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Les Visiteurs (1993), de Jean-Marie Poiré

 

« Cousin Hubert ! Qu'est-ce que c'est qu'ce bin's ? »

« C’est Okaaaaaaaaay ! »

« Merci, la gueuse. Tu es un laideron mais tu es bien bonne. »

Réalisation : Jean-Marie Poiré

Scénario : Jean-Marie Poiré et Christian Clavier

Pays : France

Année : 1993

Genre : Comédie, fantastique

Avec : Christian Clavier, Jean Reno, Valérie Lemercier, Marie-Anne Chazel, Christian Bujeau, Isabelle Nanty.

Synopsis : An de grâce 1123. Victime d’hallucinations après avoir malencontreusement ingurgité la potion d’une sorcière, le Comte Godefroy de Montmirail tue le père de sa promise Frénégonde de Pouille, qu’il a pris pour un ours. Du coup, Frénégonde refuse le mariage. Le mage Eusæbius propose alors à Godefroy une potion pour remonter le temps afin d'en changer le cours et d'éviter cet accident. Celui-ci, ainsi que son fidèle écuyer Jacquouille la Fripouille, boivent ce breuvage pendant que le mage récite la formule magique. Mais ce dernier a oublié un ingrédient et les deux hommes sont envoyés au XXe siècle…

Pourquoi ? Alors là j’avoue, on est en plein dans le « plaisir coupable » du « plus c’est con, plus c’est bon ». Oui, le côté potache « on est les mecs les plus puissants du cinéma français mais on aime faire les cons », ça me botte. Clavier entame ici sa carrière de « nouveau De Funès ». Mais bizarrement, je crois que c’est le personnage de Chazel, dans une variante de celui de « Zézette » du Père Noël, qui me fait le plus marrer. Top 5 des plus gros succès au box-office français, cultissime et c’est pas pour rien, même si ça a inévitablement un poil vieilli.

[P.S : difficile de ne pas voir dans le massacre en règle de la Renault 4L de La Poste par nos deux « visiteurs » une métaphore inconsciente de celui du service public postal, fragilisé par l’ouverture à la concurrence décidée par l’infame Traité de Maastricht, ratifié en 1992…]

Le Père Noël est une ordure (1982), de Jean-Marie Poiré

 

« Tu crois qu’il a un gros kiki ? Parce que Félix, il a un gros kiki. »

« Mais… qu’est-ce que c’est qu’cette matière ? C’est… c’est d’la merde ? » - « Non, c’est kloug. »

« Y’a un monsieur très malpoli qu’a téléphoné : il voulait enculer Thérèse ! » - « Oui mais c’est un ami. »

Réalisation : Jean-Marie Poiré

Scénario : Jean-Marie Poiré et La troupe du Splendid, d'après la pièce du même nom du Splendid

Pays : France

Année : 1982

Genre : comédie

Avec : Anémone, Thierry Lhermitte, Marie-Anne Chazel, Gérard Jugnot, Christian Clavier, Josiane Balasko, Bruno Moynot.

Synopsis : Paris, soir du réveillon de Noël à la permanence téléphonique de l'association SOS Détresse Amitié. Alors que sa présidente Mme Musquin se retrouve coincée dans l’ascenseur en panne, les bénévoles de service Pierre et Thérèse voient débarquer tour à tour dans leurs locaux leur voisin originaire d’Europe de l’Est M. Preskovitch et ses spécialités gastronomiques peu ragoutantes, Katia, travesti dépressif et un couple de marginaux, Félix, déguisé en Père Noël et Josette dite « Zézette ».

Pourquoi ? Le hasard fait parfois bien les choses. Alors que nous entrons dans la période des fêtes de Noël, j’en suis actuellement à la lettre « P » de ma DVDthèque et j’arrive au second fait d’armes de la troupe du Splendid, après le diptyque Les Bronzés, ce tout aussi cultissime Père Noël est une ordure. Un film qui traverse les époques, dont les bandes doivent être usées à force d’être diffusées à la télé et dont on connait tous les scènes-clés et les meilleures répliques, entrées dans l’inconscient collectif. Si le personnage de dragueur raté de Michel Blanc dominait les Bronzés, ici c’est celui de Marie-Anne Chazel, avec son gros dentier et son zozotement, qui s’avère central et le plus typé. Se lassera-t-on un jour de cette comédie ?

Tranches de vie (1985), de François Leterrier

 

« Merde, un clebs… J’ai horreur des clebs. »

C’est l’histoire… d’une dizaine d’histoires : l’aventure de trois dragueurs invétérés ; les difficultés d’un interprète entre un dictateur africain et le président de l’URSS ; un couple d’astronautes se dispute, compromettant sa mission ; un journaliste rencontre une habitante parisienne qui s’est adaptée au changement de population de son quartier ; un couple de paysans donne sa vision de la « révolution sexuelle » pour une interview télévisée ; un étudiant s’avère incapable de faire de la peine à l’une ou l’autre de ses maitresses, l’une de Paris, l’autre de Rouen ; un journaliste français de l’Humanité rend visite à son cousin russe derrière le « rideau de fer » ; un homme qui espérait passer une nuit d’amour avec sa conquête en est empêché par le chien de celle-ci.

