« Ah, vous voulez que je
vous dise le surnom qu’on lui donnait dans l’temps ? « Couille molle » ! »
C’est l’histoire de Lou (Burt
Lancaster), vieux truand minable d’Atlantic City. Au sein de son immeuble, il
veille sur sa compagne, l'acariâtre Grace (Kate Reid) et observe de sa fenêtre
sa voisine Sally (Susan Sarandon), employée au restaurant d'un casino rêvant de
devenir croupière en France. Celle-ci voit débarquer son mari Dave (Robert Joy)
et sa sœur Chrissie (Hollis McLaren), enceinte de ce dernier et accepte de les
héberger. Dave, qui a récupéré de la drogue à Philadelphie, cherche à écouler
sa marchandise et se met en contact avec Lou. Mais les hommes à qui il l’avait
volé le retrouvent et l’abattent.
Alors que Roman Polanski quittait
les Etats-Unis pour la France suite à l’affaire de viol sur mineure qui défraya
la chronique (il est toujours à ce jour considéré comme un « fugitif »),
Louis Malle fit à peu près au même moment (seconde moitié des années 70) le
chemin inverse. Son Lacombe Lucien n’a en effet pas plu aux Résistants. Il se
fera pardonner en 1987 avec Au revoir les enfants, énième film sur l’Occupation
(au cas où on aurait oublié ou qu’on ne savait pas déjà tout). Mais avant cela,
il signera donc une poignée de films au pays de l’Oncle Sam, dont cet Atlantic
City. Film franco-canadien mais réalisé aux Etats-Unis avec des acteurs venus
des trois pays, dont notre Michel Piccoli national dans le rôle du professeur
des croupiers. La légende Burt Lancaster incarne donc un petit
malfrat à la retraite un peu pathétique, tandis que Susan Sarandon interprète
une employée de casino qui voit son rêve de devenir croupière brisé par l’arrivée
puis l’assassinat de son mari dealer. Relativement original par son casting
disparate, son scénario et l’équilibre qu’il cherche (et parvient) à instaurer entre
plusieurs genres (drame, policier, romance, avec quelques touches de comédie),
le film se laisse suivre sans déplaisir. Lion d'or à la Mostra de Venise et sélectionné
en 2003 par le National Film Registry pour conservation à la bibliothèque du
Congrès des États-Unis. Pas mal pour un « Frenchy » !



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire