mardi 6 janvier 2026

Pretty Woman (1990), de Garry Marshall

 

« J’suis du tout cuit. »

Réalisation : Garry Marshall

Scénario : Jonathan Frederick Lawton

Pays : États-Unis

Année : 1990

Genre : romance

Avec : Richard Gere, Julia Roberts, Ralph Bellamy, Jason Alexander, Héctor Elizondo, Laura San Giacomo.

Synopsis : Edward Lewis, richissime homme d'affaires rachetant des sociétés en difficulté en vue de les revendre après les avoir dépecées (un Tapie puissance 10 donc, puisque ricain…), se perd sur Hollywood Boulevard après avoir quitté une soirée où il s’ennuyait à mourir. Il demande alors son chemin à Vivian, une jeune prostituée.

Pourquoi ? Parce que c’est le film qui révéla Julia « Big mouth » Roberts. Parce que Richard Gere (et plutôt bien). Parce que si j’aime le cul, je peux aussi être « fleur bleue » (d’ailleurs, je ne vois pas en quoi ce serait antinomique). Pour l’irrésistible chanson éponyme de Roy Orbison. Et encore et toujours parce que « Madeleine de Proust » (ça y est, je me remet à chialer sur mon insouciance perdue…).

lundi 5 janvier 2026

Easy Rider (1969), de Dennis Hopper

 

« Tu sais, c’était vraiment un merveilleux pays, autrefois. Je comprends pas du tout ce qui a pu se passer… »

L’Amérique, l’Amérique, je veux l’avoir et je l’aurai…

C’est l’histoire de deux mecs (Peter Fonda et Dennis Hopper), marginaux, qui partent sur les routes de l’Amérique à bord de leurs choppers après avoir vendu une grosse quantité de drogue, tout ça dans le but d’assister au carnaval de La Nouvelle-Orléans. Dans leur périple, ils vont faire quelques plus ou moins bonnes rencontres. Enfin, surtout moins… Et ils meurent, à la fin ? Vous verrez…


Et allez, encore un… Un quoi ? Ben, un film « important » (à la bibliothèque du Congrès américain depuis 1998) qui n’aura provoqué chez moi que bâillements… Il est assez reconnu que cette importance est plus d’ordre culturel que purement cinématographique. En effet, il ne se passe pas grand-chose : deux mecs qui roulent (et donc polluent avec leurs bécanes !), fument des « oinjs » et allument des feux de camp la nuit, tout en palabrant sur des questions existentielles. L’Amérique suinte de partout. Les paysages, bien sûr, peut-être le plus grand intérêt du film (bien qu’un peu désertiques) avec la prestation du grand Jack (Nicholson), qui lui ouvrira les portes de la célébrité, mais aussi les choppers, blousons et casques aux couleurs de la bannière étoilée. Et évidemment, la B.O (Steppenwolf, The Byrds, Jimi Hendrix… Mouais, tout ça commence quand même à sentir un peu la naphtaline). Je n’ai jamais compris la fascination pour ce pays et son « rêve » (sic), berceau du capitalisme le plus carnassier, aussi intrinsèquement violent, où la peine de mort existe encore dans certains Etats et où les armes circulent librement, auto-proclamé « maîtres du Monde » (soi-disant « libre »), dont les dirigeants s’arrogent le droit d’envahir ou de déstabiliser un pays (comme par hasard souvent riche en pétrole…), au motif qu’il serait dirigé par un dictateur. Ce qui est certes exact mais aussi un jugement à géométrie variable puisqu’ils fermèrent par contre les yeux sur les crimes du tout aussi (sinon plus) sanguinaire Général Pinochet au Chili pendant plus d’une décennie. Ne reste alors plus qu’à sauver son âme par une pirouette et un timide et bien tardif « Ce n’est pas la page de l’histoire des Etats-Unis dont nous sommes le plus fiers ». Et je pourrais ajouter le racisme, la malbouffe, le puritanisme et la bigoterie, même s’il y a deux Amérique (comme il y a deux France… et même trois). Alors oui, le rock, le jazz, la « black music », Hollywood, c’est souvent grand et ça fait rêver, c’est certain. De toutes façons, hégémonie oblige, on ne connait que ça, on a baigné là-dedans dès le berceau. Mais s’il fallait comparer, je dirais que dans l’ensemble, nous autres Européens sommes plus « profonds » et raffinés, plus « littéraires », là où l’Oncle Sam joue davantage sur l’efficacité de « l’entertainment » (business is business… Je ne suis pas sûr, par exemple, qu’il existe un équivalent ricain à Léo Ferré… Dylan ?). Et quitte à prendre un modèle pour « guider le monde », j’opterai pour les pays scandinaves ou notre bel Hexagone, son patrimoine culturel, historique et géographique, sa cuisine, son système social tant mis à mal par la mondialisation libérale. Pourquoi les « States », alors ? Ah, j’y suis, la fameuse « Liberté » dont ce pays est l’emblème et ce film un manifeste. Un concept très flou et fluctuant, chacun en ayant sa propre définition (j’ai comme l’impression qu’on veut beaucoup de liberté pour soi et ceux de sa catégorie et moins pour les autres, c’est humain), entre les libéraux « classiques », les libertaires d’extrême-gauche et, à l’autre bout du spectre, les libertariens à la Musk ou Bezos.


