (on ne disait pas encore « gays », à l’époque) sont carrément vus comme des figures folkloriques, des phénomènes de foire, appelés « pédés » (sic). Ainsi, Sordi et sa bande d’amis, une nuit, passent en voiture devant un lieu de drague homosexuel et se foutent ouvertement de leur gueule. Ce qui ne heurte pas les intéressés, qui en rient également (bon, si tout le monde est content…). Plus loin, un mec lâche, toujours sur le ton de la plaisanterie, « des pédés, il y en a dans toute l’Italie, maintenant ». Bon, comme toujours en pareil cas, on dira que « c’était l’époque ». Mais on trouvera toujours des gens pour nous dire que « c’était mieux avant ». Si on n’est pas gay (ou noir, en particulier aux Etats-Unis, ou femme ou ouvrier, voire jeune), oui, peut-être…

Glorification de la besogne laborieuse : oui (l’industriel à Sordi : « Vous voulez gagner en un an ce que nous avons gagné en un demi-siècle »).

Foi en l’humanité : definitely not (« On fait que d’la merde, quoi... », Béatrice Dalle).

Mon avis : pas mal mais des redondances avec d’autres « comédies à l’italienne » de cet « âge d’or » cinématographique, que ce soit la prestation de Sordi (toujours à mendier, qu’il s’agisse d’argent ou l’amour de sa femme) ou dans les thèmes abordés (la superficialité et l’hypocrisie des « nouveaux riches » issus du « miracle économique » italien, la cupidité, l’absence de valeurs morales), avec toutefois un côté plus sombre (le final sans espoir).       

MASH (1970), de Robert Altman

 

Encéphalogramme plat…

C’est l’histoire de trois chirurgiens (Donald Sutherland, Tom Skerritt et Elliott Gould) qui débarquent dans un camp militaire de l’US Army lors de la guerre de Corée en 1951. Bien que compétents, ils sont aussi farceurs, dragueurs et volontiers rebelles. Bien sûr, cela va faire des étincelles avec leur hiérarchie…


On avait dit « pas de film de guerre », putain, chier ! Merde, putain… Fait chier. Oui mais, oh : Robert Altman, l’homme de Shorts Cuts, derrière la caméra, Palme d’or 1970 à Cannes, conservation à la Bibliothèque du Congrès et inspiration de la série éponyme, rien que ça. Et alors ? Ben c’est quand même bidon ! Je lis « humour potache ». Ah ouais, super... Le compagnon de tente (Robert Duvall) de l’échalas Sutherland et de Skerritt les soule avec ses sermons ? Qu’à cela ne tienne, ils lui foutent la honte en diffusant via les haut-parleurs du camp ses ébats avec une infirmière (Sally Kellerman). Et ils exhiberont la même Kellerman nue aux yeux du camp en soulevant la tente où elle prend sa douche, dans le but de vérifier « si c’est une vraie blonde ». Qu’est-ce qu’on s’amuse, hein, arrêtez, j’ai des crampes d’estomac… Y’a aussi un dentiste suicidaire car il pense avoir des penchants homosexuels et à la fin, un match de football américain (un sport dont seuls les Zaméricains peuvent comprendre les règles…) sujet à un pari financier. Nos trois gars et leur équipe remporteront la mise grâce à un plan savamment orchestré, avant que Sutherland et Skerritt ne repartent comme ils étaient arrivés, laissant leur compère Gould à son triste destin (lui n’a pas reçu d’ordre d’évacuation, ben merde alors…). Près de deux heures d’un ennui mortel, parsemé de scènes parfois sanglantes d’opérations chirurgicales, où nos héros n’hésitent pas à « mettre les mains dans le cambouis ».  

Agent zéro zéro (1996), de Rick Friedberg

 

« Ce Steele va bientôt regretter que sa maman ait rencontré son papa… »

La corde est usée…

C’est l’histoire… euh, là, vraiment aucune importance, c’est juste celle de Leslie Nielsen (très mauvaise voix de doublage, pas l’habituelle) qui rempile pour une série de gags parodiques « à la mitraillette »… Enfin, si vous y tenez… Il est Dick Steele, un agent secret qui doit sauver le monde (et accessoirement la fille de son ancienne partenaire, décédée dans l’une de leurs opérations) en faisant face au dangereux Général Rancor (Andy Griffith). Veronique Ukrinsky (Nicollette Sheridan), fille du professeur concepteur du circuit électronique nécessaire à Rancor pour lancer son missile, l’accompagne dans sa mission.

Ouh que c’est mauvais… Souhaitant conclure la semaine sur une note humoristique après avoir été terrassé par non pas… La terrasse (à venir) mais Tendres passions (suivez, bon sang…), cet Agent zéro zéro aura peiné à me faire décrocher ne serait-ce qu’un sourire… On repart pour un tour de gags éculés voire recyclés et de parodies de succès hollywoodiens. On s’amusera à reconnaitre parmi ceux-ci Sister Act, Dans la ligne de mire, Speed, Jurassic Park, Pulp Fiction (la mythique scène de danse Travolta – Thurman), E.T, Maman, j'ai raté l'avion !, True Lies et sans doute un film de guerre dans la jungle (Rambo, Predator ou assimilé). Franchement aucun intérêt, le film ne dure d’ailleurs qu’une heure et quart, il ne fait même pas semblant de n’avoir rien à raconter. De plus, il faut encore se taper l’idéologie sous-jacente (« on est les meilleurs et les maîtres du monde, nous les zaméricains »), présente aussi dans certains volets de la série des Y a-t-il…, où l’homme du Moyen-Orient (en dehors de l’allié israélien, évidemment) est toujours renvoyé soit au terrorisme soit à une forme de sous-développement (le chauffeur de taxi Tamul qui fait équipe avec Nielsen). Finalement, c’est le Directeur des Services Secrets (Charles Durning), se camouflant en fauteuil en cuir, en store ou même en sol, qui m’aura fait le plus sourire. Parmi les caméos figurent Mister T. de l’Agence tous risques, le catcheur Hulk Hogan et le grand Ray Charles en… chauffeur du bus piégé. L’échec critique et commercial du film n’a pourtant pas découragé notre cher Leslie à poursuivre dans cette voie et il remettra le couvert avec Le détonateur (à peine meilleur, 1998) et Y a-t-il un flic pour sauver l'humanité ? (2000, avec Ophélie Winter, probablement le pire de tous).  

