« On s’en fout c’qu’il a
mangé. Tout c’que tu manges, ça finit en merde. » (*)
C’est l’histoire d’un mec, Albert
Spica (Michael Gambon), apparemment un mafieux, qui se rend chaque soir avec sa
femme Georgina (Helen Mirren) et sa bande d’affreux dans le restaurant tenu par
le chef Richard Borst (Richard Bohringer) pour y faire bombance. Lassée de la vulgarité
de son mari, Georgina s’éprend d’un client lui aussi régulier du restaurant, Michael
(Alan Howard).
Ma (relative) frénésie
cinématographique, destinée à rattraper un peu de mon retard en la matière, s’étant
émoussée, mes interventions sur ce blog se feront désormais plus épisodiques, ayant
par ailleurs « d’autres chats à fouetter ». Je me suis laissé tenter
par ce film dont j’avais eu vent (sic) du caractère sulfureux. Il vous faudra
en effet avoir le cœur bien accroché pour vous atteler à son visionnage. Et ce,
dès sa première scène. Un malabar (look Bud Spencer), aidé de quelques acolytes,
immobilisent un pauvre gars sur le capot d’une bagnole, le dénudent et lui
tapissent corps et visage de… matières fécales canines, avant que l’un d’eux ne
lui urine dessus. Le décor est planté. S’ensuit une série de repas dans un
restaurant (chaque jour de la semaine, annoncé par sa carte de menu), où nous
suivons le colosse Michael Gambon, ses hommes de main (parmi lesquels Tim Roth,
avec la voix du doubleur de Bruce Willis) et sa femme Helen Mirren, selon un
immuable rituel : Gambon éructe des insanités, les autres parlent peu et
Mirren a repéré un homme seul lisant à sa table (Alan Howard). Echange de
regards, coup de foudre quasi instantané. Ils se retrouvent aux toilettes pour
faire leur petite affaire et les jours suivants, dans l’arrière-cuisine, avec
la complicité du chef campé par Richard Bohringer. Plus les jours passent, plus
la passion sexuelle (Helen Mirren passe le plus clair de son temps dans son
plus simple appareil, nous dévoilant sa cellulite) et la dégradation de la relation
conjugale vont crescendo. Jusqu’au final où vous devrez endurer deux autres scènes
atroces : gavage par pages de livres et cannibalisme. Picturalement, c’est
très beau (costumes de Jean-Paul Gaultier, décors), de même que le thème
musical de Michael Nyman. Bonnes idées de mise en scène également (quelqu’un ouvre
une porte, écran noir symbolisant le mur puis passage dans la pièce attenante).
Reste à savoir ce qu’a voulu nous dire le réalisateur Peter Greenaway. La
morale (?) est sauve mais pour le reste ? Enième critique de la société de
(sur)consommation, dans la lignée de La grande bouffe (qui, à côté, fait figure
de « petit lait ») ? Possible mais certainement pas que. Des
indices littéraires, que mon inculture crasse ne me permet pas d’identifier,
ont sans doute été disséminés pour nous mettre sur la voie et nous donner des clés
de lecture. Au final, passées les malaisantes (euphémisme…) séquences
scatologiques ou violentes, un film intéressant, à défaut d’être captivant.
(*) Imparable, en effet…😄



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