Avec : Richard Gere, Julia
Roberts, Ralph Bellamy, Jason Alexander, Héctor Elizondo, Laura San Giacomo.
Synopsis : Edward Lewis,
richissime homme d'affaires rachetant des sociétés en difficulté en vue de les
revendre après les avoir dépecées (un Tapie puissance 10 donc, puisque ricain…),
se perd sur Hollywood Boulevard après avoir quitté une soirée où il s’ennuyait
à mourir. Il demande alors son chemin à Vivian, une jeune prostituée.
Pourquoi ? Parce que c’est le
film qui révéla Julia « Big mouth » Roberts. Parce que Richard Gere
(et plutôt bien). Parce que si j’aime le cul, je peux aussi être « fleur
bleue » (d’ailleurs, je ne vois pas en quoi ce serait antinomique). Pour
l’irrésistible chanson éponyme de Roy Orbison. Et encore et toujours parce que
« Madeleine de Proust » (ça y est, je me remet à chialer sur mon insouciance
perdue…).
« Tu sais, c’était
vraiment un merveilleux pays, autrefois. Je comprends pas du tout ce qui a pu
se passer… »
L’Amérique, l’Amérique, je
veux l’avoir et je l’aurai…
C’est l’histoire de deux mecs (Peter
Fonda et Dennis Hopper), marginaux, qui partent sur les routes de l’Amérique à
bord de leurs choppers après avoir vendu une grosse quantité de drogue, tout ça
dans le but d’assister au carnaval de La Nouvelle-Orléans. Dans leur périple,
ils vont faire quelques plus ou moins bonnes rencontres. Enfin, surtout moins…
Et ils meurent, à la fin ? Vous verrez…
Et allez, encore un… Un
quoi ? Ben, un film « important » (à la bibliothèque du Congrès
américain depuis 1998) qui n’aura provoqué chez moi que bâillements… Il est
assez reconnu que cette importance est plus d’ordre culturel que purement
cinématographique. En effet, il ne se passe pas grand-chose : deux mecs
qui roulent (et donc polluent avec leurs bécanes !), fument des « oinjs »
et allument des feux de camp la nuit, tout en palabrant sur des questions
existentielles. L’Amérique suinte de partout. Les paysages, bien sûr, peut-être
le plus grand intérêt du film (bien qu’un peu désertiques) avec la prestation
du grand Jack (Nicholson), qui lui ouvrira les portes de la célébrité, mais
aussi les choppers, blousons et casques aux couleurs de la bannière étoilée. Et
évidemment, la B.O (Steppenwolf, The Byrds, Jimi Hendrix… Mouais, tout ça
commence quand même à sentir un peu la naphtaline). Je n’ai jamais compris la
fascination pour ce pays et son « rêve » (sic), berceau du
capitalisme le plus carnassier, aussi intrinsèquement violent, où la peine de
mort existe encore dans certains Etats et où les armes circulent librement,
auto-proclamé « maîtres du Monde » (soi-disant « libre »),
dont les dirigeants s’arrogent le droit d’envahir ou de déstabiliser un pays
(comme par hasard souvent riche en pétrole…), au motif qu’il serait dirigé par
un dictateur. Ce qui est certes exact mais aussi un jugement à géométrie
variable puisqu’ils fermèrent par contre les yeux sur les crimes du tout aussi (sinon
plus) sanguinaire Général Pinochet au Chili pendant plus d’une décennie. Ne
reste alors plus qu’à sauver son âme par une pirouette et un timide et bien
tardif « Ce n’est pas la page de l’histoire des Etats-Unis dont nous
sommes le plus fiers ». Et je pourrais ajouter le racisme, la malbouffe, le
puritanisme et la bigoterie, même s’il y a deux Amérique (comme il y a deux France…
et même trois). Alors oui, le rock, le jazz, la « black music », Hollywood,
c’est souvent grand et ça fait rêver, c’est certain. De toutes façons, hégémonie
oblige, on ne connait que ça, on a baigné là-dedans dès le berceau. Mais s’il
fallait comparer, je dirais que dans l’ensemble, nous autres Européens sommes
plus « profonds » et raffinés, plus « littéraires », là où
l’Oncle Sam joue davantage sur l’efficacité de « l’entertainment » (business
is business… Je ne suis pas sûr, par exemple, qu’il existe un équivalent ricain
à Léo Ferré… Dylan ?). Et quitte à prendre un modèle pour « guider le
monde », j’opterai pour les pays scandinaves ou notre bel Hexagone, son
patrimoine culturel, historique et géographique, sa cuisine, son système social
tant mis à mal par la mondialisation libérale. Pourquoi les
« States », alors ? Ah, j’y suis, la fameuse
« Liberté » dont ce pays est l’emblème et ce film un manifeste. Un
concept très flou et fluctuant, chacun en ayant sa propre définition (j’ai comme
l’impression qu’on veut beaucoup de liberté pour soi et ceux de sa catégorie et
moins pour les autres, c’est humain), entre les libéraux « classiques »,
les libertaires d’extrême-gauche et, à l’autre bout du spectre, les
libertariens à la Musk ou Bezos.