Affreux, sales et méchants (1976), d’Ettore Scola

 

« La famille, c’est comme les godasses : plus elles vous serrent, plus elles vous font mal, voilà ! »

Les Groseille en Italie…

C’est l’histoire de Giacinto (Nino Manfredi), un patriarche borgne et acariâtre, et de sa nombreuse famille (trois générations), vivant tant bien que mal dans un taudis des bidonvilles de Rome, dans les années 1970. Détenteur d’un million de lires, obtenu en guise d’indemnisation pour la perte de son œil au travail, il vit dans la paranoïa que celui-ci puisse lui être volé par sa famille. Un jour, il s’éprend d’une prostituée obèse et l’emmène vivre avec lui. Pour son épouse Matilde (Linda Moretti) et le reste de sa famille, c’est l’affront de trop…

Film vu sur Youtube, le DVD, malgré sa quasi-absence de rayure, faisant un bruit assourdissant pendant la lecture… Avec un tel sujet, il y aurait eu de quoi faire… Et bien à mon avis, Scola n’en a pas fait assez. Cela reste en effet relativement « sage ». Ce rôle de père de famille frustre est taillé sur mesure pour ce genre d’acteurs italiens de l’époque, gageons qu’un Gassman ou un Tognazzi s’en serait également tiré à merveille. Les autres membres de la famille (possiblement pas tous professionnels) sont aussi très bien campés (mention pour la grand-mère en fauteuil toujours plantée devant la télé). Il y a bien quelques saillies salaces et/ou comiques, ce qui introduit (sic) un peu de « légèreté » dans un quotidien par ailleurs sordide (misère et insalubrité dignes du Tiers-Monde) mais ça manque globalement de rythme et d'approfondissement (personnages, situations). Heureusement, la dernière partie du film, où la famille, sous l’impulsion de la mère, tente de se débarrasser de Manfredi, booste un peu l’ensemble. « Sales », y’a aucun doute mais « affreux » et « méchants », finalement pas tant que ça…  

 

Cycle Leslie Nielsen (3) : Y a-t-il un pilote dans l’avion ? (1980), de Jim Abrahams, David et Jerry Zucker

 

« Encore merci et bonne chance, nous sommes avec vous. »

Réalisation : Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker

Scénario : Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker

Pays : Etats-Unis

Année : 1980

Genre : Comédie, parodie

Avec : Robert Hays, Julie Hagerty, Lloyd Bridges, Leslie Nielsen, Robert Stack, Peter Graves, Kareem Abdul-Jabbar.

Synopsis : A Los Angeles, Ted Striker, ancien pilote de chasse et vétéran traumatisé par un raid désastreux, monte à bord d’un avion en direction de Chicago dans l’espoir de reconquérir sa petite amie Elaine Dickinson, hôtesse de l'air sur ce vol. Au cours du voyage, une intoxication alimentaire rend malades les passagers et les membres de l'équipage qui ont consommé du poisson. L'avion se retrouve alors sans pilote.

Je clôture avec ce nouveau film culte ma mini-série consacrée à Leslie Nielsen (à moins que je me tape Agent zéro zéro un de ces jours) ainsi que la liste des 46 pièces de ma DVDthèque. Le comédien n’y a pas le premier rôle et n’est ici qu’un maillon parmi une galerie d’autres personnages incarnés par d’anciennes gloires dans de savoureux contre-emplois : Robert Stack (série Les Incorruptibles), Peter Graves (série Mission impossible) ou encore Lloyd Bridges. Dans la distribution s’insère également, dans le rôle d’un des pilotes, la star de basket Kareem Abdul-Jabbar, pivot des célèbres Los Angeles Lakers. Sans oublier Stephen Stucker (décédé du Sida à 38 ans en 1986) en contrôleur aérien efféminé, l’un des personnages les plus délirants du casting. Mais les deux rôles principaux sont tenus par Robert Hays et Julie Hagerty, dont l’histoire sentimentale percute les difficultés rencontrées à bord de ce vol. Les gags de toutes sortes (en arrière-plan, répliques, non-sens, parodies…) s’enchainent à vive allure. Outre les films catastrophe du type Airport, sont tournés en dérision Les dents de la mer (générique du début) et surtout La fièvre du samedi soir, dans l’une des séquences les plus marquantes (irrésistible Stayin’ Alive). L’ensemble a forcément un peu vieilli (la musique de fanfare du générique final, celle mélodramatique et mielleuse lors des saynètes romantiques entre Hays et Hagerty…) mais cela contribue aussi à son charme. Malgré une durée réduite, à nouveau inférieure aux 90 minutes généralement de mise pour un long-métrage, Y a-t-il un pilote dans l’avion ? mérite amplement son statut parmi les meilleures comédies jamais réalisées. Je n’en dirai en revanche pas tant de sa « séquelle » de 1982, avec grosso modo les mêmes acteurs principaux mais sans aucune intervention du trio « ZAZ ».    

Cycle Leslie Nielsen (2) : la trilogie Y a-t-il un flic…

 

Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? (1988)

« Là je ferme les yeux mais en temps normal, il ne faudrait pas rouler à 125 dans le mauvais sens d’une rue à sens unique… »

Réalisation : David Zucker

Scénario : Jerry Zucker, Jim Abrahams, David Zucker et Pat Proft

Pays : Etats-Unis

Année : 1988

Genre : Comédie, policier, parodie

Avec : Leslie Nielsen, Priscilla Presley, Ricardo Montalban, George Kennedy, O. J. Simpson.

Synopsis : Frank Drebin est policier dans la brigade spéciale de Los Angeles. Son meilleur ami et partenaire Nordberg est gravement blessé et accusé de trafic de drogue. Dès lors, Frank cherche à savoir qui a voulu le tuer. Son enquête l'amène sur les traces de Vincent Ludwig, riche homme d'affaires à qui l'on vient de confier la charge d'organiser la venue de la reine Elisabeth II. Frank fait la rencontre de l'assistante de Ludwig, Jane Spencer, dont il va tomber amoureux.


Y a-t-il un flic pour sauver le président ? (1991)

« C’est de l’histoire ancienne, comme le Parti Démocrate. »

Réalisation : David Zucker

Scénario : David Zucker et Pat Proft

Pays : Etats-Unis

Année : 1991

Genre : Comédie, policier, parodie

Avec : Leslie Nielsen, Priscilla Presley, George Kennedy, O. J. Simpson, Robert Goulet, Richard Griffiths, Anthony James.

Synopsis : Trois ans après, Frank et Jane sont séparés. Il la retrouve en tant qu'assistante du professeur Meinheimer, qui doit prochainement prononcer un discours en faveur des énergies renouvelables, ce qui n’est pas du goût des magnats du pétrole. Jane s'est fiancée à Quentin Hapsburg, un homme d’affaires louche.


Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ? (1994)

« Et puis… tu as tué personne depuis 6 mois… » - « C’est vrai ! C’est toujours les p’tites choses qui vous manquent. »

Réalisation : Peter Segal

Scénario : David Zucker, Pat Proft et Robert LoCash

Pays : Etats-Unis

Année : 1994

Genre : Comédie, policier, parodie

Avec : Leslie Nielsen, Priscilla Presley, George Kennedy, Fred Ward, O. J. Simpson, Anna Nicole Smith.

Synopsis : L'inspecteur Frank Drebin est désormais à la retraite. Mais ses anciens coéquipiers font à nouveau appel à lui. En effet, le criminel Rocco Dillon prépare un attentat qui aura lieu pendant la cérémonie des Oscars.


