mercredi 1 avril 2026

Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant (1989), de Peter Greenaway

 

« On s’en fout c’qu’il a mangé. Tout c’que tu manges, ça finit en merde. » (*)

C’est l’histoire d’un mec, Albert Spica (Michael Gambon), apparemment un mafieux, qui se rend chaque soir avec sa femme Georgina (Helen Mirren) et sa bande d’affreux dans le restaurant tenu par le chef Richard Borst (Richard Bohringer) pour y faire bombance. Lassée de la vulgarité de son mari, Georgina s’éprend d’un client lui aussi régulier du restaurant, Michael (Alan Howard).

Ma (relative) frénésie cinématographique, destinée à rattraper un peu de mon retard en la matière, s’étant émoussée, mes interventions sur ce blog se feront désormais plus épisodiques, ayant par ailleurs « d’autres chats à fouetter ». Je me suis laissé tenter par ce film dont j’avais eu vent (sic) du caractère sulfureux. Il vous faudra en effet avoir le cœur bien accroché pour vous atteler à son visionnage. Et ce, dès sa première scène. Un malabar (look Bud Spencer), aidé de quelques acolytes, immobilisent un pauvre gars sur le capot d’une bagnole, le dénudent et lui tapissent corps et visage de… matières fécales canines, avant que l’un d’eux ne lui urine dessus. Le décor est planté. S’ensuit une série de repas dans un restaurant (chaque jour de la semaine, annoncé par sa carte de menu), où nous suivons le colosse Michael Gambon, ses hommes de main (parmi lesquels Tim Roth, avec la voix du doubleur de Bruce Willis) et sa femme Helen Mirren, selon un immuable rituel : Gambon éructe des insanités, les autres parlent peu et Mirren a repéré un homme seul lisant à sa table (Alan Howard). Echange de regards, coup de foudre quasi instantané. Ils se retrouvent aux toilettes pour faire leur petite affaire et les jours suivants, dans l’arrière-cuisine, avec la complicité du chef campé par Richard Bohringer. Plus les jours passent, plus la passion sexuelle (Helen Mirren passe le plus clair de son temps dans son plus simple appareil, nous dévoilant sa cellulite) et la dégradation de la relation conjugale vont crescendo. Jusqu’au final où vous devrez endurer deux autres scènes atroces : gavage par pages de livres et cannibalisme. Picturalement, c’est très beau (costumes de Jean-Paul Gaultier, décors), de même que le thème musical de Michael Nyman. Bonnes idées de mise en scène également (quelqu’un ouvre une porte, écran noir symbolisant le mur puis passage dans la pièce attenante). Reste à savoir ce qu’a voulu nous dire le réalisateur Peter Greenaway. La morale (?) est sauve mais pour le reste ? Enième critique de la société de (sur)consommation, dans la lignée de La grande bouffe (qui, à côté, fait figure de « petit lait ») ? Possible mais certainement pas que. Des indices littéraires, que mon inculture crasse ne me permet pas d’identifier, ont sans doute été disséminés pour nous mettre sur la voie et nous donner des clés de lecture. Au final, passées les malaisantes (euphémisme…) séquences scatologiques ou violentes, un film intéressant, à défaut d’être captivant.

(*) Imparable, en effet…😄

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