Bon ben, le Splendid et assimilés (sans Blanc, Lhermitte et Moynot), passés les coups de maitre des Bronzés et du Père Noël, ça ne « pisse » décidément pas bien loin… Les films à sketches sont bien souvent inégaux, celui-ci ne déroge pas à la règle. Guère de raisons de se réjouir, ici. Paris sera toujours Paris, où Josiane Balasko, visiblement seule Française « de souche » (si cette expression a un sens…) résidant encore dans un quartier parisien désormais peuplé quasi exclusivement d’immigrés africains, parle arabe, appelle son fils Mohamed plutôt que Jean-Michel, porte un tchador et dont le mari s’est converti à l’Islam, fait se pâmer tous les « droitardés mentaux » ayant actuellement le vent en poupe un peu partout en Occident (voire ailleurs), dans certains médias, sur la « toile » (qu’ils « tapissent » de leur hargne et de leur bêtise et inculture crasses) et naturellement dans les urnes (un tiers des votants chez nous, même un peu plus si on y ajoute ceux de la secte zemmourienne et des « Républicains », qui sont les mêmes en plus âgés et plus friqués). Il n’en fallait pas plus pour qu’ils y voient la confirmation de leur prémonition (passant sous silence le « twist » final où Jugnot, résident d’un autre quartier parisien, apparaît quant à lui accoutré en… chinois) : dès 1985 et bien avant notre grand prophète Eric (lui-même pourtant très communautariste), ce film nous alertait sur le terrible danger des « invasions barbares » qui nous guettait. Le « problème » ne date donc pas d’hier. Ce sketch est quoi qu’il en soit loin d’être le meilleur du lot. Un titre qui se jouerait plutôt entre Les âmes mortes et son amusant « twist » final (même si Jugnot en fait des tonnes) avec un Lamotte interprétant un exécutant zélé du régime communiste (soit un rôle proche de celui qu’il incarnera un an plus tard dans Twist again à Moscou), Le meilleur ami de l'homme, où Clavier est contrarié dans sa tentative de « conclure » avec Anémone par la présence du chien de cette dernière et surtout Le sixième sens (mon préféré, même si on en voit arriver la chute d'assez loin), dans lequel Lamotte ne parvient pas à se séparer de l’une ou l’autre de ses amoureuses (Chazel et Anémone). Les autres sketches sont poussifs ou anecdotiques. Plutôt des « tranches de vide », en somme…

Twist again à Moscou (1986), de Jean-Marie Poiré

 

« Dis donc, tu n’aurais pas dans tes réserves un très grand Cognac pourri capitaliste ? »

C’est l’histoire de Iouri (Christian Clavier), dissident soviétique et de sa fiancée, la célèbre chanteuse rock Tatiana Fédorova (Agnès Soral). Lors d’un concert à Kiev en 1984, ils reçoivent la visite des parents de Tatiana, qui sont poursuivis par le KGB. Iouri fait alors appel à son beau-frère, Igor Tataïev (Philippe Noiret), directeur de l'hôtel Tolstoï à Moscou, pour leur venir en aide, celui-ci jouissant de relations haut placées avec des membres du Parti Communiste.

Trois ans après Papy fait de la résistance, trois ans avant la chute du Mur de Berlin et cinq avant la dislocation de l’URSS, sort ce Twist again à Moscou qui reprend le concept du film à (très) gros budget avec casting mêlant « vieille garde » (Philippe Noiret, Bernard Blier, Jacques François…) et « jeunes loups » (Christian Clavier, Martin Lamotte, tous deux coscénaristes, Agnès Soral). Mais avec beaucoup moins de bonheur. Et sachant que Papy… était déjà en deçà du Père Noël et autres Bronzés, pièces maitresses du Splendid, cela situe l’étendue des dégâts. L’absence de gags vraiment marquants (seuls Blier et François, en hauts dignitaires du régime, surnagent et nous arrachent un sourire) plombe ces aventures rocambolesques tournées en ex-Yougoslavie (Belgrade en particulier) et (un peu) en Savoie. Ne restent alors que la caricature, facile, du régime soviétique et la condescendance toute occidentale vis-à-vis du folklore local (musique russe vue comme désuète). Une grosse déception.     

Les Bronzés font du ski (1979), de Patrice Leconte

 

« J’t’expliquerai, va… » - « Te casse pas, on a compris. »

« Tu m’aides pas, là ? » - « Non, pas là, non. »

Réalisation : Patrice Leconte

Scénario : les membres de la troupe du Splendid

Pays :  France

Année : 1979

Genre : comédie

Avec : Josiane Balasko, Michel Blanc, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Dominique Lavanant, Thierry Lhermitte, Bruno Moynot.

Synopsis : Des amis, s’étant connus l’année précédente lors de vacances estivales au Club Med en Côte d’Ivoire, se retrouvent dans une station de sports d'hiver de Val-d'Isère.

