dimanche 11 janvier 2026

Psychose (1960), d’Alfred Hitchcock

 

Réalisation : Alfred Hitchcock

Scénario : Joseph Stefano, adapté du roman éponyme de Robert Bloch, inspiré de faits réels liés au tueur en série Ed Gein

Pays : Etats-Unis

Année : 1960

Genre : thriller, horreur

Avec : Anthony Perkins, Janet Leigh, Vera Miles, John Gavin, Martin Balsam.

Synopsis : Marion Crane, amante d’un homme divorcé en difficulté financière et secrétaire, est chargée par son patron de déposer à la banque 40 000 dollars. Au lieu de cela, elle fait ses valises et part rejoindre son compagnon avec la somme dérobée. Le soir du deuxième jour de route, alors que s’abat un puissant orage, elle est contrainte de s’arrêter à un motel isolé pour y passer la nuit.

Pourquoi ? Ouah hé, l’autre, « pourquoi ? », il est marrant, lui… Parce que c’est l’un des Hitchcock les plus « évidents ». Parce que la mythique scène de la douche est la matrice des « slashers » et leurs « jump scare » à venir. Pour la musique de Bernard Herrmann. Et parce que classique absolu.

vendredi 9 janvier 2026

Conversation secrète (1974), de Francis Ford Coppola

 

Là où il y a Gene, il n’y a pas d’plaisir ?

C’est l’histoire d’un mec, Harry Caul (Gene Hackman), qui est un as de la filature. Pour l’un de ses commanditaires, il enregistre la conversation d'un jeune couple dans la foule à San Francisco. Il pressent que celui-ci est en danger, ce qui réveille en lui le trauma d’une mission précédente s'étant soldée par la mort d'une famille entière. Voilà notre homme en proie à la méfiance et aux scrupules…

Un peu déçu par cette Palme d’or 1974. En raison du parti pris du scénariste et réalisateur Coppola pour l’étude de caractère, en l’occurrence celui du personnage principal joué par Gene Hackman, disparu l’an dernier dans de bien tristes circonstances (la « Grande faucheuse » n’a malheureusement pas chômé en 2025 pour nos vedettes du 7ème art…). Donc ça traine en longueur pour bien souligner ses côtés secret et solitaire. Il faut attendre la dernière demi-heure pour qu’il y ait un peu d’action, de suspense et que se dénoue cette intrigue par ailleurs assez peu palpitante. Qui ne s’avère pas conforme aux prédictions d’Hackman. A noter dans le casting les apparitions d’Harrison Ford et Robert Duvall.  

jeudi 8 janvier 2026

Elephant Man (1980), de David Lynch

 

« Je ne suis pas un éléphant ! Je ne suis pas un animal ! Je suis un être humain ! Je suis un homme… »

Un éléphant, ça trompe énormément…

C’est l’histoire d’un mec, John (en réalité Joseph) Merrick (John Hurt), à la fin du 19ème siècle, la Destinée lui a fait une tronche d’éléphant. Tout ça parce qu’à son quatrième mois de grossesse, sa daronne a été bousculée par un pachyderme… Exposé tel un phénomène de foire par un type sans vergogne (Freddie Jones), il est découvert par un brillant médecin, le Docteur Frederick Treves (Anthony Hopkins). Celui-ci « l’emprunte » contre une somme d’argent à son « propriétaire » afin d’étudier son cas et l’héberge quelques jours au sein de son hôpital. Entre le médecin et son « patient », une amitié va naître.

C’est l’histoire d’un Lynch qu’on comprend tout du début à la fin.


Là par contre, je m’incline bien volontiers. Terriblement triste et émouvant, ça me fout par terre, ce genre de films. Je prends les choses trop à cœur, parfois. Il renseigne bien sur la salopardise du genre humain. Une ode à la tolérance et au respect de la différence. C’est à l’aune du monde apocalyptique de 2026 qu’on se rend compte que le cinéma (la musique, l’Art en général) ne le change pas, le monde. Le noir et blanc ne gêne pas du tout, c’est au contraire parfaitement approprié, de même que la musique et l’interprétation est nickel. Y’en a qu’ont vraiment pas de cul dans la vie, car ce Joseph Merrick a véritablement existé. Son calvaire s’achèvera de façon accidentelle (tête renversée vers l'arrière) à l’âge de 27 ans (ce n’était pourtant pas un chanteur ni un musicien…). Pour l’anecdote, le fameux passage « I’m not an animal ! I’m a human being ! » est samplé au début du (très bon) morceau Psychiatric de Mylène Farmer (album L’autre…, 1991). 

mardi 6 janvier 2026

Pretty Woman (1990), de Garry Marshall

 

« J’suis du tout cuit. »

Réalisation : Garry Marshall

Scénario : Jonathan Frederick Lawton

Pays : Etats-Unis

Année : 1990

Genre : romance

Avec : Richard Gere, Julia Roberts, Ralph Bellamy, Jason Alexander, Héctor Elizondo, Laura San Giacomo.

Synopsis : Edward Lewis, richissime homme d'affaires rachetant des sociétés en difficulté en vue de les revendre après les avoir dépecées (un Tapie puissance 10 donc, puisque ricain…), se perd sur Hollywood Boulevard après avoir quitté une soirée où il s’ennuyait à mourir. Il demande alors son chemin à Vivian, une jeune prostituée.

