jeudi 16 avril 2026

La lune dans le caniveau (1983), de Jean-Jacques Beineix

 

« J’habite au 7 chemin de l’Océan… Le 7… Ca porte bonheur. C’est la maison la plus pourrie du quartier, vous pouvez pas vous tromper. »

C’est l’histoire d’un mec, Gérard (Gégé Depardieu), docker dans un port non identifié. Il est hanté par le souvenir de sa sœur qui s’est suicidée après avoir été violée dans une impasse. L’affaire a été classée mais il retourne soir après soir sur les lieux du crime et se jure de retrouver l’homme qui a fait ça.


Oh la la, quelle « connerie », celui-là ! J’ai compris dès les premières minutes que j’allais souffrir à la vision de cette « chose ». Si vous me passez l’expression, je dirai qu’ici, Beineix a « pété plus haut que son cul » ! J’ai lutté mais je suis finalement venu à bout de ces (très) longues 130 minutes au cours desquelles il ne se passe rien, ou si peu. Esthétique toc de bas-fonds d’une cité inconnue dans les mythiques studios de la Cinecitta (César des meilleurs décors, quand même), ambiance onirico-surréaliste, emphase hors de propos (musique mélodramatique, coucher du soleil, z’avez vu comme j’suis romantique et poétique ?), voila l’univers de pacotille dans lequel se débat une poignée de personnages (un triangle amoureux et quelques « désaxés »). Depardieu et Nastassja Kinski se tournent autour, ce qui rend Victoria Abril jalouse. Première apparition de Bernard Farcy (futur commissaire de la franchise Taxi) et l’une des toutes premières incursions de la pétillante future muse Almodóvarienne dans le cinéma français. Y’a aussi Dominique Pinon, dans le même type de rôle, mais plus fourni, que dans 37°2 (il a une « gueule », faut dire…). Et dès qu’y’a l’occase de voir une poitrine féminine dénudée (et même plus, pour Victoria), Beineix ne se gêne pas. Bide critique et commercial parfaitement compréhensible.

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