Pourquoi ? Euh, sérieux, faut vraiment que je vous dise pourquoi cette comédie dont quasiment tous les gags et répliques (la « crêpe au suc’ », le « planté de bâton », la « liqueur d'échalote relevée au jus d'ail », le fil dentaire dans la fondue, le télésiège qui tombe en panne, les chaussures de ski trop serrées, le « lâché de gourmette », les effusions sexuelles du trio d’Italiens lors de la nuit au refuge…), essentiellement centrés sur le connement disparu Michel « wanabee auteur » Blanc et son incapacité à « conclure », sont culte et entrés dans l’inconscient collectif ?

Le prix à payer (2007), d’Alexandra Leclère


« Ma femme aussi a un don pour l’écriture… Elle remplit très bien les chèques. »

C’est l’histoire de plusieurs couples : un homme d’affaires et son chauffeur, leurs femmes respectives… L’homme d’affaires a un problème : sa femme lui refuse le « devoir conjugal ». Pareil pour son chauffeur. Celui-ci lui conseille de couper les vivres à son épouse : « Pas de cul, pas de fric ! »

Y’a qui dedans ? Christian Clavier (qui commençait déjà à prendre de l’embonpoint, je ne vous raconte pas maintenant…) et Nathalie Baye jouent ce qu’ils sont : de grands bourgeois. Gérard Lanvin, en chauffeur beauf (comme dans Le goût des autres) occasionnellement violent, est impec, ce qui n’est pas flatteur. Géraldine Pailhas, dans le rôle de sa femme, est finalement la plus sympathique du lot. Patrick Chesnais fait également une apparition à la fois drôle et émouvante.

Et c’est comment ? Un peu lourd(ingue). Sorti le jour de mes 32 printemps (voilà qui ne nous rajeunit pas…) et mis en boite par Alexandra Leclère (un petit air d’Agnès Jaoui), l’une de ces tâcheronnes qui peuplent le cinéma français depuis les années 2000 (rien de sexiste là-dedans, y’a autant sinon plus de mecs dans le même cas…), le film appuie là où ça fait mal et personne n’en sort grandi (en gros : les femmes sont vénales et les hommes ne pensent qu’à faire « crac-crac »). Mais quand même surtout les mecs, qui se comportent comme de vrais connards. La scène la plus drôle est sans doute celle du « repas choucroute », d’où est tirée la réplique de Clavier en introduction de cette notule et où seule Géraldine Pailhas garde sa dignité. Le reste du temps, on (sou)rit plutôt jaune. Ou pas du tout. Ah, les hommes et les femmes, ces animaux compliqués, condamnés à cohabiter… Le « réarmement démographique » (sic) n’est sans doute pas pour demain et ce n’est pas grave. Et pour le « réarmement cinématographique », il ne faudra pas compter sur ce genre de panouilles…

CB : oui

Transsexuel : oui

Femme à poil : non

Convoi exceptionnel (2019), de Bertrand Blier

 

« Quand une femme disparait dans la nuit, y’a toujours une musique » - « Triste, la musique... »

C’est l’histoire d’Astérix et Obélix qui débarquent au 21ème siècle après avoir bu la « potion magix » des Visiteurs… Euh, non, j’m’égare… Reprenons. C’est l’histoire de Foster, un grand bourgeois et de Taupin, un SDF, qui se rencontrent à Bruxelles. Ils s’aperçoivent que leurs faits et gestes sont dictés par un scénario dont ils reçoivent les pages au fur et à mesure de leur parcours, au cours duquel ils vont faire des rencontres et devoir se remettre en question sur leur vie.

Y’a qui dedans ? Blier est plutôt du genre fidèle : Depardieu et sa compagne Farida Rahouadj sont à nouveau de la partie et Audrey Dana était aussi à l’affiche du Bruit des glaçons. Clavier, Sylvie Testud et Alexandra Lamy, c’est par contre la première fois qu’il les dirige.

Et c’est bien ? Mieux que Le bruit des glaçons mais moins bien que Les côtelettes, si on se réfère à la filmo du cinéaste sur le nouveau millénaire. Comme souvent chez lui, on passe du coq à l’âne, les personnages semblent évoluer telles des « boules de flipper » (qui roulent, qui roulent…) dans un univers absurde qui leur échappe. Testud (qui, après des débuts prometteurs plutôt dans le cinéma d’auteur, s’est largement « mainstreamisée » au fil du temps) fait une brève apparition et semble tomber comme un cheveu sur la soupe. De même qu’Alexandra Lamy (encore une fausse actrice venue de la télé), qui vient égrener devant un Clavier impassible, assis comme un con, la liste de ses amants, concluant par un grotesque « Qu’est-ce que j’ai pris dans l’cul ! » (t’as pas honte, Bertrand ?). Blier finit donc là-dessus, c’est un peu triste mais le « feu sacré » était déjà parti depuis longtemps (depuis Merci la vie ou Un, deux, trois, soleil, au choix). Le repas final entre Clavier et Depardieu renvoie inévitablement à celui de Calmos avec Marielle et Rochefort. La boucle est donc bouclée.

Caddie : oui

Recette du poulet : oui

Femme à poil : non