Assurément l’une des « franchises » les plus drôles de l’histoire et qui révéla le potentiel comique de l’acteur Leslie Nielsen dans le rôle du policier gaffeur Frank Drebin. Les autres acteurs récurrents de la série sont sa compagne Priscilla Presley (mais pas trop fort quand même…) et ses coéquipiers George Kennedy et O. J. Simpson (oui, l’ancien joueur de foot américain disparu en 2024 et ayant défrayé la chronique en 1994 pour le double meurtre de son ex-épouse et l’un de ses amis). Alors, quel volet est le plus drôle et le plus réussi ? Instinctivement et par habitude, on aurait tendance à dire le premier mais honnêtement, le trio ZAZ (Jerry Zucker, Jim Abrahams et David Zucker, diversement impliqués dans les trois films) en avait suffisamment « sous la semelle » pour nous offrir deux « séquelles » fort réjouissantes et de qualité. Passons rapidement sur la séquence introductive du premier volet, aux forts relents « néo-con » de l’impérialisme yankee et ses croisades évangélistes contre les « forces du Mal » (invariablement les communistes et les islamistes), où Drebin dézingue Khomeini (déjà…), Gorbatchev, Yasser Arafat (mouais…), Kadhafi et Amin Dada. Il doit ensuite faire échouer la tentative d’assassinat de la reine Elisabeth II par un richissime notable (mémorable final au match de baseball). Autres scènes marquantes : la course-poursuite à bord de l’auto-école ou « l’agression à l’aide d’une verge de statue ». Dans le second opus, Drebin est cette fois aux prises avec un autre businessman véreux, fiancé à Jane (Presley) et qui lui envisage de remplacer un professeur aux idéaux écologistes par un sosie bien plus favorable à l’industrie pétrolière. Après la reine d’Angleterre et les chefs d’Etat du précédent volet, on y retrouve d’autres sosies : cette vieille ganache de George Bush père et sa grognasse Barbara (scène introductive hilarante lors du diner à la Maison Blanche). Parmi les films parodiés ici : la scène de la douche de Psychose et celle de la poterie dans Ghost (réalisé par Jerry Zucker, une autocitation, donc). Quant au troisième volet, si l’intrigue policière y est moins élaborée que dans les deux premiers, les gags restent au niveau (la « banque du sperme », la prison, tout le final aux Oscars). Là encore, le film débute en fanfare : parodie de la scène de la gare des Incorruptibles, avec pas moins de quatre landaux (encore deux sosies : Bill Clinton et le pape Jean-Paul II). Poilant. Autres clins d’œil cinématographiques : Thelma & Louise, Jurassic Park et les films d’évasion (L'évadé d'Alcatraz, La grande évasion). Présence au casting d’Anna Nicole Smith, à la poitrine généreuse et au destin tragique (décès à 39 ans, un an après celui de son fils de 20 ans). Une trilogie culte à voir et à revoir pour de bons moments de franche rigolade.

Cycle Leslie Nielsen (1) : Le détonateur (1998), de Pat Proft

 

« Je trouve que ce chien a un museau très surprenant. » - « C’est parce que vous regardez ses fesses… »

C’est l’histoire de Ryan Harrison (Leslie Nielsen), violoniste de renommée mondiale. Il est embarqué dans un complot où une admiratrice (Kelly LeBrock) lui fait porter la responsabilité du meurtre de son mari (Michael York), qui avait découvert qu’elle projetait d’assassiner le secrétaire général de l’ONU. Condamné à mort, Harrison parvient à s’échapper lors d’un transfert de prisonniers. Le lieutenant Fergus Hall (Richard Crenna) se lance à sa poursuite.

Faut wigoler ! Putain, t’as raison, surtout en ce moment où tous les voyants sont au rouge (Recherche bonnes nouvelles désespérément…). Et quoi de mieux pour cela qu’un film avec Leslie Nielsen, acteur canadien qui se révéla sur le tard dans un registre comique grâce à la série de films des Y a-t-il… ? La recette est connue : humour potache, régressif et nonsensique, parodies de films, gags en arrière-plan. Elle est réutilisée ici, avec plus ou moins de bonheur. Durant moins que les 90 minutes réglementaires et mis en boite par le néophyte Pat Proft (qui ne récidivera pas…), ça sent le truc bâclé. « L’intrigue » n’a aucun sens, le scénario ne s’embarrasse d’aucun souci de vraisemblance et n’est qu’un prétexte à l’enchainement de gags et de parodies de grands succès cinématographiques. On se délectera notamment de celles d’Usual Suspects, de Mission Impossible, de La mort aux trousses et du Fugitif, ce dernier fournissant la trame scénaristique du métrage, avec Richard Crenna dans le rôle du flic fûté incarné par Tommy Lee Jones dans l’original. La voix de doublage de Leslie Nielsen n’est malheureusement pas adéquate, son doubleur habituel Jean-Claude Michel n'étant pas disponible pour des raisons médicales (il décèdera d’ailleurs un an plus tard). Au final, un moment sympatoche mais clairement en deçà des Y a-t-il un flic (ou un pilote)     

Sans filtre (2022), de Ruben Östlund

 

« Et vous, vous travaillez dans quoi ? » - « Je suis dans la merde. » - « Vous… quoi ? » - « Je vends de la merde. »

« L’important, c’est tout c’qu’ils affichent, les riches. » (Regarde les riches, Patricia Kaas, 1990)

C’est l’histoire de Carl (Harris Dickinson) et de sa petite amie Yaya (Charlbi Dean, décédée à 32 ans d’une septicémie peu après ce film, horrible…), tous deux mannequins et « influenceurs ». Ces activités leurs permettent d’être invités à bord d’une croisière de luxe, où ils côtoient des personnes plus riches qu’eux, comme un couple d’anglais ayant fait fortune dans l’armement ou un oligarque russe (Zlatko Burić) s’étant enrichi grâce à la vente d’engrais. Mais lors du repas du capitaine (Woody Harrelson), une tempête fait virer la croisière de rêve au cauchemar…

