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Usual Suspects (1995), de Bryan Singer

 

« Et bien moi je crois en Dieu et la seule chose dont j’ai peur, c’est Keyser Söze. »

Réalisation : Bryan Singer

Scénario : Christopher McQuarrie

Pays : Etats-Unis

Année : 1995

Genre : Thriller, policier

Avec : Stephen Baldwin, Gabriel Byrne, Chazz Palminteri, Kevin Spacey, Kevin Pollak, Pete Postlethwaite, Suzy Amis, Benicio del Toro, Giancarlo Esposito, Dan Hedaya, Peter Greene.

Synopsis : Verbal Kint, infirme d’une main et d’une jambe, retrouve miraculeusement l’usage de ses membres après s'être confié à l'agent spécial des douanes Dave Kujan, grâce à un exercice consistant à inventer une histoire à partir d'éléments (noms, détails) trouvés dans le bureau de celui-ci (tableau d'affichage, objets...).

Pourquoi ? Grand succès public et critique, Usual Suspects fait coup double. C’est tout d’abord un formidable message d’espoir pour les éclopés qui, avec un peu de volonté et d’imagination, auront l’occasion de sortir de leur handicap. Et c’est aussi un hommage et un coup de projecteur pour nos valeureuses forces de l’ordre qui, contrairement à ce que pensent les gauchistes, ne sont pas constituées que de brutes épaisses suivant bêtement les ordres de leur hiérarchie pour faire appliquer la loi des puissants pour les puissants. Elles savent faire preuve de psychologie et d’empathie lorsque le besoin s’en fait sentir et cette histoire en est un parfait exemple. 

Seven (1995), de David Fincher

 

« Ernest Hemingway a écrit : « Le monde est un bel endroit qui vaut la peine qu'on se batte pour lui ». Je suis d'accord avec la seconde partie. »

Réalisation : David Fincher

Scénario : Andrew Kevin Walker

Pays : Etats-Unis

Année : 1995

Genre : Thriller psychologique, policier

Avec : Brad Pitt, Morgan Freeman, Gwyneth Paltrow, Kevin Spacey, R. Lee Ermey.

Synopsis : Au sein d'une brigade criminelle d'une grande ville américaine, l’inspecteur William Somerset voit avec impatience sa retraite se profiler dans une semaine. Lui passant le relais, il est contraint de faire équipe avec le jeune inspecteur David Mills, au caractère imprévisible, diamétralement opposé au sien. Les deux hommes sont chargés d’enquêter sur deux homicides particulièrement sauvages, visiblement inspirés par les sept péchés capitaux. Somerset pense alors qu’il faut s’attendre à cinq autres meurtres…   

Pourquoi ? Alors là, y’a pas à tortiller, pour moi c’est Top 5 U.S direct (avec Basic Instinct, Shining, JFK et Thelma & Louise) et même Top 3. Cela va bien au-delà de la « simple » (ce qui serait déjà beaucoup) « Madeleine de Proust » (le bon temps des locations de VHS chez Vidéo Futur avec mon pauvre padre). Il y a en effet ici tout ce que j’attends d’un bon film policier : une intrigue qui tient en haleine, entrecoupée d’une scène d’action, un climat, une atmosphère (obscurité, pluie omniprésente), un criminel et un final (« moral » sans l’être) marquants. Le film reprend la formule maintes fois usitée du « buddy movie », avec un duo de flics aux personnalités très différentes l’une de l’autre (le « vieux sage » et le « chien fou »), parfaitement interprétés par Morgan Freeman et Brad Pitt. David Fincher s’affirme comme un réalisateur prometteur, ce qu’il confirmera par la suite. Coup de chapeau aussi à l’excellent Kevin Spacey qui, en cette année 1995, aura donc campé deux des criminels les plus diaboliques de l’histoire du cinéma : Keyser Söze dans Usual Suspects et John Doe ici même. Vraiment un sans-faute.

Alerte ! (1995), de Wolfgang Petersen

 

C’est l’histoire d’un putain de petit singe capucin qui, du Zaïre, débarque en Californie. Pas de quoi fouetter un chat, me direz-vous… Sauf que le putain de singe en question est porteur d’un virus mortel. Vous voyez l’tableau ? Le colonel et virologue Sam Daniels (Dustin Hoffman), avec son équipe, se démène pour empêcher la progression du virus, tandis que l’armée, dirigée par les généraux Donald McClintock (Donald Sutherland) et Billy Ford (Morgan Freeman), envisage de raser la petite ville de Cedar Creek, largement contaminée. Le compte à rebours est lancé.