Mais revenons à nos moutons, en l’occurrence à nos deux gugusses errant dans « l’Amérique profonde »… Film générationnel, symbole du « flower power » hippie et l’un des premiers jalons du « Nouvel Hollywood » (leur « Nouvelle Vague » à eux, dont ils se sont d’ailleurs largement inspirés). Mais dur de se sentir concerné quand cette culture (le rock originel, les bikers…) nous est étrangère. Alors M. Hopper, bravo et merci pour votre contribution au combat des « forces de Progrès » contre le camp de la Réaction mais je me suis copieusement emmerdé (faut attendre la fin pour que ça bouge un peu)…

samedi 3 janvier 2026

Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier (1980), de Pedro Almodóvar

 

« Y’a trop de démocratie dans ce pays. Faut les tabasser, ces communistes. Je m’en charge. »

Vous les femmes… Femmes, je vous aime !

C’est l’histoire du premier film d’Almodóvar (donc bien avant sa consécration puis son institutionnalisation), quasi amateur, monté avec trois bouts de ficelle, financé par une collecte (aujourd’hui on dirait « crowdfunding »…) auprès de connaissances à qui il avait montré ses courts métrages et tourné en un an et demi… les week-ends (notre homme étant en semaine un employé de la société nationale de téléphonie locale). Vu en VO car pas de VF dispo, visiblement. La plupart des éléments constitutifs de son style y sont déjà présents en germe : goût pour la provoc, couleurs criardes (décors, vêtements), personnages féminins forts…

Carmen Maura est Pepi, une femme indépendante qui cultive du cannabis sur son balcon. Un policier (Félix Rotaeta) l’a remarqué, alors pour qu’il « ferme les yeux », elle lui propose qu’il la prenne mais « par derrière » car elle souhaite garder sa virginité pour la monnayer. Mais lui passe « côté face ». Pepi entreprend alors de se venger de ce malotru, avec l’aide de Bom (María Olvido Gara, dite « Alaska »), chanteuse rock lesbienne et dominatrice puis de Luci (Eva Siva), l’épouse soumise, masochiste (et néanmoins « cochonne ») du flic en question. Le film est parfaitement représentatif du fameux mouvement (contre-)culturel post-franquiste de la Movida, regroupant musiciens, cinéastes, dessinateurs ou encore photographes (toutes ces disciplines sont ici mises à contribution) et il agit telle une catharsis tant Almodóvar s’en donne à cœur joie dans les excès et les comportements déviants. Car n’oublions pas que l’Espagne n’est plus une dictature que depuis seulement cinquante ans ! Bref, ce mouvement fût un peu le « mai 68 » (socio-culturel, pas politique) de nos amis ibères. Dès lors, tout y passe : viol, drogues, marginaux, rapports sado-masos, travestis et autres minorités sexuelles, « concours de bites » (animé par Pedro himself), « femme à barbe »… Avec une appétence prononcée pour la fellation et le scato (urine, pets). Ce sont donc les aventures de trois femmes différentes mais éprises de liberté qui se lient d’amitié (et même d’amour), face au flic qui représente symboliquement les nostalgiques du franquisme et l’autorité, par ailleurs fort hypocrite, à abattre. J’ai plutôt apprécié ce maelström libertaire à la fraicheur naïve, entre kitsch et punk, en dépit de quelques passages de mauvais goût et dont les nombreux défauts, essentiellement liés au manque de moyens et d’expérience, font tout le charme.

mardi 23 décembre 2025

Un poisson nommé Wanda (1988), de Charles Crichton

 

« A partir de demain, nous n’aurons plus à chercher du travail. Et le travail n’aura plus à nous chercher. Oscar Wilde. »

Réalisation : Charles Crichton

Scénario : John Cleese et Charles Crichton

Pays : Royaume-Uni, États-Unis

Année : 1988

Genre : comédie

Avec : John Cleese, Jamie Lee Curtis, Kevin Kline, Michael Palin, Maria Aitken, Tom Georgeson.

