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Tendres passions (1983), de James L. Brooks

 

« Comment veux-tu avoir la vie plus facile si ce type continue à te faire pondre des gosses ? Quel miracle va-t-il tomber du ciel qui puisse te sauver ? »

C’est l’histoire de la relation « amour – haine » entre une mère, Aurora (Shirley MacLaine) et sa fille Emma (Debra Winger). La première, veuve un peu guindée, voit d’un mauvais œil le mariage de la seconde, un peu « fofolle ». Les deux femmes restent malgré tout attachées et se téléphonent fréquemment. Emma enchaine les naissances (trois au total) tandis qu’Aurora finit par se laisser séduire par son voisin Garrett (Jack Nicholson), astronaute.

Sorti chez nous le jour de mon 9ème anniversaire (4 avril 1984), multi-Oscarisé (5 au total, dont la plupart des principales statuettes), massacré par la critique française à l’époque puis bénéficiant d’un « retour de hype » depuis deux décennies, je me suis donc laissé tenter par ce Tendres passions, acheté lui aussi sur Vinted (de même que prochainement, La Terrasse et Agent zéro zéro). Un film aussi touchant, beau, moche et déprimant que peut l’être la vie (c’est-à-dire quelques pépites de bonheur dans un océan de merde…). Il mêle habilement comédie et (mélo)drame et établit un étonnant parallèle entre la vie des deux femmes. En effet, tandis que la mère (Shirley MacLaine) retrouve une seconde jeunesse en tombant amoureuse telle une midinette, le couple de sa fille (Debra Winger, mariée à Jeff Daniels, même voix française que Bruce Willis) est vite rattrapé par l’usure du quotidien, avec son lot de contraintes professionnelles, de disputes et de tromperies réciproques. Les deux femmes sont formidables mais il n’y avait qu’un Oscar à prendre, il sera finalement pour MacLaine. Nicholson, fidèle à lui-même (c’est-à-dire un brin cabotin), empochera celui du meilleur second rôle masculin. Cette histoire s’achèvera [SPOILER ALERT] de façon sordide, dans l’anonymat d’une chambre d’hôpital. La ficelle « tire-larmes » est facile mais le film, assez pudique, a la bonne idée de ne pas en faire des caisses dans le pathos. Chienne de vie et putain de crabe… En somme, même si « la vie continue » (les derniers plans), ne comptez pas sur Tendres passions pour vous remonter le moral…     


Le topo de Guillaume Brac et Justine Triet :
 

Et celui de Michel Hazanavicius :

Vol au-dessus d'un nid de coucou (1975), de Miloš Forman

 

« Mais de vous à moi, Docteur… euh… elle avait peut-être que quinze ans mais quand on est devant une belle fente bien rouge qu’on peut toucher, là, j’crois pas qu’il faut être cinglé pour… Et c’est bien votre avis aussi ? » - « Je vous entend parfaitement. »

Réalisation : Miloš Forman

Scénario : Bo Goldman et Lawrence Hauben, d’après le roman éponyme de Ken Kesey (1962)

Pays : Etats-Unis

Année : 1975

Genre : Drame

Avec : Jack Nicholson, Louise Fletcher, William Redfield, Brad Dourif, Will Sampson, Danny DeVito, Christopher Lloyd, Sydney Lassick, Scatman Crothers.

Synopsis : Condamné pour diverses agressions et un viol sur mineur, Randall Patrick McMurphy simule la folie pour échapper au pénitencier. Il intègre alors un hôpital psychiatrique afin qu'on évalue sa santé mentale. Les thérapies y sont dirigées d’une main de fer par l’infirmière en chef Miss Ratched, une femme autoritaire et impassible à laquelle McMurphy va très vite s’opposer…

Pourquoi ? J’ai donc revu ce film « bouleversifiant » d’humanité, qui a mon âge et dans lequel une poignée de malades mentaux sont aux prises avec une infirmière tyrannique, portant le sadisme et la cruauté sur son visage. Sous l’impulsion d’un sociopathe simulateur, ils vont progressivement braver ce système intransigeant et retrouver goût à la vie et à la liberté. Parfois drôle mais aussi poignant et (très) dur. Quelle justesse dans l’interprétation (Nicholson et ses colères homériques, Fletcher, Dourif, DeVito… tous !) et dans les situations ! Que voulez-vous que je vous dise de plus ? Grand chelem des cinq principaux Oscars mérité, chef-d’œuvre et pis c’est tout.   

L.A. Confidential (1997), de Curtis Hanson

 

C’est l’histoire de trois flics du Los Angeles Police Department (LAPD) des années 50, aux profils radicalement différents : le « droit dans ses bottes » scrupuleux, la brute épaisse et le dandy cynique. Malgré leurs inimitiés, ils vont être amenés à devoir coopérer sur une affaire criminelle aux multiples ramifications (flics « ripoux », massacre, trafics en tous genres…).

C’est avec qui ? Guy Pearce, Russell Crowe et Kevin Spacey (j’adore ce mec), alors en pleine « hype » post – Seven / Usual Suspects dans le rôle des flics et Kim Basinger en pute de luxe pour la touche féminine. Plus Danny DeVito en journaliste.

Et c’est comment ? Nous sommes en présence d’un pur produit hollywoodien parfaitement manufacturé par la Warner : adaptation d’un roman de James Ellroy, reconstitution au cordeau du L.A des années 50, gros casting. Par contre, l’intrigue, faut suivre et bien avoir noté les noms de tous les protagonistes (pour tout dire, j’ai rien capté)... De toutes façons, les « gentils » gagnent toujours à la fin, hein. Et bien sûr : à leur contact, le flic bourrin s’assagit et le « bon élève » finit par adopter des méthodes qu’il réprouvait initialement (pragmatisme, quand tu nous tiens…). Kim Basinger ne sert pas à grand-chose mais ça lui fait un Oscar du meilleur second rôle féminin quand même.

Pot-de-vin : oui

Course-poursuite : non

Femme à poil : putain, j’ai déjà oublié… Il ne me semble pas ou alors une poitrine, furtivement, dans un bordel ?