Ah, ce foutu pognon, il nous en fait faire… Soyons honnêtes, dans notre indépassable (?) monde capitaliste, nous en sommes tous avides, que ce soit pour assurer notre subsistance, se payer un « extra » (restau, sortie, voyage…), mener une vie confortable ou étaler notre « réussite » et notre pseudo-supériorité sur autrui. Après Parasite en 2019, il semble que la « lutte des classes » et la critique de la bourgeoisie (mais aussi des classes plus défavorisées) soient dans l’air du temps et un atout considérable pour l’obtention d’une Palme cannoise (la seconde du cinéaste suédois Ruben Östlund, après The Square en 2017). Le film se divise en trois parties. La seconde est de loin la meilleure et m’aura, chose très rare, occasionné un fou rire. Mais avant cela, il faut se taper le prologue où nos deux tourtereaux se « prennent la tête » (et la notre par la même occasion…) pendant un quart d’heure à propos d’une foutue note de restaurant. En cause : la meuf qui laisse payer son mec alors qu’elle gagne plus que lui et qu’il a déjà payé la fois précédente, reproduisant les « stéréotypes de genre », ce que notre gars a du mal à supporter. Nous entrons ensuite enfin dans le vif du sujet avec leur embarcation à bord d’un yacht rempli de « vieilles peaux » ultra-friquées. Nous assistons alors lors d’une soirée à un jubilatoire jeu de massacre : la tempête fait tanguer le navire, les passagers vomissent leur repas à base de caviar et de poulpe caramélisé, les chiottes débordent et le capitaine (génial Woody Harrelson) se livre à une bataille de citations avec l’oligarque russe, lui citant Marx et le milliardaire répliquant par des sentences du couple infernal Thatcher – Reagan. Les deux hommes, ivres, s’enferment dans la cabine de pilotage et Harrelson harangue les milliardaires, avec des phrases du genre « ne rêvez pas, nous ne nous dirigeons pas vers un paradis fiscal » ou « on sait que vos œuvres de philanthropie, c’est pour défiscaliser et vous donner bonne conscience ». Dans une sorte de catharsis, Östlund nous venge quelque peu de ces individus néfastes à l'environnement et au Bien commun, même si montrés sous un jour pas forcément antipathique. Et boum, Harrelson « pilonne » aussi les Etats-Unis et leurs guerres aux quatre coins du monde pour y placer leurs hommes et en tirer un profit économique. Faire passer un message (très bien senti) dans un contexte comique pour qu’il ne soit pas trop lourd, voilà qui est habile. L’attaque terroriste du yacht, traitée en ellipse, débouche sur la troisième partie, celle de l’île déserte, où se retrouve une poignée de survivants : notre jeune couple, le russe, deux autres passagers et trois membres de l’équipage, dont une préposée aux WC qui va prendre les choses en main, étant la seule à savoir pécher et allumer un feu. L’occasion donc d’un renversement de hiérarchie et d’une inversion des statuts sociaux (et de genre). Après quelques péripéties et tensions au sein du groupe, les derniers plans laissent libre cours à une fin « ouverte ». Très intéressant objet filmique. Mais si Bong Joon-ho, avec Parasite, payait son tribut à La Cérémonie de Chabrol, Östlund revisite ici La grande bouffe Ferrerienne dans ses passages scatologiques, tant et si bien qu’on se demande si les œuvres contemporaines de qualité ne seront pas désormais invariablement le fait de petits malins connaissant leur histoire du cinéma sur le bout des doigts…     

Les Visiteurs (1993), de Jean-Marie Poiré

 

« Cousin Hubert ! Qu'est-ce que c'est qu'ce bin's ? »

« C’est Okaaaaaaaaay ! »

« Merci, la gueuse. Tu es un laideron mais tu es bien bonne. »

Réalisation : Jean-Marie Poiré

Scénario : Jean-Marie Poiré et Christian Clavier

Pays : France

Année : 1993

Genre : Comédie, fantastique

Avec : Christian Clavier, Jean Reno, Valérie Lemercier, Marie-Anne Chazel, Christian Bujeau, Isabelle Nanty.

Synopsis : An de grâce 1123. Victime d’hallucinations après avoir malencontreusement ingurgité la potion d’une sorcière, le Comte Godefroy de Montmirail tue le père de sa promise Frénégonde de Pouille, qu’il a pris pour un ours. Du coup, Frénégonde refuse le mariage. Le mage Eusæbius propose alors à Godefroy une potion pour remonter le temps afin d'en changer le cours et d'éviter cet accident. Celui-ci, ainsi que son fidèle écuyer Jacquouille la Fripouille, boivent ce breuvage pendant que le mage récite la formule magique. Mais ce dernier a oublié un ingrédient et les deux hommes sont envoyés au XXe siècle…

Pourquoi ? Alors là j’avoue, on est en plein dans le « plaisir coupable » du « plus c’est con, plus c’est bon ». Oui, le côté potache « on est les mecs les plus puissants du cinéma français mais on aime faire les cons », ça me botte. Clavier entame ici sa carrière de « nouveau De Funès ». Mais bizarrement, je crois que c’est le personnage de Chazel, dans une variante de celui de « Zézette » du Père Noël, qui me fait le plus marrer. Top 5 des plus gros succès au box-office français, cultissime et c’est pas pour rien, même si ça a inévitablement un poil vieilli.

[P.S : difficile de ne pas voir dans le massacre en règle de la Renault 4L de La Poste par nos deux « visiteurs » une métaphore inconsciente de celui du service public postal, fragilisé par l’ouverture à la concurrence décidée par l’infame Traité de Maastricht, ratifié en 1992…]

Les trois frères (1995), de Didier Bourdon et Bernard Campan

 

« Votre colin, avec ou sans patates ? » - « Cent patates ! »

« Le mec, il a peint l’Alaska, il est un peu… ? »

C’est l’histoire de… trois (demi) frères (Didier Bourdon, Pascal Légitimus et Bernard Campan) qui ne se connaissent pas et s’apprêtent à hériter d’une importante somme suite au décès de leur mère. Malheureusement pour eux, un codicille au testament (on aura au moins appris quelque chose…) les en prive, le délai étant dépassé de deux jours. Des difficultés financières les entrainent alors dans tout un tas de problèmes…

Après avoir triomphé sur scène et à la télévision (leur émission culte La télé des Inconnus), c’est tout naturellement que le trio passe à l’épreuve du grand écran. Et c’est à nouveau un succès avec 7 millions d’entrées dans le monde et un César du Meilleur premier film. A la revoyure, le bilan est malgré tout mitigé et bien inférieur à mon avis au Pari (de et avec Campan et Bourdon, sans Légitimus) sorti deux ans plus tard (la « séquelle » de 2014 est encore pire, cela va de soi). Ils recyclent certains de leurs sketchs (notamment celui de l’émission Millionnaire) et répliques culte (« Salut, tu vas bien ? »). Bon, ils font bien un peu pleurer dans les chaumières avec l’histoire du marmot mais ça fait un creux dans le film. Et puis y’a des trucs un peu poussifs et lourdingues (la scène de la rave ou celle du diner chez Légitimus avec Farcy), z’ont toujours été un poil « populistes » sur les bords, nos gars, ça fait partie de leur succès (le côté « poujadiste » anti-Etat, les allusions appuyées sur la couleur de peau de Légitimus, les « salope ! » à répétition lancés à la gent féminine). Mais les racistes et les pères qui fuient leurs responsabilités en prennent aussi pour leur grade alors on leur pardonne et tout le monde est content (on appelle ça « ratisser large » et « jouer sur tous les tableaux »). Comme tant de célébrités (comiques, chanteurs, acteurs…) ayant eu du succès dans les années 80 et 90, le passage au nouveau millénaire fût plus compliqué pour notre trio de choc. Campan (né un 4 avril comme moi et… Bruno Mégret), gagné par un « esprit de sérieux », prit un virage vers des rôles plus dramatiques et j’ai appris d’acteurs handicapés non-professionnels de la série Vestiaires que Légitimus y jouait un peu à la « star ». Quant à Bourdon, il enchaine cyniquement les comédies franchouillardes mises en boite par des tâcherons et est aussi omniprésent que ses deux compères se sont faits plus discrets. Parmi les visages connus dans la distribution, on retrouve : les Deschiens Bruno Lochet et Yolande Moreau ; l’humoriste (sic) Elie Semoun (mais sans « Dieudo », pourtant pas encore « persona non grata » dans le showbiz) ; Bernard Farcy, futur commissaire dans la franchise Taxi ; et Claude Berri, co-producteur, qui s’acquitte également du rôle du président du tribunal à la fin. 