Bref, c’est l’histoire de ce putain de Covid vingt-cinq ans avant ce putain de Covid…

Dustin Hoffman, après avoir interprété pêle-mêle un tuberculeux malingre, un « père courage » confronté aux affres du divorce, un autiste ou encore un travesti et constatant qu’on commençait à l’oublier et qu’il avait des arriérés d’impôts à payer, s’acquitta du rôle de ce médecin militaire. « Si on m’admire ou qu’on me plaint, je prends », lança-t-il à son agent, qui lui rétorqua « c’est bon, tu vas sauver le monde ». Le tout, comme pour le reste du casting, sera alors de paraître concerné par cette grosse production Warner à l’intrigue cousue de fil blanc. Y’a le recours aux habituelles ficelles pour faire pleurer dans les chaumières : l’enfance, la maladie, le lourd dilemme qui pèse sur les épaules des « hommes de devoir » (« S’il faut que 10 000 meurent pour que 340 millions vivent, alors allons-y… Mais Dieu, dans ta miséricorde, pardonne-nous… »). Bravo et merci à toutes et (surtout) tous (univers presque exclusivement masculin, en dehors de Rene Russo). 

American Beauty (1999), de Sam Mendes

 

Réalisation : Sam Mendes

Scénario : Alan Ball

Pays :  Etats-Unis

Année : 1999

Genre : drame

Avec : Kevin Spacey, Annette Bening, Thora Birch, Wes Bentley, Mena Suvari, Peter Gallagher, Chris Cooper.

Synopsis : Lester Burnham, traverse la « crise de la quarantaine », entre son métier de cadre qu’il déteste, sa maison en banlieue, sa femme névrosée Carolyn et leur fille de 16 ans, Jane, en pleine puberté. Sa rencontre avec Angela, une des amies de Jane, va être l’occasion pour lui de se remettre totalement en question.

Pourquoi ? Pour Kevin Spacey, qui clôture ici avec un Oscar du meilleur acteur sa période faste (1995-2000) ; pour le sujet qui me parle, entre satire de la société américaine et questionnement sur le sens de l’existence, la peur de s’enfermer dans une vie conformiste et de ne pas pouvoir réaliser ses rêves, thème que reprendra Sam Mendes neuf ans plus tard dans l’également excellent Les noces rebelles, avec le couple star de Titanic ; pour la scène, proprement hilarante, où le père facho-réac et homo refoulé espionne son fils qui se trouve chez les voisins d’en face et, par illusion d’optique, croit que celui-ci est en train de tailler une pipe à Spacey.

L.A. Confidential (1997), de Curtis Hanson

 

C’est l’histoire de trois flics du Los Angeles Police Department (LAPD) des années 50, aux profils radicalement différents : le « droit dans ses bottes » scrupuleux, la brute épaisse et le dandy cynique. Malgré leurs inimitiés, ils vont être amenés à devoir coopérer sur une affaire criminelle aux multiples ramifications (flics « ripoux », massacre, trafics en tous genres…).

C’est avec qui ? Guy Pearce, Russell Crowe et Kevin Spacey (j’adore ce mec), alors en pleine « hype » post – Seven / Usual Suspects dans le rôle des flics et Kim Basinger en pute de luxe pour la touche féminine. Plus Danny DeVito en journaliste.

Et c’est comment ? Nous sommes en présence d’un pur produit hollywoodien parfaitement manufacturé par la Warner : adaptation d’un roman de James Ellroy, reconstitution au cordeau du L.A des années 50, gros casting. Par contre, l’intrigue, faut suivre et bien avoir noté les noms de tous les protagonistes (pour tout dire, j’ai rien capté)... De toutes façons, les « gentils » gagnent toujours à la fin, hein. Et bien sûr : à leur contact, le flic bourrin s’assagit et le « bon élève » finit par adopter des méthodes qu’il réprouvait initialement (pragmatisme, quand tu nous tiens…). Kim Basinger ne sert pas à grand-chose mais ça lui fait un Oscar du meilleur second rôle féminin quand même.

Pot-de-vin : oui

Course-poursuite : non

Femme à poil : putain, j’ai déjà oublié… Il ne me semble pas ou alors une poitrine, furtivement, dans un bordel ?