« Il faut le
comprendre, quoi… Il tourne deux films en même temps : son premier et son
dernier. »
Bonjour tristesse...
C’est l’histoire de quelques amis,
issus de « l’intelligentsia » de la gauche culturelle, qui se
retrouvent, avec d’autres et pour certains, avec leur compagne, lors d’un
rituel buffet dinatoire sur une terrasse romaine. Il y a là Amedeo (Ugo
Tognazzi), producteur de cinéma ; Enrico (Jean-Louis Trintignant), son scénariste
attitré ; Luigi (Marcello Mastroianni), journaliste ; Sergio (Serge
Reggiani), responsable de la télé publique RAI ; et Mario (Vittorio
Gassman), député communiste. A l’enthousiasme des débuts a succédé l’accablement
face aux échecs professionnels et sentimentaux.
« Vous m’avez vraiment cassé
les couilles ! » lance à un moment donné l’un des convives de
cette Terrasse aux autres invités. Cette sentence résume parfaitement mon
sentiment à la vision de ce film long (2h35 !) et chiant comme la pluie (qui
s’abat d’ailleurs sur ladite terrasse lors du final). Ni rires ni larmes au
programme de cet étalage d’amertume, d’histoires et de personnages
inintéressants au possible. Trois grands acteurs italiens (Tognazzi,
Mastroianni et Gassman) y sont accompagnés des « francesi » (et tout aussi
grands) Trintignant et Reggiani, ayant déjà tourné pour des réalisateurs
transalpins, Reggiani ayant lui-même des origines italiennes. Chacun fait son
petit tour de piste (d’environ 30 minutes chacun, donc), annoncé par la scène liminaire, identique et répétée, d’une femme déclarant le buffet ouvert. On y suit à chaque
fois le personnage en question lors de cette soirée puis dans sa vie. Tous ont
pour point commun, outre leur amitié, d’être en situation d’échec sur les
plans professionnels comme amoureux et de se trouver en contradiction avec
leurs rêves et idéaux d’antan (thème proche de celui de Nous nous sommes tant
aimés, du même réalisateur et bientôt chroniqué sur ces pages). Trintignant, en
auteur sans inspiration (ne lui trouvez-vous pas un air de John Malkovich, ce
sourire à la fois charmeur et inquiétant ?) et Gassman, en député ayant une
liaison avec une jeune femme, font leur numéro, les autres (Reggiani en
dépressif anorexique, Mastroianni largué par sa femme et Tognazzi en producteur
raté) sont plus sobres. Mais rien ne passionne dans leurs aventures, tout juste
notera-t-on quelques fulgurances sarcastiques ou de mise en scène (Gassman s’imaginant
évoquer sa liaison adultérine à la tribune du congrès du Parti Communiste – images d’archives
– auquel il participe). La pauvre Marie Trintignant, tout juste 18 ans à l’époque,
fait de furtives apparitions lors de ces buffets et y croise donc son père. Cette
livraison de quatre DVD achetés sur Vinted fût donc très décevante, seul Tendres
passions, mélo porté par un exceptionnel trio d’acteurs, valant le coup d’œil.
Heureusement qu’ils ne m’ont en réalité rien couté, puisque payés par les
fruits de la vente d’une visionneuse de diapositives antédiluvienne…



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