Podium (2004), de Yann Moix

 

« Je peux vous dire que Johnny Hallyday au Stade de France, à côté, c’est un Playmobil dans un évier, hein ! »

Un film à la Moix ?

C’est l’histoire de Bernard Frédéric (Benoît Poelvoorde), terne employé de banque animé d’une passion pour le chanteur Claude François, participant à des spectacles en tant que sosie de celui-ci. Son ami Jean-Baptiste Coussaud (Jean-Paul Rouve), dit « Couscous », quant à lui sosie de Michel Polnareff, l’encourage à s’inscrire à l’émission La Nuit des Sosies consacrée à son idole, au grand dam de son épouse Véro (Julie Depardieu).

C’est l’histoire d’un sosie d’un des pires chanteurs que la France ait enfanté, avec sa voix de porte qui grince et qui commençait à peine à s’améliorer (le doublé Alexandrie Alexandra / Magnolias for ever) juste avant de mourir par électrocution. Et oui, il est fortement déconseillé de toucher à une source électrique quand on est mouillé mais manifestement, il ne devait pas être au courant (ah ah ah !)…

Pour reprendre la citation de l’excellentissime Pierre Desproges à propos de Marguerite Duras, Yann Moix n’a pas dit ou écrit que des conneries (c’est vrai, en plus, comme sur Paris ou la Police française),… il en a aussi filmé. Comme ce finalement plutôt décevant Podium, qui fit évènement en 2004 avec ses 3,5 millions d’entrées. Le casting, déjà, c’est pas Byzance. Poelvoorde, je suis pas particulièrement fan et son personnage ici présent n’est pas des plus sympathiques (parfaitement raccord, ceci dit, avec « Cloclo », qui était humainement infect). Rouve, c’est le « faux acteur Canal+ » par excellence. De toutes façons, la plus douée en tant qu’actrice de cette troupe des Robins des Bois, c’est Marina Foïs, même si elle non plus, c’est pas folichon. Quant à Julie Depardieu, je l’ai déjà dit, elle n’a évidemment pas le talent et la carrière de son papa Gérard ni peut-être même ceux de son frangin (le précocement disparu Guillaume). L’histoire, ensuite. Alors certes, je fais un peu la fine bouche, il y a évidemment quelques séquences (notamment musicales) réussies et une poignée de répliques qui font mouche (celle sur Johnny citée plus haut ou le « Toi, avec le calamar sur la tête… » improvisé de Poelvoorde à l’attention de Mia Frye, chorégraphe du film et actrice en tant qu’aspirante au poste de « Bernadette », la troupe de danseuses du sosie) mais l’ensemble ne dépasse pas (ou de peu) le niveau d’une comédie française lambda. J’avais surtout été déçu par le final très « politiquement correct » (le retour aux responsabilités du ménage plutôt que la passion, la déconne et la liberté), tout juste compensé par un dernier « twist » en guise de clin d’œil (le bambin qui prend la relève du papa sous les ordres de « Couscous »). Un « 2 », plus centré sur Rouve / Polnareff, serait en préparation mais ça a l’air d’être une « Arlésienne ».       

Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier (1980), de Pedro Almodóvar

 

« Y’a trop de démocratie dans ce pays. Faut les tabasser, ces communistes. Je m’en charge. »

Vous les femmes… Femmes, je vous aime !

C’est l’histoire du premier film d’Almodóvar (donc bien avant sa consécration puis son institutionnalisation), quasi amateur, monté avec trois bouts de ficelle, financé par une collecte (aujourd’hui on dirait « crowdfunding »…) auprès de connaissances à qui il avait montré ses courts métrages et tourné en un an et demi… les week-ends (notre homme étant en semaine un employé de la société nationale de téléphonie locale). Vu en VO car pas de VF dispo, visiblement. La plupart des éléments constitutifs de son style y sont déjà présents en germe : goût pour la provoc, couleurs criardes (décors, vêtements), personnages féminins forts…

Carmen Maura est Pepi, une femme indépendante qui cultive du cannabis sur son balcon. Un policier (Félix Rotaeta) l’a remarqué, alors pour qu’il « ferme les yeux », elle lui propose qu’il la prenne mais « par derrière » car elle souhaite garder sa virginité pour la monnayer. Mais lui passe « côté face ». Pepi entreprend alors de se venger de ce malotru, avec l’aide de Bom (María Olvido Gara, dite « Alaska »), chanteuse rock lesbienne et dominatrice puis de Luci (Eva Siva), l’épouse soumise, masochiste (et néanmoins « cochonne ») du flic en question. Le film est parfaitement représentatif du fameux mouvement (contre-)culturel post-franquiste de la Movida, regroupant musiciens, cinéastes, dessinateurs ou encore photographes (toutes ces disciplines sont ici mises à contribution) et il agit telle une catharsis tant Almodóvar s’en donne à cœur joie dans les excès et les comportements déviants. Car n’oublions pas que l’Espagne n’est plus une dictature que depuis seulement cinquante ans ! Bref, ce mouvement fût un peu le « mai 68 » (socio-culturel, pas politique) de nos amis ibères. Dès lors, tout y passe : viol, drogues, marginaux, rapports sado-masos, travestis et autres minorités sexuelles, « concours de bites » (animé par Pedro himself), « femme à barbe »… Avec une appétence prononcée pour la fellation et le scato (urine, pets). Ce sont donc les aventures de trois femmes différentes mais éprises de liberté qui se lient d’amitié (et même d’amour), face au flic qui représente symboliquement les nostalgiques du franquisme et l’autorité, par ailleurs fort hypocrite, à abattre. J’ai plutôt apprécié ce maelström libertaire à la fraicheur naïve, entre kitsch et punk, en dépit de quelques passages de mauvais goût et dont les nombreux défauts, essentiellement liés au manque de moyens et d’expérience, font tout le charme.

Un poisson nommé Wanda (1988), de Charles Crichton

 

« A partir de demain, nous n’aurons plus à chercher du travail. Et le travail n’aura plus à nous chercher. Oscar Wilde. »

Réalisation : Charles Crichton

Scénario : John Cleese et Charles Crichton

Pays : Royaume-Uni, Etats-Unis

Année : 1988

Genre : comédie

Avec : John Cleese, Jamie Lee Curtis, Kevin Kline, Michael Palin, Maria Aitken, Tom Georgeson.

Synopsis : Quatre malfrats de petite envergure font une attaque à main armée et dérobent des diamants : le meneur de la bande George, sa compagne Wanda, Ken, bègue et ami des animaux et Otto, limité intellectuellement et amant de Wanda mais se faisant passer pour son frère. Le vol se déroule sans accroc mais ils manquent d’écraser une vieille femme, qui voit alors le visage de George. Une fois le butin planqué, Wanda et Otto dénoncent George à la police, qui l’incarcère. Allant récupérer les diamants, les deux amants constatent que George, avec la complicité de Ken, les a déplacés et cachés en lieu sûr.