Mais revenons à nos moutons, en l’occurrence
à nos deux gugusses errant dans « l’Amérique profonde »… Film
générationnel, symbole du « flower power » hippie et l’un des
premiers jalons du « Nouvel Hollywood » (leur « Nouvelle Vague »
à eux, dont ils se sont d’ailleurs largement inspirés). Mais dur de se sentir
concerné quand cette culture (le rock originel, les bikers…) nous est
étrangère. Alors M. Hopper, bravo et merci pour votre contribution au combat
des « forces de Progrès » contre le camp de la Réaction mais je me
suis copieusement emmerdé (faut attendre la fin pour que ça bouge un peu)…
« Y’a trop de démocratie
dans ce pays. Faut les tabasser, ces communistes. Je m’en charge. »
Vous les femmes… Femmes, je vous
aime !
C’est l’histoire du premier film d’Almodóvar (donc
bien avant sa consécration puis son institutionnalisation), quasi amateur, monté
avec trois bouts de ficelle, financé par une collecte (aujourd’hui on dirait
« crowdfunding »…) auprès de connaissances à qui il avait montré ses
courts métrages et tourné en un an et demi… les week-ends (notre homme étant en
semaine un employé de la société nationale de téléphonie locale). Vu en VO car
pas de VF dispo, visiblement. La plupart des éléments constitutifs de son style
y sont déjà présents en germe : goût pour la provoc, couleurs criardes
(décors, vêtements), personnages féminins forts…
Carmen Maura est Pepi, une femme indépendante qui
cultive du cannabis sur son balcon. Un policier (Félix Rotaeta) l’a remarqué,
alors pour qu’il « ferme les yeux », elle lui propose qu’il la prenne
mais « par derrière » car elle souhaite garder sa virginité pour la
monnayer. Mais lui passe « côté face ». Pepi entreprend alors de se
venger de ce malotru, avec l’aide de Bom (María Olvido Gara, dite « Alaska »),
chanteuse rock lesbienne et dominatrice puis de Luci (Eva Siva), l’épouse
soumise, masochiste (et néanmoins « cochonne ») du flic en question.
Le film est parfaitement représentatif du fameux mouvement (contre-)culturel
post-franquiste de la Movida, regroupant musiciens, cinéastes, dessinateurs ou
encore photographes (toutes ces disciplines sont ici mises à contribution) et
il agit telle une catharsis tant Almodóvar s’en donne à cœur joie dans les excès
et les comportements déviants. Car n’oublions pas que l’Espagne n’est plus une
dictature que depuis seulement cinquante ans ! Bref, ce mouvement fût un peu le
« mai 68 » (socio-culturel, pas politique) de nos amis ibères. Dès
lors, tout y passe : viol, drogues, marginaux, rapports sado-masos, travestis
et autres minorités sexuelles, « concours de bites » (animé par Pedro
himself), « femme à barbe »… Avec une appétence prononcée pour la
fellation et le scato (urine, pets). Ce sont donc les aventures de trois femmes
différentes mais éprises de liberté qui se lient d’amitié (et même d’amour), face
au flic qui représente symboliquement les nostalgiques du franquisme et l’autorité,
par ailleurs fort hypocrite, à abattre. J’ai plutôt apprécié ce maelström
libertaire à la fraicheur naïve, entre kitsch et punk, en dépit de quelques
passages de mauvais goût et dont les nombreux défauts, essentiellement liés au
manque de moyens et d’expérience, font tout le charme.
« A partir de demain,
nous n’aurons plus à chercher du travail. Et le travail n’aura plus à nous
chercher. Oscar Wilde. »
Réalisation : Charles Crichton
Scénario : John Cleese et Charles
Crichton
Pays : Royaume-Uni, États-Unis
Année : 1988
Genre : comédie
Avec : John Cleese, Jamie Lee
Curtis, Kevin Kline, Michael Palin, Maria Aitken, Tom Georgeson.