Pourquoi ? Parce que c’est le film qui révéla Julia « Big mouth » Roberts. Parce que Richard Gere (et plutôt bien). Parce que si j’aime le cul, je peux aussi être « fleur bleue » (d’ailleurs, je ne vois pas en quoi ce serait antinomique). Pour l’irrésistible chanson éponyme de Roy Orbison. Et encore et toujours parce que « Madeleine de Proust » (ça y est, je me remet à chialer sur mon insouciance perdue…).

lundi 5 janvier 2026

Easy Rider (1969), de Dennis Hopper

 

« Tu sais, c’était vraiment un merveilleux pays, autrefois. Je comprends pas du tout ce qui a pu se passer… »

L’Amérique, l’Amérique, je veux l’avoir et je l’aurai…

C’est l’histoire de deux mecs (Peter Fonda et Dennis Hopper), marginaux, qui partent sur les routes de l’Amérique à bord de leurs choppers après avoir vendu une grosse quantité de drogue, tout ça dans le but d’assister au carnaval de La Nouvelle-Orléans. Dans leur périple, ils vont faire quelques plus ou moins bonnes rencontres. Enfin, surtout moins… Et ils meurent, à la fin ? Vous verrez…


Et allez, encore un… Un quoi ? Ben, un film « important » (à la bibliothèque du Congrès américain depuis 1998) qui n’aura provoqué chez moi que bâillements… Il est assez reconnu que cette importance est plus d’ordre culturel que purement cinématographique. En effet, il ne se passe pas grand-chose : deux mecs qui roulent (et donc polluent avec leurs bécanes !), fument des « oinjs » et allument des feux de camp la nuit, tout en palabrant sur des questions existentielles. L’Amérique suinte de partout. Les paysages, bien sûr, peut-être le plus grand intérêt du film (bien qu’un peu désertiques) avec la prestation du grand Jack (Nicholson), qui lui ouvrira les portes de la célébrité, mais aussi les choppers, blousons et casques aux couleurs de la bannière étoilée. Et évidemment, la B.O (Steppenwolf, The Byrds, Jimi Hendrix… Mouais, tout ça commence quand même à sentir un peu la naphtaline). Je n’ai jamais compris la fascination pour ce pays et son « rêve » (sic), berceau du capitalisme le plus carnassier, aussi intrinsèquement violent, où la peine de mort existe encore dans certains Etats et où les armes circulent librement, auto-proclamé « maîtres du Monde » (soi-disant « libre »), dont les dirigeants s’arrogent le droit d’envahir ou de déstabiliser un pays (comme par hasard souvent riche en pétrole…), au motif qu’il serait dirigé par un dictateur. Ce qui est certes exact mais aussi un jugement à géométrie variable puisqu’ils fermèrent par contre les yeux sur les crimes du tout aussi (sinon plus) sanguinaire Général Pinochet au Chili pendant plus d’une décennie. Ne reste alors plus qu’à sauver son âme par une pirouette et un timide et bien tardif « Ce n’est pas la page de l’histoire des Etats-Unis dont nous sommes le plus fiers ». Et je pourrais ajouter le racisme, la malbouffe, le puritanisme et la bigoterie, même s’il y a deux Amérique (comme il y a deux France… et même trois). Alors oui, le rock, le jazz, la « black music », Hollywood, c’est souvent grand et ça fait rêver, c’est certain. De toutes façons, hégémonie oblige, on ne connait que ça, on a baigné là-dedans dès le berceau. Mais s’il fallait comparer, je dirais que dans l’ensemble, nous autres Européens sommes plus « profonds » et raffinés, plus « littéraires », là où l’Oncle Sam joue davantage sur l’efficacité de « l’entertainment » (business is business… Je ne suis pas sûr, par exemple, qu’il existe un équivalent ricain à Léo Ferré… Dylan ?). Et quitte à prendre un modèle pour « guider le monde », j’opterai pour les pays scandinaves ou notre bel Hexagone, son patrimoine culturel, historique et géographique, sa cuisine, son système social tant mis à mal par la mondialisation libérale. Pourquoi les « States », alors ? Ah, j’y suis, la fameuse « Liberté » dont ce pays est l’emblème et ce film un manifeste. Un concept très flou et fluctuant, chacun en ayant sa propre définition (j’ai comme l’impression qu’on veut beaucoup de liberté pour soi et ceux de sa catégorie et moins pour les autres, c’est humain), entre les libéraux « classiques », les libertaires d’extrême-gauche et, à l’autre bout du spectre, les libertariens à la Musk ou Bezos.


Mais revenons à nos moutons, en l’occurrence à nos deux gugusses errant dans « l’Amérique profonde »… Film générationnel, symbole du « flower power » hippie et l’un des premiers jalons du « Nouvel Hollywood » (leur « Nouvelle Vague » à eux, dont ils se sont d’ailleurs largement inspirés). Mais dur de se sentir concerné quand cette culture (le rock originel, les bikers…) nous est étrangère. Alors M. Hopper, bravo et merci pour votre contribution au combat des « forces de Progrès » contre le camp de la Réaction mais je me suis copieusement emmerdé (faut attendre la fin pour que ça bouge un peu)…