Pourquoi ? Alors certes, il a peut-être un peu vieilli mais on rigole toujours autant devant les aventures de ces « pieds nickelés » hauts en couleur : les Monty Python John Cleese en avocat guindé se dévergondant et Michael Palin en bègue ami des animaux, Jamie Lee Curtis, usant de ses charmes et semblant n’atteindre le « septième ciel » que lorsque son amant s’exprime en langue étrangère et enfin Kevin Kline, ne supportant pas qu’on le traite de « débile » bien qu’il le soit. Il y a quelques scènes qu’on pourrait qualifier de « dures » si tout ceci n’était pas que pour rire : lorsque Palin échoue à maintes reprises dans sa tentative d’éliminer la vieille femme, tuant à chaque fois accidentellement l’un de ses chiens, avant de finalement parvenir à ses fins par crise cardiaque ; et lorsque Kline interroge ce même Palin, ligoté et en pleurs, pour lui soutirer l’endroit où George a caché les diamants et mange ses petits poissons d’aquarium quand il n’obtient pas satisfaction. A mourir de rire (au sens propre pour un certain Ole Bentzen, orthophoniste danois, en 1989).

Je finis l’année sur cette comédie culte, avant les fêtes que je vous souhaite bonnes et un petit séjour à Genève. A 2026 !

Les nouveaux monstres (1977), de Mario Monicelli, Dino Risi et Ettore Scola

 

« Et son cul… Là, vous le voyez pas mais elle a un de ces culs… »

C’est l’histoire de la bassesse humaine (vaste programme…) en douze tableaux : 1) Le pinson du Val Padouan : le mari et impresario d’une chanteuse de bals populaires et boites de nuit se retrouve dépourvu lorsque celle-ci perd sa voix alors qu’ils ont des engagements à honorer ; 2) Tantum ergo : un cardinal en panne de limousine trouve refuge dans une église de village transformée en lieu de débat politique par son abbé ; 3) Auto-stop : un représentant de commerce macho prend en stop une jolie jeune fille dans l’espoir de profiter de ses charmes ; 4) Enlèvement d'une personne chère : un homme effondré, dont la femme vient d'être enlevée, convoque une équipe de télévision pour supplier les ravisseurs de l’appeler et demander leur rançon ; 5) Premiers soins : un aristocrate snob et obsédé sexuel recueille un soir dans sa Rolls-Royce un homme renversé par une voiture et cherche un hôpital où l’y déposer ; 6) Grand garçon à sa petite maman : la déambulation dans Rome de deux clochards, une mère et son grand fils ; 7) Citoyen exemplaire : un homme qui rentrait chez lui voit un homme poignardé par trois agresseurs tout près de son domicile ; 8) Pornodiva : en échange d'une importante somme d’argent, deux parents signent un contrat auprès d'un producteur de cinéma engageant leur fille de sept ans ; 9) Comme une reine : un homme organise une sortie en voiture avec sa mère âgée ; 10) Auberge ! : un serveur et un cuisinier, amants, se font une scène de ménage dans les cuisines d'un restaurant servant une authentique cuisine rustique ; 11) Sans paroles : une hôtesse de l'air en escale se laisse séduire par un charmant mais mutique jeune homme ; 12) L'éloge funèbre : l’éloge funèbre d’un comédien décédé, prononcé par l’un des membres de sa troupe, change subitement l’ambiance de la cérémonie.

« Suite » des Monstres, réalisé en 1963 par Dino Risi, ces Nouveaux monstres voient ce dernier épaulé par Mario Monicelli et Ettore Scola. Et Vittorio Gassman et Ugo Tognazzi rejoints dans la distribution par Alberto Sordi et la sublime Ornella Muti. Soit une « dream team » du cinéma transalpin. Tous ces mecs (Ornella, plus jeune, est toujours parmi nous) n’auront pas vu l’accession au pouvoir de la grognasse qui préside à la destinée de leur pays depuis 2022 (de même que celle de « l’Agent Orange » de l’autre côté de l’Atlantique. Il n’y a plus guère que l’Espagne qui sauve un peu l’honneur, ces derniers temps…), ce qui les aurait sans aucun doute affligés. Preuve, s’il en était besoin, que le cinéma ne change pas le monde et n’éveille pas (ou plus) les consciences (pour parler pompeusement), même s’il faut malgré tout continuer et ne jamais baisser les bras, le « pékin moyen » occidental ne le considérant plus que comme un divertissement lui permettant de « se détendre » face à une actualité toujours plus anxiogène (ce que je peux comprendre mais qui alimente une sorte de cercle infernal). Ce film à sketchs, fatalement inégal, est un témoignage de son époque. Où tourner en dérision la bourgeoisie, la religion ou les machistes n'était déjà plus très nouveau et encore moins subversif, alors en 2025… Scola signe la moitié des sketchs (six, donc), Risi quatre et Monicelli deux. Vittorio Gassman est à l’affiche de quatre sketchs (mais dont les deux plus courts), suivi d’Alberto Sordi et Ugo Tognazzi (trois chacun) et d’Ornella Muti et Eros Pagni (deux participations). On (sou)rit jaune devant cet étalage de médiocrité humaine et cette galerie de personnages cyniques, crédules, cupides, pétris d’égoïsme, lâches ou tout simplement stupides. Par contre, dans Comme une reine, où Alberto Sordi (sordide, en l’occurrence), sous la pression de sa compagne, dépose à son insu sa mère dans un « mouroir », on ne rit plus tant il s’agit, parmi toutes ces situations, de la plus crédible… Beurk ! Que ce soit aussi en hilarant snob aristocrate très porté sur le sexe ou en comédien égayant les funérailles de son collègue par l’évocation de ses meilleurs sketchs, c’est ce même Sordi qui tire le mieux son épingle du jeu. L’éloge funèbre final peut être vu comme celui de la « comédie à l’italienne », mouvement culturel s’étendant sur trois décennies et prenant fin avec l’arrivée du magnat des médias Berlusconi dans les années 80 ou bien comme un message d’espoir (« the show must go on » / « le rire plus fort que tout, même que la mort »). En dépit de quelques facilités (notamment la « bataille rangée » dans la cuisine entre Gassman et Tognazzi), un programme globalement réjouissant et très recommandable.

Le Père Noël est une ordure (1982), de Jean-Marie Poiré

 

« Tu crois qu’il a un gros kiki ? Parce que Félix, il a un gros kiki. »

« Mais… qu’est-ce que c’est qu’cette matière ? C’est… c’est d’la merde ? » - « Non, c’est kloug. »

« Y’a un monsieur très malpoli qu’a téléphoné : il voulait enculer Thérèse ! » - « Oui mais c’est un ami. »

Réalisation : Jean-Marie Poiré

Scénario : Jean-Marie Poiré et La troupe du Splendid, d'après la pièce du même nom du Splendid

Pays : France

Année : 1982

Genre : comédie

Avec : Anémone, Thierry Lhermitte, Marie-Anne Chazel, Gérard Jugnot, Christian Clavier, Josiane Balasko, Bruno Moynot.