Synopsis : Quatre malfrats de
petite envergure font une attaque à main armée et dérobent des diamants :
le meneur de la bande George, sa compagne Wanda, Ken, bègue et ami des animaux
et Otto, limité intellectuellement et amant de Wanda mais se faisant passer
pour son frère. Le vol se déroule sans accroc mais ils manquent d’écraser une
vieille femme, qui voit alors le visage de George. Une fois le butin planqué, Wanda
et Otto dénoncent George à la police, qui l’incarcère. Allant récupérer les
diamants, les deux amants constatent que George, avec la complicité de Ken, les
a déplacés et cachés en lieu sûr.
Pourquoi ? Alors certes, il a
peut-être un peu vieilli mais on rigole toujours autant devant les aventures de
ces « pieds nickelés » hauts en couleur : les Monty Python John
Cleese en avocat guindé se dévergondant et Michael Palin en bègue ami des
animaux, Jamie Lee Curtis, usant de ses charmes et semblant n’atteindre le « septième
ciel » que lorsque son amant s’exprime en langue étrangère et enfin Kevin Kline,
ne supportant pas qu’on le traite de « débile » bien qu’il le soit. Il
y a quelques scènes qu’on pourrait qualifier de « dures » si tout
ceci n’était pas que pour rire : lorsque Palin échoue à maintes reprises dans
sa tentative d’éliminer la vieille femme, tuant à chaque fois accidentellement
l’un de ses chiens, avant de finalement parvenir à ses fins par crise cardiaque ;
et lorsque Kline interroge ce même Palin, ligoté et en pleurs, pour lui
soutirer l’endroit où George a caché les diamants et mange ses petits poissons
d’aquarium quand il n’obtient pas satisfaction. A mourir de rire (au sens propre pour un certain Ole Bentzen, orthophoniste danois, en 1989).
Je finis l’année sur cette
comédie culte, avant les fêtes que je vous souhaite bonnes et un
petit séjour à Genève. A 2026 !
« Si on fait assez peur
aux gens, on arrive à leur faire faire n’importe quoi. Ils se rallieront à la
première personne qui leur promettra une solution, quelle qu’elle soit… »
C’est l’histoire d’un groupe de
personnes qui se terrent dans un petit supermarché de l’Amérique « profonde »
(qui en manque un peu, de « profondeur »…). Motif : à l’extérieur,
une brume épaisse et cachées à l’intérieur de celle-ci, d’effrayantes créatures. Mais bien
que relativement protégés par le bâtiment, les occupants devront faire face à
un autre danger : la nature humaine quand elle est confrontée à la peur…
Ce film, vu au cinoche à l’époque,
m’avait profondément marqué par sa fin, atroce, d’une grande noirceur et
totalement non-conventionnelle (bien que peu crédible selon moi mais vous
expliquer pourquoi reviendrait à vous « spoiler », je m’abstiens donc
de le faire). Un « happy end » qui n’en est pas vraiment un, pas du
tout même. Voila qui nous change des autres productions formatées de ce genre. Frank
Darabont adapte pour la troisième fois un récit de Stephen King (filon semble-t-il
inépuisable) mais en a justement changé la fin. Les évadés, j’avais aimé même
si je le trouve un poil surestimé. J’ai par contre fait l’impasse sur Laligne
verte car faire pleurer sur la peine capitale, de Dernière danse à Dancer in
the dark, en passant par La dernière marche ou chez nous Une affaire de femmes,
on en a soupé. Avant ce terrible et douloureux épilogue, un film de monstres efficace,
alternant scènes d’action choc et moments d’accalmie, centrés sur la psychologie
d’une poignée de personnages, incarnés par des acteurs peu connus (j’ai dû
reconnaitre une ou deux trognes). On trouvera l’employé effacé qui se révèlera
face à l’adversité, la vioque « qui en a dans le pantalon », le père
de famille qui prend les choses en mains, les lâches, les inconscients qui
bravent le danger car n’y croyant pas, la jeune femme idéaliste ou encore l’intégriste
religieuse qui prend cette épreuve comme une vengeance divine sur les « mécréants ».
Le film d’horreur se double alors d’un constat désespéré sur la nature humaine,
facilement manipulable et dont l’aspect « civilisé » s’avère très
fragile en temps de crise(s) (surtout dans un pays comme les « States »),
ce qui, vu de 2025, le rend étonnamment visionnaire (même si en 2007, c’était
déjà la m….).