L’agression (1975), de Gérard Pirès

 

« Ce bout de viande est dégueulasse. C’est mal cuit, c’est dur, c’est une semelle. C’est d’la merde ! » - « Ah non, c’est d’la bavette ! » - « Non, c’est d’la merde ! »

Chronique de la violence (et de la connerie) ordinaire…

C’est l’histoire d’un mec, Paul Varlin (Jean-Louis Trintignant), il part en vacances avec sa femme et leur fillette de 10 ans. Après un arrêt buffet, ils sont pourchassés sur l’autoroute par trois motards. S’ensuivent accident et bagarre, Varlin perd connaissance. A son réveil, il découvre les corps sans vie de son épouse et de sa fille. L’enquête patinant, il décide de se faire justice lui-même.

Mais pourquoi diable me suis-je laissé tenter par ce film ? Le casting, probablement, avec l’icône Deneuve, l’ambigu Jean-Louis Trintignant et Claude Brasseur. Car pour le reste, il présente deux « red flag » : l’univers des motards et leurs engins bruyants et polluants (dans mon monde idéal, ça vire direct…) et « la loi du talion ». En nous montrant des crimes horribles (notamment sur une enfant, qui plus est), on nous pousse de fait, instinctivement, à adhérer au comportement vengeur du père de famille, j’ai horreur d’un tel procédé. De Gérard Pirès, on se souvient surtout, si ce n’est exclusivement, qu’il fût « mandaté » par Luc Besson pour mettre en scène le premier volet de sa franchise putassière Taxi (encore des bolides sans respect pour notre audition et nos bronches). Il s’est bien « fait la main » ici, même filmage de virages au ras du bitume. C’est terrible mais y’a rien qui va dans ce film, il défie constamment les lois de la vraisemblance. Premier constat : à part la bagnole de Trintignant et les trois motards, y’a presque dégun sur cette putain d’autoroute. Deuxième constat : un motard parvient à voler les lunettes que Trintignant a sur le nez. Vous croyez que ce dernier remonterait sa vitre pour autant ? Que nenni ! Je continue ? Notre héros n’a pas l’air si bouleversé que ça d’avoir perdu femme et enfant, si ce n’est un peu d’énervement face à quelques questions policières. Vous en voulez encore ? Le must : ivre, il lui vient l'envie de baiser rien de moins que… sa belle-sœur ! D’accord, celle-ci a les traits de Deneuve, mais quand même… Sa belle-sœur quelques jours après un tel drame… Et vous savez quoi ? Après s’être vigoureusement débattue et sur le point de le quitter, finalement… elle accepte (la scène n’est pas montrée). On « dream » total, là… Après ça, on se tape encore une interminable course-poursuite entre nos deux tourtereaux et une palanquée de motards. Et on termine par un beau carambolage (de quoi justifier un budget et des heures d’intermittents pour les cascadeurs…) lors du « twist » final (et non, c’était pas les motards les coupables…), sur une autoroute malgré tout assez peu fréquentée. Mais que sont venus faire ces trois grands acteurs dans cette galère ?       

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