Synopsis : Paris, soir du réveillon de Noël à la permanence téléphonique de l'association SOS Détresse Amitié. Alors que sa présidente Mme Musquin se retrouve coincée dans l’ascenseur en panne, les bénévoles de service Pierre et Thérèse voient débarquer tour à tour dans leurs locaux leur voisin originaire d’Europe de l’Est M. Preskovitch et ses spécialités gastronomiques peu ragoutantes, Katia, travesti dépressif et un couple de marginaux, Félix, déguisé en Père Noël et Josette dite « Zézette ».

Pourquoi ? Le hasard fait parfois bien les choses. Alors que nous entrons dans la période des fêtes de Noël, j’en suis actuellement à la lettre « P » de ma DVDthèque et j’arrive au second fait d’armes de la troupe du Splendid, après le diptyque Les Bronzés, ce tout aussi cultissime Père Noël est une ordure. Un film qui traverse les époques, dont les bandes doivent être usées à force d’être diffusées à la télé et dont on connait tous les scènes-clés et les meilleures répliques, entrées dans l’inconscient collectif. Si le personnage de dragueur raté de Michel Blanc dominait les Bronzés, ici c’est celui de Marie-Anne Chazel, avec son gros dentier et son zozotement, qui s’avère central et le plus typé. Se lassera-t-on un jour de cette comédie ?

Le pari (1997), de Didier Bourdon et Bernard Campan

 

« C’est pas ce petit poujadiste de merde qui va me la faire, crois-moi ! »

Réalisation : Didier Bourdon et Bernard Campan

Scénario : Didier Bourdon et Bernard Campan

Pays : France

Année : 1997

Genre : comédie

Avec : Didier Bourdon, Bernard Campan, Isabelle Ferron, Isabel Otero, Hélène Surgère, Roger Ibáñez, Kelly Lawson, François Berléand, Philippe Chevallier, Régis Laspalès.

Synopsis : Lors d’un repas de famille, Didier et Bernard, deux beaux-frères que tout oppose (le premier est pharmacien et de droite, le second prof en banlieue et de gauche) mais tous deux gros fumeurs, font le pari d’arrêter de fumer pendant quinze jours. Très vite en manque, leur vie va basculer.

Pourquoi ? Les Inconnus ne sont plus que deux, suite à un conflit avec leur producteur Paul Lederman (Légitimus fait toutefois une très brève apparition – je ne l’ai même pas remarqué – en tant que figurant dans la scène du cocktail) mais c’est aussi bien, voire mieux, que quand ils étaient trois (Les trois frères, 1995). Cette comédie hilarante de, par, pour et avec Bourdon et Campan enchaine sans faiblir les gags et répliques (« Le tabac, c’est tabou, on en viendra tous à bout ! ») drolatiques, avec une pointe d’émotion (la fille adoptive de Bourdon, les obsèques du père des deux sœurs) et des clins d’œil à des chefs-d’œuvre du cinéma (Shining, Psychose, Taxi Driver). Mention spéciale à l’avant-dernière séquence dont je ne me lasse pas, où Bourdon et Campan, frustrés par les repas faméliques de leur cure thermale, investissent secrètement les cuisines pour se concocter un festin. Bref, un film vraiment… énorme.   


Tango (1993), de Patrice Leconte

« Tu vas voir comme on va être bien. On mangera le gras de la viande, la peau du poulet, les pommes de terre au beurre. Alors bien sûr, on grossira. Mais quelle importance, puisqu’on n’aura plus personne à séduire ? On s’ra entre nous. On se racontera des histoires de cul, on autorisera les gros mots au Scrabble, on fera des concours de bites… Il nous arrivera d’péter. »

« Regarde ceux-là, il lui a fait trois enfants, c’est foutu. Il pourra plus jamais prendre le large, s’amuser, s’aérer… »

C’est l’histoire de Paul (Thierry Lhermitte), trompé par sa femme Marie (Miou-Miou), qui le quitte. Ne pouvant vivre ni avec ni sans elle, il souhaiterait sa mort, ça le soulagerait. C’est là qu’entre en jeu son oncle dit « l’Elégant » (Philippe Noiret), un juge d’instruction qui, par compassion, avait fait acquitter il y a quelques années Vincent (Richard Bohringer), pourtant coupable du meurtre de sa femme (Michèle Laroque) et de son amant. Usant d’un chantage, il force Vincent à tuer Marie. Voici les trois hommes partis sur les routes à la recherche de l’épouse à éliminer.

Pouvoir flatuler (ce tue-l’amour rédhibitoire…) en toute sérénité n’est pas le moindre des avantages du célibat (et je sais de quoi je parle, j’ai un demi-siècle d’expérience en la matière...), comme nous le montre par l’exemple Noiret dans ce film qui aurait pu s’intituler « Bienvenue chez les MGTOW ». Déception toute relative pour ce Tango dont j’attendais beaucoup, sans doute trop. La faute à un manque d’idées évident, la durée du métrage, d’un peu moins que les 90 minutes réglementaires, étant déjà un (mauvais) signe. Film sous très haute influence Bertrand Blier, parfaitement revendiquée par Leconte dans les bonus mais que Lhermitte vient nuancer : « On peut pas confondre. Blier, c’est acide, souvent cynique, mordant. Ici, c’est charmant, toujours et c’est joli ». Rien que le postulat de départ, absurde… Un homme ne peut pas vivre sans ni avec sa femme, alors y’a qu’à la zigouiller. Du Blier pur jus. Mais le scénar, ou plutôt sa « mise en musique », ça coince un peu : près de vingt minutes d’introduction, pour raconter le double meurtre de Bohringer (un peu rude, d’ailleurs, pas très drôle comme entrée en matière pour une comédie…), c’est autant qui manqueront pour l’intrigue principale. Et ensuite, au gré de l’inspiration, on s’attarde ou on accélère, on filme des scènes d’aviation à rallonge pour meubler... En revanche, pas grand-chose à reprocher au casting, ni aux dialogues. Miou-Miou fait des apparitions sporadiques (une scène sans utilité narrative où Lhermitte la rêve, comme si son contrat prévoyait un quota de minutes à l’écran à respecter). « L’Elégant », typiquement le genre de rôles truculents qui va à ravir à Noiret. Evidemment, c’est lui qui a les meilleures répliques (je vous en ai livré deux en préambule) et l’écouter les dire de son ton pédant et précieux, c’est jouissif, du petit lait. Du coup, Lhermitte (avec qui il avait tourné les deux premiers Ripoux), un acteur que je n’ai jamais trouvé extraordinaire, sans doute le moins bon de la troupe du Splendid et, à un degré moindre, Bohringer et sa voix rauque (qui s’est senti un peu à l’écart face à cette complicité) peinent à se hisser à sa hauteur. Dans le reste de la distribution, on remarque Carole Bouquet (toujours en femme fatale inaccessible), la nouvelle passionaria du féminisme 2.0, l’alors toute jeune Judith Godrèche, Michèle Laroque à ses débuts et dans de petites apparitions, Jean Benguigui, Ticky Holgado, Élodie Bouchez et surtout Jean Rochefort, à qui il suffit d’une courte scène pour nous éclabousser de son immense talent. Film en apparence misogyne et évidemment critiqué comme tel à sa sortie mais tout le contraire en réalité, plutôt un réquisitoire ou du moins une moquerie de la lâcheté des hommes (enfin, de certains). Mais tout n’est pas perdu, Leconte racontant que lors d’une diffusion en plein air dans un festival il y a quelques années, les gens avaient beaucoup rigolé et pris le film pour ce qu’il est vraiment. Quant à la possibilité de sortir un tel film de nos jours, Lhermitte avancera des propos bateaux mais pleins de bon sens, du style « pour faire des blagues sur les femmes, il ne faut pas être misogyne, des blagues sur les Juifs, il ne faut pas être antisémite et des blagues sur les Noirs, il ne faut pas être raciste » ou « parmi tous les gens qui sont conscients des discriminations et des stigmatisations – et il faut l’être –, il y en a une partie qui n’a aucun humour, c’est comme ça ». Oui, et c'est bien triste...              

Le bonheur est dans le pré (1995), d’Etienne Chatiliez

 

« Pendant ton absence, j’ai… Ca lui a bien dégagé les écoutilles. »

C’est l’histoire de Francis Bergeade (Michel Serrault), chef d'entreprise à Dole, en proie à de multiples problèmes : les employées de son usine de sièges de toilettes menacent de faire grève, alors qu’un contrôle fiscal se profile et que sa femme Nicole (Sabine Azéma) et sa fille Géraldine (Alexandra London), bourgeoises autocentrées, ne font rien pour l’aider. Il sera même victime d’un malaise vagal. Ses seuls moments de plaisir, il les partage autour d’une bonne table avec son ami concessionnaire automobile Gérard (Eddy Mitchell), un bon vivant et coureur de jupons invétéré. Mais voilà qu’un soir, en regardant l’émission Où es-tu ?, il se reconnait dans le portrait de Michel Thivart, disparu vingt-six ans plus tôt et dont il est le parfait sosie. Poussé par Gérard, il va sauter sur l’occasion pour changer de vie.

Je vais faire mon difficile en disant cela mais finalement, Chatiliez, c’est pas si fou que ça, non ? Certes, à l’instar d’un Francis Veber, son savoir-faire de petit artisan au ton vachard le fait voler bien au-dessus (au moins jusqu’à La confiance règne, ensuite ça se gâte sévère…) de la multitude de panouilles mises en boite par des tâcheron(ne)s qui sortent chaque année sur nos écrans, aux têtes d’affiche immuables (Dany Boon, Didier Bourdon, Gérard Darmon, Christian Clavier, Kad Merad, Michèle Laroque, Valérie Bonneton…). Mais passés la bonne idée de départ (l’inversion des bébés dans La vie est un long fleuve tranquille, la vieille acariâtre de Tatie Danielle, le grand dadais qui s’accroche à ses parents dans Tanguy…) et un art consommé de la caricature (vous me direz, c’est déjà pas mal), qu’y a-t-il d’autre à se mettre sous la dent (ou les yeux et les oreilles, en l’occurrence) ? Ici encore, la galerie de personnages caricaturaux qu’on croirait sortis des Bidochons ou des Deschiens (François Morel en comptable en « Nike », Yolande Moreau en ouvrière), le choc des mondes et des contraires (l’usine de la ville / le marché du village campagnard, Azéma en bourgeoise distinguée / Mitchell en mec bourru et vulgos) mais peu de gags ou situations franchement comiques et de « punchlines » incisives. Les acteurs ne sortent pas de leur registre habituel et de fait, ils excellent (c’est bien le moins), notamment « Schmoll », qui empoche le César du meilleur second rôle masculin. Le film voit débuter au cinéma les deux frères Cantona, tous deux footballeurs, nés à Marseille et ayant joué à l’OM (Eric lors de la grande époque des « années Tapie » et Joël, nettement moins talentueux, pendant les deux saisons du club en Deuxième division entre 1994 et 1996). Finalement, je retiendrai surtout le message du film pour une vie simple et le goût des bonnes choses, en particulier celles de la table. 

Tranches de vie (1985), de François Leterrier

 

« Merde, un clebs… J’ai horreur des clebs. »

C’est l’histoire… d’une dizaine d’histoires : l’aventure de trois dragueurs invétérés ; les difficultés d’un interprète entre un dictateur africain et le président de l’URSS ; un couple d’astronautes se dispute, compromettant sa mission ; un journaliste rencontre une habitante parisienne qui s’est adaptée au changement de population de son quartier ; un couple de paysans donne sa vision de la « révolution sexuelle » pour une interview télévisée ; un étudiant s’avère incapable de faire de la peine à l’une ou l’autre de ses maitresses, l’une de Paris, l’autre de Rouen ; un journaliste français de l’Humanité rend visite à son cousin russe derrière le « rideau de fer » ; un homme qui espérait passer une nuit d’amour avec sa conquête en est empêché par le chien de celle-ci.

Bon ben, le Splendid et assimilés (sans Blanc, Lhermitte et Moynot), passés les coups de maitre des Bronzés et du Père Noël, ça ne « pisse » décidément pas bien loin… Les films à sketches sont bien souvent inégaux, celui-ci ne déroge pas à la règle. Guère de raisons de se réjouir, ici. Paris sera toujours Paris, où Josiane Balasko, visiblement seule Française « de souche » (si cette expression a un sens…) résidant encore dans un quartier parisien désormais peuplé quasi exclusivement d’immigrés africains, parle arabe, appelle son fils Mohamed plutôt que Jean-Michel, porte un tchador et dont le mari s’est converti à l’Islam, fait se pâmer tous les « droitardés mentaux » ayant actuellement le vent en poupe un peu partout en Occident (voire ailleurs), dans certains médias, sur la « toile » (qu’ils « tapissent » de leur hargne et de leur bêtise et inculture crasses) et naturellement dans les urnes (un tiers des votants chez nous, même un peu plus si on y ajoute ceux de la secte zemmourienne et des « Républicains », qui sont les mêmes en plus âgés et plus friqués). Il n’en fallait pas plus pour qu’ils y voient la confirmation de leur prémonition (passant sous silence le « twist » final où Jugnot, résident d’un autre quartier parisien, apparaît quant à lui accoutré en… chinois) : dès 1985 et bien avant notre grand prophète Eric (lui-même pourtant très communautariste), ce film nous alertait sur le terrible danger des « invasions barbares » qui nous guettait. Le « problème » ne date donc pas d’hier. Ce sketch est quoi qu’il en soit loin d’être le meilleur du lot. Un titre qui se jouerait plutôt entre Les âmes mortes et son amusant « twist » final (même si Jugnot en fait des tonnes) avec un Lamotte interprétant un exécutant zélé du régime communiste (soit un rôle proche de celui qu’il incarnera un an plus tard dans Twist again à Moscou), Le meilleur ami de l'homme, où Clavier est contrarié dans sa tentative de « conclure » avec Anémone par la présence du chien de cette dernière et surtout Le sixième sens (mon préféré, même si on en voit arriver la chute d'assez loin), dans lequel Lamotte ne parvient pas à se séparer de l’une ou l’autre de ses amoureuses (Chazel et Anémone). Les autres sketches sont poussifs ou anecdotiques. Plutôt des « tranches de vide », en somme…