Synopsis : Quatre malfrats de petite envergure font une attaque à main armée et dérobent des diamants : le meneur de la bande George, sa compagne Wanda, Ken, bègue et ami des animaux et Otto, limité intellectuellement et amant de Wanda mais se faisant passer pour son frère. Le vol se déroule sans accroc mais ils manquent d’écraser une vieille femme, qui voit alors le visage de George. Une fois le butin planqué, Wanda et Otto dénoncent George à la police, qui l’incarcère. Allant récupérer les diamants, les deux amants constatent que George, avec la complicité de Ken, les a déplacés et cachés en lieu sûr.

Pourquoi ? Alors certes, il a peut-être un peu vieilli mais on rigole toujours autant devant les aventures de ces « pieds nickelés » hauts en couleur : les Monty Python John Cleese en avocat guindé se dévergondant et Michael Palin en bègue ami des animaux, Jamie Lee Curtis, usant de ses charmes et semblant n’atteindre le « septième ciel » que lorsque son amant s’exprime en langue étrangère et enfin Kevin Kline, ne supportant pas qu’on le traite de « débile » bien qu’il le soit. Il y a quelques scènes qu’on pourrait qualifier de « dures » si tout ceci n’était pas que pour rire : lorsque Palin échoue à maintes reprises dans sa tentative d’éliminer la vieille femme, tuant à chaque fois accidentellement l’un de ses chiens, avant de finalement parvenir à ses fins par crise cardiaque ; et lorsque Kline interroge ce même Palin, ligoté et en pleurs, pour lui soutirer l’endroit où George a caché les diamants et mange ses petits poissons d’aquarium quand il n’obtient pas satisfaction. A mourir de rire (au sens propre pour un certain Ole Bentzen, orthophoniste danois, en 1989).

Je finis l’année sur cette comédie culte, avant les fêtes que je vous souhaite bonnes et un petit séjour à Genève. A 2026 !

dimanche 21 décembre 2025

The Mist (2007), de Frank Darabont

 

« Si on fait assez peur aux gens, on arrive à leur faire faire n’importe quoi. Ils se rallieront à la première personne qui leur promettra une solution, quelle qu’elle soit… »

C’est l’histoire d’un groupe de personnes qui se terrent dans un petit supermarché de l’Amérique « profonde » (qui en manque un peu, de « profondeur »…). Motif : à l’extérieur, une brume épaisse et cachées à l’intérieur de celle-ci, d’effrayantes créatures. Mais bien que relativement protégés par le bâtiment, les occupants devront faire face à un autre danger : la nature humaine quand elle est confrontée à la peur…

Ce film, vu au cinoche à l’époque, m’avait profondément marqué par sa fin, atroce, d’une grande noirceur et totalement non-conventionnelle (bien que peu crédible selon moi mais vous expliquer pourquoi reviendrait à vous « spoiler », je m’abstiens donc de le faire). Un « happy end » qui n’en est pas vraiment un, pas du tout même. Voila qui nous change des autres productions formatées de ce genre. Frank Darabont adapte pour la troisième fois un récit de Stephen King (filon semble-t-il inépuisable) mais en a justement changé la fin. Les évadés, j’avais aimé même si je le trouve un poil surestimé. J’ai par contre fait l’impasse sur La ligne verte car faire pleurer sur la peine capitale, de Dernière danse à Dancer in the dark, en passant par La dernière marche ou chez nous Une affaire de femmes, on en a soupé. Avant ce terrible et douloureux épilogue, un film de monstres efficace, alternant scènes d’action choc et moments d’accalmie, centrés sur la psychologie d’une poignée de personnages, incarnés par des acteurs peu connus (j’ai dû reconnaitre une ou deux trognes). On trouvera l’employé effacé qui se révèlera face à l’adversité, la vioque « qui en a dans le pantalon », le père de famille qui prend les choses en mains, les lâches, les inconscients qui bravent le danger car n’y croyant pas, la jeune femme idéaliste ou encore l’intégriste religieuse qui prend cette épreuve comme une vengeance divine sur les « mécréants ». Le film d’horreur se double alors d’un constat désespéré sur la nature humaine, facilement manipulable et dont l’aspect « civilisé » s’avère très fragile en temps de crise(s) (surtout dans un pays comme les « States »), ce qui, vu de 2025, le rend étonnamment visionnaire (même si en 2007, c’était déjà la m….).